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Mulhouse Le Mouvement Européen organise un débat : Oui, mais pour quoi faire ?

Publié dans le panorama le Jeudi 09 mai 2019 à 06:08:09

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Mulhouse Le Mouvement Européen organise un débat
Mulhouse Le Mouvement Européen organise un débat : Oui, mais pour quoi faire ?
Un débat sur l'Europe entre les candidats de cinq listes s'est tenu au Campus Fonderie à Mulhouse ce mardi soir. Quelque 150 personnes y ont assisté.

 
Cinq candidats aux Européennes ont répondu aux questions des quelque 150 personnes venues assister au débat ce mardi 7 mai, au Campus Fonderie à Mulhouse.
À moins de trois semaines du scrutin, la campagne des européennes peine à démarrer et l'abstention promet d'être le grand vainqueur de cette élection. Le Mouvement européen, association créée en 1949 et réunissant, « au-delà de leur appartenance politique », des personnes engagées en faveur de la construction européenne, a pris l'initiative à Mulhouse d'organiser un débat. Quelque 150 personnes y ont assisté, souvent des militants et autres convaincus, mais visiblement peu d'indécis.
Cinq listes représentées

Thème du débat : « L'Europe oui, mais pour quoi faire ? » Ainsi, si les partis europhobes n'étaient pas conviés, les candidats de cinq listes ont répondu présents (dans l'ordre sur la photo) : le régionaliste François Alfonsi pour Europe Écologie - Les Verts (9e sur la liste), Jérôme Quéré pour Place Publique - Parti socialiste (27e de la liste), Stéphanie Villemin pour La République en Marche-Renaissance (41e), Antoine Waechter pour Urgence Écologie (79e), et Anne Sander pour Les Républicains (seule député européene sortante, 8e de la liste et donc éligible) se sont prêtés au jeu de cet exercice quelque peu périlleux.

Les questions venaient de la salle, écrites sur des post-it, et lues par un membre de l'association. Elles portaient sur trois thèmes : l'Europe économique et sociale ; l'Europe du climat ; et l'Europe des valeurs et de la démocratie.

Certaines questions ont plus ou moins rassemblé les candidats. Tous souhaiteraient ainsi limiter les lobbies. Anne Sander se fera pourtant attaquer un peu plus tard par François Alfonsi, à propos de la FNSEA et du climat.

À ce sujet le candidat EELV a en effet soulevé le problème de la concordance entre les intentions et les actes. Anne Sander considère que « l'Europe protège l'environnement », avec les lois antipollution, les prêts à taux zéro, mais Jérôme Quéré veut lui « se bouger, fini le temps des mesurettes ! ». Et Antoine Waechter considère qu'« il faut modifier fondamentalement nos modes de vie ».
Divergences de points de vue

La salle ne s'est pas laissée séduire par le lyrisme. « En fait, vous êtes tous pour l'écologie », lâche une auditrice exaspérée, alors que Stéphanie Villemin botte en touche sur le GCO et Stocamine, « qui ne sont pas des dossiers européens », selon elle. La candidate LaREM a ensuite énuméré les personnalités de sa liste se revendiquant de l'écologie, s'attirant les sifflets de la salle.

Divergences de points de vue sur des questions comme les traités de libre-échange. D'un côté, préférence communautaire et réciprocité (Anne Sander et Stéphanie Villemin), contrat d'échanges gagnant-gagnant (Antoine Waechter) ; et de l'autre, souhait du respect des droits de l'homme et de l'environnement (Jérôme Quéré et François Alfonsi).

Sur le social également, le fossé est creusé. Antoine Waechter souhaiterait « un Smic dans tous les pays et une politique sociale donnant un emploi à tout le monde » ; François Alfonsi vise « l'égalité des droits pour tous les citoyens européens » ; Jérôme Quéré propose « une harmonisation sur ce qui se fait le mieux » ; alors que Stéphanie Villemin est favorable au salaire minimum représentant 50 % du salaire médian du pays et qu'Anne Sander voudrait prendre le problème par le prisme des charges sociales.

L'Europe, c'est aussi la libre circulation des personnes... Et sur les questions de démocratie, Antoine Waechter a regretté des dérives de nos « dictatures libérales », responsables de la montée des populismes. Même si tous les candidats l'ont revendiquée, pour lui, « la question de la paix a été oubliée, et l'Europe devrait être un médiateur ».

Anne Sander a en effet été interrogée sur la présence de Viktor Orbán au sein du PPE, groupe européen auquel appartient LR. Mais selon elle, d'autres gouvernants posent problème, comme à Malte ou en Roumanie. Jérôme Quéré de justifier qu'il ne cautionne pas les socialistes roumains, et propose que la Cour de justice de l'Union européenne gère ces questions. Anne Sander pose le problème des frontières, et pour Stéphanie Villemin, la montée des populismes est due au fait qu'on « n'a pas su gérer l'immigration » et la crise en Italie. François Alfonsi approuve et veut régler le problème de l'immigration (Syrie et Érythrée) en aidant les pays à « gagner leurs enjeux démocratiques locaux ».

La salle s'est vidée un peu frustrée, parfois assommée par la langue de bois. Le débat a eu le mérite d'exister.
Michèle MARCHETTI

 

 
 

 

Élections Européennes : À quoi servent les aides de l'Europe ?

Publié dans le panorama le Jeudi 09 mai 2019 à 06:03:22

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Élections Européennes
Élections Européennes : À quoi servent les aides de l'Europe ?
Près de 28 milliards d'euros de Fonds structurels européens sont alloués à la France dans le cadre du Cadre financier pluriannuel (CFP) 2014-2020 de l'Union européenne. Gros plan sur les multiples projets rendus possibles par cette manne en Alsace.

 
L'Union européenne ? Une hydre bureaucratique, peuplée de technocrates condescendants et surpayés, qui décident de l'angle de courbure des bananes, du maintien de l'heure d'hiver et de bien d'autres enjeux plus cruciaux encore, hors de tout contrôle démocratique. Air connu, voire usé.

L'Union européenne (UE) est sûrement perfectible, mais les politiques menées en son nom découlent finalement de la volonté commune des États membres, compromis politiques, contributions financières nationales... et donc solidarité transnationale à l'appui. Traditionnellement, les Cadres financiers pluriannuels (CFP) de l'UE, qui déterminent les priorités et les limites budgétaires de celle-ci, courent sur des périodes de sept ans : le CPF en cours, inauguré le 1er janvier 2014, prendra donc fin le 31 décembre 2020. Son montant ? 960 milliards d'euros (euros 2014, soit 1 087 milliards d'euros en prix courants)... Un montant tellement faramineux qu'il en devient abstrait, mais la commission européenne présidée par Jean-Claude Juncker n'en a pas moins suggéré l'an passé de porter le CPF 2021-2027 à 1 279 milliards d'euros, tout en diminuant la part de la Politique agricole commune (PAC), au grand dam de la France, qui en est de loin le premier pays bénéficiaire (l'affaire est toujours pendante).

Chaque budget annuel de l'Union, élaboré dans les limites du CFP en vigueur, est adopté conjointement par la commission, le conseil et le parlement européens (le budget 2019 de l'UE, adopté en décembre dernier, s'élève à 165,8 milliards d'euros de crédits d'engagement).

Bon an mal an, plus de 76 % de ce budget européen sont gérés en partenariat avec les autorités nationales et régionales, par le truchement de cinq grands fonds structurels et d'investissement (lire l'encadré), dédiés à des publics très variés (entreprises, universités, centres de recherche, exploitations agricoles, collectivités locales, ONG, associations...)

En dernier ressort, l'utilisation de ces fonds européens relève des 28 commissaires européens. En pratique, leur plus grande partie est directement gérée dans les pays bénéficiaires (dans l'Hexagone, les Régions constituent l'une des principales « portes d'entrée » de ces aides). Près de 28 milliards d'euros ont ainsi été alloués à la France pour la période budgétaire 2014-2020. Sur cette somme, 324,3 millions d'euros environ bénéficieront au financement de programmes alsaciens : 87,2 millions au titre du Feder, 117,9 millions du FSE (dont 46,3 millions pour le seul programme opérationnel régional) et 119,2 millions du Feader.

324,3 millions, c'est certes une très jolie somme, qui permet de financer des projets très concrets, ainsi qu'on pourra le lire au fil de ces deux pages... Mais il est vrai aussi que d'autres régions françaises, plus pauvres et/ou plus peuplées, sont encore mieux dotées : 796 millions pour la Lorraine, 668 pour la Franche-Comté... Et jusqu'à 1,87 milliard pour Midi-Pyrénées [N.D.L.R. : tous ces montants ont été arrêtés avant la création des nouvelles Régions, dont le Grand Est].

Afin d'être complet, mentionnons tout de même l'existence de programmes d'investissements européens, qui bénéficient en partie à l'Alsace, même s'ils portent sur des périmètres interrégionaux voire transfrontaliers : c'est en particulier le cas du programme Interreg V du Rhin Supérieur, doté d'un budget de 109,7 millions d'euros pour la période 2014-2020.
Emmanuel DELAHAYE Le détail de ce que l'Europe reverse à l'Alsace sur dna.fr

Le détail de ce que l'Europe reverse à l'Alsace sur dna.fr

 
 

 

À quoi servent les aides de l'Europe ?

Publié dans le panorama le Jeudi 09 mai 2019 à 06:00:01

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À quoi servent les aides de l'Europe ?
 

 
 
L'Union européenne ? Une hydre bureaucratique, peuplée de technocrates condescendants et surpayés, qui décident de l'angle de courbure des bananes, du maintien de l'heure d'hiver et d'autres enjeux plus cruciaux encore, hors de tout contrôle démocratique. Air connu, voire usé.

L'Union européenne (UE) est sûrement perfectible, mais les politiques menées en son nom découlent finalement de la volonté commune des États membres, compromis politiques, contributions financières nationales et donc solidarité transnationale à l'appui. Traditionnellement, les Cadres financiers pluriannuels (CFP) de l'UE, qui déterminent les priorités et les limites budgétaires de celle-ci, courent sur des périodes de sept ans : le CPF en cours, inauguré le 1er janvier 2014, prendra donc fin le 31 décembre 2020. Son montant ? 960 milliards d'euros (euros 2014, soit 1 087 milliards d'euros en prix courants)... Ce montant est tellement faramineux qu'il en devient abstrait, mais la commission européenne présidée par Jean-Claude Juncker n'en a pas moins suggéré l'an passé de porter le CPF 2021-2027 à 1 279 milliards d'euros, tout en diminuant la part de la Politique agricole commune (PAC), au grand dam de la France, qui en est de loin le premier pays bénéficiaire. L'affaire est toujours pendante.

Chaque budget annuel de l'union, élaboré dans les limites du CFP en vigueur, est adopté conjointement par la commission, le conseil et le parlement européens. Le budget 2019 de l'UE, adopté en décembre dernier, s'élève à 165,8 milliards d'euros de crédits d'engagement.
324,3 millions d'euros d'aides sur sept ans pour l'Alsace

Bon an mal an, plus de 76 % de ce budget européen sont gérés en partenariat avec les autorités nationales et régionales, par le truchement de cinq grands fonds structurels et d'investissement, dédiés à des publics très variés : entreprises, universités, centres de recherche, exploitations agricoles, collectivités locales, ONG, associations... (lire ci-dessous).

En dernier ressort, l'utilisation de ces fonds européens relève des 28 commissaires européens. En pratique, leur plus grande partie est directement gérée dans les pays bénéficiaires. Dans l'Hexagone, les régions constituent l'une des principales « portes d'entrée » de ces aides.

Près de 28 milliards d'euros ont ainsi été alloués à la France pour la période budgétaire 2014-2020. Sur cette somme, 324,3 millions d'euros environ bénéficieront au financement de programmes alsaciens : 87,2 millions au titre du Feder, 117,9 millions du FSE (dont 46,3 millions pour le seul programme opérationnel régional) et 119,2 millions du Feader.

324,3 millions, c'est certes une très jolie somme, qui permet de financer des projets très concrets, ainsi qu'on pourra le lire au fil de ces deux pages... Mais il est vrai aussi que d'autres régions françaises, plus pauvres et/ou plus peuplées, sont encore mieux dotées : 796 millions pour la Lorraine, 668 pour la Franche-Comté... et 1,87 milliards pour Midi-Pyrénées. Précision : tous ces montants ont été arrêtés avant la création des nouvelles régions, dont le Grand Est.

Il existe enfin des programmes d'investissement européens, qui bénéficient en partie à l'Alsace, même s'ils portent sur des périmètres interrégionaux voire transfrontaliers : c'est en particulier le cas du programme Interreg V du Rhin Supérieur, doté d'un budget de 109,7 millions d'euros pour la période 2014-2020.
Emmanuel DELAHAYE LIRE Également en page 38 PLUS WEB Le détail de ce que l'Europe reverse à l'Alsace sur lalsace.fr

 

 
 

Élections Européennes : Le pari bio de la « Petite Prairie »

Publié dans le panorama le Jeudi 09 mai 2019 à 06:04:31

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Élections Européennes
Élections Européennes : Le pari bio de la « Petite Prairie »
Grâce, entre autres, à l'aide du Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER), la ferme de la Petite Prairie de Ranspach-le-Haut a pu sauter le pas du bio, voici trois ans. Visite des lieux, au milieu de 40 laitières montbéliardes épanouies.

