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Monuments cherchent mécènes

Publié dans le panorama le Dimanche 21 avril 2019 à 08:12:16

© L'alsace, Dimanche le 21 Avril 2019
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Monuments cherchent mécènes
 

 
En 2017, Chambord a pu recréer ses jardins grâce à un don de 3,5 millions d'euros de Stéphane Schwartzman, un homme d'affaires américain. Photo Ludovic MARIN/AFP
En un peu plus de dix ans, le nombre d'entreprises pratiquant le mécénat a décuplé. En 2005, elles étaient environ 6 500 ; en 2017, presque 69 000. L'État, soucieux de réduire ses dépenses, a encouragé cet essor, en mettant en place, depuis 2003, un cadre fiscal avantageux.

Dans le domaine du patrimoine, le mécénat a pris une importance considérable. Les grandes entreprises contribuent à des chantiers emblématiques : Saint-Gobain ou Renault à Versailles, Chanel au Grand Palais à Paris. Les particuliers ne sont pas en reste. Les Français aiment le patrimoine et le prouvent : on se souvient du succès de la Mission Patrimoine, menée par Stéphane Bern, qui a levé 20 millions grâce à un Loto et à des dons en ligne. « Le patrimoine, c'est une cause nationale qui engage tout le monde », avait déclaré Emmanuel Macron au lancement de l'initiative.

L'attachement des Français, richissimes ou désargentés, est de nouveau éclatant, depuis l'incendie de Notre-Dame, lundi dernier : 850 millions d'euros ont été récoltés en trois jours pour la restauration de la cathédrale...

Cécilie de Saint Venant est la directrice de la communication, de la marque et du mécénat à Chambord, dans le Val de Loire. Elle explique : « Chambord s'est donné pour objectif de s'autofinancer. On en est à 90,1  % en 2018. Là-dedans, le mécénat pèse 12 à 15  % de notre budget total ». Le cap a été fixé par l'État qui, en 2005, a transformé le château de François 1er en EPIC -- établissement public à caractère industriel et commercial. Un lieu à vocation publique, mais une gestion proche de celle d'une entreprise privée.
« Bercy vérifie tout ce qu'on fait »

Depuis 2005, le budget du mécénat est passé de 50 000 euros en 2009 à 1,5 million en moyenne. Planter des vignes, faire un potager en permaculture, restaurer le mur d'enceinte via un chantier d'insertion... « Nos projets sont liés au développement durable ou au social, cela permet de toucher des mécènes autres que ceux qui s'intéressent traditionnellement au patrimoine. »

Faut-il voir, dans l'essor du mécénat, le signe d'un désengagement de l'État ? « Bercy vérifie tout ce qu'on fait, précise Cécilie de Saint Venant. L'État est chez lui à Chambord. Si on a une gestion saine, cela permet de redistribuer les crédits vers des lieux où il est plus difficile de s'autofinancer ».

Philippe Bélaval, président du Centre des monuments nationaux (CMN), abonde : « Il ne faut pas récuser le mécénat pour des raisons idéologiques. Évidemment, c'est plus facile d'obtenir des partenariats pour acquérir une oeuvre emblématique ou pour refaire une façade, que pour sécuriser un système électrique... Mais dans un contexte où la subvention publique devient plus rare, c'est un outil indispensable, qui permet de distribuer ailleurs les crédits... ».
Notre-Dame, et après ?

Paradoxalement, Philippe Bélaval est plutôt inquiet de l'après-Notre-Dame : « Je remarque que des mécènes parfois difficiles à joindre ont offert des sommes sans commune mesure avec ce qu'ils proposent habituellement... Du coup, on peut se demander : que restera-t-il pour d'autres opérations ? Cent millions d'euros, ça éponge les capacités de contribution par ailleurs... ». Or, le CMN gère une centaine de monuments, partout en France. Que restera-t-il pour ses cloîtres et ses moulins, ses églises et ses chapelles ? Désormais, le sort de ce patrimoine dépend, pour une part, de la générosité des Français, et des entreprises.
R.B.

 

 
 

 

En quête de veilleurs de châteaux

Publié dans le panorama le Dimanche 21 avril 2019 à 08:02:36

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En quête de veilleurs de châteaux
 

 
Les veilleurs doivent surveiller l'usure et la dégradation des ruines, comme ici au château du Hagueneck (Wettolsheim). PHOTO DNA - Laurent Habersetzer
Les veilleurs de châteaux sont le premier maillon de la chaîne de préservation du patrimoine castral haut-rhinois. Ce sont eux qui se rendent régulièrement sur site afin de faire remonter à la commune et au département les interventions nécessaires. Le département du Haut-Rhin a donc lancé début avril une nouvelle campagne de recrutement pour renforcer le réseau des veilleurs de châteaux. Les bénévoles seront formés par le conseil départemental et ses partenaires aux gestes qui permettent de prévenir l'usure et la dégradation des ruines et de leur environnement.

