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Un ordinateur par lycéen, débat binaire

Publié dans le panorama le Dimanche 24 mars 2019 à 06:30:52

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Un ordinateur par lycéen, débat binaire
 

 
Équiper progressivement d'ordinateurs tous les élèves de seconde du Grand Est coûterait 70 millions d'euros. Archives L'Alsace/Thierry Gachon
La mesure était dans l'air depuis plusieurs semaines, mais l'annonce de Jean Rottner, au détour d'un classique point presse, en a tout de même surpris plus d'un, en milieu de semaine dernière : dès septembre prochain, tous les élèves de seconde du Grand Est seront dotés d'un ordinateur portable gratuit, le même pour tous, afin d'en réduire le coût et simplifier la maintenance (L'Alsace du 13 mars). Dans les lycées labellisés « 4.0 », c'est-à-dire ceux les supports numériques supplantent les manuels papier (111 lycées sur 353 à l'heure actuelle, la mesure sera étendue aux élèves de première et de terminale. Les lycéens concernés pourront de surcroît conserver l'ordinateur à l'issue de leurs études secondaires.
« Limiter les effetsde la fracture numérique »

Coût estimé de la mesure : 70 millions d'euros, afin d'équiper progressivement tous les lycéens d'ici la rentrée 2022. Au-delà de cette date, il en coûtera 12 millions par an pour équiper les nouveaux élèves de seconde. L'idée est de « limiter les effets de la fracture numérique et l'impact parfois lourd de l'achat d'un ordinateur pour les familles, précise un communiqué publié sur le site web du conseil régional. Cet ordinateur sera distribué dans chaque établissement dès les premiers jours de la rentrée afin de permettre aux élèves de se consacrer à leurs études. Ce ne sont pas moins de 100 000 ordinateurs qui seront commandés pour la rentrée de 2019. »

« On a déjà souvent eu l'occasion de discuter du bien-fondé de ce passage au numérique, en commission permanente ou même en séance plénière, complète la conseillère régionale Chantal Risser, membre de la majorité et vice-présidente de la commission Lycées et apprentissage. Si nous avons souhaité accélérer les choses, c'est en raison de la réforme du lycée : l'idée est d'éviter aux familles d'avoir à acheter des livres de classe neufs, trois années de suite. Bien sûr, les ordinateurs fournis seront déjà équipés de tous les manuels numériques nécessaires. »

Bizarrement, les élus d'opposition n'ont guère souvenir des débats évoqués par Chantal Risser. À gauche, à droite ou à l'extrême droite, tous ceux que nous avons interrogés se montrent au mieux froissés par la manière de cette annonce ; au pire, hostiles à la démarche, sur le fond. « C'est une mesure extrêmement coûteuse et inutile, tranche ainsi Sylvain Marcelli (Les Patriotes). Si jamais c'est débattu en plénière, nous nous y opposerons. Le problème dans l'Éducation nationale, aujourd'hui, c'est le manque de personnels. »
« Une mesuredémago »

« C'est très, très cher, par rapport à l'apport pédagogique réel que cela constitue », estime quant à elle Marie-Hélène de Lacoste Lareymondie (RN), qui s'insurge contre « l'invasion numérique » des domiciles familiaux. « C'est une mesure vraiment démago, insiste l'élue lepéniste. La gratuité, ça n'est pas cela qu'on attend. Quitte à être contraints d'y passer, autant rétablir le quotient familial. L'autre souci, c'est que le matériel pédagogique disponible sur ces ordinateurs n'est souvent pas à la hauteur. Les retours de la Région Occitanie-Languedoc-Roussillon [autre région pionnière en la matière] sont souvent désastreux, du côté des profs comme des parents d'élèves. Et puis, c'est un écran supplémentaire qui entre à la maison, avec l'aval de l'autorité scolaire... »

« Dans l'esprit des gens, ce qui ne coûte rien ne vaut rien »

Plus mesuré sur le fond, André Reichardt (membre du groupe Alsace & Territoires et par ailleurs sénateur LR du Bas-Rhin) s'avoue en revanche « étonné » par la méthode : « Cette annonce, on l'a découverte dans la presse ! Jean Rottner a décidé comme ça, tout seul, de l'usage de 70 millions d'euros d'ici 2022, en nous mettant devant le fait accompli. Cela en dit long sur le mode de fonctionnement de cette assemblée... C'est tout à fait autocratique. Un sujet pareil devrait passer en séance plénière. »

Un autre aspect du dossier chiffonne l'ancien président du conseil régional d'Alsace : « Depuis le temps que je suis élu régional, je suis vacciné "à la mode Adrien Zeller", c'est-à-dire que j'ai toujours pris grand soin d'éviter les gratuités automatiques, parce que dans l'esprit des gents, ce qui ne coûte rien ne vaut rien. Et puis, accorder la gratuité à toutes les familles, y compris à celles qui ont les moyens de se payer cet équipement, cela me pose problème. »

« Ce genre de sujet devrait être débattu dans les instances régionales »

Le Haut-Rhinois Antoine Homé (PS) se dit, quant à lui, d'accord avec le passage au tout numérique : « Cela fait des années que nous militons pour la gratuité de l'équipement informatique des lycéens. » Il considère cependant que la méthode de cette annonce « interroge » : « Le président de la région a choisi de faire une annonce politique, alors même que ce genre de sujet devrait être débattu dans les instances régionales. On n'est pas dans un rythme démocratique. Et puis, quid de la formation ? Il faut que les enseignants soient mis dans le coup... » Sa collègue Cléo Schweitzer de renchérir : « La grande question, ce sera l'accompagnement de ces nouveaux usages numériques, aussi bien du côté des élèves que des enseignants. Il faut que ces ordis soient utiles à 300 %, pas juste de mettre un écran en face de chaque élève... Et puis, il y a des zones d'ombre dans cette annonce : s'il s'agit d'éviter aux familles d'acheter des livres neufs, d'accord, mais les nouveaux programmes du lycée concerneront aussi les classes de première, dès septembre prochain... » Elle aussi s'offusque des modalités de l'annonce, faite par « un seul homme, alors qu'il s'agit d'argent public. On va forcément réagir lors de la prochaine plénière ! »

