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L'Ena à Strasbourg, un symbole fort

Publié dans le panorama le Dimanche 28 avril 2019 à 07:39:58

© L'alsace, Dimanche le 28 Avril 2019
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L'Ena à Strasbourg, un symbole fort
 

 
L'avenir de l'Ena, implantée depuis 1991 à Strasbourg, semble incertain, du moins dans sa forme actuelle, si l'on en croit le président Emmanuel Macron. Photo DNA/Franck Delhomme
« Il y a un véritable enjeu pour la ville. On voit bien les coups de boutoir des anti-Strasbourg contre le Parlement européen. La disparition de l'Ena serait un élément négatif pour le prestige, le développement, la symbolique de la ville », analyse Richard Kleinschmager, professeur émérite à l'Université de Strasbourg.

L'installation de l'Ena à Strasbourg en 1991 est « le fait du prince, rappelle l'universitaire. Le règne de François Mitterrand est en train de s'essouffler. C'est une façon d'affirmer la capacité d'aller vers une certaine décentralisation. C'est aussi l'idée de se rapprocher de l'Europe à travers Strasbourg. »

Roland Ries, maire de Strasbourg, se souvient du tsunami provoqué par l'annonce du déménagement de l'Ena. « J'étais premier adjoint de Catherine Trautmann. Nous l'avions appris la veille et j'ai bien compris pourquoi. Cette décision n'était pas facile à mettre en oeuvre, dans un pays qui reste centralisé. Décentraliser la pépinière des hauts fonctionnaires de l'État n'était pas une tâche facile. » Même si ce n'est « pas une mauvaise chose de former en province des hauts fonctionnaires qui auront des responsabilités nationales », souligne Richard Kleinschmager.
« C'est un lien avecle pays tout entier »

Édith Cresson avait choisi Strasbourg car c'est une des capitales européennes, poursuit Roland Ries : « Choisir Strasbourg, c'est donner une orientation plus internationale, plus européenne à l'Ena. L'État est aujourd'hui dans un environnement européen. Ouvrir l'Ena sur l'international et l'Europe était la motivation d'Édith Cresson. »

La capitale alsacienne en a tiré des avantages. Les élèves français et étrangers « sont devenus des ambassadeurs de Strasbourg au niveau national, européen et international. La dimension européenne et internationale de l'École a conforté cette orientation de la ville et de la région Alsace », remarque le maire. Un autre intérêt est économique, « même si ce n'est pas le principal. Il y a des personnels, des enseignants domiciliés à Strasbourg, qui constituent également un réservoir d'ambassadeurs pour Strasbourg. » Le déménagement de l'Ena à Strasbourg a aussi permis « de transformer une ancienne prison en superbe école. Cette reconfiguration est une réussite », rappelle Roland Ries.

Cependant, il a fallu attendre vingt ans, l'année 2011, pour que les services de l'Ena soient enfin regroupés dans la capitale alsacienne. L'École n'avait-elle pas les pieds à Strasbourg et la tête à Paris ? « C'est un peu la réalité, mais ce serait une erreur de réduire l'Ena à son lien à Paris, prévient Richard Kleinschmager. C'est un lien avec le pays tout entier. La logique des gens formés ici n'est pas de devenir de bons Alsaciens, mais de bons fonctionnaires nationaux, voire internationaux pour la France. Le lien à Paris est consubstantiel à l'Ena. Les stages dans les ministères se font toujours à Paris. »

L'universitaire regrette cependant que l'Ena n'ait pas « noué davantage de liens avec l'université de Strasbourg dont la réputation, par exemple en matière de droit européen, n'est plus à faire ». Même si elles ont créé un master commun Administration publique générale, « il y a des éléments de connexion, mais peu d'enracinement fort. S'il y avait eu une institution de recherche commune entre l'Ena et des laboratoires de l'université, on aurait pu dire que cette école professionnalisante a un support universitaire à Strasbourg. »
« Proximité de valeurs »avec Sciences Po

Des relations ont cependant été établies entre l'Ena et des organismes de formation strasbourgeois comme l'Inet (Institut national des études territoriales), l'École nationale chargée de former les fonctionnaires territoriaux. Des modules de formation conjoints ont été mis en place.

Mais surtout, l'arrivée, en août 2017, de Patrick Gérard à la tête de l'Ena a permis de renforcer les liens de l'école et de ses élèves avec Strasbourg et l'Europe. Une convention signée en octobre 2017 avec Sciences Po Strasbourg a permis de développer un Parcours haute fonction publique « pour amener et accompagner les bons élèves boursiers vers les concours de la haute fonction publique », note Gabriel Eckert, directeur de l'Institut d'études politiques.

Plus récemment, en coopération avec Sciences Po, Patrick Gérard a annoncé l'ouverture à la rentrée 2019 d'une prépa Ena égalité des chances à Strasbourg, la première en province. « Sciences Po Strasbourg a été créé par la même ordonnance, du 9 octobre 1945, qui a créé Sciences Po Paris et l'Ena. C'est important de rappeler cette proximité historique, cette proximité de valeurs, assure Gabriel Eckert. Je suis un universitaire, un fils d'ouvrier et un défenseur de l'Ena qui fait bien son travail... La question de la discrimination sociale en France est le fait de l'ensemble du système de formation scolaire, ce n'est pas le point d'arrivée. »
J.-F. C.

 

 
 

 

gliets jaunes - Réactions et contestations

Publié dans le panorama le Dimanche 28 avril 2019 à 07:49:40

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gliets jaunes - Réactions et contestations
 

 
Les gilets jaunes du Pont d'Aspach ne lâcheront rien. DR
« 2025, Macron parle de plein emploi c'est juste des belles paroles. Il en avait déjà parlé il y a quelques années et on voit le résultat aujourd'hui », souligne le porte-parole du mouvement des gilets jaunes du Pont d'Aspach. « C'est se moquer des Français vu la politique menée ces quarante dernières années. Aucun acte concret pour le porte-monnaie des Français n'est annoncé. La soi-disant baisse des impôts est une fumisterie. Puisque ce sont les régions qui géreront et donc augmenteront les taxes d'habitation et foncière à leur guise. Les retraités doivent encore attendre, alors que la précarité est présente aujourd'hui et le restera minimum encore un an. C'est honteux, sachant qu'ils ont plusieurs années de travail à leur actif et qu'ils ont cotisé toute leur vie pour ne pas vivre dans cette précarité. »
« Nos revendications sont passéesà la trappe »

« Rien pour les personnes âgées, qui se font dépouiller de l'argent durement gagné tout au long de leur vie. S'ils finissent en Ehpad c'est 2000 à 2500 EUR par mois, sans pouvoir bénéficier des services adéquats par manque de personnel dans les structures. Pas un mot sur les handicapés, les invalides et les laissés pour compte. Qu'ils survivent dans leur misère et qu'ils subissent la double peine. Aucune amélioration pour l'emploi et la formation des jeunes depuis des années. Les anciens sont obligés de travailler jusqu'à 64 ans, alors que les jeunes n'ont pas de boulot. Cette logique n'est pas adaptée au bon fonctionnement du marché du travail. Il est aberrant de voir qu'à aucun moment on va prendre de l'argent là où il y en a : auprès des banques, des grosses entreprises du Cac 40... Les fortunés de notre pays sont capables de sortir des millions d'euros pour Notre-Dame de Paris en un temps record, mais rien pour les Français. Ce n'est absolument pas cohérent. Le prix de l'électricité et le prix de l'essence vont encore augmenter. Pas un mot, pas une action n'est proposée par le gouvernement, alors que les familles sont touchées de plein fouet par ces hausses. Aucun changement pour les passe-droits des politiques qui vivent comme des seigneurs avec leurs privilèges. Le président annonce la modification des temps de mandats, mais ça reste plus que flou. Le peuple demande ces changements. Encore une fois, nos revendications sont passées à la trappe. Nos politiques nous font des leçons de morale, mais finalement ne font aucun sacrifice de leur côté. C'est irrespectueux et honteux.

Le RIC (Référendum d'initiative citoyenne) est mis au placard. Les Français sont contraints de le réclamer, alors qu'il devrait être proposé en référendum national afin que l'avis du peuple soit entendu. Et bien non, il est juste mis à la poubelle par notre président. C'est antidémocratique et scandaleux.

Le gouvernement prône la transition énergétique. Or la majorité de son peuple ne peut ni se loger, ni se nourrir dignement. Comment pourrait-il passer au GNV (gaz naturel pour véhicules) et autres substituts a priori meilleurs pour notre environnement, sans moyens ?

Aujourd'hui, nous constatons que notre président a simplement fait un discours pour vendre son programme aux élections européennes. Mais rien pour la France et les Français.

Nous, gilets jaunes du Pont d'Aspach, ne lâcherons pas le mouvement, tant qu'Emmanuel Macron n'écoutera pas son peuple et ses revendications. Pour une France humaine. Pour une France juste. Pour une France forte. Nous ne lâcherons rien. »

 

 
 

 

Répétition générale avant mercredi

Publié dans le panorama le Dimanche 28 avril 2019 à 07:53:00

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Répétition générale avant mercredi
 

 
Une partie des gilets jaunes a fait le tour des médias pour dénoncer le traitement dont ils font l'objet. Photo LUCAS BARIOULET/AFP
Un tour de chauffe avant les manifestations du 1er-Mai ? Si l'on en juge par les appels sur les réseaux sociaux, c'était bien le mot d'ordre samedi.

La vingt-quatrième journée de mobilisation des gilets jaunes comptait moins de personnes inscrites sur les groupes Facebook que celle de mercredi prochain, qui coïncide avec la Fête du travail.

