Passeports diplomatiques : Benalla mutique

Publié dans le panorama le Mardi 22 janvier 2019 à 05:21:27

© Dna, Mardi le 22 Janvier 2019
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Sénat Enquête parlementaire
Passeports diplomatiques : Benalla mutique
L'ex-chargé de mission à l'Élysée, mis en examen vendredi pour utilisation abusive de passeports diplomatiques, s'est retranché derrière l'instruction judiciaire en cours lundi devant la commission d'enquête du Sénat.
 

 
Lors de la première audition en septembre, les sénateurs s'étaient efforcés de cerner les fonctions exactes d'Alexandre Benalla à l'Élysée.
Je ne pourrai pas répondre. » Lundi, Alexandre Benalla s'est obstinément refusé à donner suite aux principales questions de la commission d'enquête du Sénat, où il était entendu pour la deuxième fois, notamment sur l'utilisation abusive de ses passeports diplomatiques après son licenciement.

« Information judiciaire en cours » et « droit à la non auto-incrimination », fait valoir l'ex-chargé de mission de l'Élysée, mis en examen vendredi dans cette affaire (1). Tout juste admet-il ne « pas avoir menti » lors de sa première audition le 19 septembre. Il avait alors affirmé que ses passeports diplomatiques étaient « à l'Élysée ». La réalité semble plus complexe.
Le silence « engendre le soupçon ».

Mercredi devant cette même commission, Patrick Strzoda, directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, a révélé qu'Alexandre Benalla a utilisé « presque une vingtaine de fois » ses passeports entre le 1er août et le 31 décembre. « 23 fois pour justifier simplement de mon identité dont une dizaine de fois dans un avion privé », rectifie crânement le jeune homme de 27 ans.

Apparaissant souvent sûr de lui, l'ex-employé de l'Élysée assure avoir restitué les passeports diplomatiques « à la demande de la présidence de la République et du ministère des Affaires étrangères [...] dans le courant du mois d'août 2018 ». Et il affirme que ces passeports lui ont « été rendus à nouveau début octobre 2018 [...] avec un certain nombre d'éléments personnels. Concernant des soupçons de « falsification », l'ancien chargé de la sécurité du candidat Macron oppose à nouveau silence et secret de l'instruction. Avoir voyagé avec était une « connerie », concède-t-il simplement.

Questionné sur ses activités depuis son départ de l'Élysée, notamment son déplacement en Afrique où il a rencontré le président tchadien Idriss Déby, Alexandre Benalla répond encore a minima. « J'ai avisé des personnes de l'ensemble de mes déplacements à l'étranger. » Il évoque « des membres de la présidence de la République » sans détailler leur identité ou leurs fonctions. Et d'avancer : « Je ne détiens aucun secret. Aucun secret sur qui que ce soit. Je ne fais aucun chantage ».

Philippe Bas, président de la commission est sceptique : « beaucoup d'invraisemblances restent à lever, de contradictions à explorer et c'est le travail des semaines à venir » avant de rendre public son rapport. En outre, la question d'une éventuelle « protection » de l'ex-collaborateur de l'Élysée n'est pas « totalement résolue ». Le co-rapporteur, Jean-Pierre Sueur (PS), souligne, lui, que le silence « engendre le soupçon ».

er-Mai.

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