Back to top

L'édito de l'Alsace Un avertissement clair

Publié dans le panorama le Lundi 27 mai 2019 à 06:07:35

© L'alsace, Lundi le 27 Mai 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF
L'édito de l'Alsace Un avertissement clair
 

 
Laurent Bodin

Dans un scrutin qui réussit rarement aux partis de gouvernement, Emmanuel Macron et Angela Merkel, leaders d'une Europe tournant au ralenti depuis deux ans, ont connu une semblable mauvaise fortune. Pour autant, les situations sont bien différentes. Outre-Rhin, la coalition de centre-droit, en tête avec 28 % des voix, a, certes, réalisé son plus mauvais score historique. De quoi affaiblir un peu plus la chancelière Merkel dans un pays où les écologistes ont dépassé les 20 %. Soit deux fois plus que le parti d'extrême droite AfD qui confirme son ancrage mais arrive en quatrième position. Bref, le spectre politique en Allemagne demeure majoritairement entre la CDU-CSU et le SPD, de chaque côté de Verts ayant un poids qui ne les réduit plus au rôle d'arbitre mais leur permet de rêver, un jour, à la chancellerie.

Rien de tout cela en France où la principale surprise, outre la participation, réside dans le score de la liste d'Europe Écologie-Les Verts. Reste à savoir si cette troisième position, inattendue, est un feu de paille ou la première pierre d'un édifice durable. En fait, la France ne doit qu'aux Verts de ne pas apparaître comme une République bi-parti. Dans ce duel entre pro et anti-Européens exacerbé par Emmanuel Macron comme par Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national l'emporte de justesse. Le symbole lui suffit pour la remettre définitivement en selle. Réussissant à faire du bulletin RN le seul vote utile anti-Macron, elle a su tirer profit de la dynamique « gilets jaunes », dont ce scrutin a confirmé à qui ce mouvement a profité.

Il n'empêche que même devancée par le RN dans une élection qui sonne comme un désaveu pour la droite républicaine comme une gauche en miettes, le parti présidentiel, allié au MoDem, perd avec les honneurs. L'exécutif et les soutiens LERM ne peuvent faire autrement que de concéder leur défaite. Mais au vu des six derniers mois chaotiques, ce résultat résonne plus comme un avertissement que comme une condamnation définitive de la part des Français.

 

 
 

Le Pen gagne, Macron garde le cap

Publié dans le panorama le Lundi 27 mai 2019 à 06:14:28

© L'alsace, Lundi le 27 Mai 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF
Le Pen gagne, Macron garde le cap
 

 
Pour Emmanuel Macron, le pari est perdu : la liste LREM est devancée par le Rassemblement national de Marine Le Pen. Photo DENIS CHARLET
La première élection au suffrage universel depuis 2017 a livré un verdict clair, sans appel et pas sans valeur politique compte tenu de la participation supérieure à un électeur sur deux. C'est en effet la première au-dessus de 50 % pour un scrutin européen depuis un quart de siècle. Premier scrutin depuis la grande recomposition de 2017, ces Européennes, avec listes nationales, ont rempli leur fonction de jugement de mi-mandat. Et même une sorte de référendum sur la politique du gouvernement.
Le Pen gagne le duel

D'une certaine façon, le Rassemblement national et le président Macron, en montant lui-même en première ligne, ont motivé un vote binaire et utile en faveur de leurs listes. Les deux finalistes de la présidentielle 2017 ont réussi à installer le duel dans l'unique scrutin en France à la proportionnelle quasi intégrale, ce qui permet à six formations d'envoyer des députés à Strasbourg.

Pour la première fois depuis 1989, les deux listes en tête dépassent 20 %. « Le nouveau clivage nationaux-mondialistes se met en place de manière durable », affirmait ce dimanche Marine Le Pen.

À l'Élysée, on acte aussi cette nouvelle « bipolarité », on la substitue au choc du vieux monde entre droite et gauche. « Le parti présidentiel est le rempart solide contre les partis nationalistes », se console l'entourage du chef de l'État, qui a échoué à arriver premier. « Quand on termine deuxième, on ne peut pas dire qu'on a gagné », admet le Premier ministre Édouard Philippe.

Le premier, c'est en effet le parti lepéniste. Comme en 2014 quand il atteignait 24,8 % mais sans la présence de petites listes souverainistes, le RN est le seul à majorer son pourcentage du premier tour de la présidentielle 2017. Il reconduit vingt-quatre eurodéputés. Marine Le Pen a su parler à son électorat sur ses fondamentaux (migrants, antilibéralisme). Elle s'est débarrassée de l'épouvantail du renoncement à la monnaie unique. Elle n'en a pas rajouté sur la crise des gilets jaunes...
Macron« perdant honorable »

La majorité est néanmoins un perdant « honorable » selon la formule de l'Élysée. La liste Loiseau enverra vingt-trois députés à Strasbourg. La base électorale du premier tour de la présidentielle 2017 (24 %) a tenu. « Emmanuel Macron compte intensifier l'acte 2 de son quinquennat et ne fera pas de changement de cap en France », commentait l'Élysée dimanche soir. Pourtant, cette idée d'acte 2, instillée en réaction à la crise sociale qui a secoué le pays, n'a pas infusé dans l'opinion. La capacité à réformer reste fragile. Mais le président peut s'épargner un chamboulement pour se relancer.
Wauquiez, Mélenchon : échec

En revanche, son entreprise de rétrécissement de la droite et d'éclatement de la gauche est encore en marche. À dix mois des municipales, les droits d'inventaires s'annoncent sévères dans les deux grands partis historiques, surtout à droite où les sondages trompeurs ont suscité un espoir vain autour du jeune candidat LR François Xavier Bellamy. Sous 10 %, c'est du jamais vu. Dès hier soir, plusieurs ténors mettaient en cause la stratégie de droitisation de Laurent Wauquiez. « Disons la vérité, c'est un échec », sermonne le président du Sénat Gérard Larcher. « Nos salles sont pleines, nos urnes sont vides », cingle le député de l'Ain Damien Abad.

À gauche, les socialistes sauvent leur score de la présidentielle et leur présence à Strasbourg (6 sièges) malgré la concurrence de leur dissident Benoît Hamon. Sixièmes, les Insoumis divisent par trois leur score de la présidentielle, sauvant cinq sièges. La stratégie et l'attitude post-présidentielle de Jean-Luc Mélenchon sont clairement remises en cause. C'est l'autre grand perdant de la soirée. Il est emporté par la vague verte, pro-européenne, placide de Yannick Jadot.
Une puissance écolo

Car la bipolarité Macron-Le Pen est teintée d'une puissante et visible nuance verte. Elle est habituelle aux Européennes et encore plus naturelle cette année où rapports alarmants de scientifiques et appels à sauver la planète de la jeunesse dans les rues ont hissé les préoccupations écologiques dans les priorités des citoyens. Yannick Jadot aurait sans doute approché les scores de Daniel Cohn-Bendit (16,2 % en 2009) sans la présence de petites listes à connotation écologiste. Jusqu'à présent, les Verts n'ont pas su reporter leurs succès européens sur les scrutins locaux et purement nationaux. « Ce score nous oblige à construire l'alternative », avance Yannick Jadot. « Nous avons entendu le message écologique », répond Édouard Philippe. Voilà un autre bouleversement du nouveau monde politique : l'écologie n'est plus annexe.
Pascal JALABERT

 

 
 

Le Pen gagne, Macron garde le cap

Publié dans le panorama le Lundi 27 mai 2019 à 05:39:04

© Dna, Lundi le 27 Mai 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Elections européennes Participation en hausse, Rassemblement national en tête devant la majorité et surprise écologiste
Le Pen gagne, Macron garde le cap
Le match au sommet a bien eu lieu, remporté par le parti de Marine Le Pen (près de 24 % selon les estimations) qui devance la liste poussée par le président (entre 22 % et 23 %). Les écologistes tirent leur épingle du scrutin (13 %) quand la droite et la France insoumise, au coude à coude avec le PS, s'écroulent...
 

 
Pour Emmanuel Macron, le pari est perdu : la liste LREM est devancée par le Rassemblement national de Marine Le Pen.
La première élection au suffrage universel depuis 2017 a livré un verdict clair, sans appel et pas sans valeur politique compte tenu de la participation supérieure à un électeur sur deux. C'est en effet la première au-dessus de 50 % pour un scrutin européen depuis un quart de siècle. Premier scrutin depuis la grande recomposition de 2017, ces Européennes, avec listes nationales, ont rempli leur fonction de jugement de mi-mandat. Et même une sorte de référendum sur la politique du gouvernement.
Le Pen gagne le duel

D'une certaine façon, le Rassemblement national et le président Macron, en montant lui-même en première ligne, ont motivé un vote binaire et utile en faveur de leurs listes. Les deux finalistes de la présidentielle 2017 ont réussi à installer le duel dans l'unique scrutin en France à la proportionnelle quasi intégrale, ce qui permet à six formations d'envoyer des députés à Strasbourg.

Pour la première fois depuis 1989, les deux listes en tête dépassent 20 %. « Le nouveau clivage nationaux-mondialistes se met en place de manière durable », affirmait ce dimanche Marine Le Pen.

À l'Élysée, on acte aussi cette nouvelle « bipolarité », on la substitue au choc du vieux monde entre droite et gauche. « Le parti présidentiel est le rempart solide contre les partis nationalistes », se console l'entourage du chef de l'État, qui a échoué à arriver premier. « Quand on termine deuxième, on ne peut pas dire qu'on a gagné », admet le Premier ministre Édouard Philippe.