Les deux principaux rassemblements ont eu lieu à Paris et à Strasbourg. Dans la capitale, les gilets jaunes ont marché derrière le mot d'ordre « Riposte générale ». Ils ont été rejoints par plusieurs partis de gauche, notamment La France insoumise (LFI) et le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) ainsi que par la CGT.
Convergence des colères

Jean-Luc Mélenchon, président du groupe LFI à l'Assemblée nationale, a fait une apparition, avec d'autres élus de son mouvement. Pour lui, il est évident que gilets jaunes, syndicalistes, manifestants politiques et citoyens sont fédérés.

Or, cette convergence des luttes, souhaitée par La France Insoumise depuis longtemps, n'est pas si évidente sur le terrain. Les gilets jaunes n'ont pas de position commune mais la plupart rejettent toute forme d'organisation et de récupération, politique ou syndicale.

Si la convergence des luttes n'est pas établie, celle des colères l'est. Les manifestants politiques, syndicats et les gilets jaunes étaient tous sur la même ligne concernant les mesures annonces par le président de la République : déçus.
Mobilisés pour le 1er-Mai

Emmanuel Macron a annoncé une baisse d'impôts, la réindexation sur l'inflation des retraites de moins de 2000 euros, mais pour l'essentiel de ce que demandent les gilets jaunes depuis 24 semaines (retour de l'impôt sur la fortune, référendum d'initiative citoyenne, baisse de la TVA sur les produits de premières nécessité), c'est non. Pour les manifestants, ce qui a été fait en termes de pouvoir d'achat n'est pas suffisant.

La manifestation de samedi est donc sans doute une répétition avant celle du 1er-Mai. Ce jour-là, les syndicats seront dans la rue, comme tous les ans, pour fêter les droits des travailleurs. Il sera intéressant d'observer si localement, des gilets jaunes se mêlent aux cortèges. L'exécutif y sera très attentif. Ce sera sans doute le vrai test pour lui, après les annonces de jeudi. D'autant que les mouvements anarchistes, « black blocs », ont promis aussi d'en découdre.
Campagne des élections européennes inexistante

Le chef du gouvernement, Édouard Philippe, doit réunir ses principaux ministres et les responsables de la majorité lundi, pour voir comment mettre en oeuvre ce que le président a décidé.

La séquence est donc capitale politiquement, d'autant que la campagne électorale pour les Européennes se profile. Les listes doivent être déposées au ministère de l'Intérieur vendredi au plus tard. A priori les gilets jaunes ne seront pas candidats car ils rejettent toute forme de représentation.

L'un d'entre eux, Benjamin Cauchy, a rejoint la liste du député et président de Debout La France, Nicolas Dupont-Aignan. La campagne débutera juste après. Aura-t-elle un écho ? Jusqu'à présent, mouvement des gilets jaunes et grand débat l'ont occultée.
Nathalie MAURET

 

 
 

 

Gilets jaunes Strasbourg sous les lacrymos

Publié dans le panorama le Dimanche 28 avril 2019 à 07:50:53

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Gilets jaunes
Strasbourg sous les lacrymos
Les autorités redoutaient des débordements à l'occasion de la grande manifestation des gilets jaunes samedi à Strasbourg. Des heurts avec les forces de l'ordre ont jalonné le parcours du cortège de 3 000 personnes, certaines juste là pour en découdre.
 

 
Du côté de la place de Bordeaux: l'ambiance dégénère quand les manifestants tentent de forcer le passage vers les institutions européennes.
Le rendez-vous parc de l'Étoile à 13 heures avait un peu des allures de grande fête populaire. Chants, sourires et accolades. Sorti d'une modeste sono, un titre d'IAM parvient pratiquement à recouvrir les discours feutrés des orateurs debout sur le camion. L'ensemble paraît assez bordélique.

D'un millier de membres, le cortège va s'enrichir continuellement, jusqu'à tripler sa taille au plus fort de la mobilisation, que la préfecture a injustement estimée à 2 000 personnes.

Les débuts du défilé ne trahissent pas l'état d'esprit initial. Lorsque les gilets jaunes se heurtent à un premier barrage de policiers qui leur interdisent l'accès au pont du Corbeau, porte d'entrée vers l'ellipse insulaire, rien ne dérape. Manifestants et forces de l'ordre s'observent presque courtoisement. L'état de grâce ne dure pas longtemps.

Le cortège descend le quai des Bateliers sur quelques dizaines de mètres et arrive à hauteur de la passerelle de l'Abreuvoir. Des manifestants vont au contact des gendarmes mobiles et les font reculer. Certains s'engagent sur la passerelle et jettent des projectiles. Coups de matraque et tirs de lacrymogène. Les premiers d'une longue série.

Les gilets jaunes dépassent le palais U avec l'objectif d'approcher le Parlement européen, via la place de Bordeaux. C'est là que commence le périmètre interdit par la préfecture autour des institutions européennes : un barrage de gendarmes mobiles, casqués et munis des boucliers antiémeute, est posté de l'autre côté de la place, à l'entrée de l'avenue Herrenschmidt.

La tête du cortège a alors une physionomie différente de celle à son départ parc de l'Étoile. De nombreux jeunes gens, capuche sur la tête et foulard sur le visage, avancent, résolus, droit sur les gendarmes, alors que la rue voisine menant au Wacken n'est pas barrée.

S'ensuivent vingt minutes d'affrontements sous la pluie, avec de nombreuses grenades lacrymogènes tirées en chandelle qui tombent comme une averse sur les premiers rangs qui faisaient mine d'approcher trop près. L'air est saturé du gaz âcre et piquant. Même les plus téméraires reculent. Les équipes de médics distribuent du sérum physiologique et prennent en charge un homme blessé à la tête. Pierres, bouteilles et fusées volent. Puis les forces de l'ordre se mettent en mouvement et refoulent le groupe jusqu'à l'autre bout de la place de Bordeaux.

Les manifestants reviennent sur leurs pas. Ils tentent à nouveau d'accéder au quartier européen, cette fois par l'allée de la Robertsau, où un copieux dispositif les attend au niveau du parc de l'Orangerie. Avec les sommations d'usage : « Gendarmerie nationale, reculez. Nous allons faire usage de gaz lacrymogène. » Comme un peu plus tôt, une nuée de fumée irritante emplit rapidement l'atmosphère.

Les plus virulents s'obstinent à vouloir en découdre. Contraints de battre en retraite suite à la charge des militaires, ils se retrouvent pris en tenaille et décident de bifurquer dans des petites rues résidentielles pas habituées à un tel tintamarre. Rue de la Schiffmatt, des poubelles sont jetées en travers de la chaussée, certaines incendiées. Les manifestants qui dissimulent souvent leur visage jouent au chat et à la souris avec les forces de l'ordre.
« Reculez! Nous allons faire usage de gaz lacrymogène »

Vers 16 heures, le cortège reconstitué prend la direction de l'Esplanade, chassé par les gendarmes mobiles. L'ambiance est partagée entre une forme de décontraction et une volonté d'aller à l'affrontement. La vue d'une grenade lacrymogène atterrissant tout en haut d'un échafaudage suscite rires et quolibets boulevard de la Marne. Du mobilier urbain est dégradé, quelques tags inscrits sur des murs ou des vitrines. Parfois, aux fenêtres ou sur les balcons, des riverains applaudissent les manifestants. D'autres, apeurés, tirent bien vite leurs rideaux.

De 1500 à 2000 manifestants traversent le campus et débouchent un peu par surprise rue du Maréchal-Juin en courant entre deux bâtiments universitaires. À une cinquantaine de mètres en avant, deux véhicules de police sont obligés de faire usage de gaz lacrymogènes puis de reculer alors que les premiers manifestants, jugeant les policiers peu nombreux, commencent à courir vers eux. Puis les renforts arrivent et le cortège repart dans l'autre sens. Des poubelles sont enflammées, un container à bouteilles est renversé devant l'église du Christ-Ressuscité et des projectiles envoyés sur un cordon de policiers en position rue de Palerme.

Après un temps de flottement place de l'Étoile, quelques centaines de gilets jaunes repartent dans le quartier de la Krutenau, où le cortège se scinde en petits groupes. Lanceurs de balles de défense au poing, les forces de l'ordre interviennent rapidement pour éviter qu'ils ne s'approchent de la Grande Île. Encore une fois, les gendarmes mobiles ne lésinent pas sur les moyens, et notamment sur le gaz lacrymogène, pour tenter de disperser les gilets jaunes : l'air est resté irrespirable durant de longues minutes sur et autour de la place de Zurich, rue des Orphelins puis sur la place d'Austerlitz. Là, les représentants des forces de l'ordre procèdent à plusieurs interpellations pendant que les sapeurs-pompiers portent secours à deux blessés, tombés au sol : un homme qui, selon des street medics, aurait été victime d'une crise d'épilepsie et une femme qui aurait fait un malaise.

