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Le canot chavire: trois morts et une disparue

Publié dans le panorama le Vendredi 31 mai 2019 à 08:10:14

© Dna, Vendredi le 31 Mai 2019
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Accident Gerstheim
Le canot chavire: trois morts et une disparue
Une embarcation transportant quatre personnes a chaviré, hier, sur le Vieux Rhin au niveau de Gerstheim. Un homme et une fillette sont décédés, ainsi qu'un témoin ayant tenté de leur porter secours. Une fillette de 4 ans était hier soir toujours portée disparue.
 

 
Les secours allemands ont repêché une fillette en arrêt cardio-respiratoire.
Jeudi matin, un canot pneumatique transportant deux jeunes hommes et deux fillettes a chaviré sur le Vieux Rhin, à proximité des écluses EDF de la centrale hydroélectrique de Gerstheim, à une trentaine de kilomètres au sud de Strasbourg. Le bilan, dans la soirée, était de trois morts et une disparue.
La navigation était interdite dans la zone

Selon les premiers éléments de l'enquête, ce drame serait dû à une série d'« imprudences » fatales. « Le lieu était interdit à la baignade et à la navigation, précise Yves Séguy, secrétaire général de la préfecture du Bas-Rhin. C'est un endroit dangereux. »

En cause : un groupe de sept personnes de nationalité allemande et roumaine, habitant à Freundenstadt et Wolfach dans le Bade-Wurtemberg, qui avait décidé de passer la journée au bord du fleuve.

Avant de pique-niquer, les deux jeunes hommes ont embarqué avec les deux fillettes sur un canot pneumatique qu'ils avaient amené depuis la rive française. En se laissant dériver sur les bords du barrage, le bateau a été emporté par le courant puissant et a chaviré. « Ils n'avaient pas de gilets de sauvetage », complète Yves Séguy. Les secours ont été alertés vers 11 h 40.
La fillette de 6 ansn'a pas survécu

Rapidement, l'hélicoptère de la gendarmerie du Haut-Rhin a récupéré un jeune homme de 27 ans, issu de l'embarcation, qui s'était réfugié sur un plot en béton au milieu du Rhin. Il a été transporté sain et sauf à l'hôpital de Sélestat.

Dans le même temps, les secours allemands repêchaient la fillette de 6 ans en arrêt cardio-respiratoire. Hélitreuillée à l'hopital de Fribourg-en-Brisgau (Allemagne), elle n'a pas survécu.

Le second passager du canot pneumatique, âgé de 29 ans, a lui aussi été retrouvé mort, tout comme un témoin de 22 ans qui avait sauté à l'eau pour leur porter assistance. Deux autres témoins, un homme et une femme de 35 et 36 ans, qui avaient plongé pour venir en aide aux victimes ont pu regagner la berge sains et saufs. La seconde fillette, âgée de 4 ans, n'a pas été retrouvée.
« Le courant est très puissant dans le vieux Rhin »

D'importants moyens ont été déployés : trois hélicoptères (sécurité civile, gendarmerie nationale et police allemande), la brigade fluviale, la brigade cynophile, le SMUR de Strasbourg ainsi que 18 plongeurs, auxquels il faut ajouter une quarantaine de sapeurs-pompiers allemands.

Au total, entre 120 et 150 personnes issues du Bas-Rhin et d'autres départements (Haut-Rhin, Vosges, Doubs) ont été mobilisées par les recherches.

« Le Vieux Rhin est très trompeur : son débit peut sembler calme mais il est très puissant », explique le lieutenant-colonel Alain Koenig, commandant des opérations de secours. EDF a fermé le barrage de la centrale de Gerstheim pendant une heure et demie pour diminuer le débit du fleuve et faciliter les recherches.

« Je n'ai jamais connu un tel accident à Gerstheim, s'émeut Laurence Muller Bronn, maire de la commune. C'est une tragédie terrible. Preuve qu'il faut absolument respecter les consignes de sécurité. » L'enquête a été confiée à la brigade fluviale franco-allemande sur le Rhin.
Les recherches doivent reprendre ce vendredi matin

Les secours ont cessé leurs recherches jeudi soir vers 19 h 45. « On espérait qu'avec la réouverture du barrage le corps reviendrait à la surface, mais ça n'a pas été le cas », regrette le lieutenant-colonel Alain Koenig. La gendarmerie reprendra aujourd'hui les recherches avec l'aide d'un hélicoptère et de plongeurs.
Thomas PORCHERONavec G. L.

 

 
 

 

Islam Un plan de table symbolique

Publié dans le panorama le Vendredi 31 mai 2019 à 08:00:16

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Islam
Un plan de table symbolique
Retour sur la visite de Christophe Castaner : le ministre de l'Intérieur et des Cultes est venu mercredi soir à Strasbourg pour la rupture du jeûne du Conseil régional du culte musulman. Alors que l'État réfléchit à la manière d'accompagner le culte musulman, des messages forts ont été passés.
 

 
À gauche, de bas en haut, Hakim El Karoui, Abdelhaq Nabaoui et Mohammed Moussaoui, ancien président du CFCM. Christophe Castaner est entouré d'Alain Fontanel, premier adjoint (à g.), et de Yves Séguy, secrétaire général de la Préfecture (à d.).
? Pourquoi Strasbourg ? « C'est bien aussi que les ministres dépassent le périphérique », a observé Roland Ries, le maire, ravi de la visite. « Le ministre de l'Intérieur rompt le jeûne symboliquement pour ramadan, une fois chaque année en général. Pourquoi pas à Strasbourg ? », a répondu son entourage. Tandis qu'un observateur notait, malin : « Ce n'est plus un iftar, c'est un after. » Un premier avait eu lieu en effet le 16 mai, le Conseil régional du culte musulman (CRCM) était déjà accueilli par la municipalité.

Le 28 mai, Christophe Castaner a en tout cas brillé par son absence au dîner du Conseil français du culte musulman (CFCM), instance nationale présidée par le franco-turc Ahmet Ogras. Il leur a officiellement préféré Strasbourg parce que le CRCM y est, dit-il, exemplaire - et son exemple a vocation à être exporté dans les autres régions, a-t-il ajouté.

? Le visage uni des cultes et des collectivités. Parmi les 70 invités, beaucoup d'élus étaient présents, de même que les représentants des cultes, affichant, pour mieux l'affirmer, l'image souvent mise en avant d'une région exemplaire sur le plan du dialogue interreligieux. Toutes les grandes fédérations musulmanes régionales, turques comme maghrébines, étaient par ailleurs présentes. Sans oublier les représentants consulaires.

Le CFCM versus le CRCM Alsace. Le ministre ne peut pas ignorer les dissensions qui existent entre l'instance nationale et régionale (DNA du 16 février 2019). Fatih Sarikir, secrétaire général de la communauté islamique Milli Gorus, membre du CFCM et invité du dîner strasbourgeois (il était même placé à la table d'honneur), a assumé le positionnement du CFCM qui cherche à évincer Abdelhaq Nabaoui, président du CRCM Alsace, de son poste d'aumônier hospitalier national. La venue du ministre de l'Intérieur est, dans ce contexte, un soutien évident à Abdelhaq Nabaoui.

? Le discours de Christophe Castaner. Il a redit que la loi de 1905 resterait le socle. Nous l'avons interrogé sur ce point à l'issue de sa prise de parole et il a précisé que la réflexion sur la loi était toujours en cours et qu'elle pourrait donc, encore, être « toilettée ». Le ministre n'est pas venu faire d'annonces déterminantes et des arbitrages restent visiblement à faire.

Il a, en revanche, rappelé des principes : les trois cultes statutaires resteront trois et le modèle alsacien ne sera pas exporté dans le reste du pays. Et si la formation des imams apparaît toujours comme prioritaire, il a exclu la création d'une faculté de théologie musulmane au sein de l'Université de Strasbourg.