Les débats promettent d'être musclés ces 28 et 29 mars, à l'hôtel de région de Metz.
Textes : Emmanuel DELAHAYE

 

 
 

 

Unser Land moque « Petit Papa Rottner »

Publié dans le panorama le Dimanche 24 mars 2019 à 06:28:18

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Unser Land moque « Petit Papa Rottner »
 

 
Le parti régionaliste Unser Land a été l'un des premiers à réagir, lundi, à l'annonce faite par Jean Rottner - non pas pour s'en réjouir : « Unser Land dénonce la marche forcée vers le numérique dans les lycées du Grand Est, au mépris de la bonne gestion des deniers publics et de la réflexion pédagogique », attaque Andrée Munchenbach. « En 2019, Noël aura lieu en septembre, tel l'a décidé le gouverneur de notre oblast, raille encore la présidente d'Unser Land. On serait tenté de remercier Petit Papa Rottner... S'il ne finançait pas ses largesses avec les deniers du contribuable. En ces temps de rigueur budgétaire et de crise sociale et environnementale, le citoyen ne peut que rester perplexe devant la facilité avec laquelle on trouve et dépense des dizaines de millions d'euros pour un projet qui relève de l'effet de mode et dont le bilan carbone s'annonce monstrueux. Et qu'on ne prétende pas "lutter contre la fracture numérique". On lutte contre la fracture numérique en faisant accéder les fonds de vallée à l'internet à haut débit. » « Dans d'autres régions, la raison l'emporte sur l'emballement, poursuit Andrée Munchenbach. Ainsi, en Auvergne-Rhône-Alpes, le conseil régional a financé l'achat de manuels scolaires. Plus utile encore, pourquoi ne pas donner plus de moyens pour le bilinguisme, ou pour soutenir l'immersion en alsacien ? »

 

 
 

 

éducation Kennedy reconstruit et délocalisé

Publié dans le panorama le Dimanche 24 mars 2019 à 06:37:43

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éducation Kennedy reconstruit et délocalisé - Remue-ménage dans les collèges
Le calendrier de la restructuration du collège Kennedy se précise : l'objectif fixé pour le retour est janvier 2023. Pendant deux ans et demi, les élèves seront scolarisés avenue DMC. Un nouvel établissement sera aussi construit dans ce secteur.
 

 
À terme, le collège Kennedy accueillera une centaine d'élèves en plus.
« Il n'y a pas eu de restructuration des collèges mulhousiens depuis 1990, Il y a eu un certain retard », note Philippe Trimaille, conseiller départemental du canton Mulhouse 2. De grosses transformations sont à venir : à commencer par la rénovation totale du collège Kennedy, établissement de centre-ville avec des bâtiments de l'époque industrielle à conserver (lire les DNA du 30 août 2018).

Ce n'était pas prévu au départ, mais des études ont aussi été lancées pour la construction d'un nouveau collège en ville, « à horizon 2025 » pour désengorger les établissements saturés. « Les collèges mulhousiens sont en surcapacité, ce qui entraîne des problèmes de carte scolaire » (lire les DNA du 31 août). Il pourrait être situé dans le secteur de la rue Lavoisier ou de la rue de Pfastatt, « en fonction du foncier disponible ». La piste de la maison d'arrêt a été abandonnée, elle resterait domaine du ministère de la Justice, même après le transfert des détenus à Lutterbach.
Revenir en janvier 2023

Le futur collège Kennedy rénové, 13 avenue du Président-Kennedy, augmentera lui-même sa capacité d'accueil passant de 665 élèves à 750 élèves. « La restructuration portera sur plus de 4000m2 à l'intérieur avec ravalement de façade ». Il s'agit évidemment de conserver le cachet historique des bâtiments qui ont abrité en leur temps des ateliers. C'est le cas notamment de celui des élèves de Segpa (section d'enseignement général et professionnel adapté) de valeur patrimoniale.

Le bâtiment de l'administration et du CDI, plus récent, à l'entrée, sera détruit et remplacé par une nouvelle construction de 1800m2. Elle comptera en plus le pôle scientifique et la salle des professeurs. S'ajoute « le réaménagement de 6000m2 à l'extérieur avec la construction d'un nouveau préau. Il faudra empiéter un peu sur le parc arboré, mais avec conservation des arbres remarquables et classés ».