La formation s'organise autour de visites présentées par des spécialistes d'architecture militaire médiévale, ou encore de petits chantiers de maçonnerie. Outre la sensibilisation à l'histoire et à l'archéologie, les veilleurs sont également formés aux premiers secours. Le département fournit aux volontaires le matériel nécessaire à leur mission : casques, gants et gilets de sécurité, matériel pour des chantiers de débroussaillage et de petite maçonnerie.
Expériences concluantes

L'Alsace est la région d'Europe qui compte le plus grand nombre de châteaux forts en montagne, avec une centaine de sites répartis dans la région. Dans le Bas-Rhin, le réseau des veilleurs de nuit a été mis en place il y a une quinzaine d'années. L'initiative a ensuite traversé les frontières du département. Depuis 2016 des expériences concluantes ont permis à déjà neuf châteaux du Haut-Rhin d'être préservés, grâce à l'action d'une trentaine de bénévoles. Mais ce sont plus de trente « ruines » qui nécessitent aujourd'hui la surveillance des veilleurs. La priorité est mise sur les châteaux qui ne disposent pas déjà d'une association active, et dont les communes sont propriétaires. La préservation du patrimoine est un enjeu culturel et touristique important pour la région. Le département a alloué sur le budget 2019 une enveloppe de neuf millions d'euros sur dix ans, dédiée à la préservation du patrimoine, dont les châteaux.

« La période la plus prenante c'est l'été », rappelle François Tachon, veilleur du château du Hagueneck. « Il faut venir régulièrement pour nettoyer les ordures des promeneurs. En hiver, c'est plus de l'entretien lié à la forêt, j'ai moins besoin de venir. » Une activité qui lui plaît puisqu'elle permet de se balader, « de se sentir proche de l'héritage que nous ont laissé ceux qui nous ont précédés. Quand on voit que certains châteaux ne sont plus qu'un tas de pierres, c'est un peu désolant... ».
Guilhem DORANDEU

 

 
 

 

territoires médicaux - Sous bonne garde à Colmar ?

Publié dans le panorama le Dimanche 21 avril 2019 à 08:26:16

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territoires médicaux - Sous bonne garde à Colmar ?
 

 
2017 a été une année noire à Colmar avec quatre fermetures de cabinets de généralistes. Leurs collègues ont dû se partager les plus de 4 000 patients soudain sans médecin de famille ( L'Alsace du 31 décembre 2017).

Les installations de nouveaux médecins n'ont pas, de loin, compensé ces départs, pour une raison simple : « Actuellement, pour remplacer un partant, on estime qu'il faut 1,8 médecin au moins car les nouvelles générations ne souhaitent plus travailler autant d'heures », résume Pierre Lespinasse, délégué de l'Agence régionale de santé (ARS) dans le Haut-Rhin.

Les journées continues de 8 h à 21 h qu'avalent les généralistes ne font plus rêver les jeunes (et on les comprend).
Soulager les urgences

La crainte à Colmar comme dans le reste du Haut-Rhin est de voir les difficultés s'accentuer. En cause, une pyramide des âges inquiétante : 57 % des médecins haut-rhinois avaient plus de 55 ans en 2017 (voir l'infographie ci-dessous).

En l'absence de cabinets en nombre suffisant en ville, et de médecins en nombre suffisant pour assurer la garde, le risque est de voir à terme les urgences de l'hôpital étouffer sous les consultations non urgentes.

La profession réagit sur plusieurs fronts. Le premier a été de rendre la garde de nuit moins lourde à porter pour les 52 % de médecins généralistes qui participent au roulement (lire l'encadré ci-contre).

Or, la garde telle qu'elle s'effectuait à Colmar jusqu'à l'an dernier avait tendance à « décourager les jeunes de s'installer », note Jean-François Cerfon, président du Conseil de l'ordre des médecins du Haut-Rhin.

Colmar faisait en effet partie des derniers secteurs du Haut-Rhin (il en reste trois) à assurer la garde pendant la nuit profonde de minuit à 8 h du matin.

La création de la maison médicale en juillet 2018 à Colmar a mis un terme à cette charge ( L'Alsace du 3 octobre 2018).

Un accord entre tous les acteurs de la garde a permis de mettre en place un système moins lourd pour les généralistes : ils sont de garde tous les soirs de 20 h à minuit en semaine et les week-ends toute la journée. Les urgences se chargent quant à elles de la nuit profonde (de minuit à 8 h du matin).
Maison médicale : premier bilan

Un premier bilan, partiel car sur les six premiers mois d'exercice seulement, est plutôt positif. 343 personnes ont consulté à la maison médicale de garde de Colmar de juillet à décembre 2018, ce qui fait « deux à trois consultations par soir et 25 à 30 par week-end, ni plus ni moins de consultations qu'avant », constate Pierre Lespinasse.

Seul bémol, mais de taille : « Une part non négligeable des patients vus par les médecins de Colmar viennent d'un autre secteur de garde. »
Des secteurs en difficulté

Autour de Colmar, d'autres secteurs sont en souffrance comme Kaysersberg dont les médecins ne sont plus assez nombreux pour assurer la garde de nuit (voir l'infographie ci-dessus). En conséquence, le Centre 15 oriente les habitants du secteur en quête d'un médecin de garde vers les secteurs de Ribeauvillé et Orbey-Lapoutroie, encore bien pourvus.

La garde n'est dans ce cas que la partie émergée de l'iceberg. C'est la permanence des soins qui est en danger, avec des installations qui ne compensent plus les départs.

« En Alsace, on a encore un peu de marge, tempère Jean-François Cerfon. La moyenne française est de 260 médecins pour 100 000 habitants, en Alsace on est à 300. » De quoi avoir le temps de se réorganiser selon un nouveau paradigme. « Avoir un médecin partout où il y a un clocher, cela n'existera plus, confirme M. Cerfon. Actuellement, on pousse au regroupement de cabinets à la sortie des vallées, par exemple ».