? Un indice quant aux grandes orientations à venir ? Un membre de l'organisation turque Ditib et du CRCM Alsace, interrogeait, un peu amer : « Où sommes-nous ? À un dîner du CRCM ou à un dîner de l'Amif ? » L'Amif (association pour l'islam de France) est cette association nouvellement créée par Hakim El Karoui, qui ambitionne de jouer un rôle de premier plan dans l'organisation du culte musulman en France, en rupture avec les pays étrangers (DNA du 30 novembre 2018). Il tranche avec un CFCM qu'il juge de longue date inefficace et il se trouve que l'un de ses soutiens est Abdelhaq Nabaoui. C'est ce dernier qui a invité l'essayiste au dîner strasbourgeois.
Myriam AIT-SIDHOUM

 

 
 

 

Brigitte Bierlein,première femme chancelière

Publié dans le panorama le Vendredi 31 mai 2019 à 08:13:55

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Brigitte Bierlein,première femme chancelière
 

 
Brigitte Bierlein expédiera les affaires courantes jusqu'aux élections de septembre. Photo HANS PUNZ/AFP
La cheffe de la Cour constitutionnelle, Brigitte Bierlein, a été nommée chancelière par intérim par le président autrichien, Alexander Van der Bellen. C'est la première femme à exercer ce poste en Autriche.

Brigitte Bierlein est chargée de former un gouvernement technique intérimaire qui expédiera les affaires courantes en attendant les élections législatives prévues en septembre. « Je vais m'efforcer de gagner la confiance des Autrichiens », a-t-elle affirmé dans une déclaration télévisée où elle est apparue au côté du président Van der Bellen.

Elle a annoncé qu'elle allait entamer des discussions avec les partis politiques et les organisations de la société civile dans les prochains jours. Elle a aussi indiqué que Clemens Jablons, un ancien président de la Cour administrative suprême, « était prêt à assumer les fonctions de vice-chancelier et ministre de la Justice ». De plus, le poste de ministère des Affaires étrangères reviendra au diplomate Alexander Schallenberg.
Sebastian Kurz prêt à prendre sa revanche

Son prédécesseur Sebastian Kurz a été renversé par le Parlement à la suite du scandale de corruption dit de l'Ibizagate, qui a fait exploser la coalition que son parti OVP avait formée avec l'extrême droite du FPÖ. À 32 ans, Sebastian Kurz est devenu le plus jeune ex-chancelier de son pays et celui dont le mandat aura été le plus court.

Mais le dirigeant conservateur prépare déjà son retour aux législatives de septembre, fort d'une popularité intacte. Il a déjà annoncé qu'il ne souhaitait pas retourner siéger en tant que député, comme il en a la possibilité, et allait entamer une tournée électorale en Autriche.

 

 
 

 

Prévisions : l'été s'annonce très chaud

Publié dans le panorama le Vendredi 31 mai 2019 à 08:14:45

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Prévisions : l'été s'annonce très chaud
 

 
Pour ce week-end de l'Ascension, la France va connaître des pics de chaleur à plus de 30 °C. Photo d'illustration Julio PELAEZ
Ce week-end, il fera beau, et chaud. Selon les prévisions de Météo France, les températures devraient souvent atteindre voire dépasser les 30 °C pour la première fois de l'année, notamment dès vendredi en Aquitaine, Languedoc ou en Provence. Les 30 °C seront fréquemment atteints au sud de la Loire samedi, plus ponctuellement au nord. Dimanche, les plus fortes chaleurs se décaleront vers l'est et remonteront vers le Nord pour les premiers 30 °C de 2019 à Paris.

Le phénomène est classique à cette époque comme l'explique Météo France : « Une crête de hautes pressions en altitude se met en place progressivement de l'Atlantique à l'Allemagne. Dans le même temps, le coeur d'un vaste anticyclone en surface va suivre le même chemin, faisant remonter samedi dans un léger flux de sud une masse d'air chaud en provenance de la péninsule ibérique ».
Vers un été plus chaud que la normale

Toujours selon Météo France, de grandes tendances se dégagent pour les trois mois à venir sur le continent. Et elles sont au beau fixe pour la France. « Des conditions anticycloniques devraient dominer la période sur la France et une grande partie de l'Europe, avec des températures supérieures aux normales. Autour de la Méditerranée orientale, le temps pourrait être plus instable et plus frais, tandis que le nord de l'Europe devrait connaître des conditions plus sèches et plus chaudes que la normale. »
L'été 2018, le deuxième plus chaud après 2003

Selon Météo France, l'été 2019 pourrait être à l'image de celui de 2018, soit le deuxième plus chaud depuis 1900, après celui de 2003 et devant le célèbre été 1976, celui de l'impôt sécheresse, symbole de ras-le-bol fiscal (comme quoi, rien n'est neuf).

L'été 2018 a ainsi été marqué par la persistance quasi-continue de températures supérieures aux valeurs saisonnières et aussi par une vague de chaleur exceptionnelle qui a concerné l'ensemble du pays pendant environ deux semaines, à savoir du 24 juillet au 8 août.

Malgré quelques périodes ponctuelles de rafraîchissement, notamment en juin et en août, les températures sont généralement restées supérieures aux normales de saison, « notamment sur un large quart nord-est où elles ont souvent été 2 à 3 °C au-dessus des normales. »

Reste désormais à savoir si l'été 2019 battra celui de 2018, voire celui de 2003.

 

 
 

 

Quinze ambassadeurs des médias et de l'information

Publié dans le panorama le Vendredi 31 mai 2019 à 07:57:11

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Quinze ambassadeurs des médias et de l'information
 

 
Les jeunes ambassadeurs de l'info en service civique ont eu la visite de plusieurs élus, à Riedisheim.  Photo L'Alsace /J.N.
Le petit point d'étape, jeudi 23 mai à Riedisheim, s'est placé au cours du semestre qui occupe 13 jeunes en service civique dans une opération de lutte contre les fausses informations.

La société évolue et entraîne inévitablement de nouvelles habitudes. Beaucoup savent qu'une foultitude de nouvelles fallacieuses (infox) inonde les réseaux sociaux mais tous n'ont pas forcément l'esprit assez critique pour prendre du recul et chercher à confirmer par d'autres sources ce qui a été lu, sinon entendu.
« Cybercitoyens » de demain

Unis-Cité est aussi convaincue que la maîtrise des outils numériques et la connaissance des médias sont fondamentales pour la compréhension du monde d'aujourd'hui afin de faire des jeunes générations les « cybercitoyens » de demain.

La responsable opérationnelle Émilie Coste et Camille Iannone, coordinatrice d'équipes et de projets, ont élaboré un programme en partenariat avec la médiathèque départementale.

Depuis le mois de janvier, les jeunes ont déjà créé ou participé à diverses actions (expositions, ateliers, animation...) dans les bibliothèques de Colmar, Guebwiller, Saint-Louis, Thann, Cernay, Val d'Argent, Munster, Ribeauvillé et dans d'autres espaces comme à Bollwiller.

Dernièrement à Riedisheim, les adolescents ont participé à un jeu - inspiré de celui créé pour la Fête de la science - où il fallait savoir démêler le vrai du faux.
Une expérience importante

Le service civique, « c'est une expérience importante dans la vie d'un jeune », estime Brigitte Klinkert. Lors de sa visite, la présidente du Conseil départemental s'est réjouie « des retours positifs » de la part des services du Département qui accueillent des jeunes volontaires.

Pour avoir rencontré les ambassadeurs à plusieurs reprises, Xavier Galaup, directeur adjoint de la médiathèque départementale, a constaté combien « ils ont évolué » tant dans leur façon de se comporter que de réfléchir. Pour le bénéfice qu'il engendre, le programme est aussi soutenu par le maire de Riedisheim Hubert Nemett et Patricia Bohn, conseillère départementale.
Justine NALOUEI

 

 
 

 

L'ordre national du Mérite pour Isabelle Haeberlin

Publié dans le panorama le Vendredi 31 mai 2019 à 08:30:15

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L'ordre national du Mérite pour Isabelle Haeberlin
 

 
La fondatrice de l'association Épices a reçu l'ordre national du Mérite des mains de la rectrice, Sophie Béjean. Photo L'Alsace/Jean-François Frey
Comme un symbole, Isabelle Haeberlin a reçu les insignes de chevalier de l'ordre national du Mérite à Mulhouse, dans les locaux universitaires de la Fonderie, là où l'association Épices (Espace de projets d'insertion cuisine et santé) continue de grandir, avec de nouvelles formations qualifiantes.

