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chuchotements - C'est parti pour les municipales

Publié dans le panorama le Lundi 10 juin 2019 à 07:10:22

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chuchotements - C'est parti pour les municipales
 

 
dessin chuchotements 10 juin 2019 Photo L'Alsace /Yannick Lefranç
À Strasbourg, Colmar et Mulhouse, la campagne des municipales est d'ores et déjà ouverte. Les trois maires sortants ne sont pas pour autant dans des situations identiques, loin s'en faut (dessin Yannick Lefrançois).

 

 
 

 

Politique Contrecoup des élections européennes Droite en pleine décomposition

Publié dans le panorama le Lundi 10 juin 2019 à 06:58:57

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Politique Contrecoup des élections européennes
Droite en pleine décomposition
Chez les LR, les cadors pensent à 2022 et les cadres tentent de limiter la casse à dix mois des municipales alors que des maires de centre droit font de l'oeil à Macron.
 

 
Valérie Pécresse sur les marches de l'Élysée : un objectif pour la présidente de l'Île-de-France.
« Je suis de droite, je suis de droite, je suis de droite. » Cette phrase, Valérie Pécresse l'a répétée tel un mantra lors du Grand jury ce dimanche sur RTL. Deux semaines après la cuisante défaite du parti Les Républicains aux élections européennes (8,48 %), une semaine après la démission de son président Laurent Wauquiez, et quelques jours après son propre départ des LR, la présidente de la région Ile-de-France voulait réaffirmer son appartenance à la droite. Et par la même occasion son opposition à la politique d'Emmanuel Macron.
Pécresse pas macroniste

Valérie Pécresse ne se sent donc pas solidaire de l'initiative des 72 maires et élus de la droite et du centre qui soutiennent publiquement la politique d'Emmanuel Macron au « nom de la réussite impérative de la France » (lire nos éditions de dimanche).

« Ma démarche ne brise pas l'unité », assure-t-elle. On s'y perd un peu...

Explication : elle quitte LR mais s'investit dans le cadre de l'alliance que veut construire Gérard Larcher, président du Sénat, avec la droite conservatrice qu'incarne LR, le centre et la droite moderne qu'elle souhaite représenter. Résumé de Valérie Pécresse : « Je joue collectif, avec le centre droit, avec les LR. J'élargis la droite. » Elle est dans sa logique puisqu'elle a théorisé depuis 2017 qu'il y avait deux droites : une conservatrice, qui se focalise sur les questions identitaires, et l'autre moderne, plus tournée vers les réformes économiques.
2022 en ligne de mire

Valérie Pécresse ne fait donc pas de sécession et il n'y aura pas de groupe "Libres !", du nom de son mouvement politique, à l'Assemblée nationale.

Pas de quoi calmer les adhérents Les Républicains, qui ne décolèrent pas, à l'image de Nadine Morano, députée européenne. « Valérie Pécresse ne veut pas le débat, elle veut une cour », cingle-t-elle. Car même si elle jure jouer collectif, le départ de Valérie Pécresse est perçu par une partie de la droite comme le début d'une campagne élyséenne.

Elle n'est pas la seule à y penser à droite. Laurent Wauquiez, retranché dans son Hôtel de région à Lyon, se découvre une passion pour la politique locale, et les actions concrètes en Auvergne-Rhône-Alpes. Pour mieux rebondir...
Président LR : pire job du monde ?

Cette stratégie locale réussit à Xavier Bertrand dans les Hauts-de-France. Il finance les permis de conduire de ses concitoyens (le concret) tout en réactivant son microparti, "La Manufacture", et en ouvrant des antennes sur tout le territoire (l'avenir).

En attendant 2022, les LR vont devoir se trouver un président. Des élections sont prévues au mois d'octobre. Le téléphone de Christian Jacob, président des députés LR et chiraquien pur jus, sonne beaucoup. Éric Woerth aussi pourrait être tenté par ce qui ressemble au pire job du monde : reconstruire une droite capable d'être une alternative à Emmanuel Macron, et surtout ne pas s'effondrer aux municipales, dans dix mois.
Nathalie MAURET

 

 
 

 

Lecture : plus d'un jeune Français sur 10 en difficulté

Publié dans le panorama le Lundi 10 juin 2019 à 06:54:42

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Lecture : plus d'un jeune Français sur 10 en difficulté
 