Le premier, c'est en effet le parti lepéniste. Comme en 2014 quand il atteignait 24,8 % mais sans la présence de petites listes souverainistes, le RN est le seul à majorer son pourcentage du premier tour de la présidentielle 2017. Il reconduit vingt-quatre eurodéputés. Marine Le Pen a su parler à son électorat sur ses fondamentaux (migrants, antilibéralisme). Elle s'est débarrassée de l'épouvantail du renoncement à la monnaie unique. Elle n'en a pas rajouté sur la crise des gilets jaunes...
Macron« perdant honorable »

La majorité est néanmoins un perdant « honorable » selon la formule de l'Élysée. La liste Loiseau enverra vingt-trois députés à Strasbourg. La base électorale du premier tour de la présidentielle 2017 (24 %) a tenu. « Emmanuel Macron compte intensifier l'acte 2 de son quinquennat et ne fera pas de changement de cap en France », commentait l'Élysée dimanche soir. Pourtant, cette idée d'acte 2, instillée en réaction à la crise sociale qui a secoué le pays, n'a pas infusé dans l'opinion. La capacité à réformer reste fragile. Mais le président peut s'épargner un chamboulement pour se relancer.
Wauquiez, Mélenchon : échec

En revanche, son entreprise de rétrécissement de la droite et d'éclatement de la gauche est encore en marche. À dix mois des municipales, les droits d'inventaires s'annoncent sévères dans les deux grands partis historiques, surtout à droite où les sondages trompeurs ont suscité un espoir vain autour du jeune candidat LR François Xavier Bellamy. Sous 10 %, c'est du jamais vu. Dès hier soir, plusieurs ténors mettaient en cause la stratégie de droitisation de Laurent Wauquiez. « Disons la vérité, c'est un échec », sermonne le président du Sénat Gérard Larcher. « Nos salles sont pleines, nos urnes sont vides », cingle le député de l'Ain Damien Abad.

À gauche, les socialistes sauvent leur score de la présidentielle et leur présence à Strasbourg (6 sièges) malgré la concurrence de leur dissident Benoît Hamon. Sixièmes, les Insoumis divisent par trois leur score de la présidentielle, sauvant cinq sièges. La stratégie et l'attitude post-présidentielle de Jean-Luc Mélenchon sont clairement remises en cause. C'est l'autre grand perdant de la soirée. Il est emporté par la vague verte, pro-européenne, placide de Yannick Jadot.
Une puissance écolo

Car la bipolarité Macron-Le Pen est teintée d'une puissante et visible nuance verte. Elle est habituelle aux Européennes et encore plus naturelle cette année où rapports alarmants de scientifiques et appels à sauver la planète de la jeunesse dans les rues ont hissé les préoccupations écologiques dans les priorités des citoyens. Yannick Jadot aurait sans doute approché les scores de Daniel Cohn-Bendit (16,2 % en 2009) sans la présence de petites listes à connotation écologiste. Jusqu'à présent, les Verts n'ont pas su reporter leurs succès européens sur les scrutins locaux et purement nationaux. « Ce score nous oblige à construire l'alternative », avance Yannick Jadot. « Nous avons entendu le message écologique », répond Édouard Philippe. Voilà un autre bouleversement du nouveau monde politique : l'écologie n'est plus annexe.
Pascal JALABERT

 

 
 

 

Le RN sur sa lancée

Publié dans le panorama le Lundi 27 mai 2019 à 05:49:59

© Dna, Lundi le 27 Mai 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Le RN sur sa lancée
La liste du Rassemblement national (23,90 %) coiffe sur le fil la liste Renaissance (23 %) aux élections européennes qui ont connu ce dimanche une participation en hausse. Ce coude-à-coude s'explique par le vote utile d'une partie de l'électorat centriste alsacien qui a préféré l'alliance La République en marche-MoDem-Agir à la liste des Républicains (9,1 %).
 

 
« Je suis Européen, parce qu'Alsacien et parce que Français », disait Pierre Pflimlin, ancien maire de Strasbourg et président du Parlement européen. En plaçant ce dimanche la liste du Rassemblement national légèrement en tête des européennes devant la liste Renaissance (LREM-MoDem-Agir), l'électeur alsacien s'est plutôt montré eurosceptique.

Mais à y regarder de plus près, l'électeur bas-rhinois l'est moins que dans le sud de la région. Si la liste de Jordan Bardella caracole en tête dans le Haut-Rhin avec 25,80 % des voix, elle est devancée d'un point par la liste Loiseau dans le Bas-Rhin (22,70 %). Ces résultats recoupent la cartographie des résultats de la présidentielle et des législatives de 2017.

La liste Bardella (RN) réalise ses meilleurs scores dans les vallées vosgiennes et sur une frange du piémont bas-rhinois et haut-rhinois, ainsi que dans la bande rhénane, l'Alsace Bossue, l'Outre-Forêt, le coeur du Sundgau et une partie du bassin potassique. Dans ces territoires périphériques ou enclavés, l'ex-FN dépasse souvent les 30%.

La liste Renaissance, de Nathalie Loiseau, se hisse juste derrière la liste RN. Le parti de la majorité présidentielle conserve son assise, observée lors de la présidentielle de 2017, dans les villes moyennes et les centres urbains. La bande frontalière de l'extrême nord et sud, le pôle Obernai-Molsheim, la grande banane ouest de l'agglomération strasbourgeoise, le piémont colmarien et les communes au sud de Mulhouse ont voté en faveur du président de la République. Dans ces secteurs qui bénéficient des effets de la métropolisation, LREM réalise entre 25% et 30%.
Défaite cinglante pour Les Républicains en Alsace

Face au duel imposé par Emmanuel Macron, les électeurs centristes de la région, portés par des convictions pro-européennes, ont privilégié l'alliance de La République en marche, d'Agir-La droite constructive et du MoDem, à la liste des Républicains, malgré le bon ancrage local d'Anne Sander, la candidate alsacienne en 8e place. Ils ont préféré un vote utile à un vote sanction à l'égard du gouvernement.

La défaite est cinglante pour Les Républicains, pourtant bien implantés dans le territoire et chez les parlementaires alsaciens. L'élection de Fabienne Keller, candidate de la liste Renaissance, ancienne UDF passée à l'UMP puis aux Républicains avant de créer Agir-La droite constructive, illustre ce clivage au sein de la droite de gouvernement.

La liste d'Europe Écologie tire elle aussi son épingle du jeu. Yannick Jadot bénéficie du bon ancrage de l'écologie politique dans la région mais aussi d'un vote utile de l'électorat de gauche, de la sympathie des régionalistes et d'un effet GCO très marqué dans certaines communes comme à Kolbsheim (45 %) et Handschuheim (23 %). Les écologistes (20,68 %) se hissent à la deuxième place à Strasbourg, sept points derrière les macronistes mais loin devant le Parti socialiste (7,7 %) et Les Républicains (7,29 %), ce qui préfigure une campagne municipale des plus haletantes.

Les cadres et les élus de La République en marche ont tous salué ce dimanche soir l'ancrage territorial de leur parti après seulement deux années au pouvoir tout en regrettant le score du Rassemblement national. Leur liste vire en tête dans les trois grandes villes alsaciennes : Strasbourg (27,75 %), Colmar (23,72 %) et Mulhouse (22,41 %).

Du côté des Républicains, les parlementaires faisaient grise mine, leur liste n'étant en tête que dans une poignée de communes. Catherine Troendlé, présidente des Républicains du Haut-Rhin et vice-présidente du Sénat, entend s'« exprimer très clairement au prochain bureau politique » de son parti. La droite alsacienne apparaît plus troublée que jamais depuis le printemps 2017. Sur la carte électorale, les Républicains ont disparu du paysage au profit du duel LREM-RN.
Franck BUCHY

 

 
 

 

Sander en suspens, Keller et Joron élues

Publié dans le panorama le Lundi 27 mai 2019 à 05:41:02

© Dna, Lundi le 27 Mai 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Sander en suspens, Keller et Joron élues
Anne Sander va-t-elle connaître le sort qu'avait déjà subi Catherine Trautmann lors des européennes de 2014 ? L'Alsacienne, eurodéputée sortante et 8e sur la liste LR, risque de ne pas être élue.Deux candidates régionales ont un siège assuré au Parlement européen : Fabienne Keller (liste LREM-Agir) et Virginie Joron (RN).
 

 
Anne Sander (LR) hier soir à Strasbourg. Pas sûre d'être élue, elle pourrait être dans la "réserve" post-Brexit.
ANNE SANDER CERTAINEMENT PAS ÉLUE.- Aucun sondage, ces dernières semaines, ne mettait la liste des Républicains aussi bas : environ 8,4 % dans les urnes hier, soit loin des 13 % annoncés par les sondeurs qui mettaient Anne Sander, 8e sur la liste, à l'abri.

Douche froide, donc, pour l'eurodéputée sortante, élue en 2014 après avoir été la collaboratrice de Joseph Daul (qui fut président du groupe PPE au Parlement européen avant de devenir président du parti PPE). Tard dans la nuit, on ne savait toujours pas si elle était élue, mais le peu de progression du score de la liste tendait à indiquer qu'elle ne retournerait pas au Parlement en juillet. Il se pourrait, mais là aussi sans certitude, qu'elle soit dans la "réserve" de 5 eurodéputés français qui siégeront quand les Britanniques seront partis - il faudra pour cela que le Brexit soit effectif.

Ce résultat « est une énorme déception car nous avons fait une très très grosse campagne de terrain. Ça se vérifie car nous faisons mieux dans le Bas-Rhin qu'au niveau national, où tout a été résumé au match Macron-Le Pen », a réagi Anne Sander hier soir.

Si ce mauvais résultat se confirme, l'Alsace va perdre une fervente défenseuse du siège du Parlement européen à Strasbourg. Elle suivra ainsi le destin qu'avait connu la socialiste Catherine Trautmann en 2014 : reléguée en deuxième position de la liste régionale, l'ancienne maire de Strasbourg avait fait les frais du trop petit score du PS dans la circonscription (13,24 %). Là aussi, le siège de Strasbourg avait perdu son plus ardent soutien.