Comme l'a rappelé Isabelle Haeberlin, c'est à Mulhouse, dans les classes passerelle où elle enseignait, qu'est née l'idée d'Épices, ce lieu de rencontres et de cuisine qui permet aujourd'hui de travailler sur la santé, la parentalité, la confiance en soi, la réussite scolaire...
Des liens « tricotés au fil des rencontres »

Après avoir reçu sa médaille de la rectrice Sophie Béjean, qui a souligné les qualités « d'engagement, de simplicité, de convivialité » de la récipiendaire, Isabelle Haeberlin a voulu rappeler qu'il n'y avait « pas de magie » dans le fonctionnement de l'association, mais beaucoup de liens « tricotés au fil des rencontres », depuis 2009, date de l'ouverture du local de l'avenue Kennedy à Mulhouse.

Isabelle Haeberlin a été particulièrement émue en évoquant ses parents, la transmission de valeurs, avant de remercier tous les acteurs de la gastronomie alsacienne et de l'Éducation nationale, fidèles soutiens pour permettre à l'association de fonctionner.

Cette médaille n'est évidemment pas une fin en soi - on pense à la mise en orbite de l'Institut Haeberlin- et Isabelle Haeberlin a déjà prévenu ses invités : « Je vais encore avoir besoin de vous ! »
L.G.

 

 
 

 

Le décès d'Eva Kleinitz, directrice de l'Opéra national du Rhin

Publié dans le panorama le Vendredi 31 mai 2019 à 08:31:04

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Le décès d'Eva Kleinitz, directrice de l'Opéra national du Rhin
 

 
Eva Kleinitz avait suimprimersa marque en très peu de tempsà l'Opéra du Rhin. Photo DNA/ Ch. Lutz-Sorg
Jusqu'au bout, elle se sera battue. Jusqu'au bout, elle entretenait le contact avec ses équipes de l'Opéra national du Rhin. « On avait même déjà commencé à poser des pistes pour la saison 2020/2021. Elle évoquait des artistes, des metteurs en scène... L'Opéra du Rhin était devenu sa maison », confie Bertrand Rossi, directeur-adjoint de l'institution.

Cette maison, elle en avait parlé à son arrivée à Strasbourg, lors d'une première prise de contact au printemps 2016, avec une vraie gourmandise, des étoiles dans les yeux. Heureuse d'en assurer la direction, après le départ de Marc Clémeur, avec lequel elle fit la transition avant d'en être pleinement titulaire dès septembre 2017. Jusque-là, Eva Kleinitz avait été directrice adjointe de l'opéra de Stuttgart mais aussi présidente de l'association Opera Europa qui fédère quelque 160 théâtres lyriques et festivals sur le Vieux Continent.
Une figure attachanteet compétente

Originaire de Langenhagen, dans le Hanovre, cette Allemande très francophile, formée à l'Université de la Sarre (musicologie, psychologie et lettres) avait fait, en 1991, ses premières armes dans le monde du spectacle d'abord à Bregenz, où elle deviendra directrice de l'Opéra, puis à La Monnaie (Bruxelles) où elle sera l'adjointe artistique du directeur général. Son dernier poste avant Strasbourg a donc été au très estimable Opéra de Stuttgart. « Elle y était l'âme, une figure très attachante, qui vous faisait confiance. Quand elle nous a demandé de monter un projet à Strasbourg, on n'a pas hésité une seule seconde », confiaient récemment les metteurs en scène Jossi Wieler et Sergio Morabito, des fidèles de l'Opéra de Stuttgart où ils ont plus d'une vingtaine de productions à leur actif et auxquels Eva Kleinitz avait proposé de mettre en scène le Freischütz donné tout récemment dans la capitale alsacienne.

En peu de temps, Eva Kleinitz avait su imprimer sa marque. Mue par une vision interdisciplinaire des missions d'une institution lyrique et chorégraphique comme l'Opéra national du Rhin, elle avait mis sur orbite, en deux saisons, le festival Arsmondo. Il constituait une passionnante fenêtre ouverte sur d'autres cultures que celles auxquelles s'adosse le répertoire traditionnel de l'opéra occidental.

Après le Japon et l'Argentine, elle avait encore eu la force de mettre sur pied un programme consacré à l'Inde. Une force qui lui fit malheureusement défaut pour le présenter dans le cadre de l'habituelle conférence de presse de saison de l'Opéra du Rhin. Beaucoup avaient alors compris qu'elle cédait du terrain à la maladie.

« Elle avait apporté en à peine deux saisons un souffle de renouveau exceptionnel, fédéré les équipes autour de beaux projets, ouvert les horizons de sa programmation sur le monde... », réagissait jeudi matin Alain Fontanel, premier adjoint au maire de Strasbourg mais aussi vice-président de l'Opéra du Rhin, qui se déclare « abasourdi par une telle perte ». Et attend que soit passé le temps du deuil pour aborder un nouveau recrutement à la tête de l'institution.
Serge HARTMANN

 

 
 

 

Slow-up, 30 bornes de plaisir

Publié dans le panorama le Vendredi 31 mai 2019 à 08:24:47

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Slow-up, 30 bornes de plaisir
 

 
Slow-Up en centre Alsace. Photo DNA/Franck Delhomme
La recette de ce concept né en Suisse est aussi simple que convaincante : choisir environ 30 km de routes dans une contrée attrayante, les fermer pour une journée à tout trafic motorisé et prévoir un programme d'activités le long du parcours ! Un concept qui fait mouche puisqu'ils étaient 44 000 l'an passé à suivre les chemins du slow-up.

La participation à cette journée se fait en toute liberté, en accès gratuit et sans inscription ! Un « White Dress Code » est instauré pour honorer les vins blancs d'Alsace ! Il est temps de faire le tour de sa garde-robe et de se procurer les accessoires manquants afin de relever le défi de venir tout de blanc vêtu.

Dégustations de spécialités alsaciennes (knack, tarte flambée, pain d'épices...), petite restauration, ambiances musicales et activités ludiques pour les enfants rythmeront la journée. Le circuit du Slow-Up Alsace sillonne dans le vignoble et traverse des villages accueillants et charmeurs qui sont autant de haltes pour poser le pied et profiter d'animations variées.
Une journéefestive, sportiveet gourmande

Le parcours se déroule entre Sélestat, Châtenois et Bergheim, sur la Route des Vins et la Véloroute du Vignoble, à découvrir à son rythme à pied, à vélo, en roller, en respectant le sens de circulation.
Pris d'assaut

Un succès fou, et toujours zéro émission. Le slow up 2018 avait marqué les esprits. Pour les amateurs paisiblement juchés sur d'antédiluviens biclous comme pour les sprinteurs affûtés courbés sur des montures dernier cri, mais aussi pour les marcheurs, les adeptes du roller et ceux du « vélo couché »tous étaient réunis par un fort sentiment de liberté. En famille, entre amis, tous ont partagé le plaisir du coup de pédale et même parfois, d'une nouvelle ivresse de la vitesse dans les cuvettes et les lacets rapides de la route du Vin. Au pied du Haut-Koenigsbourg, c'était l'occasion de redécouvrir quelques splendides pistes cyclables traversant d'agréables zones ombragées dont la « véloroute » du vignoble.
POUR TOUT SAVOIR http://www.slowup-alsace.fr/

 

 
 

 

Les CADRes en selle pour l'environnement

Publié dans le panorama le Vendredi 31 mai 2019 à 08:05:04

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Thur et Doller Mobilité
Les CADRes en selle pour l'environnement
Soucieuse de développer la pratique du vélo, de la marche et des transports non polluants dans les vallées de la Thur et de la Doller, une bande de cyclistes a tout récemment créé l'association CADRes, convaincue que l'on peut aujourd'hui se déplacer autrement.
 