 
Le ministère de l'Éducation nationale a publié la semaine dernière une étude réalisée à partir de la journée Défense et citoyenneté de 2018, à laquelle 710 000 jeunes âgés de 16 à 25 ans ont participé.
Illettrisme pour un jeune sur vingt

Si les 11,5 % de jeunes en « difficulté de lecture » présentent un niveau insuffisant de compréhension de l'écrit, pour 5,2 % d'entre eux, c'est carrément un déficit « important » de vocabulaire qui les fait entrer dans la catégorie de l'illettrisme. Ceux-ci n'ont pas intégré les mécanismes de base de traitement du langage écrit. Certains (6,3 %) ont « un niveau lexical correct », mais qui ne leur suffit pas à comprendre les textes écrits. Enfin, 5,9 % des jeunes « dont les composants fondamentaux de la lecture sont déficitaires, ou partiellement déficitaires » arrivent à compenser leur difficulté pour se hisser à un « certain » niveau de compréhension.
Près d'un collégiensur deux en difficulté

Si l'étude montre bien sûr que ces difficultés de lecture sont de moins en moins présentes à mesure que le niveau d'études s'élève, ils sont tout de même près d'un sur deux chez ceux qui ont arrêté au niveau collège (48,5 %) à faire face à ce problème. On tombe à 4,7 % pour ceux qui vont jusqu'au bac.

Le pourcentage de jeunes en difficulté est très différent selon le sexe. 9,6 % des filles rencontrent des difficultés contre 13,2 % des garçons. Ces derniers souffrent d'un « déficit des mécanismes de base de traitement du langage écrit » supérieur à celui des filles. En revanche, leur score moyen en vocabulaire est comparable à celui des filles.
L'académie d'Amiensla plus touchée

Les difficultés de lecture sont plus prononcées dans les départements du Nord et ceux entourant l'Île-de-France. Le taux de jeunes en difficulté monte ainsi à 17,2 % dans l'Aisne, 15,4 dans la Somme, 14,1 dans l'Oise. Il est également élevé dans la Nièvre (15,3 %) et en Charente (15,2 %). Enfin, le Haut-Rhin (12,6 %), le Jura (12,5 %), le Doubs (12,7 %) et la Haute-Saône (13,5 %) présentent aussi des taux supérieurs à la moyenne nationale. Mais les scores les plus préoccupants viennent des départements d'outre-mer : 30 % pour la Guadeloupe, la Martinique et la Réunion, 50 % en Guyane et 74 % à Mayotte. À l'inverse, les départements les moins touchés par les difficultés de lecture sont Paris (6 %) et plusieurs départements de la région parisienne (6,2 % pour les Hauts-de-Seine, 7,4 % pour le Val-de-Marne, 7,5 % pour les Yvelines, 8 % pour la Seine-et-Marne). La Loire-Atlantique, troisième avec 6,3 % de jeunes en difficulté de lecture, le Rhône (7,7 %) et la Corse-du-Sud (8 %) sont également bien placés.
B.P.

 

 
 

 

lecture - Investissement rentable

Publié dans le panorama le Lundi 10 juin 2019 à 06:54:19

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lecture - Investissement rentable
 

 
Laurent Bodin

Les chiffres font froid dans le dos : un jeune Français sur dix est « en difficulté de lecture » et un sur vingt en situation d'illettrisme, selon les résultats de tests menés à la Journée Défense et citoyenneté en 2018. Au pays de Molière, Racine et Hugo, 22,4 % de jeunes de 16 à 25 ans ne lisent pas de manière efficace. C'est terriblement inquiétant.

L'étude est d'abord le constat d'un échec collectif. L'école ne remplit pas son rôle quand 11,5 % de ses enfants rencontrent de grosses difficultés de lecture en fin de scolarité. Mesure récente, le dédoublement des classes de CP en zone d'éducation prioritaire renforcée, qui a bénéficié à 60 000 élèves depuis son entrée en vigueur en 2017, ne peut être que bénéfique. Cela ne suffira cependant pas. La baisse des effectifs dans les classes d'apprentissage des savoirs fondamentaux doit être accentuée et généralisée. Par ailleurs, l'école s'est probablement trop dispersée vers des activités d'éveil. Elle en paie le prix quelques années plus tard. Il est d'autant plus élevé que sur fond de débat tendant à faire disparaître les devoirs à la maison, nombre de parents ont aussi transféré leur obligation d'éducation vers une école dont le rôle est avant tout l'instruction des enfants. Enfin, la modification des rythmes scolaires, favorisant l'apprentissage, a échoué de telle manière que le sujet est enterré pour longtemps.