Quatre eurodéputés sortants, mieux placés qu'Anne Sander sur la liste, sont réélus : Arnaud Danjean et Nadine Morano, tous deux élus avec Anne Sander sur la liste de la circonscription Est en 2014, et Brice Hortefeux et Geoffroy Didier.

FABIENNE KELLER ÉLUE SUR LA LISTE EN MARCHE.- La sénatrice et ancienne maire de Strasbourg Fabienne Keller, 7e sur la liste « Renaissance » menée par Nathalie Loiseau, n'avait pas trop de souci à se faire. La liste était créditée de plus de 20 % dans les sondages, score qui s'est vérifié hier soir.

L'ancienne maire de Strasbourg figurait sur la liste de La République en marche au titre du mouvement Agir (anciens LR qui ont quitté le parti sans pour autant rejoindre LREM).

L'adjointe au maire de Strasbourg Nawel Rafik Elmrini (ex-PS, maintenant LREM), 29e sur la liste, n'a pas été élue.

À Strasbourg, la liste Renaissance, soutenue par le premier adjoint en place, Alain Fontanel, arrive en tête avec 27,75 % des suffrages.

VIRGINIE JORON ÉLUE RASSEMBLEMENT NATIONAL.- Sa 8e place sur la liste menée par Jordan Bardella, créditée de plus de 20 % par tous les sondages pendant la campagne, assurait à Virginie Joron d'entrer au Parlement européen.

Installée en Alsace depuis 2000, Virginie Joron, juriste de 45 ans, a adhéré au Front national en 2012. Élue conseillère régionale du Grand Est en 2015, elle préside depuis 2017 le groupe RN à la Région.
Anne-Camille BECKELYNCK

 

 
 

 

Sander en suspens, Keller et Joron élues

Publié dans le panorama le Lundi 27 mai 2019 à 06:10:10

© L'alsace, Lundi le 27 Mai 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF
Sander en suspens, Keller et Joron élues
 

 
Anne Sander (LR) hier soir au Parlement européen, à Strasbourg. Y faisait-elle ses derniers pas ? Photo DNA/Michel Frison
ANNE SANDER CERTAINEMENT PAS ÉLUE.- Aucun sondage, ces dernières semaines, ne mettait la liste des Républicains aussi bas : environ 8 % dans les urnes hier, soit loin des 13 % annoncés par les sondeurs, qui mettaient Anne Sander, huitième sur la liste, à l'abri.

Douche froide, donc, pour l'eurodéputée sortante, élue en 2014, après avoir été la collaboratrice de Joseph Daul (qui fut président du groupe PPE au Parlement européen avant de devenir président du parti PPE).

« C'est une énorme déception, car nous avons fait une très très grosse campagne de terrain. Ça se vérifie, car nous faisons mieux dans le Bas-Rhin qu'au niveau national. Mais on nous a volé les élections, avec ce duel Macron-Le Pen, on a eu du mal à nous exprimer », a réagi Anne Sander depuis la soirée électorale au Parlement européen, à Strasbourg (lire page suivante).

Si ce mauvais résultat se confirmait, l'Alsace perdrait une fervente défenseuse de la présence du siège à Strasbourg. Elle suivra ainsi le destin qu'avait connu la socialiste Catherine Trautmann en 2014 : reléguée en deuxième position de la liste régionale, derrière Édouard Martin, l'ancienne maire de Strasbourg avait fait les frais du trop petit score du PS dans la circonscription (13,24 %). Là aussi, le siège de Strasbourg avait perdu son plus ardent soutien.

Quatre eurodéputés sortants, mieux placés qu'Anne Sander sur la liste, sont réélus : le Bourguignon Arnaud Danjean et la Lorraine Nadine Morano, tous deux élus avec Anne Sander sur la liste de la circonscription Est en 2014, ainsi que Brice Hortefeux et Geoffroy Didier.

FABIENNE KELLER ÉLUE SUR LA LISTE EN MARCHE.- La sénatrice et ancienne maire de Strasbourg Fabienne Keller, septième sur la liste « Renaissance » menée par Nathalie Loiseau, n'avait pas trop de souci à se faire. La liste était créditée de plus de 20 % dans les sondages, score qui s'est vérifié hier soir.

Fabienne Keller figurait sur la liste de La République en marche au titre du mouvement Agir (anciens LR qui ont quitté le parti, sans pour autant rejoindre LaRem).

L'adjointe à l'actuel maire de Strasbourg Nawel Rafik Elmrini (ex-PS, maintenant LaRem), 29e sur la liste, n'a pas été élue.

VIRGINIE JORON ÉLUE SUR LA LISTE RASSEMBLEMENT NATIONAL.- Sa huitième place sur la liste menée par Jordan Bardella, créditée de plus de 20 % par tous les sondages pendant la campagne, assurait à Virginie Joron d'entrer au Parlement européen. Installée en Alsace depuis 2000, cette juriste de 45 ans a adhéré au Front national en 2012. Élue conseillère régionale du Grand Est en 2015, elle préside, depuis 2017, le groupe RN à la Région.
Anne-Camille BECKELYNCK

 

 
 

Loiseau évite le décrochage

Publié dans le panorama le Lundi 27 mai 2019 à 05:39:26

© Dna, Lundi le 27 Mai 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Élections européennes Majorité présidentielle
Loiseau évite le décrochage
Le président avait clairement ciblé le Rassemblement national pendant la campagne. Le parti de la majorité échoue à devancer l'extrême droite mais limite les dégâts. L'Élysée évoque un « score honorable » pour un parti au pouvoir.
 

 
L'ex-ministre Nathalie Loiseau pouvait quand même avoir le sourire dimanche soir. Malgré une campagne marquée par des bourdes et des polémiques, la liste de la majorité présidentielle enregistre un score honorable pour un parti au pouvoir.
Sur la deuxième marche du podium... comme pronostiqué par les derniers sondages. La liste Renaissance de la majorité présidentielle (LREM, MoDem, Agir) n'a pas réussi à créer la surprise dimanche soir. Mais elle parvient à limiter la casse face au Rassemblement national (RN) : les deux partis recueillent plus de 20 % des suffrages exprimés avec un écart oscillant entre 1,5 et 2,5 % en faveur de l'extrême droite.

Après six mois de crise des gilets jaunes, les Européennes ne virent donc pas au simple référendum anti-Macron voulu par le RN et La France Insoumise qui s'est effondrée. Le chef de l'Etat évite aussi le piège des élections intermédiaires généralement défavorables au parti au pouvoir.

« Un score honorable », selon l'Élysée, qui estime ne pas avoir subi de « vote sanction » pour son premier grand test électoral depuis la victoire de 2017.
Pas de changement de cap

« On n'a jamais vu un parti au pouvoir avoir un score aux Européennes aussi haut par rapport à l'élection présidentielle », a expliqué la présidence. Et ce, malgré une campagne plutôt mal menée par l'ex-ministre des Affaires européennes, à l'aise sur les dossiers européens, beaucoup moins dans les joutes politiques. Ce scrutin était pourtant taillé sur mesure pour l'électorat de centre-droit dont la construction européenne est historiquement une des priorités.

Signe que le président Macron se sent conforté par son score, il a annoncé dès dimanche soir qu'il ne changerait pas de cap. Au contraire, il compte « intensifier » l'acte 2 de son quinquennat.

« Au niveau européen, le président de la République reste à la manoeuvre pour constituer une grande alliance progressiste en Europe, une force qui sera essentielle dans le nouveau Parlement européen », fait également valoir l'Élysée. Les listes Macron-compatibles situées au centre de l'échiquier ont gagné beaucoup de sièges alors que les sociaux-démocrates et les conservateurs qui dominent l'hémicycle de Strasbourg depuis 30 ans en ont perdu.

La deuxième place de LREM sonne toutefois comme un revers personnel pour le chef de l'Etat qui s'est engagé dans la bataille comme nul autre avant lui. Depuis des mois, il s'est posé en porte-drapeau d'une alliance des progressistes face aux populistes pour porter ses projets de réforme de l'Union. La contre-performance de la CDU/CSU, le parti de la chancelière allemande, pourrait permettre au Français de conserver un rôle de leadership en Europe. Même si cette deuxième place dans l'Hexagone ne l'impose pas en symbole du renouveau européen.
C.B.

 

 
 

 

La droite de Wauquiez s'effondre

Publié dans le panorama le Lundi 27 mai 2019 à 06:10:57

© L'alsace, Lundi le 27 Mai 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF
La droite de Wauquiez s'effondre
 

 
Laurent Wauquiez est l'un des grands perdants de ces Européennes. Photo JACQUES DEMARTHON/AFP
Le pari de Laurent Wauquiez est raté. Avec le très conservateur François-Xavier Bellamy, il espérait retenir les électeurs de François Fillon qui, en pleine crise des costumes et autres emplois présumés fictifs, avaient quand même été 20 % à avoir voté les Républicains (LR).

On en est loin. Le premier parti de droite, c'est le Rassemblement national de Marine Le Pen qui réalise environ trois fois plus de voix que les LR. C'est toute la stratégie de Laurent Wauquiez depuis deux ans qui est balayée en un scrutin. Une droite forte pour chasser sur les plates-bandes du Rassemblement national et une droite conservatrice pour rassurer l'électorat traditionnel.
Derrière les écolos

Les Républicains espéraient faire un score autour de 15 %. C'était cinq points de moins qu'en 2014, mais cela offrait une base pour reconstruire dans la perspective des municipales.Le scrutin de dimanche n'offre même pas cette base puisque même les écolos sont devant les LR. La démission de Laurent Wauquiez, qui avait refusé de prendre la tête de la liste de son parti, est clairement posée. Même ses proches n'excluaient pas dimanche ce scénario. Dans la soirée, le député Eric Diard (Bouches-du-Rhône) demandait déjà son départ. C'est dire l'ampleur de la crise qui s'annonce chez les Républicains : absents au second tour de la présidentielle, un score sous les 10 % aux Européennes.