 
Laurent, Jocelyne, Jean, Max, Michel et Simone sont les membres fondateurs de l'association CADRes Thur et Doller, un pendant de l'association mulhousienne qui se mobilise pour la sécurisation des espaces dédiés aux cyclistes. Photos
« Q uand on partait de bon matin/Quand on partait sur les chemins/A bicyclette... », chantait Yves Montand dans les années 1960. Aujourd'hui, l'époque du vélo roi semble révolue. Sauf aux yeux de quelques cyclistes aguerris qui ont décidé de laisser le véhicule à moteur au garage. « Pour moi c'est une contrainte de prendre la voiture, je fais tellement de vélo..., déclare Michel Foudrat. Je n'ai aucun mérite, c'est un plaisir et il faut que ça le soit ! »

Le président de la toute nouvelle association CADRes (pour Cyclistes associés pour le droit de rouler en sécurité) pédale depuis soixante ans. Il a « ça dans la peau », mais « se désolait » de voir qu'en traversant Mulhouse pour aller travailler, il n'y avait sur le trajet aucune piste cyclable. « C'était très dangereux. »
Construire l'avenir ensemble

L'idée de créer une association jumelle du CADRes mulhousien « germait » dans son esprit « depuis un moment. » Comme dans celui de Jocelyne Sourd, habitante de Roderen et vice-présidente de l'association : « Je me suis rendu compte que mes filles voulaient aller au collège et au lycée à Thann à vélo, mais on l'interdit à nos enfants parce que la route est dangereuse et sinueuse. » Indignée, elle a déjà fait part de son constat aux élus. Ce à quoi il lui a été répondu de créer une association pour avoir plus de poids...

Chose faite aujourd'hui, les sept membres fondateurs du CADRes Thur et Doller comptent bien relever les points noirs - « la traversée de Willer ou de Moosch » - et « faire l'inventaire aussi de ce qui ne va pas » dans le secteur, notamment en termes de sécurité. « Nous sommes des cyclistes qui connaissons chaque bout de terrain, des pratiquants de la route qui utilisons le vélo pour se déplacer et pour aller travailler », insiste Michel Foudrat qui souhaite « construire l'avenir ensemble », avec les élus locaux et le conseil départemental, en charge de l'entretien et de la construction de certaines routes.
Le tout voiture n'est plus possible

« Il faut une volonté politique au départ pour faire de la place aux cyclistes, constate Simone, ancienne Parisienne férue de vélo. Delanoë a insisté et en dix ans, ça a changé ! »

Si l'idée phare de l'association - « le tout voiture, ce n'est plus possible » - est sans appel, l'objectif de ses membres est avant tout de réveiller le bon sens des gens. « Il faut se poser la question : si la boulangerie est à 150 mètres, j'y vais à vélo. Il faut se dire par exemple : à la messe, j'y vais à vélo ! », sourit Michel Foudrat, lançant peut-être là un futur slogan de l'association.

À l'heure où le Pays Thur Doller élabore un schéma directeur vélo et recrute une chargée de mission pour encourager la mobilité douce les CADRes veulent prêcher la bonne parole dans les écoles. « C'est avec les enfants qu'il faut commencer à redonner confiance et ainsi éduquer les parents, comme avec le tri », estime Jocelyne Sourd. Pour elle, laisser sa voiture au garage, « c'est une question d'habitude. » Elle aimerait qu'un « maillage se crée petit à petit » entre les villages - où la vitesse serait limitée à 30 km/h - et entre les deux vallées, permettant aux jeunes d'aller à l'école ou de se rendre à leurs activités. Voire permettre, grâce à des pistes cyclables jusqu'à Thann, puis le tram-train - « on est bien desservi ! » - de rejoindre Mulhouse pour travailler. « Plus il y aura de piétons et de vélos, moins il y aura de voitures et plus les vélos seront en sécurité, juge Michel Foudrat. Beaucoup de gens font du vélo le dimanche, note-t-il. Il faudrait maintenant qu'ils le prennent la semaine... »
Morgane SCHERTZINGER

 

 
 

 

L'habitat fait sa transition

Publié dans le panorama le Vendredi 31 mai 2019 à 08:23:20

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L'habitat fait sa transition
 

 
Lucas Meyer, d'Alsabrico, participe à l'organisation des démonstrations organisées jusqu'à dimanche dans le nouvel espace habitat de la Foire éco-bio - ici, avec les isolants en chanvre. Photos L'Alsace/Vanessa Meyer
Deux bottes de paille, une belle planche entre elles, et voilà un banc ! Nous sommes bien à la Foire éco-bio d'Alsace, édition 38, premier jour. Dans le dernier hall du parc des expositions de Colmar, qui accueille jusqu'à dimanche le rendez-vous devenu incontournable des alternatives écologiques, un espace habitat a été installé pour la première fois.

Les autres années, il y avait bien, çà et là, un vendeur d'isolant, un artisan écolo ou un spécialiste des panneaux photovoltaïques. Mais cette fois-ci, les organisateurs ont vu les choses en grand et, surtout, en mode participatif. À peine les portes ouvertes ce jeudi matin, le banc made in Foire éco-bio de l'espace habitat accueillait ses premiers postérieurs, ceux de personnes venues assister à la démonstration de pose de panneaux isolants 100 % chanvre.
Le chanvre, une fibre qui ne peut pas pourrir

« Le chanvre a plusieurs propriétés, explique Alain Krauss, responsable commercial de la marque Biofib, spécialisée dans les isolants à base de chanvre. On est sur une fibre naturelle, creuse et très résistante. » Sa société est issue d'une coopérative agricole vendéenne qui a souhaité valoriser les parcelles en jachère, en donnant un débouché au chanvre ou au lin qui poussent « comme de la mauvaise herbe » en l'absence de culture. Aujourd'hui, elle produit l'isolant nécessaire pour environ 50 000 maisons pavillonnaires chaque année.

« La fibre de chanvre peut être utile à la fois pour l'isolation thermique et acoustique », poursuit Alain Krauss, en présentant au public, composé de 20 à 30 personnes selon les allées et venues, différents panneaux d'isolants. « Pendant des siècles, le chanvre était utilisé dans le domaine maritime, notamment pour la fabrication des cordes. Comme c'est une fibre creuse, elle est naturellement hydro-régulatrice, c'est-à-dire qu'elle ne peut pas pourrir. »

Depuis 10 à 15 ans, le chanvre revient à la mode, même s'il reste bien moins courant que les matériaux « classiques », type laine de roche ou laine de verre. « Avec le développement de l'auto-construction, de l'écologie, il y a une demande de plus en plus forte pour ce type de matériaux 100 % naturels », indique Lucas Meyer, de l'entreprise Alsabrico, installée à Turckheim et chargée d'une partie des animations de l'espace habitat. « C'est surtout le côté naturel, le fait que ce soit un matériau sain, qui attire du monde », ajoute-t-il.

Devant son public, Alain Krauss poursuit son opération séduction : « Le chanvre, en tant que fibre végétale, offre aussi une plus grande inertie au bâtiment. Quand il n'y a pas d'inertie dans votre maison, cela veut dire qu'en été, il va vite faire très chaud. Là, ce ne sera pas le cas. »

« Mais quelle quantité d'isolant doit-on mettre pour respecter les normes ? », demande un participant. « En construction neuve, pour un mur, il faut compter 160 mm et pour la toiture ce sera plutôt 320 mm », répond le commercial, précisant, pour les non-initiés, qu'il s'agit des mêmes épaisseurs que « pour les trois-quarts des isolants traditionnels ».
Écolo, le chanvre ? Oui. Mais un peu plus cher aussi...