Le jeu du chat et de la souris se poursuit vers le pont du Corbeau puis en direction de la place Gutenberg. Des policiers interpellent plusieurs manifestants qui avaient été repérés auparavant. Place Kléber vers 19 heures, un noyau de plusieurs dizaines de manifestants, dépourvus de gilets jaunes et avec parfois le visage dissimulé, est chassé à grand renfort de gaz lacrymogène, sans épargner les passants qui font leurs courses. Des passants un peu plus nombreux au centre-ville qu'en début d'après-midi.
Antoine BONIN, Olivier CLAUDON et Odile WEISS Lire aussi page 14

Lire aussi page 14

 
 

 

L'Espagne dans tous ses états

Publié dans le panorama le Dimanche 28 avril 2019 à 07:53:43

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L'Espagne dans tous ses états
 

 
Pablo Casado (PP), Pablo Iglesias (IP), Pedro Sanchez (PSOE) et Albert Rivera (Cs). Photo Javier SORIANO/AFP
« Oui, c'est bien possible qu'on répète le scénario, et qu'on revote bientôt... », constate, résigné, l'économiste Jorge Hernandez. Comme en décembre 2015 puis en juin 2016, il est en effet probable qu'aucune majorité ne se dégage aux Cortès (assemblée) ce dimanche soir et renvoie les Espagnols aux urnes. Les déchirements du royaume d'Espagne plombent cette jeune démocratie où la nouveauté semble vieillir encore plus vite qu'ailleurs.
Vox, l'absent omniprésent

Le Parti socialiste (PSOE) du Premier ministre Pedro Sanchez est promis à la première place. Belle performance pour une formation moribonde il y a peu. Mais son allié potentiel Podemos (gauche radicale) a perdu l'attrait de la nouveauté dans des luttes intestines. Son leader Pablo Iglesias ne met toujours pas de cravate, mais a choqué par l'achat d'une maison avec piscine de 600 000 euros avec sa compagne (n° 2 du parti).

À droite, le Parti populaire (conservateur) s'est donné un jeune leader, Pablo Casado. Mais il reste empêtré dans ses vieux scandales de corruption. Et il fait face à la concurrence féroce de Ciudadanos (centre droit libéral), dont le leader Albert Rivera veut prendre la tête du gouvernement - ou de l'opposition. Tous deux se disent prêts à gouverner avec Santiago Abascal et son mouvement d'extrême droite Vox, qui a imposé sa radicale nouveauté au centre de la campagne, malgré (ou grâce à) son absence des deux débats télévisés et des médias classiques. Mais les trois ne feraient pas non plus une majorité...
« Grande Récession »

Le temps est fini de la domination du PP et du PSOE, 73 % des votes en 2011, sans doute autour de 45 % ce dimanche soir. La faute à la corruption, dont les procès se poursuivent durant la campagne. Et aussi à la « Grande Récession », comme on appelle ici la crise financière qui a fait chuter le PIB espagnol de 10 %. « Il y a une certaine reprise, note Jorge Hernandez, mais elle est concentrée dans le tourisme et le bâtiment, avec beaucoup d'emplois précaires. »
Abstention en hausse

Le sujet est peu abordé. Car la campagne s'est focalisée sur une autre crise, l'indépendance de la Catalogne, dont le procès des instigateurs est également en cours. Elle a scindé le paysage politique en deux blocs : une droite qui surenchérit dans le nationalisme espagnol sous la poussée de Vox, et une gauche soupçonnée de vouloir « vendre l'Espagne » aux indépendantistes catalans, basques et canariens, afin de trouver une majorité.

La violence des débats a rouvert toutes les plaies de l'histoire nationale, et d'abord de la Guerre civile autour du sort à donner à la dépouille de Francisco Franco. Étonnante Espagne, qui rejoue sa guerre avec cinq leaders de moins de 50 ans ! Étonnante non-campagne, grosse d'une non-majorité. L'abstention a déjà crû de dix points en quinze ans, pour dépasser 33 % en 2016. Combien dimanche - et la prochaine fois ?
À Madrid, Francis BROCHET

 

 
 

 

Tchernobyl, trente-trois ans après

Publié dans le panorama le Dimanche 28 avril 2019 à 08:02:57

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Tchernobyl, trente-trois ans après
 

 
Ce samedi, 70 militants antinucléaires se sont rassemblés pour rendre hommage aux victimes de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl qui a eu lieu le 26 avril 1986. Photo L'Alsace/Vanessa Meyer
Le 26 avril 1986 se produisait la pire catastrophe nucléaire du XXe siècle à la centrale de Tchernobyl, en Ukraine. Des explosions survenaient au niveau du réacteur n° 4. Trente-trois ans après, 70 militants antinucléaires, français et allemands, se sont rassemblés ce samedi à Colmar pour commémorer l'événement.

« Le monde oublie l'accident, regrette Solange Husser du Comité pour la sauvegarde de Fessenheim et de la plaine du Rhin. On s'en souvient uniquement lorsque les feux de forêts menacent la centrale... » Pourtant, selon certaines estimations, des éléments radioactifs rejetés par le réacteur dans l'atmosphère avaient contaminé jusqu'aux trois quarts de l'Europe, y compris la France. Le « nuage radioactif » ne s'était pas arrêté à la frontière, comme l'avait prévu un bulletin météo d'Antenne 2.
9 000 ou 90 000 morts ?

Derrière des banderoles « Stop nucléaire » et « Tchernobyl, plus jamais », Suzanne Rousselet, membre de Stop Fessenheim, rappelle avec force que la « catastrophe est loin d'être terminée. Ses impacts sont méconnus et sous-estimés car aucune étude sanitaire d'ampleur n'a été menée. » Si la zone est inhabitée dans un rayon de 30 km autour de la centrale, 5 millions de personnes vivent toujours sur 150 000 km² de terres contaminées...

Le nombre de morts, parmi les liquidateurs - intervenus après l'accident pour décontaminer le site -, les personnes évacuées et celles résidant dans les zones contaminées de Biélorussie, Ukraine et Russie, est controversé en raison des effets à long terme des radiations chroniques à faible dose. Les estimations vont de 9 000 cancers mortels, d'après l'Organisation mondiale de la santé, à 90 000 selon l'ONG Greenpeace.

Récemment, l'historienne américaine Kate Brown, professeure au Massachusetts institute of technology, a publié un ouvrage dans lequel elle démontre que les autorités soviétiques et internationales ont minimisé la forte hausse de cancers infantiles ou de malformations congénitales dans les années qui ont suivi le drame. « Mais il ne faut pas réduire l'accident à une sinistre bataille de chiffres », prévient Solange Husser.

Après une minute de silence, les manifestants marchent à travers les rues et distribuent des tracts. « Nous ne sommes pas à l'abri d'une catastrophe nucléaire », lance Suzanne Rousselet qui réclame la fermeture immédiate de la centrale de Fessenheim. À ses côtés, Philippe Aullen, conseiller municipal écologiste de Guebwiller, abonde : « Le nucléaire est une industrie dangereuse, il faut démanteler le parc français. » Seront-ils entendus ? La promesse de campagne d'Emmanuel Macron de ramener la part du nucléaire dans la production d'électricité à 50 % en 2025 - contre 75 % aujourd'hui - a d'ores et déjà été reportée. Marine ERNOULT

 

 
 

 

La roue tourne, tourne

Publié dans le panorama le Dimanche 28 avril 2019 à 07:55:55

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La roue tourne, tourne
 

 
Dans Paris. Le plan gouvernemental veut tripler la part du vélo dans les trajets à l'horizon 2024. Photo KENZO TRIBOUILLARD/AFP
Le vélo est partout. Dans les villes, les boutiques, sur les écrans de télévision. Et ce n'est pas simplement parce que le Français Julian Alaphilippe occupe la place de numéro un mondial et enchaîne les succès. Non, la révolution est culturelle même si notre pays n'en vit pour l'heure que les prémices. Bien loin de ses voisins comme la Belgique, les Pays-Bas et le Danemark où la majorité des citoyens circule à vélo. Ici, pas encore de parkings couverts sur trois niveaux, d'autoroutes réservées aux deux roues ni d'immenses pelotons convergeant vers les bureaux aux heures de pointe.
« Un facteur de civilisation »

Mais doucement les mentalités changent. Deux siècles après la création de la draisienne, le vélo est l'outil de demain. Capable d'offrir un bonus écologique pour une transition assumée vers les mobilités douces, il s'inscrit parfaitement dans les questions de santé publique.

« Il faut appréhender le vélo comme un facteur de civilisation », avance Denis Briscadieu, président de Cyclelab, un groupe qui cumule plusieurs enseignes de magasins de cycles mais aussi un centre de formation et organise le salon Velo in Paris en mars. « En clair, le vélo est la solution », tranche-t-il.

Une aubaine pour le Tour de France. Depuis la présentation de l'édition 2015 à Utrecht (Pays-Bas), une des villes les plus cyclables au monde, les organisateurs ne cessent de mettre en avant « le lien entre la bicyclette de Monsieur tout le monde et le vélo des champions », dixit Christian Prudhomme (lire ci-dessous). Et pas seulement pour des raisons philosophiques. Il se trouve en effet que les audiences, en parts de marché, sont meilleures dans les pays à forte tradition cycliste qu'en France.

« Comme si celui qui va chercher sa baguette, vent de face, pouvait un peu mieux apprécier ce qu'endurent les coureurs », se gondole le patron de la Grande Boucle. Il multiplie depuis les opérations auprès des jeunes, comme « les Ateliers du Tour » qui, pour l'exemple, avaient réuni 1 500 gamins l'an dernier sur les rives du lac d'Annecy. Un courant qui entraîne les politiques dans son sillage.

En septembre dernier, le gouvernement a dévoilé un « Plan vélo » avec une volonté : multiplier par trois la part du vélo dans les trajets à l'horizon 2024. Une date symbolique qui réunit les pratiquants d'une discipline aux pratiques multiples. « C'est un raz-de-marée culturel, sportif et économique », abonde Denis Briscadieu.
VAE, BMX, VTT...