 
Pierre Schmitt et son gendre Alexandre Wintzenrieth, devant le séchoir bâti en 2016-2017, en partie sur fonds européens. Le résultat ? « Un fourrage de qualité, riche en protéines, où il y a des feuilles, pas juste des tiges qui ne valent rien du point de vue nutritif. »
Ranspach-le-Haut, son calme bucolique, ses prairies joliment vallonnées où paissent les vaches et son eau du robinet d'une qualité... perfectible. Si l'on vient y voir de plus près, c'est un peu à cause de tout cela. Les communes sundgauviennes des parages ayant été décrétées « zones à enjeu » par l'Agence de l'eau, les agriculteurs du secteur sont chaudement encouragés à mettre la pédale douce sur les pesticides et autres engrais, subventions européennes à l'appui. Pierre Schmitt, repreneur de la ferme familiale au début des années 1980, est l'un des premiers à avoir sauté le pas.
« Le rendement à tout prix n'est ni bon pour les éleveurs, ni pour les bêtes »

L'EARL (Exploitation agricole à responsabilité limitée) de la Petite Prairie, ce sont aujourd'hui quatre personnes (Pierre Schmitt, sa femme Véronique, sa fille Émilie et son genre Alexandre Wintzenrieth), 58 hectares de terre, dont une bonne vingtaine de prairies renouvelables (le temps que les sols reconstituent naturellement leur « stock » d'azote) et 40 montbéliardes élevées en bio.

Pas question de stabulation forcée ici, ni d'alimentation à base de produits de synthèse : des prairies à disposition, une vaste étable pour les jours d'hiver ou d'intempéries et du foin de première qualité dans les auges : un mélange de trèfle et de luzerne. C'est bio, produit, récolté et séché sur place. Avec le double appui financier de l'Agence de l'eau Rhin-Meuse et de l'Union européenne.

« 80 % des agriculteurs du coin nourrissent leurs bêtes avec des rations à base de maïs et d'ensilage, résume l'intéressé. Personnellement, ça fait une dizaine d'années que je suis convaincu que le rendement à tout prix n'est ni bon pour les éleveurs, ni pour les bêtes, mais la base de la rentabilité, pour pouvoir basculer en bio, c'est de ne rien avoir à acheter à l'extérieur. Et pour ça, il fallait qu'on puisse produire notre propre fourrage - et un fourrage de qualité, riche en protéines, où il y a des feuilles, pas juste des tiges qui ne valent rien du point de vue nutritif. Ça signifie beaucoup de travail en amont, pour que les plantes ne soient pas malades. Avant, avec la chimie, c'était deux pulvérisations et hop, c'était réglé... »

Un fourrage de qualité ? Sur le papier, cela paraît tout bête, mais une rapide visite de la grange de la Petite Prairie détrompe le visiteur béotien. Construite entre le printemps 2016 et le suivant, elle abrite un système de séchage du foin redoutablement efficace. Posé sur caillebotis dans deux grandes cellules de quelque 1 000 m³ chacune, le fourrage y est soumis au souffle d'air chaud pulsé par un ventilateur haut comme un homme. « Grâce à ça, on arrive à obtenir un fourrage sec à 95-99 %, contre 85 % au mieux quand il sèche dehors, en balles rondes, et qu'il se met même à fermenter... La qualité nutritive n'est pas la même, forcément. »
« L'Agence de l'eau subventionne si l'Europe le fait aussi »

Coût de l'investissement, « griffe » motorisée comprise, pour remplir les remorques de foin : 255 000 euros, dont 80 000 issus du Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER) et 70 000 versés par l'Agence de l'eau. « C'est le principe : l'Agence de l'eau subventionne si l'Europe le fait aussi », glisse Pierre Schmitt, dont l'interlocuteur principal, tout au long de la procédure, fut la chambre d'agriculture.

Les démarches ont été longues : « Entre les premiers courriers et le jour où on a reçu les sous, il s'est bien passé un an et demi ou deux. Des représentants de l'UE sont même allés vérifier les travaux, fin 2016, avant de valider définitivement la subvention. Alors oui, ça a été compliqué et long, mais ça en valait la peine - et puis, vu les montants en jeu, encore heureux qu'ils contrôlent ! Et heureusement aussi que le Crédit agricole a suivi. Je vais être franc : sans toutes ces aides, je n'aurais jamais pu construire ce séchoir. » Bref : le processus a été long, et certaines nuits peuplées de cogitations, mais le résultat est là. Fini les tourteaux de soja achetés entre 700 et 800 euros la tonne pour nourrir les bêtes. « Avant, il m'en fallait 15 à 20 tonnes pour tenir une saison... »

Fini aussi, les achats de fourrage à l'extérieur. « On a aussi diminué les plantations de maïs, de 8 à 3,5 hectares, continue Pierre Schmitt. Et pour les traitements c'est pareil : les antibiotiques, c'est deux fois par an, trois fois grand maximum, sinon on risque de perdre l'agrément bio. Au jour le jour, c'est juste huile de foie de morue, magnésium et homéopathie. De toute façon, les vaches élevées en bio ont beaucoup moins de soucis de santé. Le gros problème des éleveurs conventionnels, c'est de soigner les mammites ou les problèmes de pied, vu que les animaux passent la journée sur du béton. »

Une pause. « Pour être franc, en passant au bio, je pensais être suivi par des collègues du secteur, c'était même l'un de mes buts... Mais c'est dur. » Qu'importe : lui, en tout cas, ne referait pour rien au monde le chemin inverse.
Emmanuel DELAHAYE

 

 
 

 

Économie Quels pays retirent plus qu'ils ne payent, quelles politiques sont privilégiées ? : À qui profite l'UE ?

Publié dans le panorama le Jeudi 09 mai 2019 à 05:53:57

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Économie  Quels pays retirent plus qu'ils ne payent, quelles politiques sont privilégiées ?
Économie Quels pays retirent plus qu'ils ne payent, quelles politiques sont privilégiées ? : À qui profite l'UE ?
Chaque année, l'Union européenne redistribue dans les États membres l'essentiel de son budget alimenté par les contributions de chacun. Mais certains reçoivent plus que d'autres et les fonds ne sont pas attribués partout de la même façon.

 
C'était un des arguments chocs des partisans du Brexit : du point de vue du contribuable britannique, l'Union européenne coûterait plus cher qu'elle ne rapporte. Une analyse partagée, du reste, par beaucoup d'eurosceptiques à travers le continent, de François Asselineau à Jean-Luc Mélenchon. Info ou intox ?

Impossible de nier que les 28 États membres de l'Union se divisent en deux catégories. D'un côté, les « contributeurs nets », qui paient plus qu'ils ne reçoivent. De l'autre, les « bénéficiaires nets », qui reçoivent plus qu'ils ne paient. La France appartient à la première catégorie. En 2017, par exemple, Paris a fait à Bruxelles un chèque de 16,2 milliards d'euros, mais n'a bénéficié d'aides européennes qu'à hauteur de 13,5 milliards d'euros.

En volume, la France représente le troisième contributeur net de l'Union, derrière l'Allemagne et le Royaume-Uni, et devant l'Italie. Mais elle est également le pays qui reçoit le plus en volume, devant la Pologne, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne...
Un financement largement proportionnel à la richesse

La quasi-totalité des ressources de l'Union provient des États. Comment sont calculées les contributions nationales ? Pour l'essentiel, elles proviennent d'une ponction sur le revenu national brut (RNB) de chaque État. Plus un pays est riche, plus il mettra donc la main au portefeuille : le Luxembourg verse ainsi presque autant que la Hongrie, pourtant quinze fois plus peuplée. En pourcentage du PIB, l'effort financier des États est d'ailleurs très comparable, de l'ordre de 0,4 à 0,8 % selon les pays.

À ces sommes s'ajoute un prélèvement sur la TVA perçue dans chaque État membre, ainsi que des droits de douane perçus par les États pour le compte de l'Union.

Pour l'année 2017, plus de 111 milliards d'euros ont ainsi été versés par les États au budget européen. Pour combien de millions redistribués ? À peu près autant. L'Europe n'aime pas les budgets déficitaires !

Seulement 6 % du budget environ est consacré au fonctionnement des institutions (principalement en Belgique), tout le reste étant ventilé via différents fonds ou subventions.
Un impact souvent difficilement quantifiable

La PAC (politique agricole commune) représente le plus important poste de dépenses : de l'ordre de 40 %. Essentiellement, il s'agit de garantir l'accès aux denrées alimentaires, et de soutenir financièrement le secteur agricole afin qu'il reste compétitif. La France est la principale bénéficiaire du dispositif.

Arrivent ensuite la cohésion territoriale, la compétitivité, la recherche et l'innovation... Les fonds de cohésion territoriale sont fléchés vers les pays les moins développés. Après avoir largement profité à ceux du sud dans les années 1990-2005, ils sont depuis réorientés à l'est.

Mais sur ces fonds le raisonnement selon lequel certains États membres se trouveraient lésés atteint ses limites. Car l'impact de certains projets est parfois difficilement quantifiable. Les dépenses effectuées en Allemagne dans le cadre du programme Erasmus bénéficient aussi aux étudiants français. De même que la construction d'une route peut s'avérer profitable pour le pays voisin ou pour une entreprise d'un autre pays de l'UE. L'aide aux aéroports des côtes espagnoles a profité aux compagnies aériennes irlandaises et britanniques.

Un projet de développement local peut entraîner des retombées économiques de l'autre côté de la frontière. De manière générale, une hausse du pouvoir d'achat dans un pays peut gonfler les carnets de commandes d'un autre... L'exemple des voitures allemandes est parlant : au fur et à mesure qu'augmentaient les revenus moyens chez ses voisins de l'est, les exportations de berlines assemblées à Stuttgart ou Wolfsbourg progressaient.

Bref, se contenter de comparer les sommes qui sortent avec celles qui reviennent dans chaque pays est une vision pour le moins réductrice. Dans un marché unique, l'argent ne connaît pas de frontières.

 

 
 

 

L'édito de l'Alsace Une Union perfectible

Publié dans le panorama le Jeudi 09 mai 2019 à 06:18:22

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L'édito de l'Alsace Une Union perfectible
 

 
Laurent Bodin

L'Union européenne n'a jamais fait l'unanimité. Et ne le fera jamais. Elle est un bouc émissaire trop utile pour ceux qui, à l'instar des nationalistes et des régionalistes, considèrent que l'on peut être plus fort quand on est seul et indépendant. Les dirigeants de l'UE comme des pays membres, mais aussi les députés qui ont siégé à Bruxelles et Strasbourg ont leur part de responsabilité dans le manque d'amour des citoyens à l'égard de l'Europe. Loin de construire un instrument facilitant la vie quotidienne des Européens, ils en ont trop souvent fait une gigantesque machine technocratique, plus prompte à produire des normes et règlements contraignants qu'à résoudre collectivement des problèmes communs.

L'Union européenne n'a cependant pas tous les défauts. Elle n'est pas l'épouvantail dessiné par certains. La construction européenne a permis le rapprochement des peuples et favorisé l'instauration d'une paix durable depuis 1945. Bien sûr, l'Union européenne a un coût pour les pays les plus développés que sont, entre autres, l'Allemagne, la France, l'Italie et, hier, le Royaume-Uni... Comme le prouvent les chiffres, le déficit entre contributions versées et subventions reçues est d'autant plus dérisoire qu'il ne tient pas compte des effets indus. Ainsi, au-delà de ce que perçoivent les agriculteurs français au titre de la Politique agricole commune, le marché européen est un débouché, non chiffré, pour les produits français. Bref, l'Europe n'est pas seulement, et heureusement, un poste budgétaire. Elle est aussi une formidable opportunité pour chacun des pays membres de se développer dans un cadre régulé qui mérite, lui, d'être amélioré. Ce n'est pas le hasard si les Britanniques, tout à leur volonté de Brexit, souhaitent garder un accès au marché européen. Cela s'appelle vouloir profiter des avantages sans subir d'inconvénients. Or, l'utopie n'est pas de ce monde.

 

 
 

Hôpital Saint-Morand : Les urgences de demain

Publié dans le panorama le Jeudi 09 mai 2019 à 06:11:22

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Hôpital Saint-Morand
Hôpital Saint-Morand : Les urgences de demain
L'ARS et le Groupe hospitalier de la région de Mulhouse et Sud Alsace ont présenté le diagnostic et les premières propositions d'évolution et de transformation de la maternité et des urgences de l'hôpital d'Altkirch lors d'une concertation avec les acteurs de santé locaux et les élus.

 
La transformation des urgences en centre de soins non programmés doit se faire avant fin juin.
Trois heures ont été nécessaires, vendredi soir, pour faire le tour du diagnostic et des premières propositions d'évolution et de transformation du service des urgences et de la maternité d'Altkirch, présentés par l'Agence régionale de santé Grand Est et le Groupe hospitalier de la région de Mulhouse et Sud Alsace (GHRMSA). Il a aussi été question de la prise en charge des enfants et adolescents, des maladies chroniques et des personnes âgées dans le territoire d'Altkirch et du Sundgau (nous y reviendrons). Il s'agissait aussi de la première concertation ouverte à la presse. La transformation des urgences en centre de soins non programmés a été le gros morceau de la soirée et celui qui a suscité le plus de débats.