À Fréland, la première maison pluridisciplinaire de la région colmarienne a été créée en 2009 avec un certain succès. La tendance se confirme avec des projets en cours à Orbey et Ammerschwihr (lire p. 23).

D'autres pistes sont explorées dans le Haut-Rhin comme l'extension des horaires de la régulation libérale au Centre 15 (lire aussi page 23) pour éviter l'engorgement du Samu et des urgences avec des problèmes du quotidien.
Marie-Lise PERRIN LIRE La suite de notre dossier page 23.

 

 
 

 

territoires médicaux (suite) - Se regrouper pour mieux soigner

Publié dans le panorama le Dimanche 21 avril 2019 à 08:25:13

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territoires médicaux (suite) - Se regrouper pour mieux soigner
 

 
Six infirmières, trois médecins et deux kinés travaillent au sein de la maison de santé pluridisciplinaire de Fréland, la première a avoir ouvert ses portes dans le secteur de Colmar en 2012. Photo L'Alsace/Vanessa Meyer
Depuis qu'il travaille en groupe, le docteur François-Xavier Schelcher a vu ses revenus baisser de 30 % environ. Pourtant, il ne changerait de pratique pour rien au monde.

« J'ai l'impression d'avoir amélioré mes conditions de travail en partageant avec mes collègues. Je m'autorise plus de temps avec les patients », témoigne le généraliste de 39 ans. Avant de créer son cabinet, François-Xavier Schelcher a fait quatre ans de remplacement en cabinet : « On finissait à 21 h 30 avec une heure de papiers derrière. » Ce n'est pas la vie dont il rêvait.
De nouveaux médecins s'installent

Aujourd'hui, il est à la tête d'une maison qui attire de nouveaux soignants : « On est obligé de refuser des spécialistes par manque de place, c'est un crève-coeur. » Depuis 2012, lui et son associé de la première heure ont réussi à attirer à Fréland un troisième médecin ainsi que deux kinés. « Et une de mes internes s'est installée à Labaroche, qui avait été sans médecin pendant deux ans », souligne le docteur Schelcher. Cerise sur le gâteau, le secteur d'Orbey-Lapoutroie, dont dépend Fréland, est le dernier dans la région colmarienne à assurer la garde médicale pendant la « nuit profonde » (de minuit à 8 h du matin). Un parcours sans faute.
Pionniers en 2012

Pourtant, rien à n'a été facile. « À l'époque l'Agence régionale de santé en Alsace était frileuse par rapport à ce type de projet. On a eu le soutien des élus locaux et de Jean-Louis Christ, maire de Ribeauvillé, mais ça a été un parcours du combattant. » De 2009 à 2012, précisément, date à laquelle la maison de santé pluridisciplinaire (MSP) a ouvert ses portes dans des locaux modernes et sur un terrain qui appartiennent à la municipalité.
Des urgences qui ploient sous les demandes de soins non urgents

Aujourd'hui, l'ARS encourage fortement ce type de projets (lire l'encadré ci-contre). Un est en passe d'aboutir à Orbey, un autre se construit à Sigolsheim, dans un secteur particulièrement touché par le manque de médecins. Le maître mot est d'assurer la permanence des soins, mise à mal par les départs à la retraite de généralistes, mais également de désengorger les urgences, qui ploient sous les demandes de soins non urgents.

Certains imaginent même aller plus loin. Anciens urgentistes tous les deux, le docteur Fuchs et son associé le docteur Stenger espèrent délester les urgences de Colmar de la « petite chirurgie » qu'ils sont capables de pratiquer eux-mêmes dans les 800 m² de leurs futurs locaux, au premier étage de l'Espace Pluriel à Sigolsheim.
Fluidité et anticipation

Mais ce n'est peut-être pas là le bénéfice principal des MSP pour les patients. Ancien urgentiste lui aussi, le docteur Schelcher ne pratique finalement que très peu la petite chirurgie au quotidien.

Il estime cependant éviter de nombreux passages aux urgences grâce à la coordination intrinsèque au travail en MSP, où chacun - infirmière à domicile, kiné, médecin traitant - se rencontre et échange. « Quand on travaille ici, on voit que si on coordonne bien nos actions, on peut anticiper la dégradation d'une personne qui ne finira donc jamais aux urgences », résume François-Xavier Schelcher.

Un travail chronophage. « Mais c'est le coeur de notre métier de généraliste. »
Marie-Lise PERRIN

 

 
 

 

Haut-Rhin Les 70 ans de la Ligue contre le cancer Indispensables bénévoles

Publié dans le panorama le Dimanche 21 avril 2019 à 08:07:21

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Haut-Rhin Les 70 ans de la Ligue contre le cancer
Indispensables bénévoles
La Ligue contre le cancer du Haut-Rhin a fêté ses 70 ans d'existence, jeudi, à Colmar. L'occasion pour le docteur Bruno Audhuy, président du comité départemental, de mettre en avant les bénévoles qui permettent à la Ligue de soutenir nombre de projets.
 