Ces difficultés de lecture d'un jeune Français sur neuf n'augurent rien de bon. Les personnes touchées par ce handicap vont souffrir dans leur vie quotidienne et professionnelle car la lecture est indispensable à la compréhension des consignes. L'illettrisme est bel et bien une cause d'exclusion de la société moderne qui ne jure que par le numérique mais qui fait encore la part belle à l'écrit. Enfin, les jeunes en difficulté de lecture seront, un jour, des parents qui se trouveront dans l'incapacité d'aider eux-mêmes leurs enfants et de leur expliquer l'importance de lire. Parce que la lecture est la première étape du savoir et de la connaissance, il est urgent de s'attaquer à ce fléau moderne. Cela a un coût, évidemment, pour l'État dont les caisses sont vides. Sauf que le retour social, économique et citoyen sur investissement sera très rapidement rentable.

 

 
 

 

Le gouvernement veut la fin des zones grises

Publié dans le panorama le Lundi 10 juin 2019 à 06:50:25

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Le gouvernement veut la fin des zones grises
 

 
Certaines nouvelles antennes installées pour résorber les « zones blanches » sont déjà mutualisées entre les quatre opérateurs mais le gouvernement envisage d'étendre l'itinérance aux « zones grises ». Photo Richard MOUILLAUD/Le Progrès
Les Français ne sont pas égaux quand ils utilisent leur téléphone portable. La question de la fracture numérique territoriale est revenue souvent dans le grand débat. Le gouvernement a obtenu des opérateurs qu'ils mettent les bouchées doubles pour améliorer la couverture en téléphonie mobile. L'accord, négocié en janvier 2018, prolonge de dix ans les licences sur certaines fréquences. L'État se prive d'enchères qui auraient pu lui rapporter deux ou trois milliards d'euros. En contrepartie, les opérateurs s'engagent à investir trois milliards d'euros de plus en cinq ans pour densifier leurs réseaux d'antennes 4G. Une somme qui s'ajoute aux dix milliards d'euros investis chaque année par Orange, SFR, Bouygues et Free.

D'ici la fin 2022, l'ensemble des sites 2G et 3G auront basculé en 4G. Un million de Français en bénéficieront. Chacun des opérateurs s'est aussi engagé à mettre en service 5 000 nouvelles antennes 4G sur des sites choisis par l'État et les collectivités locales. Le gouvernement prévoit ainsi de résorber entre 600 et 800 « zones blanches » (zones sans réseau) par an. Une partie de ces sites seront mutualisés et utilisables par les abonnés des quatre opérateurs.
« Des avancéesmais pas d'échéance »

Beaucoup d'élus locaux estiment que ce plan, bien que contraignant, ne permet pas d'aller assez vite. « L'accord signé avec les opérateurs promet un certain nombre d'avancées mais ne fixe pas d'échéance. À la fin de la prochaine décennie, on n'aura sans doute pas achevé la couverture en téléphonie mobile », déplorait en décembre Hervé Maurey, président de la commission de l'aménagement du territoire du Sénat.

Face à cette légitime impatience, le gouvernement veut encore muscler son plan, qualifié de « New Deal Mobile ». Il envisage d'obliger les opérateurs à partager davantage leurs réseaux avec leurs concurrents, dans le but d'accélérer la disparition des « zones grises » (un seul réseau), où il est difficile de téléphoner et où le débit Internet est faible. Ces communes où « votre téléphone portable n'affiche pas toutes les barres et où il faut aller au fond du jardin et lever la jambe pour espérer capter un réseau », comme le décrivait avec humour Julien Denormandie en février au Sénat.

Depuis, le ministre auprès de la ministre de la Cohésion des territoires a reçu les opérateurs pour leur demander d'étudier un projet « d'itinérance généralisée ». Concrètement, tous les abonnés pourraient utiliser leur smartphone même si un seul réseau est disponible.
Un avantage pour Free ?

Le ministère confirme explorer cette piste malgré l'hostilité des trois opérateurs les plus anciens. La mutualisation de la 4G pourrait être mise sur la table lors de l'attribution des fréquences 5G à l'automne 2019. Orange, SFR et Bouygues sont farouchement attachés à l'avantage concurrentiel qu'ils tirent de leurs investissements. En difficulté, Free, dont le réseau plus récent ne couvre que 93 % de la population, serait le principal bénéficiaire d'une mutualisation plus poussée.