Le calendrier est maintenant fixé. « L'objectif est d'arriver à revenir dans l'établissement en janvier 2023 après deux ans et demi de travaux. » Le concours de maîtrise d'oeuvre a été lancé en décembre 2018 et l'architecte sera désigné l'été 2019. Les études devraient courir jusqu'en mai 2020, avec lancement du chantier en septembre.
Lycée-relais

C'est là qu'interviendra le gros chamboulement pour les élèves, les professeurs et tous les personnels. « On ne peut pas faire les travaux en site occupé. » La délocalisation est prévue dans l'ancien lycée Camille-Claudel, 24 avenue DMC, adapté pour ce nouveau public, avec quelques éléments modulaires en plus. Il a déjà servi d'établissement relais pour des lycées en travaux, comme Roosevelt ou Lavoisier. Il héberge encore le Greta qui rejoindra ce lycée justement. Les cours de sport continueront de se faire dans le gymnase (récent) de l'avenue Kennedy qui dispose d'une entrée propre. Pour Philippe Trimaille, « il n'y aura pas d'improvisation. Les élèves vont retrouver leur collège ailleurs, mais avec leurs enseignants. »

Un changement est à prévoir au retour. La Segpa ne pourra pas être maintenue dans son intégralité par manque de salles. Les 6e et les 5e resteront sur place. Les 4e et 3 rejoindront le collège de Bourtzwiller. « La Segpa, c'est une richesse, un cursus qui correspond aux élèves qui avancent à leur rythme. »

Dès 2020, une restructuration interviendra par ailleurs au collège Wolf (pour 3MEUR). Les restructurations toucheront par la suite le collège Villon et le collège Saint-Exupéry.
Karine DAUTEL Voir aussi la vidéo sur dna.fr

Voir aussi la vidéo sur dna.fr

 
 

 

collège Kennedy à Mulhouse - Parents inquiets

Publié dans le panorama le Dimanche 24 mars 2019 à 06:39:18

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collège Kennedy à Mulhouse - Philippe Trimaille - " les Parents inquiets"

 
Le conseil départemental du Haut-Rhin, en responsabilité des collèges, a conscience que la délocalisation du collège Kennedy à Mulhouse pendant deux ans et demi est « un vrai sujet d'inquiétude » pour les familles. « Cela prend pour eux la forme d'une aventure. » Des réunions d'information ont déjà eu lieu. « On veut que la démarche soit pleinement participative. On veut que les personnels et les parents soient pleinement associés au projet, insiste le conseiller départemental Philippe Trimaille. Cela pose pour commencer un problème de transport et de restauration scolaire. Une réponse sera de toute façon apportée ».

? Transports. - Il existe déjà une ligne de bus entre le collège Kennedy et l'ancien lycée Camille-Claudel. Mais « cela ne sera pas suffisant, estime Philippe Trimaille. Des bus seront affectés par le Département. »

? Cantine. - Une restauration sera proposée sur le site de l'avenue DMC.

? Proximité avec le collège François-Villon. - Le collège Kennedy « provisoire » va se retrouver voisin du collège François-Villon (800 élèves), en zone d'éducation prioritaire REP +. Cette cohabitation d'un grand nombre d'adolescents, pas forcément tous faciles, a déjà provoqué des réactions. Le Département et la mairie s'engagent à organiser l'accompagnement de ces collégiens, pour bien les orienter vers leurs établissements à l'arrivée. Les horaires d'ouverture et de sortie pourraient être modulés. Des médiateurs, des éducateurs... devraient les encadrer (lire aussi page 45).

 

 
 

 

Fatima Jenn : « Rassurer les parents » du collège Kennedy

Publié dans le panorama le Dimanche 24 mars 2019 à 06:42:50

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« Rassurer les parents »du collège Kennedy
 

 
La conseillère municipale Fatima Jenn réagit à l'annonce des travaux et de la délocalisation pendant deux ans du collège Kennedy (notre édition de jeudi) « Il est temps, estime-t-elle dans un communiqué, que nous prenions conscience de la très grande inquiétude des parents et des enseignants concernant le transfert des collégiens de Kennedy. Le 8 février, en conseil municipal, j'avais alerté sur le sujet mais la municipalité ne m'a apporté aucune réponse et aucune information n'a été faite aux parents que je rencontre tous les jours. Ils ont besoin pourtant d'être rassurés, c'est urgent !

La question n'est pas celle de la légitimité de ce transfert. Le projet de rénovation et d'extension porté par le Département, dont c'est la compétence, est légitime et juste, il porte une ambition réelle que j'approuve totalement et que je porte avec la majorité départementale.

Ma préoccupation est que la Ville n'exerce pas son rôle dans cette affaire : sécuriser les élèves à la rentrée [de septembre 2020, n.d.l.r.], rassurer les parents dès aujourd'hui, en offrant des solutions et en proposant des mesures concrètes, se concerter avec le corps enseignant et avec les parents pour que ce transfert se passe dans les meilleures conditions.

Oui, le risque est élevé, si des mesures ne sont pas prises, que ce transfert ne se passe pas au mieux. Ce sont 750 élèves qui, à la rentrée [2020], vont se retrouver à proximité immédiate des 850 élèves de Villon. [En fait, les élèves du Kennedy sont actuellement 665, chiffre qui ne doit pas changer avant le retour du collège sur son site de départ en 2023. Les élèves du Villon sont, eux, 800, n.d.l.r.] Cela crée une situation potentiellement explosive. Le Département veut adapter les horaires des uns et des autres, mais cela ne sera pas suffisant, car les enfants ne vont pas manquer de traîner un peu à la sortie des cours, comme on peut s'en douter. Les proviseurs et enseignants sont aujourd'hui très inquiets. Il faudra donc mettre les moyens humains et d'accompagnement nécessaires pour prévenir les risques que tout le monde craint, y compris les parents et les élèves eux-mêmes. Quels moyens la Ville se donne-t-elle pour garantir la tranquillité de tous sur ce territoire mulhousien ? »

 

 
 

 

Tristan Denéchaud veut toujours bouger les lignes

Publié dans le panorama le Dimanche 24 mars 2019 à 06:35:33

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Tristan Denéchaud veut toujours bouger les lignes
 