 
Le docteur Bruno Audhuy, président de la Ligue contre le cancer du Haut-Rhin, a rendu hommage aux centaines de bénévoles qui s'investissent.
Après le centenaire de la Ligue nationale contre le cancer en 2018, cette année, c'est à la Ligue contre le cancer du Haut-Rhin de fêter ses 70 ans. Un anniversaire qui a permis de souligner l'action du bénévolat. « Tout est basé sur le bénévolat, depuis le début. Les bénévoles sont irremplaçables. On a souhaité leur rendre hommage pour montrer combien ils sont indispensables, à tous les niveaux : pour trouver des fonds, écouter et accueillir, et soutenir la recherche », explique le professeur Bruno Audhuy, président de la Ligue du Haut-Rhin.

Après leur assemblée générale, jeudi 11 avril, dans l'auditorium du lycée Saint-André à Colmar, le docteur Bruno Audhuy a retracé l'histoire de la Ligue depuis sa création, avant la projection d'un film mettant en avant les différents bénévoles, notamment les quêteurs, une particularité haut-rhinoise.
« Trouverde nouvelles sources de revenus, plusen accord avecnotre époque »

En dix ans, la Ligue contre le cancer du Haut-Rhin a reversé 8,6 millions d'euros aux chercheurs de la région alsacienne. Pour valoriser le travail des quêteurs, le professeur Bruno Audhuy avait invité le docteur Irwin Davidson, directeur du département « Génomique fonctionnelle et cancer » à l'IGBMC à Strasbourg pour qu'il présente son travail. « Mon équipe de 25 personnes a besoin de 300 000 EUR par an. Avec 110 000 EUR par an de dons de la Ligue, c'est plus du tiers de notre budget. L'argent que vous donnez finance directement mon équipe : du matériel, des bourses d'études pour les doctorants. Sans cet argent, on devrait arrêter certaines recherches mais ces dernières sont interconnectées. En arrêter une pourrait ralentir toutes les autres », a expliqué le chercheur, soutenu par la Ligue depuis dix ans. Un discours qui a éclairé les bénévoles sur la destination des fonds qu'ils récoltent.

En 2018, les 1 931 quêteurs ont récolté 998 985 EUR dans le Haut-Rhin, ce qui représente 50  % des ressources de l'association haut-rhinoise. Un chiffre en baisse de 3,6  % par rapport à 2017, tout comme le nombre de donateurs, en baisse lui aussi de 6  % par rapport à 2017. « En 2019, il faudra trouver de nouvelles sources de revenus, plus en accord avec notre époque, sans toucher à notre quête, qui est importante », estime le docteur Bruno Audhuy, président du comité départemental.

Les 2,4 millions d'euros de ressources de la Ligue en 2018 ont été dépensés pour financer les trois centres de la Ligue (Colmar, Mulhouse, Folgensbourg) qui ont accueilli 642 personnes en 2018 (417 154 EUR) ou redistribués sous forme d'aides financières aux personnes malades (195 890 EUR), sous forme d'aides à la recherche contre le cancer dans le Haut-Rhin (562 584 EUR) ou dans les régions voisines (245 000 EUR) et enfin pour soutenir les hôpitaux (286 874 EUR).
Christelle DIDIERJEAN et Marie-Lise PERRIN

 

 
 

 

Cancer colorectal : danger sur le dépistage

Publié dans le panorama le Dimanche 21 avril 2019 à 08:12:43

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Cancer colorectal : danger sur le dépistage
 

 
Le professeur Thierry Ponchon. Photo E.V/LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ.
« Je suis volontairement provocateur, mais on ergote sur la limitation de vitesse à 80 km/h qui a permis de sauver 116 vies en six mois. Là, on parle de 17 000 morts par an et personne ne dit rien ! ».

Thierry Ponchon est en colère. Gastro-entérologue à Lyon, il préside aussi le Centre régional de coordination des dépistages des cancers en Auvergne-Rhône-Alpes. Objet de son courroux, l'attitude de l'Assurance-maladie qui, selon lui, n'anticiperait pas assez le lancement de la procédure pour renouveler le stock de tests de dépistage pour le cancer colorectal. Et du coup, la population risque de manquer de tests. « Le cancer colorectal, c'est 17 000 morts par an, soit cinq fois plus que le nombre de tués sur les routes, et aujourd'hui nous allons encore prendre du retard dans le dépistage, comme cela avait déjà été le cas en 2015 », précise-t-il.
Marché des tests de dépistage: trois groupements d'entreprises ont vu leur offre rejetée

Pour comprendre ce qui se passe il faut savoir que tous les quatre ans, la Cnam (Caisse nationale d'assurance maladie) a obligation de lancer un appel d'offres pour renouveler le marché des tests de dépistage. Le dernier appel d'offres, pour la période 2019-2022, a été lancé le 21 juin 2018, mais trois groupements d'entreprises ayant vu leur offre rejetée (N.D.L.R. : le marché représente 200 millions d'euros sur cinq ans) ont déposé, début mars 2019, un recours devant le tribunal administratif de Paris. Ce dernier a tranché en leur faveur, estimant que les règles de la concurrence n'avaient pas été respectées. Le 1er avril 2019, le tribunal a donc annulé la procédure de passation du marché pour la fourniture et la lecture de tests immunologiques. La Cnam a indiqué qu'elle allait faire appel du jugement du tribunal administratif devant le Conseil d'État.