« On n'a pas les jeunes, on n'a perdu les retraités, on n'a pas les classes populaires : il va falloir se poser les vraies questions », dit un proche de Valérie Pécresse.
Stop ou encore ?

La ligne officielle est de pointer la responsabilité d'Emmanuel Macron, « un artisan de la montée du RN », selon les mots de Laurent Wauquiez.

Damien Abad, vice-président de LR, reconnaît néanmoins que la droite doit refondre son projet autour de l'économie et du social. « Nous devons prendre conscience que le conservatisme et les questions identitaires seuls ne nous permettront jamais de gagner une élection présidentielle. »

Peu de cadres défendaient le président de façon franche dimanche soir. Laurent Wauquiez, en reconnaissant un score pas à la hauteur, s'est donné trois ans. « Nous avons trois ans pour faire naître l'espoir. » Mais sera-ce avec lui ?
Nathalie MAURET

 

 
 

Politique Elections européennes, les réactions en Alsace

Publié dans le panorama le Lundi 27 mai 2019 à 06:17:10

Politique Elections européennes, les réactions en Alsace

Hier soir...

Frédéric Bierry, président du conseil départemental du Bas-Rhin, observe que les Français ont "exprimé leur désamour pour le projet européen", car "l’ensemble des partis qui veulent déconstruire l’Europe ont réalisé des scores très importants, avec au total plus de 35% des suffrages exprimés". M. Bierry pointe la responsabilité des Etats et des "principaux partis politiques": "Depuis de nombreuses années, ils n’ont cessé d’accuser l’Europe et de rejeter leur impuissance sur les institutions européennes". M. Bierry se dit "européen convaincu", c'est, dit-il, "le sens de [son] engagement", notamment dans la création d'une Collectivité Européenne d’Alsace, dont il dit qu'elle "donnera un second souffle à l’Europe, en l’inscrivant dans le réel et dans le concret". Le président du conseil départemental du Bas-Rhin veut "réenchanter "la relation entre l’Europe et ses habitants" et, pour cela, il souhaite "davantage d’incarnation dans la vie quotidienne et plus de démocratie pour les citoyens européens", ce que, assure-t-il, Strasbourg peut incarner. "Strasbourg symbolise la démocratie et les Droits de l’Homme sur notre continent avec le Parlement et le Conseil de l’Europe, là où Bruxelles incarne la technocratie européenne. C’est avec le renforcement de son statut de capitale européenne que peut se construire l’Europe du concret et du quotidien", appuie M. Bierry.

Brigitte Klinkert, Présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin, se félicite de la forte hausse du taux de participation par rapport aux élections européennes de 2014 et 2009. C’est la traduction d’une prise de conscience par nos concitoyens de l’importance des enjeux européens. Aujourd’hui une majorité de français ont fait le choix de listes s’inscrivant dans l’arc républicain. Cependant, le fait que pour la deuxième fois consécutive l’extrême droite populiste et eurosceptique soit le premier parti français au Parlement Européen doit être appréhendé avec la gravité de circonstance et en aucun cas n’être banalisé. L’Europe doit être plus proche, plus lisible, plus concrète. Pratique et palpable dans le quotidien. C’est le cœur du projet de la future Collectivité Européenne d’Alsace qui se veut un laboratoire de cette nouvelle Europe des citoyens et du quotidien.Brigitte Klinkert se réjouit de travailler demain avec l’ensemble des eurodéputés alsaciens de la droite et du centre et des partis pro-européens du Rhin supérieur, territoire où bat le cœur de l’Europe.

Patricia Schillinger, sénatrice du Haut-Rhin : "Ce soir, les Français ont choisi de placer la liste conduite par Nathalie Loiseau et LaREM en position de force, en  réalisant un score qui prouve que la majorité présidentielle ne sort pas affaiblie de cet élection .Dans un contexte délicat, les Français ont renouvelé leur confiance à Emmanuel Macron. Je m'en félicite. Rarement un parti au pouvoir n'a pu avoir un score aux européennes aussi haut par rapport à l’élection présidentielle et je m'en félicite. Le contexte difficile des derniers mois laissait penser que le vote de ce jour serait un vote sanction. Je me félicite pourtant de constater que dans de nombreuses communes du Haut-Rhin LaREM soit largement en tête. Nous commençons aujourd'hui à récolter ce que nous avons semé depuis 2017. Dans le secteur des Trois Frontières, le constat est sans appel : la liste LaREM est largement en tête devant la liste LR. Cet exploit, pour un mouvement jeune, démontre avec évidence que les Républicains ne représentent plus la volonté d'Europe en Alsace. La REM s'implante solidement et durablement sur notre territoire. Cette victoire départementale est une satisfaction profonde pour moi! (...)".

Bruno Fuchs, député du Haut-Rhin : "Après la publication des premières estimations des élections européennes, le Député Bruno Fuchs souligne que "les formations politiques arrivées en tête sont celles qui avaient un projet identifiable et claire pour l'Europe". Bruno Fuchs se félicite de la forte participation qui prouve que notre démocratie fonctionne à nouveau. "On n’a jamais autant voté depuis 30 ans dans le cadre des élections européennes". Cette élection montre que les positions ont bougées et  que s'est créé une dynamique pro-européenne. Ce résultat démontre aussi l'implantation du mouvement présidentiel dans le territoire et dans le paysage politique français. Ce mouvement qui n’existait il y a deux an, est aujourd'hui une force politique majeure et incontournable. C'est une vrai remise en cause pour les partis traditionnels et en particulier les LR.

Antoine Herth, député (AGIR) du secteur de Sélestat, considère que la liste Renaissance (LREM-AGIR-MoDem-Radicaux) "a réussi son pari de porter un message de renouveau pour l'Europe". M. Herth salue en particulier l'élection au Parlement européen de Fabienne Keller, sénatrice, ex-maire de Strasbourg. "La droite constructive, qui sera totalement mobilisée pour défendre Strasbourg comme capitale européenne", écrit le député du Centre-Alsace, saluant des résultats "encourageants pour l'avenir, pour que la France occupe sa vraie place de leader en donnant un nouvel élan au débat démocratique dans le Parlement européen".

Réaction d'Eric Straumann, député LR du Haut-Rhin : "Les élections européennes ne nous sont traditionnellement pas favorables. Notre électorat, en particulier en Alsace, s'est retrouvé éclaté entre ses convictions pro européennes et la volonté de sanctionner le gouvernement. Dans ce contexte troublé, on relèvera le bon score des écologistes. La majorité au pouvoir et ses alliés recueillent moins d'une voix sur quatre, ce qui est inquiétant pour la suite du quinquennat. Notre famille devra également tirer les leçons de cette élection, qui montre un pays profondément divisé".

Catherine Troendle, présidente de LR 68.- "Une bonne nouvelle , la participation a cette élection. Véritable déception du score affiché par notre liste malgré un travail remarquable mené par François Xavier Bellamy et au local l engagement de Anne Sander notre depute alsacienne sortante qui fut total ! Nous attendons encore les résultats définitifs pour connaitre le sort de Anne en 8eme position. Cette montée en fin de campagne de la RN coincide avec l entree en campagne par le président de la république qui a dramatisé l enjeu et s est substitué à Mme Loiseau. Il n a pas été un rempart contre le RN ! Bien au contraire. Pour les LR, sur le plan national,  je compte m exprimer tres clairement lors du prochain bureau politique."

Robert Herrmann, président (PS) de l’Eurométropole de Strasbourg, se réjouit du sursaut de participation, mais déplore qu'il ait bénéficié "à l’extrême droite ou aux minorités europhobes". S'il note qu'au Parlement européen, "les deux blocs classiques, de droite et social-démocrate, continueront cependant à structurer les rapports de force politique", il pointe la "percée notable des Verts". M. Herrmann décrit le score de LREM, parti présidentiel, comme un "échec pour le président de la République", qui s’était "impliqué comme jamais un président en exercice ne l’avait fait dans une élection intermédiaire". Robert Herrmann décrit le résultat des "sociaux-démocrates", auxquels il appartient, comme "modestes". Mais cette famille de pensée "résiste", écrit-il. "Cela démontre, s’il en était besoin, que le rassemblement est nécessaire pour constituer une alternative crédible au duel entre libéraux et nationalistes", dit-il. Robert Herrmann félicite enfin Fabienne Keller, "opposante historique à Roland Ries et Catherine Trautmann", élue au Parlement européen sur la liste En Marche, alors, insiste-t-il, "qu’elle avait été battue aux précédentes élections…"

Jacques Bigot, sénateur PS du Bas-Rhin : En essayant de regrouper des élus de droite et de gauche pour « réformer » la France, force est de constater que le Président Macron n’a pas percé dans l’opinion, le score de « sa » liste étant plus faible que ses 24% du 1er tour de la présidentielle de 2017, malgré le fait qu’il ait attiré vers lui des électeurs du parti « Les Républicains ». Il ne sort pas vainqueur du duel qu’il a orchestré entre l’extrême droite et lui. Le parti socialiste n’est pas éliminé du Parlement européen, mais sa volonté de rassembler la gauche n’a pas surmonté les divisions qui l’affaiblissent. L’avenir reste ouvert si nous sommes capables de proposer une Europe et une France où la protection de l’humanité et de la planète sera la priorité en corrigeant les excès d’une économie mondialisée sans règle si ce n’est celle d’un plus grand profit sans partage".