 
Tristan Denéchaud siège au sein du groupe « Colmar veut bouger » au conseil municipal de Colmar. Photo L'Alsace/Hervé Kielwasser
Les candidatures potentielles pour les prochaines municipales à Colmar ne manquent pas, pour l'heure toutes situées à droite. Seul candidat officiellement déclaré, l'avocat Benoît Nicolas. Reste ceux dont on attend qu'ils sortent du bois : Yves Hemedinger, en précampagne depuis belle lurette, Gilbert Meyer, qui laisse planer l'éventualité d'une candidature depuis la mi-février, voire Eric Straumann, dont beaucoup scrutent les intentions. Sans compter l'inconnue de la stratégie locale d'En Marche.
« Une démarche progressiste »

Dans ce paysage « assez flou », Tristan Denéchaud observe, mais « ne se retrouve à 100 % dans aucune candidature dont [il] a pu entendre parler ». Élu en 2008 sur la liste du collectif de jeunes Colmariens « Bougeons les lignes », dont il a été un des fondateurs, réélu en 2014 sur la liste de Bertrand Burger, le conseiller municipal centriste - il est le représentant du MoDem à Colmar - siège toujours au sein du groupe « Colmar veut bouger ». Directeur général des services des Fins, une petite commune du Haut-Doubs, il est toujours régulièrement présent à Colmar.

S'il prend aujourd'hui la parole, c'est que son entourage dans les rangs de l'association Bougeons les lignes, du MoDem, ou des anciens de la liste Burger, le sonde régulièrement sur ses intentions. « Ce sont des gens qui ne savent pas trop où et comment militer, qui ont envie de s'engager, mai pas avec les candidats dont on parle actuellement. Des gens qui se retrouvent dans une démarche progressiste, dynamique, innovante et solidaire. »

Au-delà des candidats, l'élu espère fédérer autour d'un projet, fidèle à la démarche originelle de Bougeons les lignes. « J'ai plutôt envie de travailler avec de petits candidats progressistes qui portent les thématiques du cadre de vie et de la démocratie locale. » Il s'agit d'ouvrir un espace qui s'étendrait du centre gauche aux Marcheurs. « Les petits candidats potentiels doivent se parler et essayer de construire quelque chose ensemble. On sera beaucoup plus forts pour porter des idées. »

Au risque de devoir jouer les supplétifs pour un hypothétique second tour ? « La constante pour moi, c'est de porter un projet pour Colmar. En 2014, le programme de Bertrand Burger était à 60 % celui de Bougeons les lignes. L'important, c'est de faire avancer des idées. »
Déplacements, environnementet démocratie locale

Le projet est toujours centré autour des transports et des déplacements, de l'environnement et de la démocratie locale. Parmi les objectifs phares, construire un réseau de bus à haut niveau de service, « qui pourrait être financé par les recettes de stationnement », ou de vrais conseils de quartiers « pour impliquer les citoyens au maximum ». « On a bien vu avec les gilets jaunes qu'il y a une demande », souligne le conseiller municipal d'opposition.

Il se donne aujourd'hui l'été pour mener avec d'autres bonnes volontés une « réflexion de fond ». Rendez-vous ensuite à la rentrée, avec l'espoir « d'ouvrir une porte, de se donner les moyens que ça bouge... » : « Il faut qu'on arrête de laisser passer les trains à Colmar ».
Clément TONNOT CONTACTER Les personnes intéressées par la démarche de Tristan Denéchaud peuvent lui écrire par mail : tdenechaud@gmail.com

 

 
 

 

retraites - Privilégiés ou vaches à lait ?

Publié dans le panorama le Dimanche 24 mars 2019 à 07:06:32

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retraites - Privilégiés ou vaches à lait ?
 

 
« Sur le palier, on est trois, quatre retraités, on voit que ce n'est plus comme avant, raconte Michel, 70 ans. Mes dernières vacances, c'était il y a cinq ans. J'avais loué un mobile-home dans le Nord. » Photo L'Alsace

Corinne inspecte son livre de comptes. Elle est « toujours à la marge ». Photo L'Alsace

Ils étaient agent de maîtrise, directeur commercial, institutrice ou prêtre. Suite à l'appel à témoignages de L'Alsace, du 14 au 21 janvier, ils ont accepté de livrer leurs données économiques, ressources et dépenses, de raconter leurs parcours, de partager leurs opinions ou leurs interrogations sur l'actualité.

Dix portraits de retraités ont été publiés en ligne depuis le 15 mars. Il s'agit de quatre femmes et six hommes. Ils ont 70 ans en moyenne, vivent au nord de Strasbourg ou dans le Sundgau. Leur pension moyenne est de 2 145 EUR en janvier 2019, bien au-dessus de la moyenne nationale.
« Toujours à la marge »

Pour autant, la plupart ne se considèrent pas comme riches ou aisés. Michel (1 880 EUR de pension) « sait que certains ont moins », mais il « ne va plus au restaurant » ou économise l'eau en ne mettant plus de fleurs au balcon. Corinne (1 936 EUR de pension) pense avoir « une bonne retraite ». Elle estime toutefois aussi être « toujours à la marge », obligée de « jongler de mois en mois ». Louise (1 547 EUR de pension) « ne se place pas dans les nantis, il faut sans cesse calculer ».

Ces derniers sont seuls et n'ont pas de revenus complémentaires. Du côté des couples, les revenus sont bien supérieurs, et les avis contrastés. Alfred estime que ses ressources (3 952 EUR de pension, 5 692 EUR de ressources), c'est « bien, sans plus ». Le gouvernement le « fait braire » mais il paie plus de CSG « avec bon coeur ». Lucienne (1 863 EUR de pensions, 4 863 EUR de ressources) « ne fait pas de folies ». L'ancienne technicienne estime par contre que les retraités ont plus de revenus et qu'il est normal de « participer à la dépense générale ».