Reste que dans les centres de dépistage chargés de distribuer les tests, on tire la sonnette d'alarme. C'est le cas du docteur Exbrayat, responsable du programme colorectal pour l'Isère : « Il nous reste 1 000 tests en stock, soit de quoi tenir encore un mois, entre ceux que nous adressons aux médecins généralistes et ceux que nous expédions directement aux patients. Au-delà du 15 juin, nous ne savons pas comment nous allons faire... ».
L'Assurance-maladie assurequ'il n'y aura pas de pénurie

L'Assurance-maladie, elle, se veut rassurante : « À la fin de l'année dernière, sachant que les attributions du marché avaient déjà donné lieu à un recours la fois précédente, nous avions anticipé sur d'éventuelles difficultés et avions commandé au prestataire sortant 1 million de kits avec un avenant pour permettre leur lecture. Grace à ce stock, nous avons de quoi fournir les structures de dépistage jusqu'au 15 juin. À cette date, nous aurons lancé une nouvelle procédure de marché qui devrait aboutir dans neuf mois. D'ici là, nous prendrons des dispositions nécessaires pour assurer la continuité du dispositif jusqu'à la notification du nouveau marché qui devrait intervenir à la fin de l'année. Cela prendra la forme d'une solution contractuelle exceptionnelle et d'urgence, qui permettra la réouverture des commandes et la continuité de la lecture des kits. Notre priorité a toujours été de garantir la continuité de ce dépistage ».

Des explications qui sont loin de convaincre Thierry Ponchon : « Avec 1 million de tests, on ne tient pas six mois, mais trois au maximum, et encore, à condition que tous les tests soient utilisés et que personne n'en garde en stock. Ce qui est évidemment impossible. La région Paca n'a plus de stocks, en Île-de-France sept départements sur huit ont arrêté les invitations. Or, décaler les invitations, comme ce fut déjà le cas en 2015 avec un retard lié à la lenteur de la procédure et à la mise en place d'un nouveau test immunologique, signifie repousser le diagnostic de cancer chez potentiellement 20 000 personnes. Et en réalité, 850 personnes ont vraiment un diagnostic retardé par mois de retard d'invitation. Je suis par ailleurs curieux de voir comment la Cnam va lancer une mesure contractuelle exceptionnelle avec un prestataire, alors qu'elle est déjà contestée par les autres prestataires... ». Et Thierry Ponchon de conclure, dépité : « Il est quand même incroyable que la vie de 850 personnes par mois soit suspendue à une décision du Conseil d'État. Quelle gestion catastrophique ! ».
Eric VEAUVY

 

 
 

 

La Sim, entre fantasmes et soupçons

Publié dans le panorama le Dimanche 21 avril 2019 à 08:06:12

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La Sim, entre fantasmes et soupçons
 

 
Donnée à la Société industrielle de Mulhouse par le pasteur cernéen Jérémias Meyer en 1831, la momie de Djedmoutiouesankh, datant d'environ 900 ans avant JC, est exposée au musée d'histoire naturelle et d'ethnographie de Colmar. Elle est l'un des innombrables joyaux des collections de la Sim. Photo L'Alsace/Hervé Kielwasser
? La Société industrielle,un acteur toujours incontournable à Mulhouse.

Derrière les mystères du Musée de l'impression sur étoffes, les fantômes de la Société industrielle de Mulhouse ? Les vols survenus au Mise ont mis en lumière le rôle historique de la Sim. Créée en 1826, elle a perdu de son influence au fur et à mesure de la désindustrialisation, les grands industriels mulhousiens ne se comptant plus que sur les doigts d'une main. Il n'empêche que le poids de l'histoire fait que l'association demeure un acteur incontournable dans la cité du Bollwerk. Outre les locaux de la place de la Bourse, l'association est propriétaire de l'immeuble dans lequel est installé le Musée de l'impression sur étoffes. Elle en est même à l'origine, en 1955, avec la ville de Mulhouse.

La Sim, surtout, dispose d'un trésor de guerre constitué de collections historiques léguées par ses membres au fil des décennies. Celles liées au textile, notamment des échantillons de tissus, ont été déposées au Mise. Les autres livres, tableaux, sculptures, porcelaines et céramiques ou momies sont dispersés dans différents musées alsaciens, prêtés par la Sim. Or, au vu des événements survenus au Mise, Mulhouse bruisse des plus folles rumeurs, alimentées par un certain goût du secret. « Ce n'est pas une loge franc-maçonne mais elle garde en elle deux siècles de protestantisme », note un observateur.
? Y a-t-il un projet de vented'une partie des collections de la Sim ?

« La vente des collections de la Sim n'est pas à l'ordre du jour. Le seul projet en cours est celui de la mise à disposition de certaines belles pièces de la collection d'arts décoratifs au musée des Beaux-Arts de Mulhouse », assure le président de la Sim. En 2015, Luc Gaillet avait pourtant obtenu l'aval du conseil d'administration de l'association pour vendre une partie de ces collections afin de financer divers projets. Le problème de la Sim est qu'elle a des coûts de structures, notamment pour entretenir ses bâtiments, et pour seules recettes la location de salles. « On est en droit d'imaginer qu'une partie de ce qui dort à droite ou à gauche pourrait contribuer à accélérer des travaux de rénovation », reconnaît un administrateur.

« La Sim a un problème de trésorerie à régler. Si les collections n'ont pas une valeur exceptionnelle, elles sont un élément de l'identité de Mulhouse. À défaut d'intégralité, il faut espérer que si vente il y a un jour, l'intégrité des collections sera respectée », note un historien mulhousien.
? La Sim a un projet de centre de conférences. Comment compte-t-elle le financer ?