Une communauté « boostée » par l'arrivée du VAE (Vélo à Assistance Électrique) qui gomme les difficultés du terrain ou les conditions physiques trop précaires. Et il y en a vraiment pour tous les goûts : des jeunes attirés par le BMX, les promeneurs plutôt tentés par le VTT, les urbains qui optent pour le fixie, les passionnés amoureux de la belle machine de route, les hommes comme les femmes, les citadins comme les ruraux.

Ringardisée naguère ou systématiquement associée au dopage, la bicyclette est tendance. On l'a dit sport préféré des patrons du CAC 40, on la voit aussi dans la vitrine des boutiques de mode, repensée par les plus grands designers. Si tendance que les coureurs cyclistes sont habillés par des marques connues comme Levi's pour AG2R La Mondiale, choisis comme les nouveaux prescripteurs d'un certain art de vivre. Un business aussi qui, outre le bonus écologique et l'aspect santé, offre des emplois et de solides perspectives de développement.

Du vélo des villes à celui des champions, « on compte de nouveaux cyclistes tous les jours », se félicitent les observateurs. La petite reine a de beaux jours devant elle.
P. C.

 

 
 

 

Un nouveau souffle pour le climat

Publié dans le panorama le Dimanche 28 avril 2019 à 07:41:38

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Un nouveau souffle pour le climat
 

 
La nouvelle phase du plan climat de M2A a été présentée par Jo Spiegel à l'issue de la conférence-débat avec, notamment, Audrey Pulvar. Photo L'Alsace/ Olivier Chapelle
Près de 500 personnes dans la salle du Hangar, à Kingersheim, vendredi soir. Venues pour assister à la conférence-débat avec l'ancienne journaliste Audrey Pulvar, la documentariste Anne Murat, l'économiste Elena Lasida et le maire d'Ungersheim Jean-Claude Mensch sur le thème « Chronique d'un désastre annoncé, et si on prenait (enfin) les générations futures au sérieux ? ».

Une manifestation qui prenait place dans la dynamique des Rencontres de l'interrogation démocratique de Kingersheim, mais qui a donné une excellente occasion à M2A de faire un point sur son action climatique. Un bilan présenté en avant-propos et en vidéo par le maire de Kingersheim Jo Spiegel et le président de l'agglomération Fabian Jordan.
43 % de gaz à effetde serre en moins

Deux élus qui pouvaient se féliciter d'annoncer que la production de gaz à effet de serre avait été réduite de 43 % sur leur territoire en douze ans, depuis le lancement du premier plan climat. Mais qui, néanmoins, ne s'en satisfaisaient pas : après deux heures de débats avec les invités, Jo Spiegel a annoncé les grandes lignes de la nouvelle olympiade du climat lancé par la collectivité, avec deux points forts.

Le premier est la mise en place d'un conseil participatif intercommunal dédié au climat. Selon Jo Spiegel, il s'agira « d'une assemblée hybride qui associe toutes les ressources humaines, de sens, d'intelligence, d'expertise et d'engagement, qui réunit de plain-pied et le temps qu'il faut quatre collèges de citoyens, d'élus, d'experts et d'organisations. En amont de la décision et en aval du débat, son rôle est décisif et constitue la pierre angulaire de la séquence démocratique ».

Concrètement, cette nouvelle instance devrait regrouper une centaine de personnes : 40 citoyens volontaires, dont 10 issus du Conseil de développement, une vingtaine inscrits à l'issue de la conférence, 10 ou 15 tirés au sort ; 20 experts et partenaires institutionnels ; 20 élus M2A et 20 représentants des organisations (associations, entreprises, syndicats...). Son rôle est de réfléchir et débattre afin de co-construire 10 à 12 ambitions phare du territoire pour 2030.

Ce conseil devrait être installé le 5 juin pour des travaux, dont la première phase devrait s'achever le 18 septembre par une présentation au grand public le 5 octobre.

L'élu s'est en revanche peu étendu sur la création d'un fonds dédié pour le climat, dont les objectifs sont de « concrétiser les ambitions fixées par le conseil participatif climat, de permettre un effet levier sur le territoire et de soutenir les initiatives citoyennes ».

Des propositions plutôt bien accueillies par un public forcément intéressé par la thématique écologique, avec l'envie d'inscrire localement l'action globale nécessaire pour sauver la planète...

 

 
 

 

Les séminaristes à l'épreuve de la crise

Publié dans le panorama le Dimanche 28 avril 2019 à 08:00:36

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Les séminaristes à l'épreuve de la crise
 

 
De gauche à droite, Adrien Schneider et Nahum Poulard, âgés de 24 ans chacun.

Photo DNA/Jean-Christophe Dorn

Rencontre avec six séminaristes un jour d'avril, au grand séminaire de la rue des Frères, à Strasbourg. La prière de la mi-journée, dans la chapelle, rassemble les séminaristes et les pères qui les encadrent. Ils partagent ensuite un déjeuner rapide dans le réfectoire. Pendant la durée de la formation, six ans en moyenne, ils vivent ensemble. Une bulle, en quelque sorte, mais pas hermétique au monde. La semaine, ils étudient à la faculté de théologie catholique de l'université de Strasbourg, le week-end ils sont en paroisse.

La crise que traverse l'Église les concerne, bien sûr. Avec la multiplication des affaires, « une image de suspicion leur est renvoyée », a constaté le père René Fischer, supérieur du grand séminaire (lire ci-dessous).
Question de crédibilité

« À travers tous ces événements, la question de la crédibilité est posée », lance Adrien Schneider, 24 ans. Il cite ce verset médité lors du mercredi des Cendres : « Ce que tu fais dans le secret, Dieu le voit. » Originaire d'Offendorf, au nord de Strasbourg, Adrien est en 4e année. Il est entré au séminaire à 18 ans. « Trop jeune », il a fait deux ans de « césure » : il était sur le terrain. Pendant un an il a travaillé dans l'association catholique Caritas, à Mulhouse, puis il a passé un an à Lyon.

« Le prêtre est avant tout un homme, observe Amoce Louis, venu de Haïti. C'est bien pour nous de voir la position de Mgr Luc Ravel sur le sujet [NDLR : l'archevêque de Strasbourg s'est engagé pour dénoncer les abus sexuels dans l'Église]. Il y a des efforts à faire pour ne plus tomber là-dedans. » Lui a 25 ans et fait partie de la société des prêtres de Saint-Jacques, comme son compatriote, Nahum Poulard, 24 ans.

« Ça pose la question de la confiance, embraye Maxence Fournier, 29 ans. Des personnes très haut placées ont caché des faits. On peut être troublés. Le croyant peut être ébranlé, alors quand on ne l'est pas... Comment donner un témoignage crédible ? »

Originaire d'Ernolsheim-sur-Bruche, cet ex-ingénieur a démissionné de son travail, il y a deux ans, et a fait l'année de propédeutique - qui a pour but d'affermir la vocation -, à Nancy en 2018, avant d'arriver à Strasbourg. « Moi je viens d'un milieu très catholique et on reste assez sereins, commente Grégoire Gendreau, 27 ans. Sans doute qu'au séminaire, on est un peu protégés. On a fait une soirée de discussion à la suite de la diffusion du reportage sur Arte [une enquête consacrée à des soeurs abusées par des prêtres]. Tout cela m'encourage à me former au mieux. » Lui aussi a fait une école d'ingénieur, avant une école de commerce. Il a affermi sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle une réflexion commencée à l'âge de 19 ans et a rejoint Nancy en 2018, puis Strasbourg cette année.

Pour Philippe Prat, 28 ans, de Koenigshoffen, ancien ouvrier communal à Quatzenheim, au séminaire depuis un an, ces événements invitent à « un recentrage sur les valeurs du christianisme. Pour les croyants, c'est un moyen de se rediriger, au lieu de sanctifier le prêtre. Nous, nous ne sommes pas encore prêtres et quelque part, nous sommes des signes pour surpasser, montrer la vérité... Nous devons être des serviteurs et pas des bourreaux ! »
« Le célibat n'existe pas pour lui-même »

Grégoire appuie : « Nous devons nous "recalibrer" pour parler aux gens. Dans mon école de commerce, on parlait de "management du changement", d'innovation. Mais si chacun change comme il veut, il tire la couverture à lui ! Notre ligne droite est le Christ. »

« Nous étions centrés sur nous-mêmes, ajoute Adrien. Maintenant, il faut faire le ménage pour être véritablement des serviteurs de la société. La société nous le demande. »

Se sentent-ils surveillés, par l'encadrement ? « En propédeutique, la stabilité intellectuelle est l'un des points les plus observés, surtout par les temps qui courent. Mais cela se fait en bonne intelligence », estime Maxence.

La question du célibat revient régulièrement dans le débat, de manière plus insistante ces derniers mois. Pour Grégoire, « ça a été un élément de discernement, au fil de l'année de préparation. Non pas que ce soit terminé... » Pour Maxence, « c'est une question disciplinaire, à échelle de l'Église. Si c'est juste "Je n'ai pas le droit de...", ça ne marche pas. Mais si c'est construit, si je sais pourquoi je le fais, c'est autre chose. » Pour Adrien, « le célibat n'existe pas pour lui-même. On le considère comme si c'était un absolu. Pourquoi je reste célibataire ? Pour dire que je me donne entièrement. Il y a une pédagogie à retrouver sur la grandeur du don. »

Les séminaristes auront en juin une semaine d'accompagnement spirituel sur la question du célibat, c'est une nouveauté. Jeudi et vendredi, la faculté de théologie catholique a proposé un colloque sur le thème « La tentation du cléricalisme », c'est-à-dire des abus de pouvoir.
Un dossier de Myriam AIT-SIDHOUM

 

 
 

 

Les bienveillants battent le pavé

Publié dans le panorama le Dimanche 28 avril 2019 à 07:37:42

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Les bienveillants battent le pavé
 

 
À nouveau, les communautés religieuses et la Ville invitent à une marche de la paix. Parce qu'on a toujours besoin de bienveillance dans sa ville. Photo DNA/J.-F.O.
Quand le dialogue interreligieux va, tout va, ou presque. Mais quand les religions se tournent le dos voire se cherchent des noises, ce qui a tout de même été une belle constante au fil des siècles, la sérénité en prend singulièrement un coup. Alors que les trois religions du Livre, pour ne citer qu'elles, ont le même fond en commun...