Même discours chez François, ancien prêtre reconverti en manager (2 501 EUR de pension, 4 632 EUR de ressources). « J'essaie de ne pas faire partie du Français moyen râleur », plaisante-t-il, taclant ceux qui affirment « mériter » leur retraite, « un effet de la solidarité nationale ».
« Les vieux ont du fric, les jeunes n'ont rien, c'est normal ! »

À l'opposé, il y a Pierre (3 232 EUR de pension, 4 429 EUR de ressources), « furieux » . « J'ai passé deux années en Algérie, ça mérite un peu de respect », assène celui qui privilégie les supermarchés les moins chers et fait ses pleins de carburant en Allemagne.

Sur la hausse de la CSG, il juge avoir fait son « devoir » et qu'il n'y a « pas de raison » d'être « taxé plus ».

Comme Daniel (1 947 EUR de pension, 3 075 EUR de ressources), qui estime que « Macron est le seul qui s'est attaqué aux retraités comme il l'a fait ».

Ce sentiment d'avoir en quelque sorte mérité sa retraite se retrouve chez Marguerite, bénéficiaire d'une petite pension, 587 EUR. Son foyer déclare cependant 39 000 EUR chaque année. « On a bossé, on a fait des concessions, lance la femme de 69 ans, sur la même ligne que Daniel. On a travaillé 45 heures par semaine et il faut toujours donner, donner, donner. »

Olivier (2 008 EUR de pension, 4 278 EUR de ressources) est sur la même ligne, l'augmentation de la CSG est, pour l'ancien professeur de biologie, « carrément un scandale ». Son épouse et lui complètent leurs revenus avec un revenu locatif. « Les vieux, ils ont du fric, les jeunes ils n'ont rien, c'est normal !, lâche Olivier. On a cotisé toute notre vie, on s'est constitué un patrimoine. »
Les gilets jaunes divisent

Au-delà de ces différences de perception sur la fiscalité appliquée aux retraités, toutes et tous ont plutôt des avis tranchés concernant les gilets jaunes.

Parmi ceux qui ne sont pas des adeptes, Lucienne. L'ancienne technicienne estime que ce sont « des gens qui s'ennuient ». Pierre pense qu'il y a parmi eux « ceux qui ont des idées d'extrême droite et ceux qui n'ont pas d'idées du tout ». L'ancien conseiller municipal juge sévèrement le mouvement - « en refusant de faire de la politique, ils sont à côté de la plaque » - mais a quand même rempli le cahier de doléances de sa commune. Corinne aussi regrette que le mouvement « ne veuille pas se structurer ». Alfred est plus direct : « Macron démission, c'est des conneries ! Manifester ne sert à rien. » Pour Marguerite, certains « jouent » au gilet jaune alors qu'ils « roulent en 4x4 et ont des retraites suisses ». Même analyse automobile chez Lucienne.

François, l'ancien prêtre, est plus mesuré. Il comprend la genèse du mouvement, pas les revendications comme le retour de l'ISF ou la fin de 80 km/h. « Moi, j'ai manifesté contre la fermeture de la maternité de Thann, un service public ! », lance-t-il. Olivier, lui, les soutient : « C'est quand même grâce à eux que le gouvernement a reculé sur les carburants. » Tout comme Louise, qui était sur les ronds-points dès le 17 novembre, avec café et gâteaux.

Tous s'accordent néanmoins sur un point : ils n'ont pas de solution pour sortir de la crise.
Textes et photos : Laurent RIGAUX PLUS WEB L'intégrale des dix portraits à retrouver sur www.lalsace.fr

 

 
 

 

Monseigneur Ravel - « Nous sommes au milieu du gué »

Publié dans le panorama le Dimanche 24 mars 2019 à 07:02:22

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Monseigneur Ravel - « Nous sommes au milieu du gué »
 

 
Mgr Ravel, archevêque de Strasbourg, présente son livre « Comme un coeur qui écoute ».

Photo DNA/Michel Frison

Votre ouvrage paraît dans uncontexte accablant pour l'Église...

L'actualité est brûlante mais pas ponctuelle, ce n'est pas comme un avion qui s'écrase. Nous ne sommes qu'au milieu du gué. Je crains que ça ne s'étende. Il y a des abus spirituels aussi, des manipulations. Là où il y a un pouvoir, ce n'est pas forcément mauvais, mais il peut y avoir un abus de pouvoir. Mon patron c'est Dieu, il y a aussi le pape François, à Rome. Mais j'ai de plus en plus conscience que c'est le peuple de Dieu que nous devons servir.

Remettons-nous dans l'optique du fondateur, pour servir, pas asservir. Il faut une conversion qui fasse passer du cléricalisme au véritable évangélisme. Une pyramide inversée.
Vous comparez la crise qui secoue l'Église à un « cancer métastasé ».

À chaque fois qu'on scanne un autre bout du corps, on voit qu'il est atteint. Les enfants de 8-10 ans, les adolescents, les jeunes soeurs dans leur noviciat... Ce n'est pas une tumeur localisée, ça ne relève pas de l'une ou l'autre personne, ça va bien au-delà. C'est le message que le pape veut faire passer aussi. Les médias ont servi de scanner.
Vous écrivez aussi que le témoignage direct des victimes vous a ouvert les yeux. Quand est-ce arrivé ?