« Le financement du projet est assuré par les subventions de la région, du département, de M2A (Mulhouse Alsace agglomération) et de la CCI. Les appels d'offres ont été lancés et les négociations sont en cours sur les marchés de travaux », indique dans un langage très diplomatique le président de la Sim, Luc Gaillet. Un autre administrateur est plus direct : « Le financement est bouclé. Pourquoi vendrions-nous une partie de nos collections ? »

Le projet, d'un coût d'environ 600 000 EUR, prévoit la construction d'un grand amphithéâtre dans l'immeuble de la place de la Bourse. « C'est un élément ressemblant à ce qui existe à l'école de chimie et qui, en plein centre-ville, à côté de la gare, avec cabines de traduction et autres services, doit concourir à l'attractivité de Mulhouse », résume Gilbert Stimpflin, président de la Chambre de commerce et d'industrie.
? Que contiennent les collections de la Sim ?

« La grande majorité des collections de la Sim sont déposées dans différents musées et institutions. Les contrats de dépôt ont tous été mis à jour ces dernières années, avec obligation pour le dépositaire de procéder régulièrement à un inventaire. Ces dispositions générales concernent en particulier la collection d'arts décoratifs, soit environ un millier d'objets en dépôt au Mise. Les vases Gallé volés appartiennent à cette collection », indique le président Gaillet. Il ajoute : « À la suite de ces vols, un inventaire complet de la collection d'arts décoratifs de la Sim a été fait et a amené à constater la disparition de trois autres objets, de bien moins grande valeur. Une plainte complémentaire a été aussitôt déposée. »
? Quel est leur statut ?

La Société industrielle est propriétaire des collections qui lui ont été données ou léguées. Elle peut donc en disposer librement, notamment les vendre. Sauf si des dispositions contraires ont été spécifiées lors des donations et legs.
? Sont-elles visibles ?

À l'exception des oeuvres exposées dans les musées, la composition des collections complètes de la Sim relève du secret d'État. Il y a plusieurs années, un inventaire complet avait été réalisé. « La réflexion à l'époque était de pouvoir conserver ces objets dans de bonnes conditions, voire de créer un cabinet de curiosités », raconte un ancien administrateur. Luc Gaillet lui-même prône la transparence mais indique en même temps qu'il « ne sera pas possible de visiter ces collections, sauf celles qui sont exposées dans les différents musées et institutions dépositaires ».

Conséquence de ce goût du secret, la vente d'objets des collections de la Sim pourrait intervenir sans que personne ne s'en aperçoive. C'est, semble-t-il, ainsi que de très nombreux objets numismatiques ont été vendus à la fin des années 90. Comment ? À qui ? Ce qui est sûr, c'est que la collection numismatique de la Sim n'existe plus.
? Un homme à double casquette.

Le conseil d'administration de la Sim compte en son sein Frédéric Guthmann. Secrétaire général de l'Ena depuis deux mois, l'homme préside le Comité consultatif du patrimoine mulhousien (CCPM). « Cette double casquette va l'amener à gérer des situations extrêmement complexes », analyse un défenseur du patrimoine mulhousien.
? Quel avenir pour le Mise ?

« Comme tous les Mulhousiens, j'ai une question et une préoccupation », répond Luc Gaillet à propos du Musée de l'impression sur étoffes. « La question est : quelles sont les responsabilités dans les vols commis au sein des collections du Mise ? J'attends avec impatience de connaître le résultat de l'enquête judiciaire. La préoccupation est : comment et sur quel projet va-t-on assurer l'avenir du Mise ? Celui-ci est à la fois un élément majeur de la mémoire de Mulhouse et l'un des piliers de l'incomparable ensemble de musées techniques de la ville », conclut le président de la Sim.
Laurent BODIN

 

 
 

 

mulhouse - Une plaque pour les cigognes

Publié dans le panorama le Dimanche 21 avril 2019 à 08:01:38

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mulhouse - Une plaque pour les cigognes
 

 
Les cigognes ont désormais leur plaque officielle à Mulhouse.

Photo L'Alsace/Vincent Voegtlin

Il y avait du monde ce samedi matin 20 avril pour le dévoilement d'une plaque par Frédéric Marquet, président de l'association Mulhouse j'y crois et initiateur d'une mobilisation citoyenne pour la pérennisation d'un nid de cigogne au centre-ville de Mulhouse.

Ce nid est installé sur le toit de la Salle des adjudications, rue des Archives, juste à l'arrière de l'hôtel de ville.
« 800 dans toute l'Alsace »

Depuis février, un couple est de retour et veille sur ses oeufs, en cette période. « Nous avons réussi à récolter 7000 EUR à Mulhouse, avec notre action pour assurer l'installation d'un nid. Cette somme a été réunie grâce à des Mulhousiens et des sympathisants, sans oublier quelques entreprises. En 1987, on comptabilisait 30 couples de cigognes contre 800 aujourd'hui, dans toute l'Alsace. »

Frédéric Marquet a rappelé que les élèves de l'école proche, Cour de Lorraine, s'étaient également investis dans cette action. L'opération avait été lancée en mars 2014. « Dix jours après l'installation du nid sur le toit, un couple s'y est posé. »

Depuis, chaque année, les passionnés de cigognes attendent leur retour. Et le président de Mulhouse j'y crois de lancer avec fierté : « Nous sommes la seule ville en Alsace qui disposons d'un nid au centre-ville. Cela marque aussi notre appartenance à la région. »
Sous surveillance

Ces cigognes sont surveillées de près par la LPO (Ligue de protection des oiseaux). Des responsables étaient présents à cette petite cérémonie.