Depuis plusieurs années, la Ville de Saint-Louis porte l'expression d'un dialogue interreligieux qui réussit à mettre tout le monde d'accord et à réunir toutes les sensibilités autour d'une table, avant d'aller battre le pavé ludovicien : c'est le leitmotiv de cette marche de la paix, dont la première a eu lieu il y a cinq ans.

L'initiative ne s'est pas arrêtée en si bon chemin. Preuve en est, la Ville et les communautés religieuses dans leur grande diversité invitent le public, quel qu'il soit, à rallier cet événement aussi singulier que silencieux. « S'investir dans le bien-vivre ensemble, affirmer sa foi dans l'avenir, dans le respect et la tolérance », décrit le maire de Saint-Louis Jean-Marie Zoellé. Cette marche de la paix est comme un ruisseau dont les gouttes sont autant de participants mus par les mêmes valeurs de tolérance, quelle que soit leur confession, quand bien même ils n'en ont pas. Bien sûr, le rapprochement observé entre les communautés religieuses ludoviciennes ne saurait se résumer à cette marche : « Nous animons des lectures à quatre voix, des célébrations oecuméniques, des fêtes communes... », liste le curé Philippe Amecy.
Exprimer un besoin de sérénité

Tous cherchent à exprimer le besoin de sérénité dans le lieu qu'ils fréquentent, le désir de paix le plus profond. « On porte le message à nos communautés, c'est ainsi que la paix viendra. C'est l'affaire de tous, et pas que de la mairie », poursuit Philippe Amecy. Raison pour laquelle l'appel à participer à cette cinquième marche irrigue l'ensemble de la société, catholiques, protestants, musulmans, juifs, chrétiens orthodoxes, bouddhistes, animistes, athées, etc.

Mais si la sérénité anime Saint-Louis, plus en tout cas que l'animosité, pourquoi continuer à organiser des marches de la paix, toujours avec le même enthousiasme d'ailleurs, note l'adjointe Jocelyne Straumann ? Le monde a besoin de bienveillance et cette marche ne va pas dans le sens contraire... « C'est justement ce qui est beau et authentique dans cet événement, estime le curé Amecy. Ce n'est pas une démarche circonstancielle, elle s'est au contraire inscrite dans la durée. La marche pour la paix doit s'inscrire dans les mémoires et dans l'inconscient de toutes les générations qui y participent, en particulier les jeunes. Marcher pour la paix quand tout va bien permet de consolider le positif qui est en nous. » Ce qui n'interdira pas d'avoir une pensée pour les chrétiens du Sri Lanka.
Jean-François OTT

 

 
 

 

De la pierre taillée au 2.0

Publié dans le panorama le Dimanche 28 avril 2019 à 07:36:42

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De la pierre taillée au 2.0
 

 
Couper du ruban par Michel Habig, Brigitte Klinkert et Daniel Mérignargues.  Photo L'Alsace /Jean-Marie Schreiber
Après près de deux ans de travaux, le musée de la Régence à Ensisheim a rouvert ses portes samedi, après une inauguration « à l'ancienne » (couper d'un ruban tricolore) d'un musée misant sur l'avenir, sur l'interactivité, grâce à de la visite virtuelle 360 °, un écran multimédia dynamique et du mapping 3D, dispositif que le musée d'Ensisheim est le premier en Alsace à proposer.

Sous-préfet de Thann-Guebwiller, représentant le préfet du Haut-Rhin, Daniel Mérignargues a été parmi les premiers à découvrir le nouveau musée, en compagnie de Michel Habig, maire d'Ensisheim, et de ses invités, notamment Brigitte Klinkert, présidente du conseil départemental du Haut-Rhin, et Françoise Boog, maire de Meyenheim, vice-présidente du conseil régional du Grand-Est.
Conserver l'espritdu bâtimentet l'âme du lieu

Après le couper du ruban, tout le monde s'est retrouvé à la salle d'honneur de la Régence pour les allocutions. Michel Habig a évoqué l'histoire du palais, un des plus beaux monuments de la Renaissance en Alsace, construit de 1537 à 1742, un des plus beaux mais aussi un des plus importants puisqu'il était le siège de l'administration de l'Autriche antérieure, puis le siège du conseil souverain d'Alsace, avant que celui-ci ne s'établisse à Breisach, puis à Strasbourg. Il a rappelé la nécessité de conserver l'esprit du bâtiment et l'âme du lieu, tout en respectant les différentes réglementations et contraintes. « Nous avons longtemps hésité à nous lancer dans ces travaux, d'abord dans la crainte de dénaturer le bâtiment, ensuite devant l'importance du budget à mobiliser : 1 100 000 EUR HT, avec 35 % de subventions (400 000 EUR HT) de la part de l'État, de la Région, du département » qu'il a chaleureusement remerciés, comme tous ceux qui sont intervenus sur le bâtiment.

Architecte du patrimoine, Jean-Luc Isner, originaire d'Ensisheim, a rappelé les difficiles négociations, les difficultés d'aménagement indispensables cependant pour remettre le bâtiment à niveau, vu sa valeur historique.

Présidente du conseil départemental, Brigitte Klinkert a insisté sur l'engagement déterminé du Haut-Rhin en faveur du territoire et du patrimoine, Département qui a adopté le plan patrimoine avec plus de neuf millions d'euros consacrés à la sauvegarde et à la valorisation du patrimoine : « L'âme alsacienne a besoin de se nourrir de ses racines ».

« La Région est fière d'avoir pu contribuer à cette réalisation », a précisé Françoise Boog, ajoutant que le tourisme était un élément fondamental de l'économie régionale.
L'impressionnant mapping de l'exploitationde la potasse, une réalisation unique

Le mot de la fin est revenu au sous-préfet, Daniel Mérignargues : « Comment faire du moderne avec de l'ancien ? Le pari n'était pas évident. Mais vous avez réussi à moderniser. Vous avez réussi à maîtriser les techniques modernes pour garder ce qui est ancien ». Il a mis l'accent sur la position centrale d'Ensisheim, entre les métropoles de Colmar et de Mulhouse, un rôle d'entre-deux qu'elle assume parfaitement.

Émilie Christen, responsable du musée et de la programmation culturelle, a ensuite guidé les invités à travers les trois volets du musée, avec un arrêt spécial sur l'impressionnant mapping de l'exploitation de la potasse, en présence de Jean Misiano, président du carreau Rodolphe, qui a prêté son buste et sa voix pour cette réalisation unique.
Jean-Marie Schreiber Y ALLER Musée de la Régence, place de l'Église à Ensisheim. Tél. 03.89.26.49.54, fax : 03.89.26.44.22. Courriel : musee@ville-ensisheim.fr A NOTER L'entrée au musée sera gratuite ce dimanche 28 avril l'après-midi.À partir du lundi 29 avril, les horaires du musée seront les suivants : d'octobre à fin avril, lundi, jeudi, vendredi de 14 h à 17 h 30, mercredi de 10 h à 12 h et de 14 h à 17 h 30. Les premier et troisième samedis de chaque mois de 14 h à 17 h 30. Fermé le dimanche. De mai à fin septembre : lundi, mercredi, jeudi et vendredi de 10 h à 12 h et de 14 h à 17 h 30. Samedi et dimanche de 14 h à 17 h 30.

 

 
 

 

Festival À Badenweiler Le printemps de la musique classique

Publié dans le panorama le Dimanche 28 avril 2019 à 07:37:07

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Festival À Badenweiler
Le printemps de la musique classique
 

 
Le baryton Christian Gerhaher (à droite), sera accompagné du pianiste Gerold Huber.
Deux fois par an, la commune pittoresque de Badenweiler, près de Müllheim dans le sud de la Forêt-Noire, organise des journées consacrées à la musique classique, Musiktage, au Kurhaus de la commune. L'édition du printemps, placée sous le haut patronage de la présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin, Brigitte Klinkert, et du ministre de la Justice du Bade-Wurtemberg, Guido Wolf, aura lieu du 1er au 4 mai 2019. Le premier jour du mois de mai, nous entendrons le baryton Christian Gerhaher accompagné du pianiste Gerold Huber interpréter des oeuvres de Brahms et de Schumann. Le 2 mai, pour la seconde soirée du festival, le pianiste Frank Dupree jouera des pièces d'Antheil, Adams et Gershwin. Le matin du 3 mai, Lotte Thaler, organisatrice du festival, échangera avec le compositeur Robert HP Platz. Le soir du 3 mai, le Béla-quartet de Lyon, la soprano Julia Wischniewski et le studio d'expérimentations de la radio SWR nous régaleront de morceaux de Janacek, Robert HP Platz et de Beethoven. Enfin, le samedi 4 mai, le Boulanger Trio et le clarinettiste Kilian Herold interpréteront des oeuvres de Messiaen, Debussy et Fauré.
Badenweiler Musiktage, du 1er au 4 mai 2019, au Kurhaus, Schlossplatz 2 à Badenweiler. Programme détaillé : www.badenweiler-musiktage.de. Tarif : 42EUR (chaque concert). 18EUR (lycéens et étudiants). Pass pour les quatre jours du festival : 140EUR. Billetterie : https://www.reservix.de/tickets-badenweiler-musiktage/t10603.