Quand j'étais évêque aux Armées, je n'en ai pas rencontré ; il y a eu des affaires, mais elles étaient antérieures. Depuis 2017 et mon arrivée à Strasbourg, j'ai rencontré des victimes, peut-être 25 ou 30. Je ne suis qu'une aide spirituelle dans un long chemin de douleur, on est très petit et c'est long. Les éléments souvent sont faibles au départ mais j'ai tendance à croire les victimes, les personnes qui souffrent.
Dans le livre, vous dites aussi que faire des signalements à la justice est une épreuve pour un évêque.

C'est épouvantable ! J'en ai signalé trop, je ne peux pas dire combien parce que les affaires sont entre les mains de la justice, mais ce n'est rien face à ces victimes. J'ai rencontré le père Robert Bonan [NDLR : soupçonné de pédophilie, il est en détention provisoire depuis le 22 novembre 2018] et un prêtre le visite. On essaye de l'accompagner.
« Je me refuse à lier la question de la chasteté à celle des abus sexuels » Le moment n'est-il pas venude poser la question de la chasteté, c'est-à-dire de l'abstinence sexuelle qu'exige le sacerdoce ?

Je me refuse à lier la question de la chasteté à celle des abus sexuels. Qu'on se repose la question de savoir s'il faut ordonner les hommes mariés, oui ! Mais je ne conçois pas la vie sexuelle comme un contrepoids à la perversion... Il n'est pas prouvé par les psychologues que la vie sexuelle empêche la perversité.
Vous dites que la formationdes futurs prêtres dans les grands séminaires doit être renouveléede manière décisive. Que faut-il changer ?

Il y a trois points à étudier : une meilleure connaissance de soi, y compris dans sa dimension psychologique et sa sexualité ; une meilleure formation sur la question de la sexualité ; une théologie du sacerdoce qui soit celle du service, et non plus du cléricalisme. On touche au coeur du coeur, la manipulation de l'esprit est pour moi tragique.
Vous écrivez qu'il y a toujours eu des bons et des mauvais« pasteurs », n'est-ce pas accepter l'idée d'une fatalité ?

Croire qu'on arrivera à une Église de purs, c'est du rêve ! Il y a tout un travail à faire sur la supervision, une vigilance pour qu'il y ait le moins d'abus. Il faut qu'il y ait une tolérance zéro, qu'on ne couvre pas, mais il n'y aura pas de risque zéro. Le vrai pervers est plus intelligent que nous.

La mise en cause de Mgr Barbarin aura eu le mérite de nous resensibiliser. On ne peut plus laisser faire. Il y a une responsabilité collective, y compris des vicaires épiscopaux, des curés et des laïcs.
Le sommet sur les abus sexuels,qui s'est tenu à Rome fin février, est-il allé assez loin ?

Le sommet à Rome était une rencontre nécessaire pour sensibiliser l'ensemble des épiscopats du monde. Sauf que les associations des victimes attendaient des mesures concrètes, immédiates... Je comprends la volonté du pape mais les mesures concrètes, c'est compliqué.

Et il y a cette question non réglée. Si un prêtre est condamné, doit-il ou non rester prêtre ? Ce n'est pas si simple. Ce serait un geste fort symboliquement, mais est-ce que ce serait responsable de le laisser dans la nature ? Ce serait plus simple pour un évêque, d'en être débarrassé. Le suspendre, oui. Mais qu'il ne soit plus prêtre, encore une fois, c'est compliqué.
Propos recueillis par Myriam AIT-SIDHOUM

 

 
 

 

La mémoire texane de « Mary Jane »

Publié dans le panorama le Dimanche 24 mars 2019 à 07:00:37

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La mémoire texane de « Mary Jane »
 

 
À Niederentzen, Marie-Jeanne Finger vit au milieu de souvenirs rapportés du Texas. Photo L'Alsace
Un ovni au milieu des champs. Plutôt roulant que volant, d'ailleurs, dans sa Coccinelle achetée pour vadrouiller en Europe. Bernard Zinsmeyer est tombé du ciel dans la vie du couple Finger. Et sur la route d'une représentation du Jeu de la Passion d'Oberammergau, en Bavière, l'Américain a rencontré ses lointains cousins d'Alsace. Le début singulier d'un élan d'amitiés, d'échanges et de projets qui va vite dépasser les trois larrons de ce premier contact.
« Il a adorémon potage »

Son époux est décédé en 2010, mais Marie-Jeanne Finger se souvient avec délectation de ce beau jour de l'été 1970. Renseigné par le boucher d'Oberentzen, le visiteur texan s'est rendu dans le village d'à-côté, Niederentzen, pour retrouver la trace de son aïeul Joseph Finger, parti outre-Atlantique au milieu du XIXe siècle. « Mon mari moissonnait, un monsieur est entré dans le café que nous tenions et m'a demandé dans un allemand bizarre si j'étais bien Mme Finger. » Bingo. Zinsmeyer reste pour la soirée - « il a adoré mon potage », sourit l'hôte d'alors - et repart en promettant aux Finger qu'il va leur offrir le voyage au Texas.

Quarante-neuf ans plus tard, le café A l'Arbre vert a fermé ses portes depuis belle lurette à Niederentzen. Mais à l'intérieur, rien ne semble avoir bougé. À 86 ans, Marie-Jeanne Finger y vit au milieu du bar, des tables et des chaises d'époque, mais surtout d'une impressionnante collection d'objets rapportés d'Amérique. Des posters, des drapeaux, des cartes postales, des mugs, les étagères affichent complet.