« Vos cultures sont-elles bio, comme votre marque s'appelle Biofib ? », interroge une autre personne. « Le "bio" fait référence au fait que ce sont des matériaux bio-sourcés, autrement dit que la matière est biologique, soit d'origine animale comme la laine ou les plumes, soit végétale comme dans notre cas. Mais nos cultures ne sont pas bio au sens du bio pour les légumes. Ça impliquerait que le champ, que l'on exploite en jachère entre deux plantations traditionnelles, soit certifié bio, ce qui n'est pas le cas. Après, le chanvre ne nécessite aucun engrais ni pesticide, très peu d'eau, et il pousse en 100 jours. Et il faut savoir qu'un hectare de chanvre stocke 1,5 fois plus de CO2 qu'un hectare de forêt. »

Si, après cette démonstration, on n'est pas encore conquis, on peut ajouter que la culture de chanvre ne produit quasiment pas de déchets : « 99,9  % de la plante est utilisée, non seulement pour de l'isolant mais aussi pour la fabrication de billets de banque ou de papier à cigarette, développe Alain Krauss. Même l'automobile s'y met aussi, en réduisant la fibre de chanvre en poudre pour remplacer les polymères des tableaux de bord et des portières. »

Là, on s'éloigne un peu de l'habitat. Et puis d'accord, le chanvre est écolo, efficace et il sent bon. Mais quid de son prix ? « On est sur des tarifs pouvant être jusqu'à 1,5 fois plus chers que pour un isolant classique », concède Lucas Meyer, d'Alsabrico. « Il ne faut pas hésiter non plus à faire jouer la concurrence entre vos artisans, et à appeler le fabriquant en cas de doute. Il arrive qu'un artisan profite du fait qu'un client cherche un produit alternatif pour gonfler les prix », prévient Alain Krauss.

Et comme pour tout, c'est une question de choix. « On a de plus en plus de clients qui viennent spécifiquement pour ce type d'isolant, remarque Lucas Meyer. Le fait que ces panneaux soient de fabrication française, dans une démarche écolo, compte aussi beaucoup. Et peu importe si c'est un peu plus cher. Ils savent ce qu'ils achètent. » Et leur isolant n'aura pas fait le tour du monde avant d'atterrir entre deux lambourdes.
Un isolant facilement manipulable

La pose des panneaux de chanvre, c'est justement l'étape suivante de la matinée. Derrière le conférencier, la structure d'un mur ossature bois, en lambourdes, ces longues tiges de bois rectangulaires, a été recréée. « Maintenant, à vous de poser l'isolant », propose Alain Krauss. Avant de s'exécuter, il faut parfois ajuster la taille des panneaux à celle du mur, pour le contour d'une fenêtre par exemple. Pour cela, rien de plus facile : une simple scie suffit. « C'est un autre avantage du chanvre, il est très facilement manipulable et on le coupe sans difficulté », note Lucas Meyer.

La scie électrique s'active, non sans perturber pendant quelques secondes la causerie voisine animée par l'association Éco-quartier Strasbourg sur le thème des « outils de la coopération en copropriété » - ou comment trouver des pistes pour faire entrer la transition énergétique, environnementale et citoyenne dans son immeuble. Là encore, c'est un autre sujet, mais c'est aussi ça, l'espace habitat. Et pour qu'il n'y ait pas de jaloux, on a bien fait les choses : les participants à la causerie, eux aussi, sont assis sur des bottes de paille.
Esteban WENDLING LIRE Également en page 37. PLUS WEB Voir notre diaporama sur www.lalsace.fr

 

 
 

 

transport ferroviaire Grand Est Cooopération sur les rails avec le Bade-Wurtemberg

Publié dans le panorama le Vendredi 31 mai 2019 à 07:58:22

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transport ferroviaire Grand Est
Cooopération sur les rails avec le Bade-Wurtemberg
Winfried Hermann, ministre des transports du Bade-Wurtemberg et David Valence, vice-président du Grand Est chargé des transports, ont signé vendredi à Stuttgart un accord visant à améliorer le transport ferroviaire transfrontalier de voyageurs.
 

 
Réouverte depuis décembre 2012, la liaison Mulhouse-M
À l'horizon 2024, il est notamment question de ramener le cadencement à une heure sur la ligne Mulhouse-Müllheim et à 30 minutes sur la ligne Strasbourg-Offenbourg.

Deux résolutions similaires concernant le développement des dessertes Neustadt-Wissembourg-Strasbourg, Wörth-Lauterbourg-Strasbourg, Trèves-Metz, Sarrebruck-Metz, Sarrebruck-Strasbourg, ont déjà été signées par la Région Grand Est avec le Land de Rhénanie-Palatinat en juin 2018 et avec la Sarre en novembre 2018.
Un appel d'offres européen préalable

Ces trois résolutions s'inscrivent dans la perspective d'un marché de service portant sur sept liaisons transfrontalières.

Sa mise en oeuvre n'est prévue que dans cinq ans car elle passe au préalable par l'organisation d'un appel d'offres européen commun. Elle nécessite également l'acquisition de nouveaux matériels roulants compatibles avec les réseaux français et allemands.

Dans les semaines à venir, la Région Grand Est et les trois Länder doivent signer un accord de coopération et de financement qui précisera les conditions de cet appel d'offres et de l'acquisition des nouvelles rames.

Cette résolution signée avec le Land voisin du Bade-Wurtemberg fait suite à la décision du conseil régional (DNA du 29 mars 2019) d'ouvrir progressivement à la concurrence le réseau TER Grand Est à partir de janvier 2022.

L'échéance 2024 a été retenue pour les lignes transfrontalières circulant vers l'Allemagne car elle coïncide avec la fin de la convention d'exploitation du TER Grand Est et la fin des marchés ferroviaires régionaux en Sarre et en Rhénanie-Palatinat.
X.T.

 

 
 

 

Des avancées sur l'axe rhin-rhône
Six mois après la restructuration des dessertes TGV reliant le Grand Est au Sud de la France, le comité de suivi institué en réponse à la mobilisation et à la pétition des élus et parlementaires régionaux, s'est réuni pour la première fois mardi au siège de la Région à Strasbourg. Lors de la réunion, à laquelle ont pris part Stéphane Volant, secrétaire général de la SNCF, Stéphanie Dommange, directrice régionale SNCF Mobilités, et Jean Rottner, président de la Région, plusieurs « avancées » ont été actées pour le service annuel 2020 avec notamment le retour d'un TGV matinal quotidien vers Lyon et Montpellier à partir de Metz (6 h), Strasbourg (7 h) et Mulhouse (8 h).

S'y ajoutent la création d'un aller-retour TGV entre Nancy et Nice via Strasbourg, le retour d'un troisième aller-retour vers Marseille depuis Strasbourg, Mulhouse et Metz, l'accroissement de l'offre vers Montpellier depuis Mulhouse, le maintien de l'expérimentation Nancy-Lyon via Marne-La Vallée et le maintien à l'identique des tarifs TGV.

 

ASSOCIATION LES 2 ROUES DE L'ESPOIR - La solidarité comme moteur

Publié dans le panorama le Vendredi 31 mai 2019 à 08:27:23

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ASSOCIATION LES 2 ROUES DE L'ESPOIR - La solidarité comme moteur
 

 
L'association Les 2 roues de l'espoir offre de nombreux cadeaux pour améliorer le quotidien des enfants malades, handicapés et orphelins, comme ici lors d'une remise pour l'association Caroline Binder. DR
Toute jeune car créée en janvier 2018, l'association à but caritatif Les 2 roues de l'espoir, présidée par le Wittersdorfois Franck Stampfler, s'est déjà fait un nom. Elle s'est faite remarquer aux quatre coins de l'Alsace, en organisant différentes manifestations et actions ou en venant directement en aide à des enfants malades, handicapés ou placés. Tout est parti de « La balade des pères Noël » fin 2017, où après un appel aux dons pour récolter des jouets, près de 80 motards se sont réunis et rendus en défilé de Sausheim à Mulhouse, au foyer Saint-Jean. Peluches, jeux et divers cadeaux, au nombre de 160, ont alors été gracieusement offerts aux enfants. « Cet élan de solidarité m'a marqué et donné envie d'aller encore plus loin, confie Franck Stampfler qui, avec l'aide de ses proches, a lancé l'association Les 2 roues de l'espoir. On a compris qu'on pouvait faire bouger des choses pour les enfants et leur faire plaisir. »
Des motards,mais pas que