Badenweiler Musiktage, du 1er au 4 mai 2019, au Kurhaus, Schlossplatz 2 à Badenweiler. Programme détaillé : www.badenweiler-musiktage.de. Tarif : 42EUR (chaque concert). 18EUR (lycéens et étudiants). Pass pour les quatre jours du festival : 140EUR. Billetterie : https://www.reservix.de/tickets-badenweiler-musiktage/t10603.

 
 

 

Solidarité Foulées de la Ligue : les inscriptions sont ouvertes

Publié dans le panorama le Dimanche 28 avril 2019 à 07:45:53

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Solidarité
Foulées de la Ligue : les inscriptions sont ouvertes
Le cancer touche près de 6 000 Haut-Rhinois chaque année. Ce sont presque autant de coureurs qui se mobiliseront contre cette maladie, avec panache, le 16 juin prochain.
 

 
Les foulées de la Ligue rencontrent chaque année une belle adhésion.
Rendez-vous incontournable des marcheurs et des coureurs du Centre-Alsace, la 9e édition des Foulées de la Ligue proposera à chacun de se mobiliser dynamiquement contre le cancer, maladie qui touche près de 6 000 Haut-Rhinois chaque année. Rendez-vous est donné dimanche 16 juin au Parc-expo de Colmar.

Petits et grands, jeunes et moins jeunes, en équipe ou en solo... Tous sont attendus pour « bouger contre le cancer » sur deux parcours de course à pied non-chronométrés (6 km ou 9 km) et un parcours de marche (6 km).
Chapeau challenge

Cette année, l'édition mettra en lumière « 70 ans de lutte contre le cancer dans le Haut-Rhin » : les activités du Comité ont en effet démarré en 1949 dans notre département. Encore un bel anniversaire et une belle fête à partager !

Comme chaque année, on pourra se mobiliser en équipe : que l'on soit une famille, un groupe d'amis, une association, une école, une institution ou une entreprise, on peut participer au « challenge équipe » en venant le plus nombreux possible.

On peut également participer au nouveau challenge « chapeau » : béret, képi, casquette, bicorne, toque, bonnet, casque, coiffe, couvre-chef... qu'ils soient fabriqués maison ou pas.

Le nombre d'inscriptions est limité à 5 000 participants et les inscriptions sont d'ores et déjà ouvertes (uniquement sur Internet) sur le site du partenaire de l'événement www.le-sportif.com

Les droits d'inscription sont de 10 EUR pour les plus de 15 ans (nés en 2004 et avant) et 1 EUR pour les jeunes de moins de 15 ans. L'intégralité des recettes sera reversée aux missions de lutte contre le cancer dans le Haut-Rhin.

Pour les groupes de plus de dix participants, un « code groupe » permettra de gérer les inscriptions des membres d'une à partir d'un seul compte.

Les 9es Foulées de la Ligue est un événement organisé par la Ligue contre le cancer du Haut-Rhin, activement soutenu par de nombreux partenaires dont la Ville de Colmar et le conseil départemental du Haut-Rhin.
S'INSCRIRE Sur le site www.le-sportif.com jusqu'au 13 juin. Plus d'informations au 03 89 41 18 94 et sur www.fdl2019.blogspot.fr DEMANDER Un code de groupe (à partir de dix participants) : par e-mail à cd68@ligue-cancer.net

S'INSCRIRE Sur le site www.le-sportif.com jusqu'au 13 juin. Plus d'informations au 03 89 41 18 94 et sur www.fdl2019.blogspot.fr DEMANDER Un code de groupe (à partir de dix participants) : par e-mail à cd68@ligue-cancer.net

 
 

 

Au koïfhus L'OMC réunie en assemblée générale Dynamisme et créativité comme objectif

Publié dans le panorama le Dimanche 28 avril 2019 à 07:38:10

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Au koïfhus  L'OMC réunie en assemblée générale
Dynamisme et créativité comme objectif
L'assemblée générale de l'office municipale de la culture (OMC) de Colmar, s'est déroulé jeudi soir dans la salle Roesselmann du Koïfhus.
 

 
Le récipiendaire entouré par les élus et le président de l'OMC à gauche.
Dans son mot d'accueil, le président Michel Glénat, entouré des membres du comité directeur, a remercié de leur présence, les représentants des différentes associations. Il a salué le député Eric Straumann ainsi que le maire Gilbert Meyer accompagné de plusieurs adjoint(e) s, dont Yves Hemedinger et Cécile Striebig-Thevenin, en charge du développement culturel.

Une minute de silence a été respectée en hommage aux membres décédés au cours de l'exercice. Le procès-verbal de l'assemblée générale 2018, dont la lecture a été effectuée par le secrétaire général Denis Hild, a été adopté.

Dans son rapport moral, le président a rappelé : « Le monde associatif doit rester un espace de reconnaissance d'autrui, d'échanges intelligents et d'actions fédératrices ; ainsi les collectivités territoriales maintiennent malgré leur mise au régime au sec par l'État, leurs diverses contributions qui garantissent le lien social et culturel ».

« L'ambition, le dynamisme et la créativité doivent rester nos objectifs ; le monde associatif est vaillant et plein d'espoir », a-t-il conclu, après avoir a énuméré les différentes manifestations d'envergure aux lesquelles l'OMC participe en 2019 : « dont la fête du bénévolat le 18 mai, la fête du marché couvert des 30, 31 août et 1er septembre, ainsi que l'arrivé le 10 juillet du Tour de France où l'OMC pour la première fois est impliqué ».

Le rapport d'activités 2018 qui a mis en avant le bénévolat à travers les 110 associations, a précédé le rapport financier développé par le trésorier Michel Lorentz, qui laisse apparaître un solde positif.
Une médaille pour le trésorier

Les réviseurs aux comptes Marie-Christine Gindensperger et Olivier Varennes ont confirmé ces résultats, et demandé quitus au trésorier et au comité directeur. Ils ont été reconduits dans leur fonction.

À cette occasion, la médaille de la vie associative du conseil départemental a été remise par Eric Straumann à Michel Lorentz, trésorier à l'OMC depuis 2010.

Prenant la parole, le maire a mis en valeur cet ensemble d'associations qui apporte un plus à la ville : « Le monde associatif est une priorité pour les élus, illustrée ce soir par la présence de nombreux représentants du conseil municipal ; l'attractivité d'une commune passe notamment par les investissements culturels, une dynamique installée avec l'engagement de la municipalité ; l'esprit de rencontre entre les différents partenaires est une vraie complémentarité que nous saluons ».

 

 
 

 

Pompiers : gros exercice, gros moyens

Publié dans le panorama le Dimanche 28 avril 2019 à 07:48:03

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Pompiers : gros exercice, gros moyens
 

 
Les premiers secours arrivent sur place. L'urgence est de définir la gravité des blessures de chaque victime. Photos L'Alsace/S.Sp.
Un automobiliste victime d'un malaise au volant, un groupe de cyclistes fauché : 17 victimes. Le bilan est lourd mais il est heureusement fictif. C'est celui de l'exercice Novi (pour nombreuses victimes) qui avait lieu vendredi en fin de journée dans une ferme située tout près du rond-point des Trois-maisons à Helfrantzkirch. Un scénario catastrophe imaginé par le lieutenant Yann Santerre, adjoint au chef du centre de secours de Magstatt-le-Bas et adjoint au chef de la compagnie 6 du Sdis du Haut-Rhin, réunissant les centres de secours de Saint-Louis, Magstatt, Waldighoffen, Oltingue et Ferrette, ainsi qu'une quarantaine de CPI (centres de première intervention) du secteur.
D'abord catégoriser les victimes

« L'objectif était de tester l'organisation Novi, à laquelle nous ne sommes que très rarement confrontés, explique le lieutenant Santerre, en charge de la formation continue au sein de la compagnie 6. La plupart du temps, nous sommes amenés à gérer une ou deux victimes, mais pas une dizaine en même temps. »

Dès le déclenchement de l'alerte, peu après 19 h vendredi, les véhicules ont afflué pour secourir les blessés (une vingtaine d'engins sur place au plus fort de l'intervention). Fractures, abrasions, personnes inconscientes... Chacune des victimes avait un rôle à jouer et devait s'y tenir, afin que les pompiers présents apportent une réponse adaptée. La priorité a été de catégoriser les victimes, en y apposant l'une des quatre pancartes : « décédé », « en urgence absolue » pour les personnes gravement blessées, « en urgence relative » pour celles qui l'étaient plus légèrement et « impliqué » pour les personnes indemnes ou ne souffrant que de blessures superficielles.