Unser Land "se réjouit de l'élection de François Alfonsi, candidat en 9ème position sur la liste de Yannick Jadot (EELV). François Alfonsi était le candidat de la fédération Régions et Peuples solidaires, fédération dont Unser Land est membre fondateur. Avec François Alfonsi, le peuple alsacien disposera à Strasbourg et à Bruxelles d'un défenseur dévoué et compétent. Notre mouvement se réjouit de pouvoir compter sur notre ami corse pour faire avancer la cause alsacienne à l'échelle européenne".

Le RN dénonce une « fraude »

Publié dans le panorama le Lundi 27 mai 2019 à 06:05:06

© L'alsace, Lundi le 27 Mai 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF
Le RN dénonce une « fraude »
 

 
En raison d'une « bévue » du maire, les bulletins du RN n'ont été disponibles que deux heures après l'ouverture du bureau de vote de Wihr-au-Val. Photo L'Alsace/Jean-Marc Loos
Le Rassemblement national (RN) a dénoncé hier matin, dans un communiqué, une « fraude électorale » dans la commune de Wihr-au-Val. Selon Marie-Hélène de Lacoste Lareymondie, conseillère RN à la Région Grand Est et responsable locale du parti, le maire de la commune, Gabriel Burgard, n'aurait pas posé sur la table des votes les bulletins du RN, « pourtant rangés sur le siège arrière de sa voiture, donc bien en évidence, arguant qu'il n'avait pas été livré par la préfecture ».

Joint par nos soins, le maire de Wihr-au-Val « assume complètement cette bévue » commise sans malice, selon lui, l'oubli des bulletins du RN ayant été favorisé par la profusion des listes.
« Je n'ai pas fait de pointage systématique »

« À l'ouverture du bureau de vote [NDLR : la commune n'en compte qu'un], à 8 h, il n'était pas possible, à vue de nez, de voir qu'il manquait les bulletins d'une liste, détaille Gabriel Burgard. Je n'ai pas fait de pointage systématique et je l'assume. L'erreur a été réparée vers 10 h 15, dès que nous l'avons réalisée. Dans ce laps de temps, seuls deux ou trois électeurs sont venus se plaindre de ne pas trouver les bulletins de la liste qu'ils avaient choisie, sans nous préciser à laquelle ils pensaient... Mais j'ai d'abord pensé qu'ils parlaient de petites listes dont les bulletins étaient à télécharger sur internet. »

Le RN a annoncé avoir déposé plainte auprès de la gendarmerie de Munster.

 

 
 

Wihr-au-Val : le RN dénonce « une fraude », la commune s'en défend

Publié dans le panorama le Lundi 27 mai 2019 à 05:46:52

© Dna, Lundi le 27 Mai 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Élections européennes
Wihr-au-Val : le RN dénonce « une fraude », la commune s'en défend
 

 
Le Rassemblement national dénonce, dans un communiqué, une « fraude électorale » dans la commune de Wihr-au-Val. Selon Marie-Hélène de Lacoste Lareymondie, conseillère RN à la région Grand Est et responsable locale du parti, le maire de la commune, Gabriel Burgard, n'aurait pas posé sur la table des votes les bulletins du RN « pourtant rangés sur le siège arrière de sa voiture donc bien en évidence, arguant qu'il n'avait pas été livré par la préfecture ».

Joint par nos soins, le maire de Wihr-au-Val « assume complètement cette bévue » commise sans malice, l'oubli des bulletins du RN ayant été favorisé par la profusion des listes. « À l'ouverture du bureau de vote (la commune n'en compte qu'un), à 8 h, il n'était pas possible, à vue de nez, de voir qu'il manquait les bulletins d'une liste, détaille Gabriel Burgard. Je n'ai pas fait de pointage systématique et je l'assume. L'erreur a été réparée vers 10 h 15, dès que nous l'avons réalisée. Dans ce laps de temps, seuls deux ou trois électeurs sont venus se plaindre de ne pas trouver les bulletins de la liste qu'ils avaient choisie, sans nous préciser à laquelle ils pensaient... Mais j'ai d'abord pensé qu'ils parlaient de petites listes dont les bulletins étaient à télécharger sur internet. »

Le RN annonce avoir déposé plainte à la gendarmerie de Munster.

 

 
 

 

Des bulletins manquants dans le Haut-Rhin

Publié dans le panorama le Lundi 27 mai 2019 à 05:48:32

© Dna, Lundi le 27 Mai 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Des bulletins manquants dans le Haut-Rhin
 

 
Dans plusieurs bureaux de vote du Haut-Rhin, tous les bulletins n'ont pas été reçus. Il manquait en général six listes, pour lesquels les électeurs n'ont pas pu voter. Et parfois plus. Une électrice de Ribeauvillé a ainsi déploré l'absence de six bulletins de vote.

La préfecture du Haut-Rhin avait prévenu sur son site que le département du Haut-Rhin n'avait pas été livré. Manquaient notamment les bulletins des listes Une France Royale au coeur de l'Europe, La Ligne claire, le Parti pirate, Démocratie représentative, la Liste de la reconquête, Allons Enfants, Décroissance 2019, A Voix égales, Neutre et actif, le Parti révolutionnaire Communistes, Évolution citoyenne, Union démocratique pour la liberté, égalité, fraternité (UDLEF), Une Europe au service des peuples.

D'autres bulletins ont été livrés en quantité limitée comme ceux du Parti des citoyens européens (PACE), d'Urgence écologie, du Parti fédéraliste européen, d'Espéranto (langue commune équitable pour l'Alsace), du Parti animaliste, des Oubliés de l'Europe - artisans, commerçants, professions libérales et indépendants.

Rappelons que beaucoup de ces listes avaient encouragé les électeurs à imprimer eux-mêmes leurs bulletins sur des sites internet dédiés.

 

 
 

 

L'inexorable enracinement des Lepénistes

Publié dans le panorama le Lundi 27 mai 2019 à 05:42:02

© Dna, Lundi le 27 Mai 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Élections européennes Rassemblement national
L'inexorable enracinement des Lepénistes
Marine Le Pen et Jordan Bardella confirment le glissement de l'électorat français vers une droite toujours plus souverainiste voire populiste.
 

 
Jordan Bardella, parmi les révélations de ce scrutin, en sort grand vainqueur et se pose en nouveau poids lourd de l'extrême droite française.
Vingt-cinq mai 2014, 20 heures, les leaders politiques français défilaient sur les plateaux pour dénoncer l'accession du Front national au statut de « premier parti de France ».

Cinq ans plus tard, ce dimanche, aucun ne s'est risqué à ce raccourci. Sauf Marine le Pen qui voit le score de sa formation et celui de son poulain, Jordan Bardella, bien conforté.

Près d'un électeur sur quatre s'est rendu aux urnes pour voter Rassemblement national (RN), lui donnant une avance plutôt nette, sans être énorme, sur la candidate du président de la République. Le résultat du RN, en effet, aurait pu être encore supérieur sans la présence des autres souverainistes de ce scrutin, Nicolas Dupont-Aignan et François Asselineau qui a eux deux comptabilisent entre 4 et 5 % des voix.
Toujours plus forte que la droite traditionnelle

Un cumul de voix somme toute assez conforme à celui du deuxième tour de l'élection présidentielle de 2017 où Marine Le Pen avait réalisé 33,90 % face à Emmanuel Macron.

Le Rassemblement national confirme ainsi le glissement de la France vers une droite toujours plus souverainiste voire populiste. Marine Le Pen renforce son socle électoral en bénéficiant de l'effondrement de la droite traditionnelle qui n'est pas parvenue à renouveler le score de François Fillon (20 % au premier tour de la présidentielle en 2017) et très probablement en captant une partie de l'électorat gilets jaunes qui, lorsqu'il a voté, ne s'est retrouvé dans aucune autre offre politique, pas même celle de Florian Philippot, ancien leader du FN, ou celle du chanteur Francis Lalanne.

Marine Le Pen s'est dimanche soir contentée de cibler Emmanuel Macron évoquant un « désaveu démocratique », lui demandant la dissolution de l'Assemblée nationale et l'introduction de la proportionnelle. Faisant abstraction de la défaite des Républicains, elle a appelé les élus de droite comme de gauche à la rejoindre pour créer un « grand mouvement pour l'alternance ».

La cheffe de l'extrême droite, se posant en patronne d'une dynamique neuve face à « l'effacement des vieux partis », n'entend pas être spectatrice de la recomposition politique française voulue par l'Élysée mais en prendre la tête le plus simplement du monde. La campagne de la présidentielle de 2022 est semble-t-il lancée.
Fabrice VEYSSEYRE-REDON

 

 
 

 

La poussée verte

Publié dans le panorama le Lundi 27 mai 2019 à 05:43:21

© Dna, Lundi le 27 Mai 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Politique Elections européennes
La poussée verte
C'est l'une des surprises du scrutin : la liste d'Europe Écologie Les Verts de Yannick Jadot dépasse les 13 % et se place devant les Républicains : en troisième position, c'est le premier parti de gauche.
 

 
Yannick Jadot, l'un des gagnants de ce scrutin européen.
Plus de 13 % des voix ! Seul Yannick Jadot, la tête de liste d'Europe Écologie-Les Verts, qui répétait à qui voulait l'entendre qu'il ferait 12 %, y croyait. C'est la victoire de l'écologie politique que l'on pensait morte et enterrée.

En plaçant Yannick Jadot en troisième position du scrutin, les électeurs français ont donné leur voix à la seule liste qui n'a parlé quasiment que d'Europe et d'écologie. Pesticides, diesel, plastiques : le bilan des eurodéputés est salué.