Depuis, une quarantaine de membres composent l'association qui a multiplié les opérations avec aussi quelques bénévoles occasionnels. « On travaille avec des structures, mais aussi directement avec des familles, témoigne le passionné de moto qui a tenu à ouvrir à tout le monde son association bien qu'elle garde un attachement aux deux roues. C'est parti d'un événement avec des motos, donc de nombreux motards ont composé le socle de base de l'association mais c'est vraiment ouvert à tous. On garde tout de même l'esprit motard et les actions avec des motos car les enfants aiment bien et ça les fascine. C'est important pour nous faire connaître. D'autant, que nous essayons de répondre à toutes les demandes et appels à l'aide que l'on reçoit. »
200 enfants aidésen 2018

Ainsi, 200 enfants ont été aidés sur la première année d'existence des 2 roues de l'espoir. De manières bien différentes. « On a organisé une opération Pâques où l'on a offert du chocolat sans sucre à des enfants atteints de mucoviscidose. On a aussi fait une balade à moto déguisés en pères Noël à travers le Sundgau jusqu'à la Croix-Rouge de Seppois-le-Bas où des cadeaux ont été offerts aux enfants. L'idée est de donner du bonheur aux enfants, de rendre leur histoire plus gaie et parfois de les sortir de leur quotidien, explique le président de 29 ans. Il y a aussi des aides financières comme pour une enfant malade du Sundgau qui a de nombreux rendez-vous médicaux et pour laquelle nous avons aidé les parents à mettre de l'essence à un moment où c'était devenu compliqué pour eux. »

Pour faire fonctionner leur association, les membres des 2 roues de l'espoir proposent également leurs services sur d'autres événements contre des fonds. Ainsi, ils ont assuré la sécurité du triathlon de Belfort, où ils avaient aussi un stand avec tombola.
Deux événementspour la Croix-Rougede Seppois-le-Bas

Les prochains rendez-vous des 2 roues de l'espoir auront lieu fin août du côté de Seppois-le-Bas où la mairie laisse gracieusement à disposition sa salle des fêtes. « Mallorca Mojito Party » samedi 24 août à partir de 20 h 30 avec, au programme, un mélange de sons populaires schlager, électro, eurodance et kirmestechno, puis « Un Vrombissement, un sourire », dimanche 25 août, une journée où shows mécaniques, expositions et diverses attractions rythmeront le dernier week-end du mois d'août.

Une partie des bénéfices ira aux enfants du foyer de la Croix-Rouge de Seppois-le-Bas, structure avec laquelle travaille beaucoup l'association Les 2 roues de l'espoir.

« Ce week-end à Seppois-le-Bas c'est notre premier gros événement dans le Sundgau, confie Franck Stampfler qui a déjà plusieurs manifestations dans le Bas-Rhin derrière lui. Ce sera une mini-fête au village et à terme, d'ici cinq ou dix ans, l'objectif est d'en faire une grosse fête incontournable du secteur. C'est aussi ce que nous voulons que notre association devienne. » Avec toujours la solidarité comme moteur.
Florian ZOBENBIEHLER REJOINDRE Contacter l'association Les 2 roues de l'espoir au 07.71.26.31.89 ou sur la page Facebook « Les 2 roues de l'espoir ». Y ALLER « Mallorca Mojito Party » samedi 24 août à partir de 20 h 30 à la salle des fêtes de Seppois-le-Bas. Mélange de sons populaires schlager, électro, eurodance et kirmestechno. Tarif : 8 EUR. Une partie des bénéfices ira aux enfants du foyer de la croix rouge de Seppois-le-Bas.« Un Vrombissement, un sourire » autour et dans la salle des fêtes de Seppois-le-Bas dimanche 25 août. Shows mécaniques, expositions, diverses attractions. Entrée libre. Une partie des bénéfices ira aux enfants du foyer de la Croix-Rouge de Seppois-le-Bas.

 

 
 

 

Inauguration et premier concours

Publié dans le panorama le Vendredi 31 mai 2019 à 08:05:53

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Geiswasser  A l'étang communal après les travaux
Inauguration et premier concours
Après son réaménagement l'an dernier, l'étang communal de Geiswasser a été officiellement inauguré le 1er mai, date d'ouverture de la pêche, en présence de Michel Habig, vice-président du conseil départemental du Haut-Rhin et de nombreux maires et élus des communes voisines.
 

 
René Schappler et Betty Muller étaient entourés de nombreux élus pour l'inauguration de l'étang communal.
Dans son allocution de bienvenue, Betty Muller, maire de la commune et conseillère départementale, a rappelé le contexte du réaménagement de l'étang loué par l'association de pêche et de pisciculture (APP) A la carpe rouge. Début 2018, René Schappler, président de l'APP l'avait alertée sur l'affaissement des berges de l'étang et le danger potentiel pour les usagers du site.

Betty Muller a souligné : « Ce site est un espace public qui permet à la commune de créer du lien social dans un milieu naturel, présentant un fort potentiel pour la faune. [...] Les travaux relevaient ainsi d'une démarche environnementale globale, soucieuse de la richesse de notre biodiversité. »

La commune a lancé en mars 2018 une étude topographique et bathymétrique de l'étang, qui a confirmé la nécessité des travaux pour améliorer l'écologie et la sécurité du site. Différents travaux ont été entrepris : l'adoucissement des talus, la réalisation de zones de diversification écologique, l'aménagement de frayères, ainsi que la revégétalisation des abords et le réensemencement des talus. Le coût total de l'opération s'élève à 49 834,80 EUR ; opération pour laquelle la commune a bénéficié des aides de l'Agence de l'Eau Rhin Meuse (26 700 EUR) et du conseil départemental dans le cadre du Gerplan (8 300 EUR). Une charte de gestion écologique a par ailleurs été signée entre les représentants de l'association de pêche et la commune.

Un concours de pêche s'est déroulé le même jour, doté de lots de valeur pour les trois premiers de chaque catégorie (bons d'achat de 100 EUR à 150 EUR).
Le palmarès

Catégorie carpe : 1er, Holzer, 9 kg ; 2e, Waisel, 8,350 kg ; 3e, Scherr, 7,760 kg ; catégorie truite : 1er, Streit, 5,420 kg ; 2e, Scherr, 4,520 kg ; 3e, Schreiber, 3,990 kg.

 

 
 

 

Les monstres sortis des livres

Publié dans le panorama le Vendredi 31 mai 2019 à 08:06:30

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quartier saint-vincent-de-paul Caritas
Les monstres sortis des livres
Depuis 2017, Caritas Colmar a installé des boîtes à livres devant son site de l'espace Saint-Vincent-de-Paul, ainsi qu'une deuxième sur le site de l'espace Saint-Martin, rue du Galtz.
 

 
Chaque enfant, qui a suivi l'activité, a inventé un monstre et une petite histoire.
Ces boîtes sont remplies notamment avec l'aide du conseil départemental du Haut-Rhin. Pour les faire fonctionner, les bénévoles colmariens ont encadré une quinzaine de jeunes - tout au long de l'année - sur le thème des monstres.

Pour clore ce cycle d'activités, Caritas a invité tous les jeunes suivis par l'association à la fête des monstres, mercredi. « C'est bien d'avoir cette boîte à livres, mais il faut la faire vivre. Les monstres sortent des livres aujourd'hui. C'est une invitation à lire, à imaginer, à peindre », souligne Sophie Attard, animatrice de Caritas à Colmar et environs.

Dans leurs locaux, puis dans le jardin attenant décoré de monstres confectionnés par les jeunes, les conteuses des Amis de la bibliothèque ont livré leurs histoires aux enfants. Pour finir, ce sont les enfants eux-mêmes qui ont présenté leur monstre et leur histoire.

 

 
 

 

Inauguration de l'étang après travaux

Publié dans le panorama le Vendredi 31 mai 2019 à 08:02:44

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Inauguration de l'étang après travaux
 

 
Betty Muller et René Schappler étaient entourés des élus à l'occasion de l'inauguration de l'étang communal.  DR
De nombreux maires et élus des communes voisines ainsi que Michel Habig, vice-président du conseil départemental du Haut-Rhin, ont assisté, mercredi 1er mai, à l'inauguration de l'étang communal réaménagé de Geiswasser.