« Son » Amérique à elle, c'est Castroville, D'Hanis, Hondo, Quihi, ces communautés villageoises fondées par des émigrés haut-rhinois en quête d'une vie meilleure. Elle y est allée six fois et là-bas, « Mary-Jane » est connue comme le loup blanc. Sa première reste la plus mémorable. « Bernard Zinsmeyer est décédé avant que nous ayons le temps de venir, mais sa famille s'est cotisée pour nous payer le séjour. » Elle a encore des larmes aux yeux en se remémorant l'atterrissage à Houston en avril 1972, son mari fou de joie, l'arrivée à Castroville où tout le monde leur parle fièrement en alsacien. Ce qui l'a le plus marquée des quatre semaines sur place ? « Ces autoroutes les unes sur les autres, ça dépassait quelqu'un comme moi, qui ne sortait guère de son village », dit aujourd'hui celle qui avait été hébergée à San Antonio, « Sant'Antonio » dans sa bouche.
Une aide sans faille

En 1975, Marie-Jeanne et Édouard Finger ne sont pas du premier déplacement officiel organisé depuis l'Alsace mais, un an auparavant, ils ont déjà offert le gîte à une famille américaine. Tous les visiteurs demandent à rapporter un souvenir de la maison de leur ancêtre alsacien. Même la porte d'entrée finira par s'en aller...

Quand la maison Steinbach de Wahlbach est envoyée puis remontée à Castroville - elle est désormais un véritable musée, et l'informelle ambassade d'Alsace au Texas -, les Finger de Niederentzen tiennent à faire un geste : « J'ai donné la croix de la chambre de mes grands-parents, ainsi que les tableaux de la Vierge et du Sacré-Coeur, qui veillent toujours sur la bâtisse. »

Marie-Jeanne Finger est la mémoire vivante des relations avec ces cousins éloignés. Elle peut vous sortir la correspondance entre le fameux Joseph Finger et son frère Nicolas, resté dans la bande rhénane. Elle garantit avoir entendu qu'un Castrovillien était déjà revenu apporter des présents avant la Première Guerre mondiale.

Surtout, il y a ce qu'elle ne dit pas. Ces milliers d'heures de recherche généalogique dédiées à ses amis américains tant désireux de savoir d'où ils viennent. Et cette saine fierté d'avoir été à l'origine de ce retour aux sources.

Depuis, Castroville et les villages texans alentours n'ont jamais semblé aussi proches de la terre de leurs fondateurs.
Textes : Michel ALLEMANN

 

 
 

 

Castroville, destination initiatique

Publié dans le panorama le Dimanche 24 mars 2019 à 06:48:04

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Castroville, destination initiatique
 

 
Jacqueline Deyber et son mari sur le tarmac de l'EuroAirport. DR
« Magnifique, inoubliable, extraordinaire. » Elle répète plusieurs fois ces qualificatifs quand on lui demande comment a été sa première expérience au Texas. Au point qu'on a très envie d'en ajouter un : initiatique. C'était il y a 44 ans mais Jacqueline Deyber s'en souvient comme si elle venait de descendre de l'avion.

L'album souvenir, annoté en détail, met des images sur un récit qui ne laisse pas de place au doute : ces douze jours d'octobre 1975 au Texas ont constitué une expérience bouleversante et révélatrice. Dans son courrier du jour, l'invitation au mariage de la petite-fille du couple qui les avait reçus, elle et son mari François, durant cette « première ». Sur sa table de chevet, un livre américain sur la création de Castroville voilà 175 ans.

Dire que tout est parti d'une petite annonce découpée dans son journal préféré. Le titre de la publication ? Qui veut aller à Castroville ? « Nous nous sommes dit qu'aller au Texas serait chouette. Castroville, par contre, ne nous évoquait rien du tout. » Les Deyber s'inscrivent. La Mamama accepte de garder leurs deux filles. Le séjour coûte 2725 francs par personne, ils en ont 10 000 mis de côté pour aménager leur salon. Le nouveau living attendra.
« Ils sont devenus comme nos frères »

Le 3 novembre, baptême de l'air pour elle et premier gros-porteur pour l'EuroAirport. Direction New York en Boeing 707, puis San Antonio en DC-10, pour les 180 passagers partis d'Alsace. « À l'arrivée, le tapis rouge a été déroulé pour nous et une fanfare militaire a joué la Marseillaise. »

Jacqueline Deyber l'avoue presque gênée, elle pourrait en parler pendant des heures et on la croit sur parole. La septuagénaire imite l'accent qui la fait alors « halluciner », celui de ces Texans parlant l'alsacien. Et déroule les visites effectuées tel le guide d'un tour-opérateur, les émotions en plus. Austin, Houston, Fort Alamo et surtout Castroville. « Nous avons été parmi les chanceux hébergés chez des habitants. » Les hôtes s'appellent Patsy et Larry Haby, lointainement originaires de Wittelsheim. « Ils sont devenus comme nos frères », poursuit celle qui est probablement aujourd'hui l'Alsacienne à s'être le plus rendue à Castroville, une vingtaine de fois.
Passion transmise

Anecdote des anecdotes, cette autorisation gouvernementale exceptionnelle qui autorise, le 9 novembre 1975, Castroville et ses visiteurs alsaciens à fêter officiellement le bicentenaire de l'indépendance des États-Unis... huit mois avant l'heure.

Écrire que les époux Deyber regagnent Ensisheim enchantés relèverait d'un sacré euphémisme. La simplicité et la bienveillance de ces Américains au sang rhénan les ont fascinés. Un an plus tard, ils hébergent un couple de Texans aux racines situées dans la vallée de Saint-Amarin. Trois ans après, ils reviennent déjà à Castroville. Presque forcément, ils transmettent le virus des États-Unis et de la Petite Alsace du Texas à leurs filles. L'une d'elle a vécu longtemps en Virginie. L'autre, professeur d'anglais, est comme chez elle à Castroville, où elle retourne cette année avec sa classe.