Le contexte. « Les ressources humaines sont fragilisées. Pour faire fonctionner ce service, il faudrait huit urgentistes par jour. Il n'en reste qu'un seul qui va partir au 30 juin. Le reste fonctionne avec des intérimaires, mais ils ne s'impliquent pas dans le fonctionnement des services », explique le Dr Jean Sengler, président de la CME, commission médicale d'établissement, pour qui la question centrale reste « la qualité et de la sécurité du service rendu ». Le site d'Altkirch a un atout dans sa poche : sa maison médicale de garde gérée par les médecins généralistes avec « 15 passages par jour, en moyenne ».
Comment recruter des urgentistes ?

La démographie médicale et la pénurie des urgentistes ont été au centre des débats. Le Dr Sengler assure « tout faire pour trouver des urgentistes. Nous en manquons aussi à Mulhouse, Colmar, Sélestat, Strasbourg et dans tous les établissements de santé ».

Le maire d'Altkirch Nicolas Jander demande ce qui est fait, concrètement, pour recruter des urgentistes. Le député Jean-Luc Reitzer déplore que « le climat d'incertitude qui pèse sur l'hôpital ait provoqué le départ du seul urgentiste titulaire. Ce climat fait fuir les médecins et les patients. Dans l'esprit des gens, l'hôpital d'Altkirch est plus que menacé. C'est un cercle vicieux qu'on a mis en place, volontairement ou pas, et l'attractivité n'est plus là ».

Le Dr Sengler et Corinne Krencker, directrice du GHRMSA, ont détaillé leurs méthodes de recrutement : les publications dans les revues spécialisées, l'appui de chasseurs de têtes. Mais l'impact reste limité. « La meilleure voie de recrutement passe par les professionnels qui font venir les médecins de leur réseau », explique le président de la CME. « Or, avec la réforme du 3e cycle de médecine, les internes ne vont plus dans des établissements comme Altkirch. » Quant au soutien demandé aux patrons des hôpitaux universitaires, la réponse n'est pas plus rassurante : « Eux aussi n'arrivent pas à compléter leurs services. Je ne veux pas laisser planer l'idée qu'on laisse filer les médecins. Les messages qui circulent aujourd'hui, dans les journaux, dans les courriers, sont délétères pour les hôpitaux d'Altkirch et de Thann. »

Aucun urgentiste intérimaire n'a souhaité reprendre le poste de titulaire à Altkirch. Corinne Krencker explique le paradoxe d'une gestion entre des urgentistes qui ne veulent plus faire de gardes de nuit, ceux qui veulent rester en intérim et ceux qui ne veulent réaliser que des soins très techniques. « À Altkirch, ce sont des actes qui n'ont plus cette hyper-technicité. L'urgentiste sur le départ dit ne pas vouloir perdre de la compétence et de la technicité. On doit organiser à la fois de l'urgence vitale et répondre à la médecine de proximité autour de ce centre de soins non programmés. »

Les scénarios à l'étude. Avec un flux de passages qualifié de « faible » et, en l'absence de titulaire, les urgences d'Altkirch ne pourront plus avoir cette appellation à la fin du mois de juin. « Soit on ferme, soit on supplée. Nous proposons de suppléer par un centre de soins non programmés équivalent à une polyclinique ou à un service d'urgences de jour, ouvert de 7 h à 23 h, animé et, là, nous avons des candidats, par des urgentistes qui ne veulent plus faire de gardes de nuit, mais qui sont prêts à faire fonctionner ce centre, qui rendra un service de jour de la même qualité. Les six passages de la nuit seront transférés à Mulhouse. » Un centre similaire existe à Thann depuis 2017. « Les retours sont excellents, les objectifs sont dépassés, les professionnels sont contents, j'ai beaucoup moins de plaintes de patients », assure le Dr Sengler. Les médecins généralistes peuvent aussi travailler dans ces centres de soins. Il encourage à « aller vers ces exercices mixtes ».
Développer la chirurgie ambulatoire

Pistes de réflexion : une prise en charge des patients directement dans les services concernés afin d'éviter le passage aux urgences ; éduquer la population à composer le 15 pour favoriser une meilleure régulation ; accentuer le travail avec la médecine de ville ; éviter les transferts d'Altkirch à Mulhouse. « Le scanner et l'unité de surveillance continue est un élément favorable à Altkirch et permet de garder certains malades sur site grâce à la présence des anesthésistes », dit le président de la CME, qui ne cache pas les difficultés que rencontrent aujourd'hui les urgences de Mulhouse.

Une réflexion est menée avec le Sdis sur les moyens de transport plus rapides, mais aussi le développement de la chirurgie ambulatoire. « C'est quelque chose qui va ancrer cet établissement dans son territoire, estime Corinne Krencker. C'est une chirurgie programmée qui permettra de garder la proximité pour certaines pathologies. »

Avec le départ de l'urgentiste à la fin juin, l'hôpital est au pied du mur : « Pas d'urgentistes, pas d'urgences. Soit on se dépêche de mettre en place un centre de soin non programmés ou on va dans le mur », conclut le Dr Sengler avant les débats (lire ci-dessous et ci-contre).

« Au regard des personnes qui sont aujourd'hui accueillies aux urgences d'Altkirch, le service ne changera pas avec le centre de soins non programmés, assure Virginie Cayre, directrice de l'ARS. La quasi-totalité de ce que nous avons en prise en charge est maintenue. On n'a jamais dit qu'on fermait, mais on transforme. En journée, le service à la population sera maintenu. Et en soirée, jusqu'à une heure qui reste à déterminer. »
Laurence BEHR

 

 
 

 

La fonction publique unie contre la réforme

Publié dans le panorama le Jeudi 09 mai 2019 à 05:54:40

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Social Mobilisation
La fonction publique unie contre la réforme
Fait rare, tous les syndicats représentatifs du secteur appellent à une grève nationale ce jeudi. De fortes perturbations sont attendues dans les transports, les établissements de santé et les écoles.
 

 
Plusieurs dizaines de milliers de personnes avaient déjà défilé le 19 mars, lors d'une précédente journée d'action.
Combien des 5,5 millions d'agents publics descendront-ils dans la rue ce jeudi ? Leurs syndicats appellent à une journée d'action et de grève pour montrer leur opposition au projet de loi de réforme de la fonction publique, dont ils dénoncent « la portée très grave », tant pour les agents et les citoyens que pour l'avenir des services publics. Le mécontentement se concentrera aussi, du côté des enseignants, sur les réformes menées par le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer.

Une centaine de rassemblements sont prévus dans toute la France et il n'est pas exclu que des gilets jaunes se joignent aux cortèges. Si la mobilisation est aussi importante que l'espèrent les syndicats, des perturbations sont à prévoir dans les transports, les établissements de soins, mais aussi les cantines et établissements scolaires.

À noter que cet appel à la grève relève de l'inédit puisque les neuf syndicats (CGT, CFDT, FO, FSU, Solidaires, Unsa, FA-FP, CFE-CGC, CFTC) appellent à la mobilisation dans un communiqué commun. Ils ont d'ores et déjà prévenu que cette journée n'était « qu'une étape » d'une mobilisation « dans la durée » pour « dire non » à ce projet de loi et demander au gouvernement qu'il « ouvre enfin des négociations sur de nouvelles bases ».
« Passage en force »

Les organisations syndicales dénoncent « un passage en force » et accusent le pouvoir de vouloir une fonction publique alignée sur les règles du secteur privé, au détriment du statut de fonctionnaire et de l'indépendance des agents à l'égard du pouvoir.

La date du 9 mai n'a pas été choisie au hasard : le texte du projet de loi figurera au menu de l'Assemblée nationale à partir de ce lundi en première lecture. L'exécutif souhaite le faire adopter avant l'été pour une application dès le 1er janvier 2020.

Le projet s'inscrit dans un objectif de suppression de 120 000 postes de fonctionnaires d'ici à 2022, sur 5,5 millions d'agents dans les trois versants (État, hospitalière, territoriale). Le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin a qualifié « d'atteignable » cet objectif le 26 avril alors qu'Emmanuel Macron s'était dit la veille prêt à « l'abandonner », demandant son analyse au gouvernement d'ici à l'été.
« Désaccord profond »

Lors d'une conférence de presse lundi, Mireille Stivala (CGT) a parlé d'une « situation inédite ». « C'est la première fois que le gouvernement se retrouve confronté à toutes les organisations syndicales. Les citoyens dans le grand débat ont plébiscité les services publics. Et on se retrouve avec un gouvernement qui continue, à marche forcée, à présenter son projet de loi alors que tous les indicateurs lui disent que ce n'est pas dans ce sens qu'il faut aller », a-t-elle déploré.

« On est en désaccord profond avec l'orientation choisie par le gouvernement sur l'avenir de la fonction publique. Le ''en même temps'' en permanence, à part rendre fou tout le monde et créer beaucoup d'ambiguïtés, a ses limites », a appuyé Bernadette Groison (FSU), tandis que Gaëlle Martinez (Solidaires) évoque un texte « qui fait l'unanimité contre lui ».

Côté FO, Christian Grollier a dénoncé la surdité d'un « gouvernement anti-fonctionnaires ».

 

 
 

 

La fonction publique unie contre la réforme

Publié dans le panorama le Jeudi 09 mai 2019 à 06:15:09

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La fonction publique unie contre la réforme
 

 
Plusieurs dizaines de milliers de personnes avaient déjà défilé le 19 mars, lors d'une précédente journée d'action. Photo MEHDI FEDOUACH/AFP
Combien des 5,5 millions d'agents publics descendront-ils dans la rue ce jeudi ? Leurs syndicats appellent à une journée d'action et de grève pour montrer leur opposition au projet de loi de réforme de la fonction publique, dont ils dénoncent « la portée très grave », tant pour les agents et les citoyens que pour l'avenir des services publics. Le mécontentement se concentrera aussi, du côté des enseignants, sur les réformes menées par le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer.

Une centaine de rassemblements sont prévus dans toute la France et il n'est pas exclu que des gilets jaunes se joignent aux cortèges. Si la mobilisation est aussi importante que l'espèrent les syndicats, des perturbations sont à prévoir dans les transports, les établissements de soins, mais aussi les cantines et établissements scolaires.

À noter que cet appel à la grève relève de l'inédit puisque les neuf syndicats (CGT, CFDT, FO, FSU, Solidaires, Unsa, FA-FP, CFE-CGC, CFTC) appellent à la mobilisation dans un communiqué commun. Ils ont d'ores et déjà prévenu que cette journée n'était « qu'une étape » d'une mobilisation « dans la durée » pour « dire non » à ce projet de loi et demander au gouvernement qu'il « ouvre enfin des négociations sur de nouvelles bases ».
« Passage en force »

Les organisations syndicales dénoncent « un passage en force » et accusent le pouvoir de vouloir une fonction publique alignée sur les règles du secteur privé, au détriment du statut de fonctionnaire et de l'indépendance des agents à l'égard du pouvoir.

La date du 9 mai n'a pas été choisie au hasard : le texte du projet de loi figurera au menu de l'Assemblée nationale à partir de ce lundi en première lecture. L'exécutif souhaite le faire adopter avant l'été pour une application dès le 1er janvier 2020.

Le projet s'inscrit dans un objectif de suppression de 120 000 postes de fonctionnaires d'ici à 2022, sur 5,5 millions d'agents dans les trois versants (État, hospitalière, territoriale). Le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin a qualifié « d'atteignable » cet objectif le 26 avril alors qu'Emmanuel Macron s'était dit la veille prêt à « l'abandonner », demandant son analyse au gouvernement d'ici à l'été.
« Désaccord profond »

Lors d'une conférence de presse lundi, Mireille Stivala (CGT) a parlé d'une « situation inédite ». « C'est la première fois que le gouvernement se retrouve confronté à toutes les organisations syndicales. Les citoyens dans le grand débat ont plébiscité les services publics. Et on se retrouve avec un gouvernement qui continue, à marche forcée, à présenter son projet de loi alors que tous les indicateurs lui disent que ce n'est pas dans ce sens qu'il faut aller », a-t-elle déploré.

« On est en désaccord profond avec l'orientation choisie par le gouvernement sur l'avenir de la fonction publique. Le ''en même temps'' en permanence, à part rendre fou tout le monde et créer beaucoup d'ambiguïtés, a ses limites », a appuyé Bernadette Groison (FSU), tandis que Gaëlle Martinez (Solidaires) évoque un texte « qui fait l'unanimité contre lui ».

Côté FO, Christian Grollier a dénoncé la surdité d'un « gouvernement anti-fonctionnaires ».

 

 
 

EDITORIAL : Fonction pudique

Publié dans le panorama le Jeudi 09 mai 2019 à 05:57:02

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EDITORIAL : Fonction pudique
 

 
Dans un ensemble devenu rare, les syndicats de fonctionnaires partent à la grève contre la réforme de l'administration. Le crime de Macron, celui en tout cas dont veulent se prévaloir les grandes centrales, est d'avoir annoncé d'emblée le gros ménage. Mantra d'origine : la réduction des appointés de la Nation.