Certes, le parti écolo n'est pas à la hauteur de son score de 2009, il avait frôlé les 17 % avec Daniel Cohn-Bendit à sa tête. Sans être un tsunami, Yannick Jadot n'a pas tout à fait tort quand il parle de « vague verte ». Une vague qui ne renverse pas tout, mais qui emporte avec elle la droite, promise à la troisième place, et surtout qui reflue La France insoumise loin derrière.
L'écologie gagnante

Karima Delli, eurodéputée sortante réélue, y voit aussi une sanction pour les partis qui ont verdi leur discours en voyant le succès des marches pour le climat. « L'écologie n'est pas un gadget. Ce n'est pas un supplément d'âme à la veille des élections », affirme-t-elle.

« Les Françaises et les Français nous ont envoyé un signal très clair : ils veulent que l'écologie aussi soit au coeur du jeu politique, et ce message a été lancé dans toute l'Europe », a ajouté Yannick Jadot.

Message reçu 5 sur 5 par Édouard Philippe : « Nous avons reçu le message de l'urgence écologique ».
EE-LV en position de force

Ce bon score oblige désormais Europe Écologie-Les Verts, parti moribond avant ce scrutin. EE-LV a perdu de nombreux militants et n'a plus un seul député à l'Assemblée alors qu'il avait un groupe (grâce au PS) en 2012. Cette élection était pour les Verts une question de vie ou de mort.

EE-LV a donc un sursis, en partie grâce à l'électorat jeune et dans une élection qui lui est traditionnellement favorable. Il devra confirmer aux élections municipales de 2020, scrutin où il n'a réussi qu'en formant des alliances. Il est depuis dimanche en position de force pour les négocier.
Nathalie MAURET

 

 
 

 

Regards tournés vers Bruxelles

Publié dans le panorama le Lundi 27 mai 2019 à 06:08:45

© L'alsace, Lundi le 27 Mai 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF
Regards tournés vers Bruxelles
 

 
La soirée électorale à Strasbourg consiste à regarder sur écran, la soirée organisée à Bruxelles. Photo DNA/Michel Frison
On a connu des soirées plus fastueuses au Parlement européen. Il s'agissait tout de même, ce dimanche, d'une journée consacrée au renouvellement de l'assemblée dont le siège est à Strasbourg. Dans le grand hall du parlement, on a peut-être frôlé les 200 personnes devant le grand écran, au plus fort de la soirée. Car il n'y avait pas de plateau télé, de direct, de conférences de presse. Non, mais un écran géant, parce que la soirée électorale à Strasbourg consiste finalement à regarder sur écran, la soirée organisée au Parlement à Bruxelles.

Il est question de 1500 journalistes accrédités pour participer à la soirée belge. Et à Strasbourg ? Une attachée de presse lâche un chiffre : 17. On n'ose y croire. Elle sort la liste. Peut-être qu'en ajoutant les journalistes accrédités toute l'année, on pourra dépasser la trentaine.

Autour de ces quelques journalistes perdus ici déambulent des badauds invités par l'une ou l'autre formation, des collaborateurs de partis politiques, des candidats et candidates bien trop loin sur les listes pour espérer être élus.

Tous les ténors sont à Bruxelles, Paris ou ailleurs, mais pas à Strasbourg. Dans un salon à deux pas de l'écran géant, l'eurodéputée sortante bas-rhinoise Anne Sander réunit une cinquantaine de sympathisants LR, dans une ambiance morose. En ce début de soirée, elle découvre son ballottage. « On nous a volé les élections avec ce duel Macron Le Pen, on a eu du mal à s'exprimer... »

À deux pas, Hombeline du Parc, candidate sur la liste RN, est entourée d'une toute petite poignée de personnes. Cette soirée strasbourgeoise des plus calmes ? « Ça montre que le parlement suit les volontés de Madame Merkel ! »
« On a l'impression d'être au chevet d'un corps malade »

« Déjà, en 2014, on faisait la soupe à la grimace, se souvient Pernelle Richardot, qui dirige le PS dans le Bas-Rhin, candidate sur la liste Glucksmann. Jamais les journalistes n'ont autant cité Strasbourg et pourtant, tout se passe à Bruxelles. Ici, notre rôle consiste à regarder des gens parler depuis Bruxelles. »

Fidèles des soirées électorales, Gérard Bouquet, président bas-rhinois du Mouvement radical social libéral, et l'ancien ministre François Loos dissertent entre radicaux. « Les gens ne s'intéressent plus ou alors ils pensent que le siège à Strasbourg, c'est fini », lâche le premier, un brin amer. Le second se souvient avoir écrit en 2014 au ministre de la Culture pour demander qu'une télé nationale couvre la soirée du parlement à Strasbourg.

Cette soirée politique, même atone, est le point de départ que le cinéaste Jean-Cyrille Muzelet a en tout cas choisi pour tourner un documentaire sur la vie politique strasbourgeoise. « C'est un documentaire sur le rapport des citoyens avec la politique, explique-t-il, et il s'appuie sur la campagne des municipales. Mais c'est vrai que je m'attendais à quelque chose de plus prenant. On a l'impression d'être au chevet d'un corps malade. »

Dans le bar attenant, un orchestre distille, comme si de rien n'était, des airs de jazz. La musique est douce, feutrée, cosy. Ce sont des reprises. La partition est écrite ailleurs.
Olivier CLAUDON

 

 
 

Le Vieux continent morcelé

Publié dans le panorama le Lundi 27 mai 2019 à 06:25:20

© L'alsace, Lundi le 27 Mai 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF
Le Vieux continent morcelé
 

 
Le Parlement européen de Strasbourg, en décembre. Photo Frederick FLORIN/AFP
La roue tourne, et vite. Angela Merkel, qui triomphait des élections européennes il y a cinq ans, apparaît ce dimanche en grande perdante du scrutin avec la CDU-CSU. Et c'est l'ensemble du parti conservateur européen (PPE) qui chute, de la France à l'Espagne : il resterait le premier groupe du parlement, mais avec près de soixante sièges en moins.
Vague populiste inégale

Angela Merkel perd d'autant plus que son partenaire social-démocrate s'effondre, menaçant d'emporter sa coalition dans sa chute. Et à gauche aussi, l'Allemagne décalque un mouvement de l'ensemble de l'Union : le groupe social-démocrate (S & D) abandonnerait cinquante sièges.

Qui en profite ? Pas vraiment les extrémistes, ou nationalistes, ou populistes : l'AfD allemande, qui est tout cela à la fois, plafonne à 10 %. Au niveau européen, la poussée nationaliste est en revanche réelle, mais inégale : les succès du Rassemblement national et de la Ligue italienne gonflent les rangs du groupe ENL (Europe des nations et des libertés). Mais le FPÖ autrichien perd du terrain, Vox régresse en Espagne, comme le Parti du peuple danois...
Une majorité à trois ou quatre

La vague serait plutôt verte, recouvrant l'Allemagne, la Belgique, l'Irlande. Les Verts gagneraient ainsi une vingtaine de sièges. C'est beaucoup... mais moins que les libéraux de l'Alde, qui progresseraient de plus de trente sièges, notamment grâce aux députés de Renaissance. C'est tout le paradoxe de cette élection : Emmanuel Macron compenserait à Bruxelles sa déception française.

Reprenons, avec les évaluations de la soirée : des conservateurs (autour de 170 sièges) et des socio-démocrates (moins de 150) qui, pour la première fois dans l'histoire, n'atteignent pas ensemble la majorité (à 376 sièges). Des libéraux (une centaine) et des Verts (plus de 70), en faiseurs de majorité. Quant aux nationalistes, ils auraient plus de 100 sièges, avec les forces hongroises de Viktor Orban.
Architecture belge

L'architecture du Parlement européen s'en trouve complètement changée. Elle était plutôt allemande, charpentée par deux grands groupes habitués à coopérer. Elle est devenue belge, myriade de formations condamnées à des coalitions complexes et fragiles.

Les chefs d'État et de gouvernement en prendront acte mardi soir dans un Conseil européen destiné à choisir un président de la Commission. Cela s'annonce presque aussi difficile que la formation d'un gouvernement en Belgique...
Francis BROCHET

 

 
 

Le Vieux continent morcelé

Publié dans le panorama le Lundi 27 mai 2019 à 05:39:52

© Dna, Lundi le 27 Mai 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Élections Européennes Parlement de Strasbourg
Le Vieux continent morcelé
Deux perdants, les conservateurs et les socio-démocrates, piliers historiques du parlement. Deux gagnants, les Verts et les libéraux. En embuscade, les nationalistes. En un mot : ingouvernable.
 

 
Le Parlement européen de Strasbourg, en décembre.
La roue tourne, et vite. Angela Merkel, qui triomphait des élections européennes il y a cinq ans, apparaît ce dimanche en grande perdante du scrutin avec la CDU-CSU. Et c'est l'ensemble du parti conservateur européen (PPE) qui chute, de la France à l'Espagne : il resterait le premier groupe du parlement, mais avec près de soixante sièges en moins.
Vague populiste inégale

Angela Merkel perd d'autant plus que son partenaire social-démocrate s'effondre, menaçant d'emporter sa coalition dans sa chute. Et à gauche aussi, l'Allemagne décalque un mouvement de l'ensemble de l'Union : le groupe social-démocrate (S & D) abandonnerait cinquante sièges.

Qui en profite ? Pas vraiment les extrémistes, ou nationalistes, ou populistes : l'AfD allemande, qui est tout cela à la fois, plafonne à 10 %. Au niveau européen, la poussée nationaliste est en revanche réelle, mais inégale : les succès du Rassemblement national et de la Ligue italienne gonflent les rangs du groupe ENL (Europe des nations et des libertés). Mais le FPÖ autrichien perd du terrain, Vox régresse en Espagne, comme le Parti du peuple danois...
Une majorité à trois ou quatre

La vague serait plutôt verte, recouvrant l'Allemagne, la Belgique, l'Irlande. Les Verts gagneraient ainsi une vingtaine de sièges. C'est beaucoup... mais moins que les libéraux de l'Alde, qui progresseraient de plus de trente sièges, notamment grâce aux députés de Renaissance. C'est tout le paradoxe de cette élection : Emmanuel Macron compenserait à Bruxelles sa déception française.