Le dispositif Sinus (Système d'identification numérique standardisé) a été déclenché, ce qui a permis de dénombrer les victimes et de les identifier via un bracelet avec un numéro unique et un code couleur en fonction de la gravité des blessures. Un PMA (poste médical avancé) a également dû être installé dans le hangar attenant pour la prise en charge des victimes. « Le dispositif Sinus est mis en place en moyenne cinq fois par an dans le département et s'il fait partie du programme de formation continue des pompiers, ils y sont rarement confrontés, d'où l'utilité de ce type d'exercice », rappelle le lieutenant Santerre, qui a supervisé l'opération avec plusieurs de ses collègues.
Sébastien SPITALERI PLUS WEB Notre vidéo et notre diaporama sur www.lalsace.fr

 

 
 

 

Une navette gratuite à la demande

Publié dans le panorama le Dimanche 28 avril 2019 à 07:57:46

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Une navette gratuite à la demande
 

 
La navette fonctionne selon le système du « stop-and-go » : hormis neuf points d'arrêt fixes, sur les axes routiers les plus fréquentés, l'usager peut monter et descendre quand il le souhaite grâce à un simple signe adressé au conducteur. Photo L'Alsace/Vanessa Meyer
La navette électrique et gratuite Coeur de Ville deviendra-t-elle une sérieuse concurrente des petits trains touristiques circulant à Colmar ? Hier 27 avril, en tout cas, premier jour de fonctionnement de ce nouveau service à disposition des Colmariens et des touristes pour circuler dans l'hyper-centre historique, un couple de seniors bretons qui venaient d'arriver dans la ville pour une semaine de vacances, avaient décidé d'embarquer dans le minibus (moins de 6 m, 8 places assises, 10 places debout et une place pour une personne à mobilité réduite) pour découvrir leur lieu de villégiature. « Ça nous permet de repérer les lieux, de faire un petit tour d'horizon avant de commencer les visites. »
« Je n'arrivais pasà croire que c'était gratuit ! »

Une jeune maman avec trois enfants, dont un bébé en poussette, se montre ravie de l'initiative de Colmar Agglomération. « J'ai vu ça sur Facebook, mais je n'arrivais pas à croire que c'était vraiment gratuit ! » Didactique, elle explique à ses enfants comment se rendre à la maison depuis leur école, mal desservie par le réseau de bus, en empruntant la navette. « Nous nous en servirons également pour aller à la médiathèque. J'adore les transports en commun ! » Au niveau de la rue de l'Église, à l'approche du quartier touristique de la Petite Venise, un couple d'Italiens presse sur le bouton rouge pour signaler au chauffeur qu'il souhaite descendre. En campagne pour les élections européennes, la candidate LREM Stéphanie Villemin, après avoir tracté au marché Saint-Joseph, monte dans le véhicule. L'un de ses soutiens, directeur d'une structure pour personnes âgées, salue cette nouvelle offre de service et apprécie l'autonomie que les seniors à mobilité réduite y gagneront. Une rampe rétractable permet aux fauteuils roulants ou aux déambulateurs d'accéder facilement au minibus. Seul petit bémol : à bord du véhicule, il n'apparaît pas de manière suffisamment claire que les passagers peuvent solliciter l'arrêt à tout moment.
Deux fois plus d'alertes pollution entre 2017 et 2018

La navette fonctionne en effet selon le système du « stop-and-go » : hormis neuf points d'arrêt fixes, sur les axes routiers les plus fréquentés, l'usager peut monter et descendre quand il le souhaite grâce à un simple signe adressé au conducteur. En ce premier jour de fonctionnement, le principe n'est pas encore entré dans les moeurs colmariennes, quasiment aucun passant ne sollicitant l'arrêt du véhicule. « Ce serait bien que la navette passe par la gare afin de favoriser l'intermodalité », ajoute Stéphanie Villemin.

Créée pour desservir l'hyper-centre historique aux rues étroites ne se prêtant pas à la physionomie des bus des lignes régulières, la navette Coeur de Ville constitue avant tout une réponse au problème environnemental de la pollution atmosphérique. « En 2018, on a compté neuf alertes pollution dans la région colmarienne, soit quasiment le double par rapport à 2017 », indique Philippe Rogala, délégué aux déplacements et aux transports de Colmar Agglomération. Un problème de santé publique commun à toute l'Alsace, territoire richement peuplé, industrialisé et peu ventilé.

Cinq conducteurs ont été recrutés par la Trace pour créer ce nouveau service.
Véronique BERKANI SE RENSEIGNER Allô Trace : 03.89.20.80.80, www.trace-colmar.fr

 

 
 

 

Mulhouse version guinguette

Publié dans le panorama le Dimanche 28 avril 2019 à 07:59:49

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Mulhouse version guinguette
 

 
Charlotte Nass (à droite) et Sophie Erhart viennent d'ouvrir Le Nid - guinguette urbaine - au 20, rue des Franciscains. Au fond, une grande photo de Motoco signée Ramon Ciuret. Photos L'Alsace/Darek Szuster
Mais c'est bien sûr... On se dit que ces deux filles-là, on les a déjà croisées quelque part. Bingo. C'est au 27, rue des Boulangers à Mulhouse, dans leur boutique Karl Marc John ouverte en mars 2015. Les deux associées sont copines depuis presque 25 ans - elles se sont rencontrées sur les bancs du lycée Lavoisier - et Sophie a été directrice commerciale chez Macorest à Illzach, quand Charlotte était responsable communication à la CCI (Chambre de commerce et d'industrie) de Mulhouse. Bref, depuis mercredi, le duo commence une troisième vie professionnelle - une deuxième ensemble - avec un nouveau virage à 180°.
Karl Marc John continue

Fini la fripe fashion, bienvenue dans le monde du jus bio, du p'tit blanc sympa (le nom guinguette vient des vignes du clos Guinguet) et du cookie fondant. Enfin presque. « La boutique Karl Marc John continue son bonhomme de chemin, on a embauché un responsable », précise Charlotte. Mais aujourd'hui, les deux copines se sont lancées à fond dans Le Nid, sous-titré « guinguette urbaine » au 20, rue des Franciscains. « Le concept, on l'avait depuis longtemps. Mais il fallait trouver le lieu. Et là, on a eu un véritable coup de coeur. »

Dans cet ancien cabinet d'architecte, sur deux niveaux, tout a été refait, du sol au plafond. Les travaux ont duré plus de quatre mois - suivis par l'architecte Alexandre Da Silva - et aujourd'hui Le Nid accueille les clients sur 70 m² dans un décor clair, chic, chaleureux, avec un mélange délicat de styles. « L'idée, c'est de se sentir ici comme chez soi. Au Nid, on doit être comme à la maison avec la cuisine ouverte sur la salle à manger, un coin bureau... Et puis, on a l'impression d'être à la campagne. Vous entendez les oiseaux ? », poursuit Charlotte, en nous faisant visiter.

Et attention, le meilleur est en bas. En ouvrant la porte de l'armoire, on accède au sous-sol pour déguster une pâtisserie en tête à tête assis... dans une baignoire (l'auteur certifie l'écriture de cet article sans prise de produits illicites) ! En haut, on peut boire un thé installé sur une balançoire, mais sinon, tout est normal.
Des produits frais et locaux

Ce Nid imaginé par deux amies hirondelles est donc particulièrement accueillant pour les drôles d'oiseaux mulhousiens. On vient à la guinguette urbaine pour le lien, être bien, mais aussi boire un coup ou manger un bout. « On ouvre du lundi au samedi dès 8 h avec des petits-déjeuners variés (de 4 à 9 EUR) et on ferme quand les gens ont fini d'apéroter », précise Sophie.

Toute la journée, on peut déguster des tartines, des tartes salées ou sucrées, des terrines locales et des assiettes de charcuterie, du « bon gros sandwich poulet et légumes craquants », sans oublier des légumes de saison à croquer et à saucer avec un bon verre de vin de Gascogne, de la Drôme ou d'Alsace (du domaine Paul Blanck & fils pour les connaisseurs). Côté bulles, on trouve du cidre, des bières de la brasserie Perle ou du champagne rosé à prix honnête (39 EUR la bouteille, domaine J. de Telmont). Bref, c'est simple, abordable, sans chichi et les produits sont garantis frais et locaux. « On se fournit en légumes à la ferme Fischer à Zimmersheim, le pain vient de chez Dietsch, le chocolat de chez Cabosse et nos terrines sont signées Nemrod », détaille Charlotte, qui termine de servir une tarte aux fraises appétissante.

Les débuts de cette guinguette urbaine sont prometteurs et les deux amies ont été particulièrement touchées par l'accueil des autres commerçants de la rue. « Jipé » du Gambrinus est passé, l'équipe d'Il Cortile a partagé un café après le service, et tout le monde se salue en passant devant la porte. « C'est ça l'esprit guinguette, prolonge Sophie. Cette rue, c'est comme un village (lire aussi en encadré). Depuis qu'on est là, on a rencontré plus de voisins qu'en quatre ans rue des Boulangers. C'est aussi parce que dans la rue des Franciscains, il y a des habitants ! »

Une copine passe la tête dans l'entrée : « Wouah les filles, vous avez créé ce que l'on rêve toutes de faire ! »

Une seule hirondelle ne fait pas le printemps, mais deux d'un coup dans le même Nid pourraient bien annoncer de belles journées dans cette première guinguette mulhousienne.
Textes : Laurent GENTILHOMME REGARDER La vidéo de la guinguette urbaine Le Nid sur notre site internet www.lalsace.fr Y ALLER Le Nid, 20, rue des Franciscains à Mulhouse, ouvert du lundi au samedi à partir de 8 h. Tél. 06.75.59.99.54 ou 06.45.31.09.91 ; courriel : lenid.mulhouse@gmail.com

 

 
 

 

Un millésime 2018 généreux

Publié dans le panorama le Dimanche 28 avril 2019 à 07:45:18

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Un millésime 2018 généreux
 

 
Une belle brochette de maires a répondu à l'invitation du syndicat viticole pour la 91e édition de la foire aux vins d'Ammerschwihr. Photo L'Alsace/Bruno Meyer
Romuald Bohn, président du syndicat viticole, a dit sa fierté de perpétuer la tradition de cette foire nonagénaire, la première du printemps et la plus ancienne d'Alsace, et il a fait part des soucis des vignerons : « les ventes ne progressent plus, les prix du vrac et du raisin s'effondrent ». Il a souhaité un travail collectif de tous les vignerons pour mieux communiquer. Denise Buhl, suppléante du député Cattin, a souligné les efforts pour développer l'oenotourisme. Pierre Bihl, vice-président du conseil départemental, a félicité les organisateurs de cette foire qui « contribue à l'attractivité de notre région ».
« Une longueur d'avance »