Deux ans après, et surtout depuis les gilets jaunes, les sentences présidentielles sur la bureaucratie sont un fardeau politique. À plus tard donc le nettoyage à la racine du statut. Exit l'essorage trop voyant des effectifs.

Comme dans les entreprises sous tension, on use de la périphrase et du concept pour ne pas évoquer trop frontalement les sujets qui fâchent. La réforme parle de mobilités, de recrutements hors statut (les « contractuels »), de départs arrangés, voire d'un rôle syndical recadré. Par touches, la maison France rapproche son vaste personnel des conditions d'exercice courantes de tant de salariés.

C'est énorme et très polémique. Mais d'avoir été si vite si ambitieux rend aussi plus explosif le sous-entendu de l'opération : l'emploi à vie, tel qu'hérité du passé, est en question. Refonder le contrat social des agents reviendra, pour une part d'entre eux, à faire l'expérience du cadre privé. Ainsi est donné aux millions de fonctionnaires un modèle d'adaptation sur des critères tabous jusque-là.

La suite dira si c'est trop demander et s'il convient de rester pudique sur le sujet. Dans les masses d'arguments qui s'entrechoquent, celui du poids de la dépense budgétaire n'était pas le moindre. Macron le relativise en faisant des chèques aux gilets jaunes. Cet État prodigue peut être invité pareillement à voir sa fonction publique comme un investissement, plutôt qu'un boulet comptable.

Dommage que la méthode engagée fasse, à nouveau, la part belle au match entre préjugés d'un côté et corporatisme de l'autre. Ce débat gagnerait à scinder clairement ce qui ne peut plus durer de ce qui est nécessaire. C'est moins un statut qu'il faut défendre qu'un avenir.

 

 
 

 

Fonction publique : manifestations à Strasbourg et Mulhouse ce jeudi

Publié dans le panorama le Jeudi 09 mai 2019 à 05:55:02

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Social
Fonction publique : manifestations à Strasbourg et Mulhouse ce jeudi
 

 
Deux grandes manifestations partiront ce jeudi 9 mai, à 14 h, de la place de-Lattre-de-Tassigny à Strasbourg et de la place de la Bourse à Mulhouse. Les syndicats de la fonction publique (CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FAFP, FO, FSU, Solidaires et Unsa) veulent en effet se faire entendre. Avant l'étude, par l'Assemblée nationale, du projet de loi de transformation de la fonction publique, ils veulent « défendre » le service public. Ils regrettent que prévale une logique « exclusivement comptable » dans la modernisation projetée, avec la suppression de nombreux postes. Ainsi, l'intersyndicale de la Direction générale des Finances publiques du Bas-Rhin craint « de ne pas être épargnée », même si Emmanuel Macron a déclaré vouloir « infléchir » son objectif initial de 120 000 suppressions de postes de fonctionnaires. Les fonctionnaires des Finances publiques seraient les plus touchés et concernés dans 64 % des suppressions de postes dans le Bas-Rhin, « soit 30 à 40 suppressions d'emplois tous les ans depuis plus de 10 ans ».

Outre les deux cortèges strasbourgeois et mulhousien, les représentants du personnel iront donc à la rencontre des usagers devant le centre des impôts de Strasbourg, 35 avenue des Vosges, ou devant le centre des Finances publiques de Haguenau.

Les manifestants et grévistes déplorent que la dématérialisation et la numérisation soient en fait des « remises en cause de services rendus au public » : « Tout le monde ne maîtrise pas l'informatique. » Ils dénoncent une précarisation de la fonction publique, avec de plus en plus de contractuels.

 

 
 

 

Impôt sur le revenu : 95 %des contribuables paieront moins

Publié dans le panorama le Jeudi 09 mai 2019 à 05:56:12

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Politique Finances
Impôt sur le revenu : 95 %des contribuables paieront moins
 

 
Gérald Darmanin a assuré que le montant moyen de la baisse d'impôt serait de 300 euros.
Près de 95 % des contribuables assujettis à l'impôt sur le revenu bénéficieront d'une baisse d'impôt l'an prochain, pour un montant moyen de 300 euros par foyer et par an, a assuré Gérald Darmanin, le ministre des Comptes publics, dans le Parisien mercredi. Une baisse qui sera débattue dans le cadre du projet de loi de finances pour 2020.

« La quasi-totalité des gens qui payent l'impôt sur le revenu - qu'ils soient ouvriers, salariés, cadres - seront concernés » par la baisse de cinq milliards d'euros de l'impôt sur le revenu, promise par Emmanuel Macron, indique-t-il.

« Au total, plus de 95 % des contribuables paieront moins d'impôts », assure le ministre. « C'est simplement un ordre de grandeur parce que nous ferons en sorte que la baisse d'impôt soit plus importante pour les classes moyennes que pour les personnes qui ont des revenus plus élevés », précise-t-il toutefois.
L'avenir incertainde la taxe carbone

La baisse s'appliquera dès le mois de janvier 2020 sur la base d'un nouveau calcul du taux de prélèvement qui sera fait par la direction générale des Finances publiques, sans nécessité pour le contribuable d'intervenir.

Enfin, sur la possibilité d'une hausse de la taxe carbone, suspendue par le gouvernement face au mouvement des gilets jaunes, le ministre juge que « désormais, ce qui est important, c'est d'aller vers l'incitatif », citant en exemple la taxe sur les ordures ménagères modulée en fonction de la quantité de déchets produits, comme l'a annoncé le ministre de la Transition écologique. François de Rugy avait aussi indiqué en avril qu'un choix sur une éventuelle nouvelle « trajectoire de hausse » de la taxe carbone serait un choix « à faire dans les mois qui viennent ».

L'impôt sur le revenu, qui rapporte chaque année près de 75 milliards d'euros à l'État, est actuellement payé par 16,8 millions de foyers fiscaux sur un total de 38,3 millions, soit moins de 45 % des contribuables.

 

 
 

 

8-Mai : sous la pluie, Macron ravive la flamme à l'Arc de Triomphe

Publié dans le panorama le Jeudi 09 mai 2019 à 05:55:43

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Commémoration Histoire
8-Mai : sous la pluie, Macron ravive la flamme à l'Arc de Triomphe
Le président de la République s'est prêté, sous une pluie battante, au 74 e anniversaire de la victoire contre le nazisme le 8 mai 1945. Ses prédécesseurs Nicolas Sarkozy et François Hollande étaient présents à ses côtés.
 

 
Emmanuel Macron, entouré des chefs militaires et de représentants des anciens combattants, résistants et déportés, a déposé une gerbe et ravivé la flamme sur la tombe du Soldat Inconnu.
Le 74e anniversaire de la victoire contre le nazisme le 8 mai 1945 a été célébré mercredi par Emmanuel Macron, sous une forte pluie et devant un public clairsemé.

Le président, entouré des chefs militaires et de représentants des anciens combattants, résistants et déportés, a déposé une gerbe et ravivé la flamme sur la tombe du Soldat Inconnu, au son de la Marseillaise puis du Chant des partisans.

Le président est ensuite allé saluer ses prédécesseurs Nicolas Sarkozy (2007-2012) et François Hollande (2012-2017), qui figuraient dans l'assistance, aux côtés notamment des membres du gouvernement. Des jeunes étaient installés dans deux tribunes disposées sur la place de l'Étoile.
Un entretien avec Yves de Gaulle, petit-fils de Charles

La capitulation du IIIe Reich allemand devant les Alliés, actée le 8 mai 1945, a marqué la fin en Europe de la Seconde Guerre mondiale, le conflit le plus meurtrier de l'histoire (près de 60 millions de morts).

La cérémonie a débuté par un premier dépôt de gerbe du chef de l'État, au pied de la statue située au rond-point des Champs-Élysées de son lointain prédécesseur Charles de Gaulle, président de la République de 1958 à 1969 après avoir été, dès 1940, le chef de la résistance française au nazisme.

Emmanuel Macron était accompagné du Premier ministre Édouard Philippe et des présidents de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, et du Sénat, Gérard Larcher. Il s'est brièvement entretenu avec Yves de Gaulle, l'un des petits-enfants du Général.
Arc de Triomphe restauré

Il a ensuite remonté l'avenue des Champs-Élysées en voiture jusqu'à l'Arc de Triomphe, escorté par la Garde républicaine. Ce rituel présidentiel aux Champs-Élysées a été instauré après la déclaration en 1981 du 8 mai comme jour férié.

Saccagé le 1er décembre en marge d'une manifestation des gilets jaunes, l'Arc de Triomphe a été entièrement restauré à temps pour les cérémonies.

 

 
 

 

Logement La semaine impertinente des associations "Osez la solidarité" du 10 au 17 mai : Contre le logement indigne

Publié dans le panorama le Jeudi 09 mai 2019 à 06:02:47

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Logement La semaine impertinente des associations "Osez la solidarité" du 10 au 17 mai
Logement La semaine impertinente des associations "Osez la solidarité" du 10 au 17 mai : Contre le logement indigne
Pour la troisième année consécutive, le collectif des associations unies pour une nouvelle politique publique du logement des personnes sans-abri et mal logées (AU 68) organise du 10 au 17 mai, sa semaine impertinente "Osez la solidarité" pour sensibiliser un large public aux problèmes liés au logement et au logement indigne en particulier.

 
Une semaine axée sur le logement indigne.
Aujourd'hui, s'occuper du logement insalubre, « c'est une nécessité, car c'est un investissement sur l'avenir ! », considère Odile Fournier, pour la Fondation Abbé-Pierre, qui « demande que le modèle français de solidarité soit développé ; alors qu'on craint au contraire, que les droits sociaux ne soient en danger et que les restrictions budgétaires touchent encore davantage la solidarité... », dit-elle, évoquant la baisse des APL, dont la deuxième réforme, qui a été annoncée, doit recalculer les droits de trimestre en trimestre.
Problèmes de coordination

Cette année, "Osez la solidarité" mettra l'accent sur le logement indigne, le drame de Marseille étant « une raison de plus pour mettre le focus sur ces 900 000 à 1,3 million de personnes contraintes de vivre dans des conditions indignes ou dangereuses ». C'est un des problèmes du logement, nourri par « le sous-marché locatif » de très mauvaise qualité induit par la « pénurie de logements décents abordables et le peu de moyens placés dans la politique du logement ».

Odile Fournier regrette que, « même si depuis cinquante ans les choses se sont améliorées, le logement indigne progresse. L'agence régionale de la santé du Grand Est alerte sur le manque de stratégie, notamment pour coordonner les différents acteurs, et l'absence d'objectifs chiffrés »... Ainsi, dans le Haut-Rhin, 3 % de la totalité des logements du parc de logement privés seraient potentiellement indignes, dont 40 % d'entre eux à Mulhouse (à Mulhouse, les logements indignes représenteraient 8 % de la totalité des logements, et 4 % sur m2A).

Or vivre dans un logement indigne a de plus « des effets énormes sur la santé physique et psychique des personnes qui sombrent dans l'isolement, la désespérance », s'indigne encore Odile Fournier qui veut ainsi « alerter les autorités publiques et les collectivités territoriales », en réclamant « une mobilisation plus ambitieuse pour éradiquer le logement indigne ».

Pour André Barnoin de la Maison de la Citoyenneté Mondiale et le Mouvement national des chômeurs et précaires, « le problème vient de l'attitude de certains bailleurs et du manque de volonté des pouvoirs publics. Car des dispositifs existent pour financer une grande partie des travaux de rénovation des logements ».

Selon Loïc Richard de l'Union nationale du logement accompagné, « il y a en effet une mauvaise prise en compte des outils existants, notamment pour les propriétaires bailleurs, qui profitent de cette absence de coordination pour éviter d'avoir à rénover des logements allant de dégradés à indignes, avec malgré tout un rendement locatif intéressant ; et ce même si la loi Elan renforce les sanctions contre les marchands de sommeil, car les problèmes persistent de mise en oeuvre politique ».
Passer à un plan de bataille

Loïc Richard, souhaiterait « passer d'un plan de lutte à un plan de bataille pour éradiquer le logement indigne ; que les politiques montrent leur volonté de passer la vitesse supérieure, mettre un pilote dans l'avion ».

Contre ce « logement discount », la mairie de Mulhouse envisage par exemple de mettre en place un permis de louer dans certains secteurs de la ville, dans l'idée de vérifier l'état des logements avant de les remettre à la location. Et les acteurs du logement d'espérer que ce dispositif sera rapidement étendu à toute la ville.