Le régulateur du secteur n'est pas non plus favorable à une mutualisation, sauf pour certaines zones très rurales. Sébastien Soriano, le président de l'Arcep, estime que l'itinérance dégrade la qualité de service, génère des « zones grises » et n'est pas finalement une si bonne chose pour les territoires. C'est ce qu'il a dit début juin devant l'Association des villes et collectivités pour les communications électroniques et l'audiovisuel.
Luc CHAILLOT

 

 
 

 

Pentecôte : cinq questions sur la journée de solidarité

Publié dans le panorama le Lundi 10 juin 2019 à 06:59:35

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Pentecôte : cinq questions sur la journée de solidarité
 

 
En 2019, la journée de solidarité devrait générer plus de 2,87 milliards d'euros de recettes. Photo Julio PELAEZ
Qu'est-ce que la journée de solidarité ?
Instaurée après la canicule meurtrière de 2003, cette « journée » est un prélèvement correspondant à 0,3 % de la masse salariale annuelle, la contribution solidarité autonomie (CSA). Au départ, cette mesure était compensée par un jour travaillé non payé - le lundi de Pentecôte - mais depuis 2008, cette contrepartie est laissée à l'appréciation des employeurs, qui peuvent supprimer un jour de congé ou offrir cette journée à leurs salariés.
Qui est concerné ?

Le choix de ce jour travaillé et non payé est laissé à l'appréciation des employeurs, publics et privés. Certains suppriment un jour de congé ou de RTT, d'autres offrent cette journée à leurs salariés. Mais tous s'acquittent d'une contribution (0,3 % de la masse salariale) reversée à la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA).

La taxe a été étendue en 2013 aux retraités imposables, dont les pensions sont également ponctionnées de 0,3 % au titre de la contribution additionnelle de solidarité pour l'autonomie (Casa).
Combien rapporte-t-elle ?

Cette année, la journée de solidarité devrait générer plus de 2,87 milliards d'euros de recettes. La collecte devrait approcher 2,1 milliards d'euros chez les actifs et 785 millions chez les retraités. Depuis leurs créations respectives, la CSA aura ainsi rapporté 34,9 milliards, et la Casa 4,9 milliards.
À quoi sert l'argent récolté ?

Ces ressources sont essentiellement allouées aux établissements et services médico-sociaux, notamment les Ehpad, ou reversées aux départements pour financer les allocations aux personnes âgées dépendantes (APA) et aux personnes handicapées (PCH), ou encore à des actions de prévention de la perte d'autonomie.
Y aura-t-il une deuxième journée de solidarité ?

En avril 2018, la ministre de la Santé Agnès Buzyn évoque l'idée de l'entrée en vigueur d'une deuxième journée de solidarité pour financer la dépendance des personnes âgées et/ou handicapées.

Si l'idée a uniquement été évoquée, la CFDT s'y était immédiatement opposée en appelant le gouvernement à « arrêter les bricolages sur le financement de la protection sociale. C'est injuste et loin d'être à la hauteur des enjeux », avait déclaré le premier syndicat du secteur privé. La proposition n'avait pas fait l'unanimité non plus au sein même du parti présidentiel.

 

 
 

 

Florence Hugodot, celle qui a ouvertla préfectorale aux femmes

Publié dans le panorama le Lundi 10 juin 2019 à 07:12:31

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Florence Hugodot, celle qui a ouvertla préfectorale aux femmes
 

 
Florence Hugodot était récemment de retour à Ribeauvillé pour dédicacer son nouveau livre. Photo L'Alsace/Paul Willis
Après avoir été sous-préfète, magistrate, avocate, Florence Hugodot explore un nouveau métier, celui d'écrivaine. En 2012, elle publiait Alsacienne de l'intérieur, prolongement écrit d'un journal intime ; elle vient de se lancer dans un polar, Vosgial killer, sur fond politico-alsacien. Et le milieu politique, Florence Hugodot le connaît bien, de par son passé de sous-préfète, mais aussi en tant qu'épouse du président de Région, Adrien Zeller, ce qu'elle fut pendant 25 ans.