Pour marquer ce moment, il était possible, ce samedi, d'observer le nid grâce à une lunette installée sur la place de la Réunion, en marge du marché paysan de Pâques.

Il était aussi possible de profiter des profils réalisés en papier découpé par Jean-Paul Lieby, auteur bien connu d'Emma la Cigogne.

Ce dévoilement de plaque posé côté passage de l'Hôtel-de-ville s'est déroulé en présence du maire de Mulhouse Michèle Lutz et de certains élus.
S.H.

 

 
 

 

« Chez Rosalie » premier prix

Publié dans le panorama le Dimanche 21 avril 2019 à 07:59:19

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« Chez Rosalie » premier prix
 

 
Un 1er prix de fleurissement
Classés 3e, l'an passé, Thierry Jaegy et son épouse ont, cette fois, décroché le 1er prix lors du concours départemental des villes, villages et maisons fleuris 2018, dans la catégorie hôtels, restaurants, gîtes et prestataires en accueil touristique, pour leur gîte Chez Rosalie, situé à Sainte-Croix-en-Plaine.

La remise des prix s'est déroulée au conseil départemental du Haut-Rhin et c'est Brigitte Klinkert, la présidente et Pierre Bihl, le président du jury départemental, qui leur ont remis leur prix. Il faut dire que leur maison familiale, une ancienne ferme, outre un terre-plein, présente quatre balcons et 32 mètres de terrasse. « Il y a près de 200 géraniums, en tout ! », raconte Mme Jaegy. « Et, peut-être encore plus, cette année, avec l'allongement de 10 m de la terrasse ! »

 

 
 

 

Sainte-Croix-en-Plaine Assemblée générale Générations Mouvement 68 Cinquante-deux clubs affiliés

Publié dans le panorama le Dimanche 21 avril 2019 à 07:59:39

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Sainte-Croix-en-Plaine  Assemblée générale Générations Mouvement 68
Cinquante-deux clubs affiliés
La fédération haut-rhinoise de Générations Mouvement - anciennement Aînés ruraux - a tenu il y a peu son assemblée générale dans la Maison de l'agriculture, à Sainte-Croix-en-Plaine.
 

 
Liliane Jaegy est entourée de Brigitte Klinkert, de Pierrette Bonjean et des membres du conseil d'administration.
Les délégués des 52 clubs affiliés sont venus de tout le département pour participer aux votes. Chaque année, de nouveaux clubs se rajoutent ; le dernier en date étant les Silwerlecklas de Muntzenheim. Pierrette Bonjean, présidente de la fédération, a été ravie d'accueillir Brigitte Klinkert, présidente du conseil départemental du Haut-Rhin et Michel Guilbert, vice-président de la fédération nationale Générations Mouvement.

Durant son intervention, Brigitte Klinkert a parlé des « valeurs qui nous rassemblent », dont « la solidarité qui représente la moitié de notre budget départemental ». Elle a précisé encore : « En 2019, les seniors sont notre priorité ». La cotisation individuelle pour l'adhésion à la fédération a été fixée à 6,50 EUR. Liliane Jaegy, membre du conseil d'administration depuis plus de dix ans, a souhaité se retirer. Elle a été félicitée et honorée par les participants en recevant un bel arrangement de la part de la présidente.
Une grande consultation nationale

Quatre nouveaux membres ont été élus au conseil : Michèle Leiby, Guy Pierron, Jean-Pierre Schreiber et Michel Mette. Parmi les projets de 2019, il faut mentionner le voyage en Italie au mois de mai, la rencontre départementale des responsables des clubs le 4 octobre 2019 et les formations en informatique sur cinq secteurs. Stéphane Inverardi était invité à titre de consultant pour apporter quelques conseils sur le site de la fédération (https ://www.generations-mouvement-68.com/). Les participants ont pu intervenir en posant des questions ou en émettant des propositions sur les différentes orientations proposées.

Tout en saluant le dynamisme de la fédération haut-rhinoise, Michel Guilbert a développé les deux grands projets de la fédération nationale : une grande consultation nationale et des innovations concernant la gestion des membres.

 

 
 

 

Landser Portes ouvertes au collège-lycée Les prochains chantiers à Don Bosco

Publié dans le panorama le Dimanche 21 avril 2019 à 07:59:59

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Landser Portes ouvertes au collège-lycée
Les prochains chantiers à Don Bosco
Les portes ouvertes du collège-lycée Don Bosco de Landser ont donné l'occasion de se plonger dans le passé de l'établissement.
 

 
Dans quelques jours, les bâtiments de l'ensemble conventuel - hormis l'église - seront livrés aux démolisseurs. Une pancarte présente le nouveau complément scolaire. La présidente du conseil départemental du Haut-Rhin, Brigitte Klinkert, a visité le monastère déserté.
Le 1er mars 1929, le père salésien Victor Kolmer prenait possession de la « maison de Landser », léguée par la dernière descendante de la famille Wendling. Dix décennies plus tard, l'Institut Don Bosco poursuit plus que jamais l'oeuvre portée par les fondateurs puis les bâtisseurs de l'établissement secondaire.
« Grandir aux couleurs de Don Bosco »

Les trois jours de festivités auxquels conviait le millier d'élèves scolarisés de la 7e à la terminale, ne sont en rien là pour démentir... Comme tous les cinq ans, les portes ouvertes festives de Don Bosco Landser ont tenu toutes leurs belles promesses de rencontres et d'échanges entre anciens et nouveaux élèves, entre familles et corps enseignant.