Reprenons, avec les évaluations de la soirée : des conservateurs (autour de 170 sièges) et des socio-démocrates (moins de 150) qui, pour la première fois dans l'histoire, n'atteignent pas ensemble la majorité (à 376 sièges). Des libéraux (une centaine) et des Verts (plus de 70), en faiseurs de majorité. Quant aux nationalistes, ils auraient plus de 100 sièges, avec les forces hongroises de Viktor Orban.
Architecture belge

L'architecture du Parlement européen s'en trouve complètement changée. Elle était plutôt allemande, charpentée par deux grands groupes habitués à coopérer. Elle est devenue belge, myriade de formations condamnées à des coalitions complexes et fragiles.

Les chefs d'État et de gouvernement en prendront acte mardi soir dans un Conseil européen destiné à choisir un président de la Commission. Cela s'annonce presque aussi difficile que la formation d'un gouvernement en Belgique...
Francis BROCHET

 

 
 

 

Colère en deçà du Rhin, crainte au-delà

Publié dans le panorama le Lundi 27 mai 2019 à 05:49:15

© Dna, Lundi le 27 Mai 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Voisins
Colère en deçà du Rhin, crainte au-delà
Humeurs diamétralement opposées, ce dimanche, chez les électeurs croisés dans les « communes soeurs » de Neuf-Brisach en France et Breisach en Allemagne : vote sanction contre Macron et europhobie d'un côté, inquiétude devant la montée des populismes de l'autre.
 

 
Neuf-Brisach, dimanche après-midi : la table d'orientation installée à l'intention des touristes remporte plus de succès que les rares affiches électorales.
Impossible de le manquer, avec son habit à brandebourgs couleur bleu roi, pile au milieu de la place d'Armes de Neuf-Brisach : le guide est en plein topo historique pour le compte d'une quinzaine de touristes. En résumé, Vauban avait du génie et Neuf-Brisach en est la preuve éclatante.

Il a beau dire : même ici, certains alignements ne doivent rien au célèbre architecte militaire. Cette enfilade de panneaux électoraux installés face à l'hôtel de ville, par exemple. Les rares affiches collées dessus sont recouvertes de graffitis, à l'exception notable de celle du Rassemblement national (RN, ex-FN).
Le RN, vecteur de colère

Le scrutin européen qui se déroule ce dimanche ? « Entschuldigung, aber... Nous ne votons pas ici », s'excusent deux dames plongées dans l'examen de la table d'orientation voisine. « Nous venons de Bavière ! Mais vous avez raison de faire un reportage, c'est sehr wichtig, l'Europe. Comme dites-vous, déjà ? "Très important", oui, c'est ça. Nous, nous avons voté par courrier, juste avant de partir... »

« On a voté pour l'UPR de François Asselineau, lâche Semih, 19 ans, en sortant de la mairie. Son copain Ziad, 20 ans, confirme de la tête. « Tous les jeunes de Neuf-Brisach veulent quitter l'Union européenne, de toute façon, continue Semih. Tous ceux qu'on connaît, dans les 18-22 ans, en tout cas... Parce que tant que la France sera membre de l'UE, elle sera empêchée de déployer son vrai potentiel », lâchent-ils avant de filer sur leurs vélos.

« Bien sûr que je viens voter ! », confirme Cathy, 56 ans, qui arrive en compagnie de sa fille Justine, 24 ans. Pas d'hésitation, ce sera le RN pour la première et vote blanc pour la seconde. Le RN comme vecteur de colère pour Cathy, « car j'espère bien que son score obligera Macron à dégager ! » N'empêche, elle comprend le choix de sa fille : « 34 listes ! C'est normal d'avoir du mal à choisir... »

À quinze mètres de là, David, 47 ans, ressort furax de la mairie, carte d'électeur chiffonnée en main : « Il paraît que je ne suis pas inscrit sur les listes, alors que j'ai fait toutes les démarches début 2017 ! » Rien à faire, les assesseurs lui ont juste suggéré de tenter sa chance à Widensolen, son ancienne commune. Restaurateur de métier, David n'est pas sûr d'en avoir le temps : « De toute façon, j'hésite encore, entre le RN et le parti animaliste. Je compte faire "plouf-plouf" au dernier moment... »

Direction Breisach, la commune soeur d'outre-Rhin. Là-bas aussi, on vote pour les européennes, en même temps que pour les municipales, d'ailleurs. Devant le Rathaus (mairie), les électeurs arrivent au compte-gouttes. « On vient voter parce que c'est un devoir », récite Björn, un rien surpris par la question. Sa femme Katia est bien d'accord : « La construction européenne, c'est sérieux, c'est important, c'est notre avenir à tous. »

Pas question pour autant d'annoncer la couleur de leur vote. Idem pour Kurt et Erika. Retraités, ils ont rempli leur devoir électoral le matin même, chez eux, à Bad Säckingen. « L'Europe, c'est l'amitié entre les peuples, c'est la paix, la liberté... Alors bien sûr qu'il faut s'en soucier, philosophe Kurt, tout haut. Je ne vous dirai pas pour qui j'ai voté, mais ce n'est pas pour une liste radicale, en tout cas ! Je crains la montée des extrêmes et du populisme, ça m'inquiète. La montée de l'AfD (Alternative für Deutschland, extrême droite ) , en particulier. Mais en France aussi, vous avez un parti du même genre. J'ai oublié son nom... » Derrière son épaule, de vieux remparts masquent en partie le cours du Rhin, qui miroite au loin. Rarement les deux rives ont paru aussi éloignées que ce dimanche.
Emmanuel DELAHAYE

 

 
 

 

Couacs sur les listes électorales

Publié dans le panorama le Lundi 27 mai 2019 à 05:45:55

© Dna, Lundi le 27 Mai 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Élections européennes
Couacs sur les listes électorales
 

 
De nombreux électeurs ont été radiés par erreur.
En allant voter ce dimanche, de nombreux électeurs alsaciens ont eu la mauvaise surprise de constater qu'ils avaient été radiés par erreur des listes électorales de leur commune. À l'origine de ce couac, la mise en place du répertoire électoral unique (REU) dont ces élections européennes constituaient le baptême du feu.

Ce fichier est destiné à actualiser les listes électorales et à éviter qu'une personne soit inscrite à plusieurs endroits. Il remplace les listes établies par les communes. Depuis le 1er janvier, celles-ci doivent envoyer leurs informations à l'Insee, qui centralise les données de tous les électeurs français. Puis, l'Insee renvoie aux communes les listes électorales mises à jour (lire DNA du 25 mai).

Ce nouveau système, qui prévoit l'inscription automatique des jeunes majeurs, permet de s'inscrire jusqu'à six semaines avant le scrutin. Auparavant, les inscriptions étaient closes le 31 décembre précédent.

Tout ne s'est manifestement pas déroulé comme prévu. Exemple à Obernai où, raconte un électeur, une quinzaine de personnes, munies de leur carte d'électeur, n'ont, comme lui, pas pu voter car elles n'étaient pas inscrites sur les listes électorales où leurs noms figuraient pourtant depuis 2017.

Des radiations ont également été déplorées à Ostwald, à Neuf-Brisach ou encore à Haguenau.

Seule solution pour ces électeurs : s'adresser au tribunal d'instance. Ces juridictions étaient ouvertes ce dimanche pour rendre des décisions rapides en cas de litige.

L'Association des maires de France avait fait part cette semaine au ministère de l'Intérieur de l'inquiétude de nombreux élus sur « l'élaboration des listes électorales à partir du nouveau répertoire électoral unique géré par l'Insee, et donc sur les difficultés qui pourraient survenir à l'occasion du scrutin ». Parmi les dysfonctionnements redoutés : « Erreurs d'état civil, radiations non justifiées de certains électeurs, envoi tardif de la propagande électorale » ou encore « insuffisance de bulletins mis à disposition le jour de l'élection ».

 

 
 

 

À LREM, on se rassure comme on peut

Publié dans le panorama le Lundi 27 mai 2019 à 06:26:10

© L'alsace, Lundi le 27 Mai 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF
À LREM, on se rassure comme on peut
 

 
Les militants LREM déçus de la deuxième place. Photo LUDOVIC MARIN/AFP
Pas de champagne sur le buffet, mais de la bière, des jus de fruits ou du vin blanc dans le bac à glaçons. Pour sa soirée électorale, LREM avait anticipé la défaite. À 20 heures, face à l'écran géant, Nathalie Loiseau, la tête de liste, accueille les résultats d'un hochement de tête fataliste. Le parti présidentiel arrive deuxième, derrière le RN de Marine Le Pen.
Minimiser la deuxième place

Sweat-shirt « Renaissance » sur les épaules, drapeaux européens et français à la main, les militants lui rendent hommage en entonnant une courte chanson. Mais le coeur n'y est pas.

Autour d'un verre, on se rassure comme on peut et on se réjouit de peu de chose. « Ça va mieux qu'il y a une heure et demie », confie dans un sourire Benjamin Griveaux, qui a quitté le gouvernement pour être candidat à la mairie de Paris. En début de soirée, les estimations donnaient l'écart entre le RN et LREM à 26 % contre 21 %.

Au milieu des militants et de l'équipe de campagne, les ministres Agnès Buzyn (Santé), Jean-Michel Blanquer (Éducation), Sophie Cluzel (Handicap) ou encore Élisabeth Borne (Transports) montent au front devant les caméras. Avec une mission : minimiser la deuxième place.