Florence voit le jour à Boulogne-Billancourt où elle passe son enfance. Son père est sténographe à l'Assemblée nationale, sa mère gère le foyer et les quatre enfants. La jeune fille se met en tête d'entrer à l'Ena. « L'idée m'est venue car mes deux soeurs aînées avaient épousé des énarques. » Son petit frère la suit. Florence est prise : « Même si les concours ne veulent pas dire grand-chose, je me suis dit que je n'étais pas aussi bête que je le pensais. »
« Au ministère, ils ontun peu fait la tête... »

Elle confie qu'elle se serait davantage vue architecte, « mais ce n'était pas dans l'esprit de ma famille ». Et d'ajouter avec un sourire : « L'Ecole des Beaux-Arts avait mauvaise réputation, surtout sur le plan moral. On y violait les filles... Et la morale, c'était quelque chose de très important dans ma famille. »

Ce sera donc l'Ena, avec l'envie « d'être au service de l'État », dans une promotion composée de dix filles pour soixante garçons ! Elle se découvre un intérêt pour la fonction préfectorale à l'occasion d'un stage. Mais il y avait un hic : aucune femme n'y était jusqu'alors entrée.

« Cela a été compliqué... », raconte Florence Hugodot. D'abord, il lui fallait atteindre un rang qui lui permettait ce choix. Mais surtout, il fallait convaincre en haut lieu qu'une femme était capable d'exercer ce métier. Le protocole voulait que les aspirants soient reçus dans les ministères concernés - pour Florence, celui de l'Intérieur. « Ils ont un peu fait la tête, ils n'avaient pas envie d'avoir une femme, rigole-t-elle. Ce n'était pas très agréable pour moi, mais je savais qu'il y aurait de la réticence dans ce ministère pas très féministe ». Ce qui a débloqué la situation, selon elle, c'est l'élection de Giscard. « Poniatowski trouvait que c'était bon pour l'image de montrer que le nouveau gouvernement était progressiste ».

C'est ainsi que la jeune femme devient directrice de cabinet d'un préfet à Perpignan. Une victoire pour celle qui a toujours défendu le partage des tâches familiales et l'égalité des chances, sans être ni féministe, ni militante de tempérament. « Je n'étais pas révolutionnaire. Mais mes sympathies sont toujours allées à la gauche. »
« Je suis allergique à la hiérarchie ! »

En 1976, elle est nommée sous-préfète à Ribeauvillé. « Je ne connaissais pas l'Alsace et j'y suis restée 35 ans ! » La Parisienne assure y avoir été « bien accueillie ». En 1978, elle fait un bref passage au cabinet de la ministre de la Condition de la femme, Monique Pelletier. Bref, car cela ne lui convient guère : « Déjà, c'était un cabinet de droite ! En plus, je n'avais pas très envie ». S'ensuit deux ans au Conseil d'État, avant de revenir à la préfectorale à Nancy, jusqu'en 1985. Un problème de santé la pousse à changer de corps. En 1986, elle entre comme magistrate au tribunal administratif de Strasbourg. Pour elle, ce n'est que temporaire. « Mais j'y ai pris goût, je trouvais que la justice administrative ne fonctionnait pas et j'avais envie de changer les choses. »

Sept ans (de réflexion) plus tard, c'est « le grand moment » de sa vie, celui où elle prend conscience qu'elle n'est « pas faite pour être fonctionnaire ». « Je suis allergique à la hiérarchie ! Si mon supérieur était un crétin, je n'avais pas envie de lui obéir. J'ai toujours été disciplinée, mais je n'en pensais pas moins, et je l'ouvrais un peu trop, parfois. Et dans l'autre sens, je voyais bien qu'il y avait des secrétaires préfectorales qui en savaient 10 000 fois plus que moi. L'idée d'être au-dessus d'elles ne m'a jamais plu. C'est familial, ce sens critique. »

Florence Hugodot devient alors avocate en droit administratif, une profession qu'elle a exercée durant seize ans, jusqu'à sa retraite, en 2009. « J'ai adoré ! »

Si elle est restée en Alsace durant 35 ans, c'est qu'elle y a rencontré son mari, Adrien Zeller. Elle ne parlera pas de cette relation, mais confie son peu d'attrait pour la fonction de « première dame ». « Un homme ou une femme est élu.e, pas son conjoint.e. Et Adrien était capable d'assumer ses tâches tout seul. Quant à moi, j'avais déjà bien assez à faire avec mon boulot et les cinq enfants à élever ! Cela ne nous empêchait pas de parler politique le matin au petit-déjeuner. »
Quand les centristes alsaciens ont passé l'arme à droite

La politique ne l'a jamais tentée, mais le sujet l'intéresse. « J'ai donné un peu d'argent à Macron au moment de son élection, même si je suis plus à gauche que lui. » Elle dit avoir toujours voté socialiste, sauf la période où elle votait pour Adrien Zeller. « Un préfet me traitait de gauchiste ! Quand il y avait des licenciements, je recevais les ouvriers et lui, le patron, en disant "Dégraissez !" Ça ne me plaisait pas. » Mais il ne fallait pas grand-chose pour être gauchiste à cette époque où la majorité des préfets avaient été élevés dans le gaullisme, ajoute-t-elle...