Le problème est partout le même : le manque de moyens et donc le manque d'effectifs, que les coupes dans les dotations aux collectivités ne vont pas arranger... Odile Fournier rappelle qu'à l'agence nationale de l'Habitat, « ils ont pour objectif de traiter 10 à 15 000 dossiers par an ; qu'ils n'en traitent que les trois quarts ; et que la Fondation Abbé-Pierre en espérerait 60 000 par an... »

Mais comme disent les membres du collectif, « aujourd'hui, la solidarité, c'est subversif, il faut presque se justifier ! Or, c'est le ciment de la société, une valeur constitutionnelle, selon le Conseil constitutionnel ». D'où le mot impertinent pour qualifier leur semaine d'actions. Et il est urgent d'agir.
Michèle MARCHETTI www.au68.fr

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Mulhouse Éradiquer le logement indigne

Publié dans le panorama le Jeudi 09 mai 2019 à 06:16:17

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Mulhouse Éradiquer le logement indigne
 

 
Une semaine axée sur le logement indigne. Dessin Na
S'occuper du logement insalubre, « c'est une nécessité, car c'est un investissement sur l'avenir ! », considère Odile Fournier, pour la Fondation Abbé-Pierre, qui « demande que le modèle français de solidarité soit développé ; alors qu'on craint au contraire que les droits sociaux ne soient en danger et que les restrictions budgétaires touchent encore davantage la solidarité... », dit-elle, évoquant la baisse des APL (aides au logement), dont la deuxième réforme a été annoncée.

Cette année, Osez la solidarité, la « semaine impertinente » organisée du 10 au 17 mai par AU68 (www.au68.fr) mettra l'accent sur le logement indigne, le drame de Marseille étant « une raison de plus pour mettre le focus sur ces 900 000 à 1,3 million de personnes contraintes de vivre dans des conditions indignes ou dangereuses ». C'est un des problèmes du logement, induit par la « pénurie de logements décents abordables et le peu de moyens placés dans la politique du logement ».

« Même si depuis cinquante ans les choses se sont améliorées, le logement indigne progresse, déplore Odile Fournier. L'Agence régionale de la santé du Grand Est alerte sur le manque de stratégie, notamment pour coordonner les différents acteurs, et l'absence d'objectifs chiffrés. » Ainsi, dans le Haut-Rhin, 3 % de la totalité des logements du parc de logements privés seraient potentiellement indignes, dont 40 % d'entre eux à Mulhouse.
« D'un plan de lutteà un plan de bataille »

Or, vivre dans un logement indigne a « des effets énormes sur la santé physique et psychique des personnes qui sombrent dans l'isolement, la désespérance », s'indigne encore Odile Fournier qui veut « alerter les autorités publiques et les collectivités territoriales » en réclamant « une mobilisation plus ambitieuse pour éradiquer le logement indigne ».

Pour André Barnoin, de la Maison de la citoyenneté mondiale et du Mouvement national des chômeurs et précaires, « le problème vient de l'attitude de certains bailleurs et du manque de volonté des pouvoirs publics. Car des dispositifs existent pour financer une grande partie des travaux de rénovation des logements ».

Selon Loïc Richard, de l'Union nationale du logement accompagné, « il y a en effet une mauvaise prise en compte des outils existants, notamment pour les propriétaires bailleurs, qui profitent de cette absence de coordination pour éviter d'avoir à rénover des logements et ce même si la loi Elan renforce les sanctions contre les marchands de sommeil ». Loïc Richard souhaiterait « passer d'un plan de lutte à un plan de bataille pour éradiquer le logement indigne ; que les politiques montrent leur volonté de passer la vitesse supérieure ».

Contre ce « logement discount », la mairie de Mulhouse envisage par exemple de mettre en place un permis de louer dans certains secteurs de la ville, dans l'idée de vérifier l'état des logements avant de les remettre en location. Les acteurs du logement espèrent que ce dispositif sera rapidement étendu à toute la ville.

Le problème est partout le même : le manque de moyens et donc le manque d'effectifs, que les coupes dans les dotations aux collectivités ne vont pas arranger... « À l'Agence nationale de l'habitat, ils ont pour objectif de traiter 10 000 à 15 000 dossiers par an, ils n'en traitent que les trois quarts et la Fondation Abbé-Pierre en espérerait 60 000 par an... », indique Odile Fournier.

Comme disent les membres du collectif, « aujourd'hui, la solidarité, c'est subversif, il faut presque se justifier ! Or, c'est le ciment de la société, une valeur constitutionnelle ». D'où le qualificatif « impertinent » pour qualifier leur semaine d'actions.
Michèle MARCHETTI

 

 
 

Une marche contre le racisme en Alsace

Publié dans le panorama le Jeudi 09 mai 2019 à 06:09:44

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Société
Une marche contre le racisme en Alsace
À une semaine des élections européennes, le collectif « Justice et Libertés », associé à plusieurs associations, organise une « marche contre le racisme » entre des communes d'Alsace récemment touchées par des tags haineux.
 

 
Des militants de Justice et Libertés derrière leur banderole, à l'occasion d'un spectacle de Dieudonné au Zénith de Strasbourg-Eckbolsheim, en 2012.
Depuis 22 ans, le collectif Justice et Libertés est de toutes les luttes contre le racisme et l'antisémitisme. Né en 1997 à Strasbourg, alors que le Front national tenait son congrès dans la capitale alsacienne, le collectif avait rassemblé des milliers de personnes, derrière sa désormais fameuse banderole, pour dire non à toutes les formes d'exclusion. C'était le 29 mars, il y a plus de 20 ans...
« Ces profanations et ces tags donnent une image détestable de notre région »

Depuis quelques mois, en Alsace, on observe une recrudescence, voire une accélération, des phénomènes d'inscriptions racistes et antisémites. Thal-Marmoutier, Zoebersdorf, Quatzenheim, Herrlisheim, Sélestat et hier à Dieffenbach-lès-Woerth (voir ci-contre)... Les cimetières juifs sont touchés, mais aussi des mairies, où l'on a trouvé des écrits haineux, particulièrement dirigés contre les migrants. « Ces profanations et ces tags donnent une image détestable de notre région », écrit le collectif. Au côté du mouvement ATTAC des Vosges du Nord, de « Comprendre et s'engager », du Théâtre du Potimarron, du MRAP et de la FSU, « Justice et Libertés » a décidé de faire entendre sa voix, en battant le pavé contre cette haine qui monte, à l'approche des élections européennes (le 26 mai) et alors que nationalismes et populismes montent en Europe. « Nous voulons réagir à toutes ces profanations, à ce racisme. Montrer qu'une autre Alsace existe, une Alsace de la diversité, une Alsace qui est une terre d'accueil », plaide Ali Rastegar, porte-parole de cette « Marche : uni-e-s contre le racisme ».
Rendez-vous samedi 18 mai

Le rendez-vous est fixé le samedi 18 mai à 9 h, devant le couvent de Thal-Marmoutier, commune prise pour cible en juillet 2018. C'est ce couvent qui accueille des familles de réfugiés en détresse. Les marcheurs seront accueillis par les soeurs du couvent et par le maire de la commune, Jean-Claude Distel. Ils se rendront ensuite à Schwenheim où ils seront reçus par le maire, avec prises de parole devant le cimetière juif de la commune. Le troisième temps fort se tiendra à Dettwiller, dans la salle paroissiale à partir de 13 h. Cette fois-ci, la « marche » prendra l'automobile, ses participants étant adeptes du covoiturage. Discussions, échanges, théâtre-forum : le public est invité à se joindre à ce moment.

Le dernier rendez-vous est à Zoebersdorf, commune dont la mairie a été recouverte de tags antisémites et racistes, le 13 octobre 2018. Là, aussi, une discussion, en présence du maire et du public, pourra se tenir à l'issue de la présentation d'une petite pièce de théâtre.

« Nous n'abandonnons pas. Nous pensons qu'il faut traiter le problème du racisme en Alsace », insiste Ali Rastegar.
D. T.

 

 
 

 

Des tags antisémites sur la mairie de Dieffenbach-lès-Woerth

Publié dans le panorama le Jeudi 09 mai 2019 à 06:04:44

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Des tags antisémites sur la mairie de Dieffenbach-lès-Woerth
 

 
Ce mercredi 8 mai, entre 8 h 30 et 8 h 45, quelques habitants de Dieffenbach-lès-Woerth, dans le canton de Reichshoffen, ont découvert des inscriptions antisémites et racistes sur l'une des façades de la mairie, où se situe l'entrée du bâtiment. Le maire Alphonse Atzenhoffer a immédiatement prévenu les gendarmes. Les gendarmes de la brigade de Woerth et de la brigade de recherches de Wissembourg étaient sur les lieux. Une enquête est en cours.

 

 
 

MULHOUSE Commémoration Victoire du 8-Mai 1945 : Triple recueillement

Publié dans le panorama le Jeudi 09 mai 2019 à 05:50:53

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Commémoration Victoire du 8-Mai 1945
MULHOUSE Commémoration Victoire du 8-Mai 1945 : Triple recueillement
Le 74 e anniversaire de la Victoire des Alliés sur l'Allemagne a été célébré mercredi 8 mai en trois lieux distincts de Mulhouse.

 
Au Mémorial Tambov : dépose d'une gerbe par Michèle Lutz, maire de Mulhouse, accompagnée de Jean-Noël Chavanne, sous-préfet de Mulhouse, Jean-Marie Bockel, ancien ministre et sénateur du Haut-Rhin et de Paul Quin, adjoint au maire.
Le Mémorial de Tambov (rue du Belvédère), le cimetière des Vallons (rue de la Patrouille) et le monument aux morts du boulevard du président Roosevelt à Mulhouse : les autorités civiles et militaires mulhousiennes, ainsi que les associations d'anciens combattants sont passées, hier matin, d'un site à l'autre afin de célébrer le 74e anniversaire de la capitulation de l'Allemagne nazie face aux Alliés, le 8-Mai 1945.

De nombreuses personnalités étaient au rendez-vous, dont le sous-préfet de Mulhouse Jean-Noël Chavanne, qui a fait la lecture du message de Geneviève Darrieussecq, secrétaire d'État aux Anciens combattants, les conseillers départementaux et régionaux, le lieutenant-colonel Magdelin, commandant en second du régiment de marche du Tchad, représentant le colonel Lamiral, chef de corps, des représentants des unités de police, de la gendarmerie, du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis), des parlementaires, des élus, des représentants des cultes et d'associations patriotiques.
Des fleurs et des lectures

C'est devant le monument aux morts du Boulevard Roosevelt, que Paul Quin, adjoint au maire, délégué aux Anciens combattants, a lu l'ordre du jour n° 9 du maréchal de Lattre de Tassigny.

Razika, Malcom, Estelle, Aaron et Emmanuel, accompagnés par Marie Hottinger, responsable de la section des jeunes du Souvenir Français, ont lu plusieurs textes d'hommage sur le thème : « J'entends l'écho de leurs souffrances et je me souviens ».

Six gerbes ont été déposées au pied du monument mais en tout ce sont dix gerbes qui ont été déposées sur les trois sites.

La cérémonie s'est terminée par la sonnerie Aux morts interprétée par les Trompettes de Mulhouse et la Marseillaise jouée par l'Orphéon de Mulhouse.

 

 
 

 

Dessenheim 74 e anniversaire du 8 mai 1945 : Un mémoire d'histoire sur le monument aux morts

Publié dans le panorama le Jeudi 09 mai 2019 à 05:49:18

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Dessenheim  74 e anniversaire du 8 mai 1945
Dessenheim 74 e anniversaire du 8 mai 1945 : Un mémoire d'histoire sur le monument aux morts
Mercredi matin, la commune de Dessenheim célébrait le 74 e anniversaire de la capitulation, le 8 mai 1945, de l'Allemagne.

 
Joseph Loewert a remis le mémoire rédigé sur le monument aux morts à Alexis Clur en présence de Michel Habig.
Cette journée du souvenir débuta par un office religieux célébré par le curé Gérard Ditner, rehaussé par la chorale Sainte-Cécile que Christelle Schatt accompagnait aux orgues.

En raison de la météo capricieuse, la cérémonie patriotique se déroula dans l'église avec les interventions d'Alexis Clur, maire, et Joseph Loewert, président de la section locale de l'UNC-AFN.

Puis ce fut l'heure du dépôt de gerbe en présence de Michel Habig, vice-président du conseil départemental, des adjoints et de membres du conseil municipal, des anciens combattants avec drapeau, d'Audrey Behra, maire junior, et de membres du conseil municipal des enfants, de l'adjudant-chef Philippe Imhoff, chef de corps du centre de première intervention.

La manifestation était rehaussée par la présence d'une délégation de musiciens du corps local des sapeurs pompiers, et la chorale entonna l'hymne national repris en choeur par l'assistance.

Le moment le plus important de la cérémonie fut la remise officielle par Joseph Loewert à Alexis Clur du mémoire rédigé par Sandra Didelot sur l'histoire du monument aux morts de la commune, pour les archives municipales et consultable à la mairie.

Elle est étudiante en L 3 d'histoire à l'Université de Lorraine de Nancy et son travail de recherche historique retrace la mise en place du monument représentant saint Sébastien, officier romain et martyr.

L'étude est très complète sur la situation géographique de la commune, et l'installation de la statue sur le parvis de l'église Saint-Léger, aujourd'hui rebaptisé place des Incorporés de Force et Victimes de Guerres.

 

 
 

 

Dessenheim Un livre et la première sortie officielle du nouveau CMJ à l'occasion du 8 mai.