Dans son allocution de bienvenue, Betty Muller, maire de la commune et conseillère départementale a rappelé le contexte du réaménagement de l'étang loué par l'Association de pêche et de pisciculture (APP) « À la carpe rouge ». Début 2018, René Schappler, président de l'APP l'avait alerté sur l'affaissement des berges de l'étang et le danger potentiel pour les usagers du site.
« Créer du lien social dans un milieu naturel »

Betty Muller a souligné : « ce site est un espace public qui permet à la commune de créer du lien social dans un milieu naturel, présentant un fort potentiel pour la faune. [...] Les travaux relevaient d'une démarche environnementale globale, soucieuse de la richesse de notre biodiversité. » La commune a lancé, en mars 2018, une étude topographique et bathymétrique de l'étang, qui a confirmé la nécessité des travaux pour améliorer l'écologie et la sécurité du site. Différents chantiers ont été entrepris : l'adoucissement des talus, la réalisation de zones de diversification écologique, l'aménagement de frayères, ainsi que la revégétalisation des abords et le réensemencement des talus.
Charte de gestion écologique

Le coût total de l'opération s'élève à 49 834,80 EUR, pour lesquels la commune a bénéficié des aides de l'Agence de l'eau Rhin Meuse (26 700 EUR) et du conseil départemental dans le cadre du Gerplan, Plan de gestion de l'espace rural et périurbain (8 300 EUR). Une charte de gestion écologique a par ailleurs été signée entre les représentants de l'association de pêche et la commune.

Un concours de pêche s'est déroulé le même jour doté de lots de valeur pour les trois premiers de chaque catégorie (bons d'achat de 100 EUR à 150 EUR). Le palmarès est le suivant : catégorie carpe : 1er Holzer 9 kg ; 2e Waisel 8,350 kg ; 3e Scherr 7,760 kg. Catégorie truite : 1er Streit 5,420 kg ; 2e Scherr 4,520 kg ; 3e Schreiber 3,990 kg.
Sylvie SIEBER

 

 
 

 

Un petit truc en plus, cuisine et service

Publié dans le panorama le Vendredi 31 mai 2019 à 08:29:18

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Un petit truc en plus, cuisine et service
 

 
Aurélie Bernard, coordinatrice du projet et future responsable du restaurant inclusif qui doit ouvrir ses portes au public en septembre, place de la Paix. Photo L'Alsace/Darek Szuster
CHROMOSOME SURNUMÉRAIRE.- Le nom du restaurant est autant un clin d'oeil qu'un pied de nez. Les personnes porteuses de trisomie 21 doivent leur différence à la présence d'un chromosome surnuméraire de la 21e paire. « Un petit truc en plus » affiche sa singularité et invite le public à vivre la rencontre.

LE GÉNIE DE LA RELATION.- « Cette référence au handicap, sans l'imposer, traduit le fait que ces personnes ont une chose en plus : le génie de la relation », indique Tom Cardoso, directeur du CRM, centre de réadaptation de Mulhouse (et le plus grand centre de rééducation professionnelle de France).

UN PRÉCÉDENT À NANTES. - C'est en découvrant Le Reflet, un restaurant inclusif à Nantes qui a ouvert ses portes en 2017, qu'Aurélie Bernard, responsable de la restauration au CRM, a sollicité son directeur.

« Le bureau du CRM a accueilli cette proposition avec beaucoup d'enthousiasme », poursuit Tom Cardoso. Et partout où le projet est présenté, il rencontre l'adhésion.

INNOVATION SOCIALE. - Pour le CRM, c'est l'enjeu d'une innovation sociale : montrer la voie de l'inclusion dans un nouveau domaine. Le centre mulhousien est plutôt spécialisé dans la réinsertion de personnes souffrant d'un handicap physique mais ce projet s'inscrit dans sa vocation : « L'ajustement et l'adaptation sont au coeur de notre métier ».

Le CRM s'est adressé aux familles concernées à travers diverses associations, Trisomie 21 Alsace, Adapei Papillons blancs d'Alsace, Afapei, Apaei du Sundgau et Sinclair.

Généralement, les personnes porteuses de trisomie 21, quand elles travaillent, sont en milieu protégé, en Esat (établissement et service d'aide par le travail). « La fierté de ce projet pour nous, c'est le milieu ordinaire. Pas un Esat, pas une entreprise adaptée, nous allons dans l'inclusion dite totale. »

 
35 couverts, sept salariés

Le restaurant, situé Place de la Paix à Mulhouse (à deux pas du centre historique), doit ouvrir ses portes en septembre, après trois mois de préparation de l'équipe.

Aurélie Bernard, responsable du restaurant, qui doit être à la fois dans la cuisine et en salle, sera secondée par un sous-chef de restaurant.

PASSION DE LA TRANSMISSION.- « Ça fait huit ans que je suis responsable de la restauration et cheffe cuisinière au CRM, explique la jeune femme. J'aime ce métier, j'aime cuisiner, transmettre, essayer, me tromper... Réexpliquer vingt fois, trente fois les choses ne me dérange pas. C'est mon quotidien. C'est une chance d'allier ma passion pour la cuisine et pour la formation. Quand j'ai vu la vidéo sur le restaurant Le Reflet à Nantes, je me suis dit tout de suite, c'est génial ! »
« Un contact sans filtre »

Elle s'est d'ailleurs rendue sur place avec son directeur, s'il fallait encore le convaincre...

« On s'est retrouvés dans une ambiance chaleureuse, avec des clients bienveillants et des salariés heureux. Ces personnes ont un contact sans filtre, elles sont spontanées, elles font des petites blagues. » Atmosphère joyeuse et bons petits plats.

Aurélie Bernard compte bien que ce petit truc en plus se retrouve aussi dans l'assiette.

« Ce sera une carte avec des produits locaux, une cuisine du coeur, un menu du jour et une suggestion de la semaine. Et le soir, souvent des plats à partager, pour la convivialité ».
Accompagnement spécifique

Le restaurant va connaître une période de rodage à partir du 11 juin pour apprendre leur métier aux salariés.

CINQ POSTES. - « On a sélectionné 11 candidats âgés de 18 à 46 ans, au cours d'entretiens individuels. Il n'y avait pas de prérequis exigés en cuisine. Ils vont apprendre les bases... On doit tester aussi le déroulement d'une journée, les combinaisons d'équipe, le degré d'autonomie, la fatigabilité... »

Outre les cinq salariés en inclusion qui seront retenus après cette période et qui bénéficieront d'un CDI (15 à 20 h/semaine), le restaurant recrute des bénévoles pour mettre de l'huile dans les rouages.

30 BÉNÉVOLES. - « Deux à trois personnes par jour et donc, une équipe d'une trentaine de bénévoles, indique Tom Cardoso. Là aussi, il y a des critères. Le premier : pas de familles ! Les parents doivent rester en retrait. Ensuite, il faut des bonnes volontés qui acceptent d'accompagner mais pas de faire à la place de... »

Autre adaptation : le restaurant est équipé de vaisselle plus maniable (assiettes faciles à saisir, cruches légères...). Le CRM veut également aménager une salle de pause agréable pour le personnel.

MOINS DE 1 %.- « En France, moins d'1 % de personnes porteuses de trisomie 21 travaillent en milieu ordinaire, rappelle Aurélie Bernard. Et cela en raison du besoin d'accompagnement et de leur productivité moindre, malgré leurs qualités humaines. »
Frédérique MEICHLER PLUS WEB Voir l'interview vidéo d'Aurélie Bernard sur notre site www.lalsace.fr

 

 
 

 

Le Lieu recrée du lien

Publié dans le panorama le Vendredi 31 mai 2019 à 08:03:44

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Le Lieu recrée du lien
 

 
Le Lieu, une association pour les jeunes « émiettés » du sud du Haut-Rhin, installée près de la place de la République à Mulhouse. Photo DNA/M.M.
Un matin, comme les autres, 9 h. Le Lieu est vide, les murs blancs, comme entre chaque nouvelle aventure artistique. Puis, peu à peu, seuls ou par paires, par grappes, ils arrivent et se retrouvent dans le coin salon ; et le groupe se forme. Les « éduc'spé », une stagiaire, l'un ou l'autre ado, ça dépend des jours.