Jérôme Bauer, président de l'AVA (association des viticulteurs d'Alsace), a lui aussi souligné la difficulté de vendre surtout sur le marché national, un souci qui se répète dans d'autres régions (Champagne, Bordeaux), mais a insisté sur la consommation internationale en hausse : « il faut faire connaître la largeur de gamme des alsaces, le tourisme et le vignoble le plus "vert" de France où nous avons une longueur d'avance ». Il a promis l'aide de l'AVA pour accompagner les vignerons dans le développement sur de nouveaux marchés - 168 pays, qui sont consommateurs de vin d'Alsace. Le nouveau directeur du Conseil interprofessionnel des vins d'Alsace (CIVA), Gilles Neusch, a promis l'aide du CIVA qui a effectué un travail d'identification des atouts du vignoble alsacien : terre de référence dans les vins blancs qui représente 90 % des exportations ainsi que le pinot noir ; tous les terroirs du monde sont représentés dans une seule appellation avec une gamme très riche ; enfin un vignoble à taille humaine avec quelque 3 800 viticulteurs. Il a annoncé une nouvelle campagne de communication mi-mai depuis Ribeauvillé.

Pierre Bernhard, président du Synvira, a lui aussi souligné le besoin de travailler collectivement pour faire face aux nouvelles évolutions de consommation des jeunes générations et aux nouveaux marchés : « en Alsace, on a cette typicité et cette diversité des vins liés à la géographie et au terroir. Le monde est vaste, on a de quoi travailler ». Jean-Paul Goulby, coordinateur des confréries viniques, a souligné la contribution de celles-ci pour la communication sur les vins d'Alsace, notamment le 19 juillet prochain lors de leur rencontre à Strasbourg. Le maire Patrick Reinstettel a conclu les discours en soulignant que le millésime 2018 précoce a permis de remplir les caves de 88 déclarants de récolte, avec un volume de 34 700 hl récolté sur 446 ha de vignes.
Bruno MEYER

Y ALLER La foire aux vins se poursuit ce dimanche 28 avril de 10 h à 18 h avec dégustation des vins d'une quinzaine de viticulteurs sous le chapiteau place de l'hôtel de ville, visites de caves commentée ; à 11 h apéritif concert par la Musique municipale. Menu Kaefferkopf par Christelle Richert, Master chef 2012 ; tartes flambées, animation musicale par les Licorne Elsaesser Band. Exposition de matériels vini-viticoles et de tracteurs anciens et modernes ; structure gonflable et manège pour les enfants.

 

 
 

 

Oberhaslach Journée des Châteaux Forts d'Alsace

Publié dans le panorama le Dimanche 28 avril 2019 à 08:02:24

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Oberhaslach
Journée des Châteaux Forts d'Alsace
À l'occasion de la Journée des Châteaux Forts d'Alsace, une randonnée avec guide est organisée par le Club Vosgien, la commune et les Amis du Nideck, le mercredi 1er mai, à Oberhaslach.
 

 
Une agréable et rafraîchissante randonnée au Nideck est proposée à l'occasion de la Journée des Châteaux Forts d'Alsace.
La balade permettra de découvrir le nouveau sentier de la cascade du Nideck. Elle passe par les ruines du château du Nideck, des Petit et Grand Ringelstein et du Hohenstein sur le Chemin des Châteaux Forts d'Alsace. Le départ de la randonnée se fait à 9 h du camping du Luttenbach situé sur la route du Nideck. Deux circuits sont proposés : 9 km avec environ 3 heures de marche, dénivelé 450 m et 14 km avec environ 5 heures de marche, dénivelé 800 m. Les véhicules pourront stationner sur le parking du parc aventure du Nideck. La journée sera placée sous le signe de la convivialité et un apéritif sera offert aux participants. Le repas est tiré du sac. Dans le cadre de la réfection généralisée du site du Nideck, une nouvelle phase importante de travaux s'y déroule depuis le 18 mars dernier et devrait se terminer le 28 juin. Durant les travaux, l'accès au site du Nideck est interdit sauf l'accès à la cascade depuis le parking du bas qui a été rouvert dernièrement.
Inscription au ?03 88 50 90 15 et maire.oberhaslach@wanadoo.fr

Inscription au ?03 88 50 90 15 et maire.oberhaslach@wanadoo.fr

 
 

 

Soultz Cérémonie du souvenir des victimes de la déportation Protocole et solennité autour du monument aux morts

Publié dans le panorama le Dimanche 28 avril 2019 à 07:47:20

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Soultz  Cérémonie du souvenir des victimes de la déportation
Protocole et solennité autour du monument aux morts
La célébration de la journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation qui s'est déroulée vendredi soir devant le monument aux morts a été suivie par une belle assemblée.
 

 
Première commémoration patriotique pour le maire Marcello Rotolo
Un public constitué par des représentants du monde associatif local, notamment patriotique, mais également des forces vives, des représentants de diverses instances et des élus locaux, parmi eux, la conseillère départementale Karine Pagliarulo.

Cette cérémonie du souvenir fut également la première que présidait le nouveau maire Marcello Rotolo. La commémoration placée sous le commandement du colonel Christophe Feugère, ancien de la BA 132, débuta par une revue du dispositif par le maire et l'adjudant-chef Rachel Hertz, commandant la brigade de gendarmerie de Bollwiller ; cette cérémonie fut animée musicalement par une délégation de clairons de la batterie fanfare des sapeurs-pompiers de Soultz.

Après la lecture du message de la fédération nationale rendant hommage aux victimes du nazisme, le maire axait son discours plus localement en insistant sur la bien-vivre en communauté. Un dépôt de gerbe et la sonnerie aux morts concluaient cette cérémonie.

 

 
 

 

Un documentaire historique tourné à Soultz

Publié dans le panorama le Dimanche 28 avril 2019 à 07:44:37

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Un documentaire historique tourné à Soultz
 

 
José Meidinger a notamment tourné au cimetière de Soultz, où Georges d'Anthès est enterré. DR
Le réalisateur José Meidinger évoque le sujet de son documentaire, son tournage et ses ambitions pour son projet.
Vous réalisez un documentaire qui a en partie été tourné à Soultz. Quel en est le sujet ?

J'ai voulu développer l'histoire du duel Pouchkine-d'Anthès. J'ai fait le choix de parler de cet épisode à travers la vie d'Alexandre Pouchkine. Georges d'Anthès était tombé amoureux de Natalia, la femme du poète russe. Pour rester auprès de celle qui lui était inaccessible, le militaire et homme politique soultzien a épousé la soeur de sa bien-aimée, Ekaterina Gontcharova. Pouchkine a alors provoqué d'Anthès en duel et c'est ce dernier qui l'a remporté. Il s'agit d'un documentaire historique, entrecoupé d'images tirées d'un film russe qui traite de l'histoire de ce duel. Je l'ai intitulé Quand Pouchkine s'invite en Alsace. Au final, ce documentaire, d'une durée de 26 minutes, relate de la fiction du duel.
Pourquoi avoir choisi de traiter de cet épisode ?

J'ai découvert cet épisode quand ma famille s'est installée à Soultz. Pendant plusieurs années, dans le cadre de mon métier de journaliste, j'ai parlé des Alsaciens qui vivent au bout du monde. Aujourd'hui, je veux me consacrer à ces personnages historiques alsaciens, parfois méconnus. Les prochains personnages dont j'aimerais relater l'histoire sont le Strasbourgeois Charles de Foucauld et le Colmarien Armand Joseph Bruat.
Quels ont été vos lieux de tournage ?

L'essentiel du tournage s'est déroulé à Saint-Pétersbourg, en particulier à la maison natale d'Alexandre Pouchkine, mais aussi au lycée impérial, où il a effectué ses études, ou encore au café littéraire de la ville russe. Je me suis également rendu à Moscou, où se trouve le plus grand musée dédié à l'oeuvre et à la vie de Pouchkine. Ou encore à Bruxelles, qui est la ville au sein de laquelle sont installés les descendants du poète.

En France, je suis allé au café Pouchkine, à Paris, au Théâtre Gérard-Philippe de Saint-Denis, où se joue la pièce Onéguine, l'une des principales oeuvres du poète-dramaturge russe. Et bien évidemment à Soultz, la ville de Georges d'Anthès. J'ai en particulier tourné des plans au château de la commune, mais aussi au cimetière, où la famille d'Anthès possède un carré.
Une diffusion prévuesur les chaînesde télévision locales Quelle est la destinée de ce documentaire ? Quand et où sera-t-il diffusé ?

Dans un premier temps, il sera diffusé sur Alsace 20, mais aussi sur d'autres chaînes locales du Grand Est, comme TV Mirabelle, installée à Metz. Je suis par ailleurs en lien avec RT France. Le conseil départemental m'ayant accordé une subvention, je leur proposerai de le diffuser dans leurs locaux, mais aussi dans les établissements scolaires qui le souhaitent.

Ayant interviewé certains étudiants du lycée international de Strasbourg, qui dispose d'une section russe, une diffusion sera prévue au sein de l'établissement. Ces interviews sont d'ailleurs présentes dans le documentaire. J'envisage par ailleurs de le proposer à une chaîne russe. J'ai déjà préparé une version internationale à ce dessein.
Propos recueillispar Audrey NOWAZYK