De salle de salle, les réalisations associées aux talents des jeunes, l'engagement sans faille des professeurs auront témoigné du savoir-faire éducatif de l'institut qui a ouvert ses portes en 1931.

Plusieurs centaines de personnes, jeunes et moins jeunes, sont allées à la découverte de l'histoire singulière des lieux, rappelée par le binôme des professeurs retraités, Michel Wisselmann et Patrick Grundrich. Dans l'espace Kolmer, les visiteurs, témoignant de leur réel attachement à la maison, ont pu s'attarder devant les panneaux retraçant notamment les « débuts héroïques et contrariés par le second conflit mondial », l'après-guerre et le temps de l'internat jusqu'au crépuscule des années 1980, et enfin les nombreux projets d'agrandissement à la croisée des millénaires. Ce sont des centaines de pages de classeurs contenant des photographies de classes qui ont été tournées.
Le futur espace Kolmer en chantier

La liste des extensions sera allongée par la mise en chantier prochaine du projet visant à démolir les anciens bâtiments du monastère voisin de Saint-Alphonse - la chapelle des soeurs rédemptoristines délaissée depuis 2012 sera seule préservée - pour les remplacer par des salles de classe. Ce sera le futur espace Kolmer, sur 2 900 m². Le permis a été délivré le 12 octobre 2018.

Depuis samedi, une grande banderole a été placée sur le mur d'enceinte de l'espace conventuel acquis par les Salésiens. Une nouvelle pierre dans l'édifice de Don Bosco, occasion de revivifier l'association éponyme, présidée par Jean-Marc Hassler
Paul-Bernard MUNCH

 

 
 

 

Législatives : l'Espagne rejoue sa guerre

Publié dans le panorama le Dimanche 21 avril 2019 à 08:13:29

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Législatives : l'Espagne rejoue sa guerre
 

 
La sépulture de Francisco Franco, près du choeur du mémorial de Los Caïdos. Photo Philippe DESMAZES/AFP
Un petit rectangle de marbre à même le sol, quelques bouquets de fleurs fraîches, et un nom, Francisco Franco. Nous sommes au coeur du mémorial de la « Valle de los Caídos », consacré aux morts de la Guerre civile espagnole, à une cinquantaine de kilomètres de Madrid. L'ancien dictateur est enterré là depuis sa mort en 1975. Un demi-siècle plus tard, il est au centre de la campagne des élections législatives espagnoles : faut-il le laisser ici ou, comme l'a décrété le gouvernement socialiste, l'enterrer ailleurs, afin que le monument soit vraiment dédié à toutes les victimes, franquistes et républicaines ?
Jeunes leaders

« Pourquoi embêter Franco après tout ce temps ! Moi, ça ne me dérange pas qu'il soit là », s'énerve un retraité sur l'esplanade du mémorial. « C'est un monument mégalomaniaque, comme en ont construit Mussolini et les nazis », réplique un couple d'économistes, qui préconise d'en retirer Franco et de le dédier à la pédagogie sur la Guerre civile. « Je préfère ne rien dire, c'est trop polémique », sourit le guide, qui s'est gardé d'accompagner son groupe jusqu'à la sépulture de « Paco », comme il dit.

Étonnante démocratie espagnole. On la voyait résolument tournée vers l'avenir, et la voici rattrapée par un passé qui ne passe pas. Alors que toutes les têtes d'affiche des législatives ont moins de 50 ans, pour la plupart même pas nées au moment de la mort de Franco...
« Et le chômage, les retraites ? »

La raison de ce paradoxe est en Catalogne. La poussée indépendantiste, avec ses manifestations violentes et ses dirigeants emprisonnés ou en fuite, a brutalement réveillé la question nationale. Et le clivage s'est durci entre les partis de droite, exigeant la fermeté contre les indépendantistes, et une gauche plus favorable aux autonomies. « C'est stupide !, s'irrite Josema, tout juste trente ans et déjà beaucoup de galères. Je suis de gauche, et pas indépendantiste... Ils devraient plutôt parler du chômage, des logements trop chers, des retraites... ».

La question nationale ne peut s'apaiser, car elle est chaque jour réanimée par un nouveau venu, Vox. Issu du vieux Parti populaire (PP), qu'il dénonce en « droite molle », Vox a percé aux élections régionales d'Andalousie en décembre, en pleine crise catalane. Les sondages lui promettent aujourd'hui plus de 10  %, et l'extrême droite nationaliste va rentrer aux Cortès (parlement espagnol), un demi-siècle après Franco.
« Crise de nerfs diffuse »

La pluie froide qui depuis jeudi mouille les tambours de la Semaine Sainte n'a guère calmé les esprits. Les polémiques jaillissent sur les sujets les plus divers : l'organisation d'un débat télévisé, la conférence de presse d'un indépendantiste depuis sa prison, la législation sur le viol... « L'Espagne est victime d'une forme de crise de nerfs diffuse », analyse Enric Juliana, directeur délégué du quotidien La Vanguardia. Et à une semaine du scrutin, 40  % des électeurs se disent encore indécis.
À Madrid, Francis BROCHET