Jacqueline Deyber semble avoir une infinité d'instantanés à conter. Ces coups de main sur place, à donner vie au Garden of Roots (jardin des racines, qui représente la carte de l'Alsace) et à la maison à colombages. Ces étudiants, tiens, de Castroville, qui séjournaient chez elle le 11 septembre 2001. Elle préfère s'arrêter là, sourire aux lèvres et yeux dans le vague, en repartant en 1975 : « La formidable leçon à retenir, c'est de saisir les opportunités de voyage qui se présentent, de s'enrichir des autres. »

 

 
 

 

Bergheim Ordre national du Mérite Germain Witt fait chevalier

Publié dans le panorama le Dimanche 24 mars 2019 à 06:40:07

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Bergheim Ordre national du Mérite
Germain Witt fait chevalier
Les insignes de chevalier de l'ordre national du Mérite ont été décernées à Germain Witt vendredi au Centre sportif et culturel de Bergheim.
 

 
Germain Witt, Chevalier de l'Ordre national du mérite et son épouse Marie Céline.
La cérémonie s'est déroulée sous la tutelle de l'APA (association haut-rhinoise d'aide aux personnes âgées) et de son directeur général réseau Pierre Kammerer.

De nombreuses personnalités ont rendu hommage à Germain Witt pour son engagement dans le bénévolat et la vie communale, tout d'abord le maire de Rodern, Robert Sprolewitz, puis Pierre Bihl, représentant le conseil départemental qui développe actuellement une politique forte d'aide aux personnes âgées, puis Denis Thomas, président du réseau APA.

C'est Jean-Paul Meinrad, entre autres maire honoraire d'Illhaeusern et chevalier de l'ordre national du Mérite qui a épinglé Germain Witt avec une émotion non feinte.

Germain Witt a vu le jour le 8 janvier 1932 à Rodern qui est toujours sa commune de résidence. Ayant appris le chant et la musique dans sa prime jeunesse, il est devenu membre actif de la musique municipale de Bergheim et chef de clique des sapeurs-pompiers de Rodern puis de l'arrondissement de Ribeauvillé. Trompette à l'armée, il sera aussi enseignant de musique à Guémar et organiste titulaire à Rodern.

Il épouse Marie Céline le 23 novembre 1960. Ils ont la douleur de perdre un fils, Denis, à l'âge de 8 ans. Leur fille Anita habite Bergheim avec son époux Philippe Chabod et leurs trois filles : Elisa, Emma et Aurélie.

Professionnellement, Germain fait carrière dans les transports mais cela ne l'empêche aucunement de s'investir dans les activités associatives et d'intérêt général, pour n'en citer que quelques-unes : conseiller municipal, adjoint au maire de 1971 à 2001, membre actif du comité des fêtes et chef de corps des sapeurs-pompiers de Rodern de 1975 à 1993 et de l'amicale jusqu'en 2001.

Depuis près de 20 ans, il est administrateur de l'APA et référent du Val d'Argent et du vignoble et toujours actif au sein des instances de l'APA, sur le plan départemental, régional et même national.

 

 
 

 

Solennelle remise de la fourragère

Publié dans le panorama le Dimanche 24 mars 2019 à 06:40:53

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Solennelle remise de la fourragère
 

 
Deux sections du 7e BCA de Grenoble (bataillon de chasseurs alpins) ont été décorées de la fourragère de leur régiment, jeudi dernier, sur la place du Cap à Saint-Amarin lors d'une cérémonie militaire.

De nombreuses personnalités dont le lieutenant colonel Lockner, chef de corps du 7e BCA par suppléance, Annick Lutenbacher, conseillère départementale, et Charles Wehrlen, maire de Saint-Amarin, attendaient les chasseurs du bataillon mis à l'honneur. Les anciens combattants, le Souvenir français, les familles des chasseurs et de nombreux habitants de Saint-Amarin ont également assisté à la cérémonie.

C'est, en ordre serré et en chantant, que les chasseurs du 7e BCA sont arrivés sur la place. Après avoir salué le fanion de leur régiment, les chasseurs se sont vu remettre la fourragère. Cette dernière est le symbole des combats qui ont eu lieu en 1915 au Hilsenfirst, menés par le capitaine Manhes et ses hommes.

Les deux sections - 80 hommes en tout - ont tout d'abord effectué une marche de 40 kilomètres. La première section est partie de Metzeral pour rejoindre le Vieil Armand via les crêtes, à pied ou à skis de randonnée selon l'état du terrain. Ils sont ainsi passés par des lieux où leur régiment s'était illustré durant la Première Guerre mondiale.

L'autre section est partie du canon de Zillisheim en passant par le Sentier des bunkers de Burnhaupt-le-Bas et par la côte 425 à Steinbach. Les maires de Burnhaupt-le-Bas et de Steinbach, présents à la cérémonie, ont retracé l'histoire du site lors du passage des chasseurs alpins.

Enfin, plusieurs personnes ont été distinguées. Le capitaine Morel du 7e BCA commandant la 6e compagnie a été distingué par l'ordre national du Mérite. Paul Arnold, de Saint-Amarin, a été décoré de la médaille militaire (qui correspond à la Légion d'honneur pour les sous-officiers) et Gilbert Kessler de la croix du combattant avec agrafe AFN.

La cérémonie s'est terminée par un beau défilé dans la rue commerçante de Saint-Amarin. Après le pot de l'amitié, les chasseurs alpins ont dîné au CAP en compagnie de leurs familles.
Francois FROEHLY