« Une campagne c'est toujours compliqué », souffle un membre central de l'équipe de campagne qui préfère mettre en avant le maintien du score du parti présidentiel et se réjouit presque d'avoir évité le « toboggan » électoral, et une chute plus importante. Chez les militants, on se console en ironisant sur le mauvais score des autres : « La France insoumise à 6,5 %, ça, c'est un soulèvement populaire ». On se raccroche aussi aux bons résultats des proeuropéens ailleurs dans l'Union. « Ce n'est pas une élection qui s'arrête aux frontières de la France. Nous aurons de nombreux alliés au Parlement », se rassure Antoine, 17 ans. Tous les arguments sont bons pour compenser la déception...
À La Mutualité, Élodie BÉCU

 

 
 

MULHOUSE Religion Première prière à la mosquée du centre An Nour : Après dix ans d'attente...

Publié dans le panorama le Lundi 27 mai 2019 à 05:51:53

© Dna, Lundi le 27 Mai 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Religion Première prière à la mosquée du centre An Nour
MULHOUSE Religion Première prière à la mosquée du centre An Nour : Après dix ans d'attente...
Alors que l'on est en plein Ramadan, l'association des Musulmans d'Alsace (Amal) a convié samedi tous les fidèles à la mosquée du centre An-Nour rue d'Illzach à Mulhouse. Ils étaient plus de 2 500 à y célébrer les prières du soir, les « Tarawih »...

 
2 000 hommes au rez-de-chaussée et 900 femmes à l'étage pour une première prière à la mosquée du centre An Nour.
Dix ans, dix ans de travaux, dix ans de patience et parfois de doute. Samedi soir Nasser El Kady, le président de l'Amal ne cachait ni son émotion, ni sa joie en accueillant les fidèles pour une première prière. Le symbole est fort d'ailleurs en ce mois de Ramadan, « pour moi et notre communauté, cette ouverture sonne comme une journée de reconnaissance ; la reconnaissance du travail et des efforts de tous ceux qui ont oeuvré durant près de dix ans pour ce que le projet sorte de terre. Ce bâtiment ultramoderne et écologique est le fruit d'un chantier titanesque, l'un des plus grands de la région qui aura mobilisé plus d'une trentaine d'entreprises ». Rappelons que le projet a coûté plus de 20 millions d'euros. Samedi pour se faire une idée, une centaine de bénévoles se sont encore attelés à la tâche pour les derniers détails, pour que la grande salle de prière puisse être opérationnelle le soir même.
Il faudra encore quelques mois de travaux

Reste que cette ouverture définitive (validée par le passage de la commission de sécurité vendredi, N.D.L.R.) n'est que partielle. Dans l'immédiat, seuls le rez-de-chaussée et le premier étage ont été ouverts au public. Le rez-de-chaussée abrite la grande salle de prière des hommes (900 m²), une salle polyvalente, une cuisine, une cafétéria, un restaurant. Au premier étage se trouve la mezzanine (400 m²) pour les femmes, plusieurs salles de cours abriteront notamment l'Institut Espoir spécialisé dans l'apprentissage du Coran et de la langue arabe ainsi qu'une ludothèque et une salle informatique. L'espace « waqf », qui se situe au sous-sol n'est pas encore fonctionnel, celui-ci comprend une piscine, des salles de sport, un hammam, un sauna.

L'Amal, à l'origine de ce projet d'envergure s'est fortement mobilisée ces derniers jours pour réaliser les dernières finitions et ainsi permettre aux fidèles d'y passer la dernière décade du mois de Ramadan. « Cette soirée est très symbolique d'ailleurs. Le mois de Ramadan n'est pas seulement un mois de jeûne. C'est un mois complet d'adoration. Parmi elles, la prière nocturne de Tarawih. Cette dernière est l'un des piliers du Ramadan », souligne Nasser El Kady.
Alain CHEVAL

 

 
 

 

GJ Le QG du Pont d'Aspach est parti en fumée

Publié dans le panorama le Lundi 27 mai 2019 à 06:20:18

© L'alsace, Lundi le 27 Mai 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF
GJ Le QG du Pont d'Aspach est parti en fumée
 

 
Un incendie a ravagé l'ensemble du quartier général des gilets jaunes du Pont d'Aspach dans la nuit de samedi à dimanche. Photo L'Alsace/A.H
« On nous a tout brûlé. Je suis découragé, ils s'en prennent à des symboles, au peuple. On veut nous faire taire. On n'arrêtera pas, on est des gilets jaunes, on est le peuple français. On sera encore plus dur avec les personnes qui nous détestent. Ça suffit ! », réagit avec émotion Gérard, responsable du site des gilets jaunes du Pont d'Aspach. Les cabanons des gilets jaunes, environ 50 m², ont été entièrement ravagés par les flammes.

Le PSIG d'Altkirch, les gendarmes de Masevaux et les pompiers de Burnhaupt-le-Haut étaient sur place. Une enquête est en cours pour déterminer les causes du départ du feu.

Hier matin, les habitués ont fait part de leur désespoir. D'après eux, « les incendiaires sont ceux que ça dérange ».Après les élections européennes, les gilets jaunes souhaitent durcir le mouvement. Ils ne « lâcheront rien » et prévoient déjà de « reconstruire quelque chose ».

Depuis le début du mouvement, il ne reste plus que trois QG de gilets jaunes dans le Haut-Rhin : à Carspach, au rond-point du Kaligone à Kingersheim, et au rond-point du Nouveau Monde à Soultz.
Alice HERRY PLUS WEB Retrouvez notre vidéo sur www.lalsace.fr.

 

 
 

Gilets jaunes : Le QG du Pont d'Aspach est parti en fumée

Publié dans le panorama le Lundi 27 mai 2019 à 05:45:05

© Dna, Lundi le 27 Mai 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

Gilets jaunes
Gilets jaunes : Le QG du Pont d'Aspach est parti en fumée
Le quartier général des gilets jaunes du Pont d'Aspach a été incendié dans la nuit de samedi à dimanche, vers 3 h 10. Après le nettoyage, la reconstruction était déjà envisagée.

 
Un incendie a ravagé l'ensemble du quartier général des gilets jaunes du Pont d'Aspach dans la nuit de samedi à dimanche.
« On nous a tout brûlé. Je suis découragé, ils s'en prennent à des symboles, au peuple. On veut nous faire taire. On n'arrêtera pas, on est des gilets jaunes, on est le peuple français. On sera encore plus dur avec les personnes qui nous détestent. Ça suffit ! », réagit avec émotion Gérard, responsable du site des gilets jaunes du Pont d'Aspach. Leurs cabanons, environ 50 m², ont été entièrement ravagés par les flammes.

Le PSIG d'Altkirch, les gendarmes de Masevaux et les pompiers de Burnhaupt-le-Haut étaient sur place. Une enquête est en cours pour déterminer les causes du départ du feu.

Hier matin, les habitués ont fait part de leur désespoir. D'après eux, « les incendiaires sont ceux que ça dérange ». Après les élections européennes, les gilets jaunes souhaitent durcir le mouvement. Ils ne « lâcheront rien » et prévoient déjà de « reconstruire quelque chose ».

Depuis le début du mouvement, il ne reste plus que trois QG de gilets jaunes dans le Haut-Rhin : à Carspach, au rond-point du Kaligone à Kingersheim, et au rond-point du Nouveau Monde à Soultz.
Alice HERRY Retrouvez notre vidéo sur www.dna.fr.

Retrouvez notre vidéo sur www.dna.fr.

 
 

 

EDITORIAl : Recomposition

Publié dans le panorama le Lundi 27 mai 2019 à 06:45:35

© Dna, Lundi le 27 Mai 2019
Droits de reproduction et de diffusion réservés
Télecharger la version PDF

 

EDITORIAl : Recomposition
 

 
L'air du temps est à l'expression libre et ouverte. On n'a jamais autant parlé de référendum d'initiative citoyenne et de débats horizontaux. Avec une participation supérieure aux précédents scrutins, notamment en France et en Allemagne, la 9e élection du Parlement européen au suffrage universel confirme cet état d'esprit.

Il n'y a toutefois pas de dispersion des messages. Trente-quatre listes tentaient leur chance en France, six seulement envoient des députés à Strasbourg. Les partis marginaux le restent. Autant la révolte des gilets jaunes a marqué l'actualité des six derniers mois, autant elle peine à trouver une concrétisation politique spécifique. Les listes qui se réclamaient explicitement des cortèges du samedi font de piètres résultats.

Globalement, la volonté de recomposition est indéniable. Elle écarte un peu plus les représentants des partis qui ont gouverné la France sous la VRépublique, qu'il s'agisse du Parti socialiste ou des Républicains. Le nouveau duel de tête reproduit le premier tour de l'élection présidentielle de 2017 ; on retrouve la cristallisation des voix autour du parti présidentiel et du premier parti d'opposition, le Rassemblement national.

La République en marche perd son pari d'arriver en tête, mais au final, elle sauve les meubles en restant au-dessus des 20 % et en talonnant le RN par le nombre de députés. Des listes comme la France insoumise, le PS/Place publique ou les Républicains sont bien plus sévèrement sanctionnées.

On notera aussi que la majorité des députés français siégeront parmi les groupes pro-européens. Le dénigrement de l'idée européenne grandit au fil des mandats, les eurosceptiques font une percée, mais pas au point de renverser la vapeur. La vraie question est de savoir dans quelle mesure ils parviendront à s'entendre pour former des alliances capables de peser sur les décisions prises dans l'hémicycle de Strasbourg.

Une chose est sûre, les suffrages accordés aux écologistes français et allemands dessinent une direction pour le nouveau Parlement : donner la priorité aux dossiers liés à l'environnement et à l'économie durable.