Publié dans le panorama le Jeudi 09 mai 2019 à 06:09:17

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Dessenheim Un livre et la première sortie officielle du nouveau CMJ à l'occasion du 8 mai.
 

 
Photo L'Alsace/Jean-Marc Lalevée
Un mémoire sur l'histoire de Dessenheim
Après l'office religieux célébré par le père Gérard Dittner, l'assemblée s'est réunie Place des Incorporés de Force et Victimes de guerre devant le monument aux Morts pour célébrer le 74e anniversaire de la fin de Seconde Guerre mondiale.

Après une lecture et en présence du nouveau conseil municipal des jeunes dont c'était la première apparition depuis son élection le 29 mars dernier, Joseph Loewert (à d.), président de la section locale des anciens combattants UNC AFN, a fait au maire Alexis Clur, la surprise de lui remettre un exemplaire du mémoire rédigé par deux étudiants en histoire de la faculté de Nancy qui avaient fait appel à ses services d'historien local pour sa réalisation. Cet ouvrage évoque notamment l'histoire particulière du monument aux Morts du village.

Après la sonnerie aux morts exécutées par un trio musical du corps local des sapeurs-pompiers commandé par l'adjudant-chef Philippe Imhoff et « La Marseillaise » entonnée par tous les participants, un vin d'honneur fut servi, à l'étang de pêche du Moulin.

 

 
 

Pfaffenheim Urbanisme : Un nouveau centre pour le village

Publié dans le panorama le Jeudi 09 mai 2019 à 05:50:17

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Pfaffenheim Urbanisme
Pfaffenheim Urbanisme : Un nouveau centre pour le village
Pfaffenheim inaugurera samedi sa nouvelle place de la mairie, dont les travaux viennent juste de s'achever au terme d'un chantier de plus d'un an. Cet espace de vie contemporain et fonctionnel offre un nouveau visage au centre historique du village.

 
La nouvelle place de la mairie de Pfaffenheim
Pfaffenheim sera en fête samedi après-midi, à l'occasion de l'inauguration de la toute nouvelle place de la mairie du village. « Nous avons réceptionné les travaux il y a quelques jours à peine », se réjouit le maire, Aimé Lichtenberger, qui ne cache pas un certain soulagement de voir s'achever ce projet d'ampleur, qui aura nécessité pas moins de 59 réunions de chantier.

L'idée de donner une seconde jeunesse au centre-village ne date pas d'hier, l'équipe municipale actuelle en ayant d'ailleurs fait l'un de ses chevaux de bataille lors des dernières élections. « L'urgence était réelle, au vu de la vétusté des infrastructures en place. L'ancien bâtiment des sapeurs-pompiers et les ateliers communaux constituaient un point noir au milieu du bel ensemble historique de notre village », rappelle le maire, qui évoque également des soucis de sécurité, concernant par exemple l'absence de trottoirs.

En mai 2016, la municipalité choisit donc de lancer un concours d'idées, afin d'imaginer le nouveau visage du centre-village. « À l'époque, cela ne se faisait pas beaucoup, c'était un vrai pari. Mais en choisissant la voie classique et en faisant appel à un cabinet d'études, nous aurions sans doute restreint nos possibilités », estime le maire. Trois cabinets d'architectes (tous trois rémunérés pour leurs travaux) ont répondu à l'appel et soumis leurs projets. En mai 2017, c'est finalement K'nL, de Rouffach, qui l'emporte avec une vision « pertinente, innovante, contemporaine et fonctionnelle » de la future place de la mairie. « À l'origine, notre idée était de ne refaire que la place de la mairie, explique Aimé Lichtenberger, mais les gens de K'nL nous ont dit de ne pas nous limiter à ce seul espace, et de refaire en même temps tout le pourtour de la mairie, afin de créer un ensemble cohérent. »

1 000 m² de pierresde porphyre

Les travaux débuteront en décembre 2017, pour s'achever plus d'un an plus tard, au printemps de cette année. « Nous avons évidemment dû faire face à de nombreux imprévus, mais dans l'ensemble le chantier s'est déroulé sans véritable accroc », explique l'élu. « Les riverains de la place de la mairie ont cependant subi pas mal de désagréments, en termes de poussière et de bruit, et je leur suis reconnaissant de leur patience ».

Près de 1 000 m² de pierres de porphyre ont été posées sur la place bien sûr, mais aussi tout autour de la mairie. Des bancs et des espaces verts complètent cet ensemble, qui permet de mettre en valeur le bâtiment de la mairie, et offre une belle perspective sur le choeur de l'église. Certains éléments historiques ont été conservés, notamment les piliers en grès et les rampes en fer forgé sur les escaliers. Un revêtement faisant le tour de la place permet la circulation des voitures en sens unique, de la Grand-rue vers la rue de l'Église. Plusieurs places de stationnement ont également été discrètement marquées. Profitant de la déclivité du terrain du côté de la rue de l'Église, des garages ont été construits sous la place, à destination des locataires habitant au-dessus de la mairie.

Avec cette nouvelle place, Pfaffenheim dispose à présent d'un espace ouvert en centre-bourg, « ce qui constitue un véritable poumon pour notre commune », selon le maire. « Notre centre-village est maintenant revitalisé grâce à une meilleure attractivité », ajoute-t-il, voyant dans ce nouvel espace un atout précieux pour l'accueil des manifestations villageoises et celles dédiées au tourisme. « C'est d'autant plus important que nous sommes situés sur l'itinéraire de la Route des vins d'Alsace, et le lieu de départ de nombreuses randonnées. De plus, Pfaffenheim voit passer plusieurs dizaines de milliers de pèlerins et de visiteurs qui se rendent à Notre-Dame du Schauenberg. »

Pour l'anecdote, on notera également que cette place arborera un panneau « espace sans tabac », en signe d'adhésion de la commune à la campagne de la Ligue départementale contre le cancer. « Cette place n'est pas un aboutissement, mais un point de départ, car elle s'inscrit dans une programmation plus large d'aménagement des rues principales et la mise en place d'un plan de circulation plus sécurisé », souligne le maire.
Un chantierà 883 000 EUR HT

Validé à l'origine pour un montant de 685 000 EUR HT, le chantier aura finalement coûté 883 000 EUR HT, un dépassement justifié notamment par le choix de matériaux de qualité supérieure. Le projet aura également bénéficié de nombreuses subventions, de l'État (dans le cadre du Contrat de ruralité initié par le Pays Rhin-Vignoble Grand Ballon), du Conseil régional, du Syndicat d'électricité du Haut-Rhin, de la réserve parlementaire de l'ancien député Jean-Louis Christ, et de l'enveloppe des conseillers départementaux, au titre du fonds de solidarité territorial. « Au total, nous avons ainsi reçu 283 930 EUR, soit 35 % du coût HT de l'investissement », explique le maire.
S.C. VOIR Notre diaporama sur www.dna.fr Samedi, l'inauguration débutera à 16 h 30 par les allocutions, avant le traditionnel couper de ruban. Un événement auquel la population est cordialement invitée à participer.

VOIR Notre diaporama sur www.dna.fr

 
 

 

Colmar Cérémonie commémorative : L'indispensable mémoire

Publié dans le panorama le Jeudi 09 mai 2019 à 05:46:10

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Colmar  Cérémonie commémorative
Colmar Cérémonie commémorative : L'indispensable mémoire
Ce mercredi, le mémorial de la Première Armée Française a prêté son cadre à la commémoration de la victoire des nations alliées le 8 mai 1945, et la fin de la seconde guerre mondiale en Europe. Une date capitale dansl'Histoire de France et plus largement dans celle de l'humanité. S'en souvenir est indispensable.

 
Lors de la remise de décorations, (de g à dr) aux major Pascal Maire, adj-chefs Carole Calas et Jean-Pierre Zuttion, cap. Christian Bader et major Jean Schilling.
« La guerre est gagnée, voici la victoire, celle de la nation, c'est la victoire de la France ». La voix solennelle qui a porté ce message dans l'après-midi du 8 mai 1945 est celle qui, depuis le 18 juin 1940, a incarné la France dans la guerre. Les paroles du général De Gaulle se sont alors mêlées au bourdon de Notre-Dame et aux cloches de toutes les églises, aux sirènes et aux exaltations qui retentissaient dans tous le pays. Il y a 74 ans, l'Allemagne signait sa capitulation sans conditions inscrivant la France dans le cercle des vainqueurs. C'est la victoire sur une idéologie totalitaire, raciste et criminelle qui a mené la violence jusqu'à sa plus effrayante extrémité.
Le flot de la liberté avait alors recouvert le territoire

Trois quarts de siècle plus tard, la cérémonie a été suivie par un public venu plus nombreux qu'à l'habitude. Sans doute le mémorial du square Szendeffy fédère-t-il davantage que la place du 2-février. Parmi les personnalités civiles et militaires présentes, le préfet Laurent Touvet, le député Eric Straumann, la présidente du conseil départemental Brigitte Klinkert, la conseillère régionale Claudine Ganter, ainsi que le maire Gilbert Meyer entouré du maire junior Corentin Denommey et de plusieurs élus du conseil municipal de la ville. Les associations patriotiques étaient représentées par 20 porte-drapeaux et fanions. Un piquet d'honneur en armes du 152e régiment d'infanterie, et la prestation des harmonies St-Martin et Colmarienne réunies ont rehaussé ces instants consacrés à la mémoire. La gendarmerie a été mise à l'honneur par le colonel Guillaume Le Blond, qui a remis la médaille militaire au major Pascal Maire, à l'adjudant-chef Carole Calas, et à l'adjudant-chef Jean-Pierre Zuttion. La médaille de l'ordre national du mérite a été épinglée au capitaine Christian Bader, et au major Jean Schilling. La lecture de l'ordre du jour n° 9 du général d'armée de Lattre-de-Tassigny a été donnée par le président du Souvenir Français Gilbert Dollé. Le message de la secrétaire d'État auprès du ministre des armées, a été lu par le préfet. Le texte a rappelé qu'en ce jour, la France exprimait sa reconnaissance à tous ceux qui ont combattu pour la patrie. Notamment les combattants de 1940, les Français libres, tous ceux qui ont répondu à l'appel de la résistance, les armées de De-Lattre et de Leclerc. La France se souvient de ses libérateurs. « Du littoral normand à la flèche de la cathédrale de Strasbourg, le flot de la liberté avait alors recouvert le territoire. En se remémorant les déchirures de notre continent et l'ampleur du désastre humain et moral, nous mesurons ainsi rassemblés, la valeur de la paix. »

Huit gerbes ont été déposées par les autorités accompagnées par les jeunes du conseil municipal des enfants. La sonnerie aux Morts a précédé l'hymne national et le salut aux emblèmes par les autorités.

 

 
 

 

Val d'Argent Cérémonie du 8 mai 1945 : «Mesurons la valeur de la paix»

Publié dans le panorama le Jeudi 09 mai 2019 à 05:47:29

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Val d'Argent Cérémonie du 8 mai 1945
Val d'Argent Cérémonie du 8 mai 1945 : «Mesurons la valeur de la paix»
Sous un ciel encombré mais encore sec s'est tenue la cérémonie intercommunalede commémoration de la victoire du 8 mai 1945, hier matin à Lièpvre.

 
En compagnie d'Alphonse Geyer, président des anciens combattants de Lièpvre, le premier adjoint colieuvre Denis Petit a déposé une gerbe au monument aux morts.
« Gardons pieusement la mémoire de nos morts. Généreux compagnons tombés au champ d'honneur, ils ont rejoint dans le sacrifice et la gloire, pour la rédemption de la France, nos fusillés et nos martyrs », avait prononcé le général De Lattre de Tassigny à Berlin, le 9 mai 1945. Son discours a été repris in extenso par Denis Petit, le premier adjoint de Lièpvre, hier matin, devant le monument aux morts, en l'absence du maire, Pierrot Hestin.
Quatre élèves ont lule messagede la secrétaire d'État

Romane, 8 ans, Eva, 13 ans, Samuel, 16 ans, et Téo, 17 ans, quatre élèves du village se sont ensuite relayés au micro pour lire le message de Geneviève Darrieussecq, secrétaire d'État auprès de la ministre des Armées qui se conclut ainsi: « Aujourd'hui, nous nous remémorons les déchirures de notre continent et l'ampleur du désastre humain et moral. Ainsi, rassemblés, nous mesurons la valeur de la paix. Elle est notre héritage. Elle est la clé de voûte de la construction européenne. Elle est notre raison de vivre ensemble. Préservons-la ! »

Auparavant, un imposant cortège est parti de la mairie pour rejoindre le monument aux morts : emmené par le groupe des mineurs d'Echery, avec les sapeurs-pompiers du Val d'Argent, les porte-drapeaux des associations patriotiques, les secouristes de la Croix Rouge française, la police municipale, la gendarmerie représentée par le commandant de la brigade sainte-marienne, le major Laurent Weil. Le dispositif était placé sous les ordres du lieutenant Jean-Christian Neff du centre de secours du Val d'Argent.
Sans harmonie

Parmi les personnalités officielles, le conseiller départemental Pierre Bihl a fait le déplacement, de même que la maire d'Aubure, Marie-Paule Gay, le premier magistrat de Sainte-Croix-aux-Mines, Jean-Marc Burrus, et celui de Sainte-Marie-aux-Mines, Claude Abel, également président de la communauté de communes.