À propos du milieu politique, elle déclare : « Il y a le pire et le meilleur... Ceux que j'ai connus en Alsace étaient très honorables, à quelques exceptions près. Très peu ont piqué dans la caisse. » Elle confie son « admiration » pour Catherine Trautmann, dit avoir apprécié « le sens de l'intérêt général » de Guy Naudot. « Je regrette que le centre droit alsacien se soit fondu dans l'UMP de Sarkozy. Tous les centristes alsaciens l'ont rejoint, y compris Adrien. Je n'en revenais pas ! » Avec le ralliement de certains à Emmanuel Macron, elle nourrit l'espoir de voir ce centre-droit renaître de ses cendres.

« Au soir de sa vie, on se demande : "Est-ce que j'ai été utile" ? La grande question ! Je pense l'avoir été un petit peu, en ouvrant la porte du corps préfectoral aux femmes », glissse Florence Hugodot.

Elle a un troisième livre dans les tuyaux, « sur le bonheur et le malheur d'être senior, le sentiment de ne plus exister, sauf comme consommateur... Pour lutter contre cela, on fait beaucoup de bénévolat ; moi, c'est la Croix-Rouge, avec les migrants. Il faut se sentir utile... »
Annick WOEHL

 

 
 

 

Le G20 Finances arrache un compromis malgré les tensions

Publié dans le panorama le Lundi 10 juin 2019 à 06:51:21

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Le G20 Finances arrache un compromis malgré les tensions
 

 
« Tous nos débats ont montré la très grande préoccupation sur le risque de guerre commerciale », a expliqué le ministre français Bruno Le Maire. Photo Toshifumi KITAMURA/AFP
C'est une petite ligne dans le communiqué final mais qui a suscité des délibérations longues et « compliquées », d'après des participants. « Le contexte était tendu, les négociations ont pris une trentaine d'heures », confie une source proche des discussions. « La croissance mondiale semble se stabiliser [...] mais elle reste faible et les risques d'une détérioration demeurent. Surtout, les tensions commerciales et géopolitiques se sont intensifiées », écrivent les ministres des Finances et les dirigeants des banques centrales des pays du G20, réunis ce week-end au Japon.
« Eux contre tous »

La voix dissonante est venue de ceux qui ont bouleversé l'ordre multilatéral : les États-Unis, persuadés que le volet commercial n'est pas à blâmer dans le ralentissement économique actuel, face à des partenaires qui brandissent à l'unisson le danger de l'escalade entre Pékin et Washington.

« Je ne dirais pas que c'est eux contre tous les autres mais cela y ressemble beaucoup », a confié devant quelques journalistes le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici. « Ce n'était pas une tâche facile, ce n'est pas parfait, mais c'est un bon résultat », a-t-il commenté. « Nous nous sommes efforcés de refléter dans le communiqué notre volonté de combattre le protectionnisme. »
Tensions commercialesChine - États-Unis

« Tous nos débats ont montré la très grande préoccupation sur le risque de guerre commerciale», a confirmé le ministre français de l'Économie, Bruno Le Maire.

Le secrétaire d'État américain au Trésor Steven Mnuchin a rencontré à Fukuoka le gouverneur de la banque centrale chinoise, Yi Gang, évoquant plus tard sur Twitter une discussion « constructive » et « franche sur les questions commerciales ».

Mais, a-t-il prévenu, il ne faut pas attendre d'avancées avant le sommet du G20, prévu pour fin juin à Osaka : c'est au plus haut niveau de l'État que les choses vont se jouer, entre le président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping.
Avancées sur les Gafa

Autre sujet phare de ce G20 Finances, la réforme de la taxation du numérique. Et là, le consensus a semblé dominer la rencontre, même si les pays restent divisés sur la méthode.

Les grands argentiers des économies majeures de la planète ont promis de « redoubler d'efforts » pour « remettre de la justice fiscale sur la scène internationale », selon les propos de Bruno Le Maire.

L'objectif est de parvenir à un accord final d'ici à 2020, une avancée rendue possible par le changement d'attitude des États-Unis, qui bloquaient les négociations depuis des années.