Dans la cuisine, un bon café a coulé, et, sur la table basse, des brioches attendent les arrivants. Pour Sébastien Castells, un des fondateurs du Lieu, qui en est aujourd'hui directeur - il préfère « responsable » -, c'est indispensable : « quand on arrive au Lieu, on dit bonjour ». Pour retrouver un minimum de sociabilité.
Des parcours émiettés

Ce Lieu, il est né de la volonté de l'ancien salarié de l'Alsa (Association pour le logement des sans-abri) avec d'autres, comme Manuella Ngnafeu (directrice générale adjointe chez Appuis) et Chantal Mazaeff (directrice générale de l'École supérieure de praxis sociale, anciennement ISSM). À l'origine, l'association était une troupe de théâtre, la compagnie Anna Scrupul'hom. Ils sont partis du constat qu'il y avait « de plus en plus de jeunes en errance, en fugue, en souffrance et au parcours "émietté", passés, entre 0 et 3 ans, 3 et 12 ans, 12 et 16 ans, par trois, quatre, dix formes d'accompagnement de l'aide sociale à l'enfance, sans qu'aucune n'ait véritablement fonctionné », regrette Sébastien Castells. Et pourtant, celui-ci reconnaît que le Haut-Rhin est « une pépinière en termes de créativité » pour proposer des alternatives. Mais il manquait une solution pour ce qu'on appelle les placements non exécutés, « qui sont dans 90 % des cas, des jeunes filles victimes d'un système de michetonnage » (lire ci-dessous, la lutte contre les réseaux). « Et on voulait aussi ouvrir à davantage de jeunes présentant des troubles comportementaux », précise Sébastien Castells.
De la méfianceà la confiance

Sur une centaine de jeunes non placés, une trentaine avaient le profil du Lieu... Un Lieu que ses fondateurs pensaient comme une maison, « où les jeunes pourraient passer de la méfiance envers l'adulte, à la confiance ; qui leur offrirait de nouveaux possibles, feraient émerger des désirs, des projets ; leur permettrait de retrouver l'estime de soi et de restaurer l'image de l'adulte ».

En 2015, le Département lance un appel à projets, mais les finances manquent. En 2016, le Conseil départemental lance une expérimentation de six mois. Le Lieu voit le jour. Le groupe s'étoffe vite, avec des professionnels de l'aide à l'enfance, de l'Éducation nationale. Il se nourrit d'expériences venues d'ailleurs, du Sénégal, du Québec, d'autres associations locales comme l'Alsa.

Le Lieu n'est pas un hébergement, c'est un espace d'activité de jour. En fait, grosso modo, « un tiers des jeunes accompagnés par le Lieu, le sont depuis chez eux ; un tiers a une solution d'hébergement de l'aide sociale à l'enfance ; un tiers squatte où c'est le mieux », résume Sébastien Castells. Du lundi au vendredi, ils peuvent passer au Lieu, pour un atelier théâtre, chant, écriture, se poser, discuter, boire un café ; et même le samedi ou en soirée, selon les projets.

Les fondateurs du Lieu voulaient inventer un nouveau dispositif pour accompagner des jeunes en errance, fugueurs, qu'il faut parfois aller chercher jusqu'à Paris où à Nice, par un travail d'approche qui peut durer plusieurs semaines. Les éducateurs sont beaucoup sur les réseaux sociaux, pour les retrouver et leur expliquent alors, que quand ils en ressentiront le besoin, ils pourront les appeler, tous les jours, 24 heures sur 24. Et souvent, ça marche. Les jeunes appellent.

Après, le travail du Lieu, c'est de les accrocher. « Ça peut venir de n'importe où. Pour une jeune fille, ce pourra être un rendez-vous chez le coiffeur ou l'esthéticienne, ou lors d'un repas, un séjour... Ils sont accompagnés pour six mois à un an renouvelable. Jusqu'à l'âge de leur majorité. Même si après, on ne leur fermera pas la porte », ajoute Marion Marck, éducatrice du Lieu dont l'esprit est une clause de non-abandon, un accompagnement inconditionnel et personnalisé pour réveiller le désir par des nouveautés, des rencontres, des voyages, du théâtre, du chant, du sport. En fait, tout est prétexte à des rencontres, à recréer du lien.
La présencedans l'absence

« On peut prendre plus de temps pour chaque jeune », explique Sébastien Castells, puisqu'en moyenne un éducateur spécialisé du Lieu est référent pour deux ou trois jeunes maximum, contre quatre ou cinq en institution ; et jusqu'à trente dossiers en milieu ouvert... Parti avec cinq jeunes, le Lieu en accompagne aujourd'hui une vingtaine ; et emploie dix salariés, dont huit travailleurs sociaux.

Un principe du lieu, c'est d'ailleurs cette disponibilité, ce qu'au Lieu on appelle aussi « la présence dans l'absence »... «Souvent, quand une association grandit, elle perd des moyens. Ici, le but c'est de continuer à offrir la même prestation. Quand on a trois jeunes de plus à accompagner, on embauche un éducateur », souligne-t-il. C'est ainsi, que tout récemment encore, Fabien et Bachir ont été recrutés, après leur stage. « C'est plus facile, car on est moins cher qu'un lieu d'hébergement. Et le Département est content, car une fois un jeune accompagné par le Lieu, le placement est dit exécuté... », poursuit Sébastien Castells.
Se réinventer

Quarante-cinq jeunes ont été accompagnés depuis la création du Lieu. Un Lieu qui ne veut pas faire l'erreur de croire que tout va bien. « Notre projet associatif est en cours de réécriture, avec le conseil d'administration qui est très engagé. On veut réinventer nos méthodes d'intervention, se demander toujours pourquoi certaines choses ne marchent pas. En tant qu'éducateur, on est forcément frustrés, parce que ces jeunes qu'on accompagne, à 18 ans, ils auront quoi ?, regrette Sébastien Castells. Il y aurait plein de choses à créer, comme des microstructures qui leur permettraient une insertion professionnelle. On a encore des choses à inventer. »
Michèle MARCHETTI

C'est le Conseil départemental qui finance le Lieu à 80 % ; le reste du financement provient des interventions artistiques, une dizaine chaque année, proposées dans différents lieux partenaires (comme les Papillons blancs, l'Éducation nationale, la Ville), sur la base des ateliers proposés aux jeunes, avec des travailleurs sociaux, aux formes plus ou moins abouties (théâtre, vidéo, photo...), mais toujours avec du matériel pro, acquis par l'association, pour mettre véritablement en valeur le travail et ces jeunes. Dernière intervention artistique en date, Créature émotionnelle a été jouée à Avignon, dans le cadre du festival de théâtre C'est pas du Luxe, de la Fondation Abbé-Pierre. Il y a aussi les « projets-bulles » entre sept structures partenaires (le Lieu, Appuis, le Foyer Marie-Pascale Péan, La Ferme, la Maison Saint-Joseph, l'Ermitage, et la toute récente structure Open Dog), qui permettent tous les quinze jours, des rencontres entre deux ou trois jeunes de chaque structure et leur éducateur, qui aboutissent à un séjour, un projet commun, comme une poche de respiration pour chacun, l'apprentissage de l'autre.

La Ville de Mulhouse a remporté la 10e édition du Prix Prévention de la délinquance, catégorie « Femmes et sécurité », décerné par Le Forum français pour la sécurité urbaine (FFSU) le 21 mars dernier. Un film d'animation de moins d'une minute (motion-design) a été réalisé par l'association le Nid 68 en collaboration avec le parquet de Mulhouse et les responsables de foyers éducatifs du territoire, traitant du sujet des jeunes victimes des réseaux de prostitution.

Une campagne qui sera diffusée dans tous les lieux fréquentés par les jeunes, et sur les réseaux sociaux avec un vocabulaire conçu, spécifiquement pour les jeunes, à l'issue de rencontres avec des jeunes filles qui s'étaient trouvées en situation de prostitution.