Manquait Jean-Pierre Hestin, le maire de Rombach-le-Franc, représenté par ses adjoints et conseillers.

Autre défection notable, l'harmonie Caecilia de Rombach-le-Franc, qui assure généralement les parties musicales. C'est donc la clique de Sainte-Croix-aux-Mines qui a pallié cette absence, sauf pour la Marseillaise, qui a été diffusée grâce à un CD sur des enceintes portables.

L'adjoint Petit a ensuite remercié tous les participants avant de les inviter pour un verre de l'amitié servi à la salle polyvalente.
Anne MULLER

 

 
 

 

Cérémonie commémorative du 8 Mai

Publié dans le panorama le Jeudi 09 mai 2019 à 05:57:08

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Cérémonie commémorative du 8 Mai
 

 
Photo L'Alsace/Bernard Erhard
Daniel Merignargues, sous-préfet de Thann-Guebwiller, a présidé la cérémonie commémorative du 8 mai 1945 en compagnie d'élus, des représentants du RMT, de la gendarmerie, du conseil municipal des jeunes, des sapeurs-pompiers, de la musique municipale, des sociétés patriotiques et de leurs porte-drapeaux. Au cimetière militaire, situé sur les hauteurs de la ville, les tombes ont été fleuries par le conseil municipal des jeunes. Au monument aux morts la lecture de l'ordre no 9 du Général de Lattre de Tassigny a été faite par Gilbert Meyer, président du Souvenir Français et la lecture du message de la secrétaire d'État par le sous-préfet. Les élus ont ensuite remis l'insigne de porte-drapeau à François Jaeger, Michel Weber, Thierry Seltz et Jean-Claude Latrubesse pour 49, 25, 15 et 10 années de service. Ravivage de la flamme, dépôts de gerbe par le sous-préfet, le maire et le président de l'OMSPAC, la sonnerie aux morts et Marseillaise par la musique de Guebwiller, ont ponctué cette commémoration en souvenir des victimes de la Seconde Guerre mondiale, avant le lâcher de pigeons.

 

 
 

Colmar L'indispensable mémoire

Publié dans le panorama le Jeudi 09 mai 2019 à 05:55:07

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Colmar L'indispensable mémoire
 

 
Photo DNA
L'indispensable mémoire
Ce mercredi, le mémorial de la Première Armée Française a prêté son cadre à la commémoration de la victoire des nations alliées le 8 mai 1945. Il y a 74 ans, l'Allemagne signait sa capitulation sans conditions inscrivant la France dans le cercle des vainqueurs. C'est la victoire sur une idéologie totalitaire, raciste et criminelle qui a mené la violence jusqu'à sa plus effrayante extrémité.

Trois quarts de siècle plus tard, la cérémonie a été suivie par un public venu plus nombreux qu'à l'habitude. Sans doute le mémorial du square Szendeffy fédère-t-il davantage que la place du 2-février. Parmi les personnalités civiles et militaires présentes, le préfet Laurent Touvet, le député Eric Straumann, la présidente du conseil départemental Brigitte Klinkert, la conseillère régionale Claudine Ganter, ainsi que le maire Gilbert Meyer entouré du maire junior Corentin Denommey et de plusieurs élus du conseil municipal de la ville. Les associations patriotiques étaient représentées par 20 porte-drapeaux et fanions. Un piquet d'honneur en armes du 152e régiment d'infanterie, et la prestation des harmonies St-Martin et Colmarienne réunies ont rehaussé ces instants consacrés à la mémoire.

La gendarmerie a été mise à l'honneur par le colonel Guillaume Le Blond, qui a remis la médaille militaire au major Pascal Maire, à l'adjudant-chef Carole Calas, et à l'adjudant-chef Jean-Pierre Zuttion. La médaille de l'ordre national du mérite a été épinglée au capitaine Christian Bader, et au major Jean Schilling. La lecture de l'ordre du jour n° 9 du général d'armée de Lattre-de-Tassigny a été donnée par le président du Souvenir Français Gilbert Dollé. Le message de la secrétaire d'État auprès du ministre des armées, a été lu par le préfet.

Huit gerbes ont été déposées par les autorités accompagnées par les jeunes du conseil municipal des enfants. La sonnerie aux Morts a précédé l'hymne national et le salut aux emblèmes par les autorités.

 

 
 

MULHOUSE Journée citoyenne : 42 idées portées par les habitants

Publié dans le panorama le Jeudi 09 mai 2019 à 06:14:31

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Journée citoyenne
MULHOUSE Journée citoyenne : 42 idées portées par les habitants
Initiée en 2008 à Berrwiller, la journée citoyenne est désormais un événement national qui se déroulera le 25 mai dans toute la France. À Mulhouse, environ 750 personnes sont attendues pour participer à 42 « chantiers » divers, proposés par les habitants.

 
De gauche à droite : Gilles et Anne, habitants impliqués dans la prochaine Journée citoyenne, l'adjointe Cécile Sornin et Julie Schelcher, coordinatrice des projets de proximité à la Ville.
8e ÉDITION MULHOUSIENNE.- « La première journée citoyenne à Mulhouse a eu lieu en 2012 et les choses ont évo lué, indique l'adjointe Cécile Sornin, en charge de la démocratie participative. Notre objectif est de permettre aux habitants d'exprimer pleinement leur citoyenneté et, cette année, tous les chantiers sont des propositions des Mulhousiens. On est dans une dynamique de coconstruction et il faut du temps... »

Cette journée mobilise en moyenne environ 500 personnes dans la ville centre, ce qui peut paraître modeste pour une commune de quelque 110 000 habitants, mais le nombre de participants progresse d'année en année. Pour cette édition 2019, il y a au moins 750 places. Il faut aussi assurer l'intendance et de nombreux services municipaux sont mobilisés.

JOURNÉE ENTIÈRE.- Pour bien préparer le terrain, la Ville a lancé dès novembre les consultations dans les conseils participatifs des différents quartiers afin d'établir le programme. « La première chose qui est ressortie, c'est que les habitants souhaitaient que ça se déroule sur toute une journée, et pas seulement une matinée. » On imagine que ce sera plus efficace et plus convivial...

Pour la pause de midi, la Ville livrera des paniers-repas (il faut passer commande avant le 19 mai), mais ce sera modeste.

« Et le soir, à partir de 17 h, ce sera la fête à Motoco, poursuit l'élue. Une fête qui n'est pas centrée sur le repas - on sera encore en plein ramadan, précise l'élue - mais sur les animations musicales (présence d'un DJ) et des surprises pour les enfants. »

La fête s'achèvera avant la rupture du jeûne puisqu'on range les tables à partir de 20 h.

PALETTE ÉLARGIE. - Comme tous ces « chantiers » sont exclusivement des propositions des habitants, la palette est plus large. « On retrouve des actions de nettoyage, jardinage, coups de peinture, mais il y a aussi d'autres suggestions plus axées sur la citoyenneté, comme des repas partagés et d'autres choses... »

Quelques exemples glanés dans la liste des 42 actions (lire ci-contre) : l'inauguration de la Balade des Voix de Mulhouse (parcours sonore dans le quartier Briand) au départ de la place Franklin, un atelier d'échange de savoirs au Café des Bateliers (Drouot), des portes ouvertes à la Maison du pont, lieu d'hébergement d'urgence géré par le 115 (bas du pont de Bourtzwiller), la création d'une mosaïque participative pour l'installation d'une future boîte à livres devant l'école Matisse (Coteaux), la construction d'un mandala géant sur la place Hauger (Drouot), un atelier de sensibilisation au gaspillage alimentaire sous forme d'un atelier cuisine et repas partagé (Groupe d'entraide la Navette, avenue Kennedy)...

NOUVEAUX VENUS. - Parmi les nouveaux acteurs de cette journée citoyenne, les résidants de la Tour de l'Europe qui se mobilisent pour l'embellissement de leur patrimoine. Anne, qui appartient à ce petit village vertical de quelque 200 habitants, est en train de rameuter les groupes.

« On commence modestement, on est novice pour la journée citoyenne, alors qu'on est des habitués de la Fête des voisins », précise-t-elle. Au menu de ce premier chantier de la tour, le nettoyage des parties privatives qui, de fait, sont devenues des espaces publics comme l'entrée du rez-de-chaussée bas et le grand escalier côté avenue Schuman, le nettoyage du petit espace vert à l'angle du boulevard de l'Europe/rue de Metz. Objectif : convaincre les fumeurs de jeter leurs mégots dans des cendriers placés à cet effet et dissuader les mâcheurs de chewing-gum de tapisser le sol, embellir les lieux avec des plantations...

VIEUX ROUTARDS. - Il y a aussi les citoyens entraînés, à l'instar de Gilles, membre actif de l'association Les Tisserands d'EBN (Europe, Nouveau Bassin, Nordfeld). Ceux-là viennent plutôt « harceler » (gentiment) les services municipaux pour faire bouger le quartier. Au programme de cette nouvelle journée citoyenne, l'installation d'un 3e composteur partagé dans le secteur (à l'entrée du parc Salvator, côté Chaufferie). « On poursuivra la peinture de la grille à l'arrière de la Filature, l'aménagement du jardin partagé au même endroit... »

Parmi les projets des habitants, l'installation d'une plancha électrique collective mais bon, ce n'est pas encore acté...

Les citoyens actifs de ce secteur de la ville n'hésitent pas d'ailleurs à donner un coup de main loin de leur territoire, puisqu'ils participeront également à la remise en peinture des grilles du parc Jaquet, situé dans le quartier Fonderie. Quand on est citoyen dans sa ville, les quartiers n'ont pas de frontière...
F.M. S'INSCRIRE Pour s'inscrire à un atelier de la journée citoyenne : site https ://mulhousecestvous.fr Vous trouverez une carte interactive de la commune avec les 42 propositions, cliquez sur celle qui vous intéresse pour vous inscrire.

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COLMAR : Le passage des Trois-Rois reprend vie

Publié dans le panorama le Jeudi 09 mai 2019 à 06:17:12

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Immobilier À deux pas de la collégiale Saint-Martin
COLMAR : Le passage des Trois-Rois reprend vie
Entre la rue Morel et la rue de l'Église à Colmar, le passage des Trois-Rois abritait jusqu'aux années 50l'usine de torréfaction Gastard-Makli. Le Crédit Mutuel Bartholdi prévoit de revaloriser en commerces, bureaux et logements cet îlot industriel méconnu au coeur de la vieille ville.
 

 
Vue de la première cour. La réhabilitation préservera le charme du lieu, notamment la ruelle pavée et les façades mêlant ossature bois et brique. La nouvelle cage d'escalier et d'ascenseur, au centre, sera habillée d'un motif « caféier » en tôle perforée, clin d'oeil à l'histoire des lieux. Au fond de cette perspective, on aperçoit l'entrée par la rue Morel.
C'est un ancien îlot industriel et commercial au coeur du vieux Colmar, niché derrière deux portes cochères, entre la rue Morel et la rue de l'Église, à deux pas de la collégiale Saint-Martin. Entre 1880 et 1948, cet ensemble de 3 000 m² de bâtiments, de cours et de sous-sols de stockage accueillait les établissements Gastard et Fils, qui donnaient dans le commerce de gros de produits coloniaux et la torréfaction de café sous la marque Makli (lire les encadrés).

Jusqu'à sa fermeture au public, en 1886, le site portait le nom de « passage des Trois-Rois ». C'est autour de cette ancienne ruelle reliant deux cours que la famille Gastard a construit, brique après brique, un petit empire qui a périclité après guerre. Propriété du Crédit Mutuel Bartholdi depuis 1948, l'endroit est resté figé dans le temps depuis, accueillant seulement quelques voitures en stationnement.
« Inaccessible depuis plus de 50 ans »

Il sera bientôt le théâtre d'un des plus gros projets immobiliers du centre-ville, comme l'a annoncé Bertrand Burger, président du Crédit Mutuel Bartholdi, lors de la dernière assemblée générale de la caisse, mi-mars : « Nous sommes fiers de redonner vie à cette magnifique ruelle historique de Colmar, inaccessible au public depuis plus de 50 ans. »

La décision de réhabiliter l'ensemble a été prise suite à une expertise commandée au cabinet Echo Architecture, qui a mis en évidence les outrages du temps et l'urgence à agir. À cette occasion, l'architecte Eric Nieder a mené une étude historique poussée qui l'a convaincu de l'intérêt patrimonial du site. « Ce qui surprend, c'est cette ruelle traversante, autour de laquelle a été bâti un ensemble très cohérent architecturalement. »

À l'extérieur, les bâtiments sur rue (4 rue Morel, 10 place de la Cathédrale, 3 rue de l'Église), qui abritaient les activités commerciales, « de construction noble » : encadrements en grès, brique apparente... À l'intérieur, les entrepôts et ateliers, construits en ossature bois avec remplissage de brique. « L'ensemble est resté dans son jus, comme une plongée dans les années 30 », s'enthousiasme Eric Nieder. Les Bâtiments de France ont d'ailleurs « reconnu une réelle valeur d'ensemble à ce patrimoine industriel et architectural ».

Lancé fin 2018, le concours d'architecte pour la rénovation des bâtiments a été remporté par Echo Architecture. Le projet prévoit de réhabiliter 3 324 m² au total, pour une enveloppe de plus de 3 millions d'euros. Dans les étages, 1 930 m² seront dédiés à des plateaux de bureaux (1er étage) et des logements (2e étage et combles). En rez-de-chaussée, 560 m² seront dévolus à des commerces.

Pour Bruno Abenante, le directeur de la caisse Bartholdi, il s'agit « d'entretenir et valoriser le patrimoine de la caisse », mais aussi de « respecter l'histoire de ce coeur d'îlot, dans la mesure de nos possibilités ».

Parmi les idées fortes qui guident le projet, la volonté de « préserver ce qui peut l'être », à l'image de la ruelle pavée. Dans la deuxième cour, à l'arrière du 3 rue de l'Église, un des bâtiments, « fortement dégradé », devra bien être démoli, précise Eric Nieder. Mais l'immeuble d'habitation qui sera reconstruit reprendra le principe des galeries à ossature bois qui ceinturent la cour. On y accédera par des escaliers accrochés à un mur végétalisé.

Pour apporter de la lumière dans cet ensemble très dense, le bâtiment voisin, lui, sera littéralement évidé : l'ossature bois sera conservée, mais les niveaux seront transformés en terrasses couvertes, pour en faire « un puits de lumière ». Le sous-sol devrait pour sa part être creusé en gradins pour ménager un accès à un espace d'exposition en sous-sol.

L'autre idée forte est en effet de rouvrir le passage au public. Ce sera au moins le cas de la première cour, accessible depuis le 4 rue Morel, où le projet prévoit d'installer des commerces. Pour la deuxième cour, il faudra encore trouver un accord avec la famille Ossola, propriétaire du 3 rue de l'Église, pour rouvrir le passage traversant, « sur le modèle du passage des Dominicains ».

Le chantier, prévu pour durer un an et demi, pourrait démarrer en 2020. L'agence Echo Architecture aimerait en profiter pour faire découvrir ce patrimoine méconnu aux Colmariens et communiquer sur le métier d'architecte. Le passage des Trois-Rois pourrait ainsi être ouvert à l'occasion des Journées du patrimoine et des Journées de l'architecture.
CLÉMENT TONNOT

 

 
 

 

pays rhin-brisach ouverture à l'automne 2020 : L'Art'Rhéna sur l'île du Rhin

Publié dans le panorama le Jeudi 09 mai 2019 à 05:48:48

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pays rhin-brisach ouverture à l'automne 2020
pays rhin-brisach ouverture à l'automne 2020 : L'Art'Rhéna sur l'île du Rhin
Julie Burgheim a été nommée à la direction d'Art'Rhéna, le futur centre culturel franco-allemand qui va ouvrir à l'automne 2020. Une structure gérée en régie par la communauté de communes du Pays Rhin-Brisach, bénéficiant d'un cofinancement européen de 2 millions d'euros.

 
Art'Rhéna, centre culturel franco-allemand, projet de l'architecte Hugues Klein.
Idéalement situé sur l'île du Rhin, le futur centre culturel franco-allemand Art'Rhéna va déployer ses 1 500 m² entre Breisach am Rhein (Allemagne) et Neuf-Brisach (France).

Tout en transparence, le bâtiment rectangulaire çonçu par l'architecte Hugues Klein fait miroiter les eaux du fleuve et va comporter une salle d'une jauge de 400 places avec gradins rétractables, des salles d'ateliers, de réunions, un espace bar mais aussi « un lieu de rencontres pour les entreprises et le futur siège de l'Eurodistrict », précise Gérard Hug, le président de la communauté de communes du Pays Rhin-Brisach qui va gérer en régie ce nouvel équipement culturel et transfrontalier. Art'Rhéna accueillera également un point d'information touristique et les bureaux d'information sur les questions transfrontalières, INFOBEST.
Ambition artistique et rayonnement

L'équipement dont l'ouverture est annoncée à l'automne 2020 a été doté d'une directrice Julie Burgheim, en charge de la préfiguration et du développement d'Art' Rhéna. Elle quitte le secrétariat général de L-EST/Laboratoire européen Spectacle vivant et Transmédia (Viadanse, MA scène nationale et le Granit) pour prendre ses nouvelles fonctions mi-juin.

Sur les 9,6 millions d'euros, le groupement local de coopération transfrontalière (GLCT) réunissant Breisach am Rhein et la communauté de communes Pays Rhin-Brisach (29 municipalités de 32 500 habitants) a bénéficié de fonds européens Interreg V à hauteur de 2 millions et du soutien de la région Grand Est de 1,6 million.

Une programmation ambitieuse transfrontalière va croiser les disciplines artistiques - danse, cirque, musique - afin de rassembler au-delà des langues, les publics français et allemands. Résidences d'artistes, séances pour les scolaires, réunions associatives, bilinguisme.

Gérard Hug mise sur « un effet d'entraînement d'Art'Rhéna » pour l'économie locale (restauration, hôtellerie). « Les entreprises se préoccupent de garantir un environnement particulier à leurs salariés, affirme le président Hug, les aspirations des populations ont changé ». Selon lui, le rôle des élus est d'anticiper les besoins. Pour l'heure, c'est l'après Fessenheim qui est dans toutes les têtes. Et le budget de fonctionnement d'Art' Rhéna.

Mécénat privé plus développé en Allemagne qu'en France, partenariats avec la région Grand Est, le conseil départemental... Autant de soutiens à définir plus précisément afin d'assurer un véritable rayonnement à Art'Rhéna.

Estimé à 750 000 EUR, son budget de fonctionnement, reposera sur des subventions réparties entre le Pays Rhin-Brisach et pour moins de la moitié, par le volet « rayonnant », soit les partenaires (GLCT, Région, etc.). « On est en phase de discussions, on attendait une nomination à la direction d'Art'Rhéna afin de leur présenter des choses concrètes, assure Gérard Hug. L'idée est de réduire les coûts induits. »
Veneranda PALADINO www.paysrhinbrisach.fr

www.paysrhinbrisach.fr

 
 

 

L'Art'Rhéna sur l'Île du Rhin

Publié dans le panorama le Jeudi 09 mai 2019 à 05:58:07

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L'Art'Rhéna sur l'Île du Rhin
 

 
Le futur centre culturel franco-allemand ouvrira à l'automne 2020. © Hugues KLEIN Architectes/GIES Architekten BDA
Idéalement situé sur l'île du Rhin, le futur centre culturel franco-allemand Art'Rhéna va déployer ses 1 500 m² entre Breisach am Rhein et Neuf-Brisach. Le bâtiment rectangulaire conçu par l'architecte Hugues Klein comportera une salle de 400 places, des salles d'ateliers, de réunions, un espace bar mais aussi « un lieu de rencontres pour les entreprises et le futur siège de l'Eurodistrict », précise Gérard Hug, le président de la communauté de communes du Pays Rhin-Brisach qui gérera en régie ce nouvel équipement culturel et transfrontalier. Art'Rhéna accueillera également un point d'information touristique et les bureaux d'information sur les questions transfrontalières, Infobest.

Sur les 9,6 millions d'euros de coût, le groupement local de coopération transfrontalière (GLCT) réunissant Breisach am Rhein et la communauté de communes Pays Rhin-Brisach a bénéficié de fonds européens Interreg V à hauteur de 2 millions et d'un soutien de la région Grand Est de 1,6 million. Une programmation transfrontalière va croiser les disciplines artistiques pour rassembler, au-delà des langues, les publics français et allemands.

Gérard Hug mise sur « un effet d'entraînement d'Art'Rhéna » pour l'économie locale. « Les entreprises se préoccupent de garantir un environnement particulier à leurs salariés, les aspirations des populations ont changé. » Selon lui, le rôle des élus est d'anticiper les besoins. Pour l'heure, c'est l'après Fessenheim qui est dans toutes les têtes. Et le budget de fonctionnement d'Art'Rhéna.

Mécénat privé plus développé en Allemagne qu'en France, partenariats avec la région Grand Est, le conseil départemental... Autant de soutiens à définir plus précisément afin d'assurer un véritable rayonnement à Art'Rhéna. Veneranda PALADINO

 

 
 

Euroairport Le message d'Aimée Oswald n'est pas resté lettre morte

Publié dans le panorama le Jeudi 09 mai 2019 à 06:03:00

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Euroairport Le message d'Aimée Oswald n'est pas resté lettre morte
 

 
Aimée Oswald sur une passerelle équipée de bandes jaunes grâce à sa suggestion. DR
Aimée Oswald voyage moins que par le passé depuis qu'elle est devenue malvoyante, il y a cinq ans, après plus de dix années de chimiothérapie et un décollement de la rétine. À 76 ans, cette ancienne correspondante de notre journal (pour le secteur de Stosswihr), désormais établie à Ingersheim, vole cependant encore régulièrement entre Bâle-Mulhouse et Montpellier, où habite sa fille. C'est après y avoir ramené son petit-fils à la fin des dernières vacances de la Toussaint qu'elle a glissé une suggestion dans la boîte à messages installée dans une salle d'attente de l'aéroport.
La première suggestion d'un passager réalisée

« Ayant perdu l'usage de l'oeil droit, je ne distingue plus les reliefs, notamment les marches, et comme celles des passerelles d'accès aux avions sont uniformément grises, je suis obligée de demander de l'aide pour en descendre quand je voyage seule, explique-t-elle. J'ai donc proposé d'équiper ces marches de bandes jaunes, comme j'en avais déjà vues dans d'autres aéroports. »

En février dernier, quelle ne fut pas sa surprise en apprenant que son idée avait été prise en compte ! « A ma connaissance, c'est la première fois que la suggestion d'un passager est réalisée, indique Jean-Luc Groell, responsable qualité-sécurité chez Swissport, principal fournisseur des services techniques à l'EuroAirport. En général, nous recevons surtout, dans cette boîte, des plaintes des passagers à propos de la gestion de leurs bagages. Mais la suggestion de Mme Oswald était particulièrement intéressante. »

300 aéroports concernés

Toutes les passerelles de l'aéroport - plus d'une vingtaine - ont ainsi été modifiées ou vont l'être, au fil des cycles de maintenance. L'opération coûte certes davantage en heures de travail qu'en investissement matériel, mais le fournisseur d'escaliers mobiles a lui aussi été prié d'adapter sa production en conséquence. « Swissport est une entreprise à but lucratif, mais l'amélioration continue de nos services est un objectif », souligne Jean-Luc Groell.

Au-delà de Bâle-Mulhouse, Swissport devrait, à terme, mettre en oeuvre cette modification dans les quelque 300 aéroports où la société est prestataire. Grâce à Aimée Oswald, les voyageurs malvoyants du monde entier pourront, comme elle, « rester autonomes le plus longtemps possible ».
O. Br.

 

 
 

Kaysersberg Lecture écologique

Publié dans le panorama le Jeudi 09 mai 2019 à 06:08:09

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Kaysersberg Lecture écologique
 

 
Le maître d'oeuvre Jean-Baptiste Compin explique la démarche des interventions sur les bâtiments de la médiathèque.  Photo L'Alsace/Yvan Hobel
Lors d'une réunion de présentation du chantier de rénovation de la médiathèque de la vallée de Kaysersberg à des professionnels intéressés par la spécificité écologique du projet, Jean-Baptiste Compin, du bureau d'études mulhousien (IMAEE), a expliqué la philosophie de cette rénovation. Il était impératif que le bois provienne des forêts voisines. C'est donc sur les hauteurs de Kaysersberg que les bûcherons de la Comcom ont prélevé à la bonne lune les neuf Douglas, plantés au début du XXe siècle par les forestiers allemands. Les 36 m³ de bois ont été sciés et séchés par la scierie Haxaire, à Fréland.

Le technicien a rappelé les phases du chantier : remplacement des verrières par des toitures isolées, isolation extérieure par un bardage bois, création d'un sas d'entrée, remplacement de menuiseries extérieures par du mélèze non traité, avec réduction de certaines surfaces vitrées, intégration d'une ventilation à double flux, amélioration de la chaufferie, remplacement des ventilo-convecteurs par des radiateurs...
Ce qui aurait pu être réalisé...

Toutes les entreprises retenues se sont montrées très motivées par les démarches proposées par le bureau d'études. La médiathèque servira de référence, tant pour IMAEE que pour les entreprises impliquées. Confrontés à des situations inhabituelles, tous les acteurs voient en bilan ce qui aurait pu être fait plus efficacement. Les contacts avec l'ONF devraient avoir lieu plus tôt, ce qui aura amené à utiliser du châtaignier disponible et mal valorisé. On aurait employé plus de bois local dans les caissons à ossature bois ou prélevé le bois « secondaire » pour lui trouver une utilité sur le chantier, rechercher des isolants biosourcés en façade, etc. Avec une réduction de 50 à 60 % des consommations d'énergie du bâtiment, Martine Schwartz, vice-présidente de la Comcom en charge des énergies renouvelables, estime que le chantier est «une belle réussite», qui s'inscrit dans les engagements pris par la collectivité.
Yvan HOBEL