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À Quatzenheim, la haine a frappé

Publié dans le panorama le Mercredi 20 février 2019 à 06:03:07

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À Quatzenheim, la haine a frappé
 

 
Le président Emmanuel Macron accompagné de Christophe Castaner ministre de l'Intérieur et de Jean Rottner président de la région Grand Est arpentent les allées du cimetière juif de Quatzenheim dans le Bas-Rhin ou quelque 90 sépultures ont été profanées dans la nuit de lundi à mardi. Photo L'Alsace / Jean-Marc LOOS
Il faut avoir beaucoup de haine en soi pour décider d'aller en couvrir les noms de personnes que l'éternité a repris. Pour aller ainsi peindre le symbole de cette haine sur la pierre sous laquelle reposent Blanche, Florence, Charles et Irène, Jacques, Gustave, Julie...

Hier matin, Quatzenheim et ses 800 habitants paisiblement installés au milieu des champs fertiles du Kochersberg, se sont réveillés en entendant parler de croix gammées. Terrible découverte faite par un habitant qui promenait tout aussi paisiblement son chien, en descendant la petite pente qui descend vers le village en longeant le cimetière juif, installé ici depuis plus de deux siècles.

Son plus ancien résident connu repose ici depuis 1799, souvenir d'une époque où les juifs alsaciens, bannis des villes, s'étaient réfugiés dans la ruralité, et où l'Alsace abritait la moitié des juifs de France. Dans la région, 66 cimetières juifs témoignent de ce passé traversé de siècle en siècle par un fléau : l'antisémitisme.

Il a encore frappé hier. En Alsace, une fois encore, on s'est attaqué aux morts.

« On ne comprend pas. On est un village très, très soudé, un modèle du vivre ensemble entre les communautés. Il y avait ici une tradition d'échange de pratiques religieuses entre juifs et protestants, ils partageaient leurs fêtes », explique Josette Prim, adjointe au maire de Quatzenheim, qui a dû prendre le relais de l'édile, absent du village pour cause de congés. Tout est allé très vite hier pour le petit village. Quelques heures à peine après la découverte de la profanation, la commune abasourdie et son adjointe au maire d'un calme remarquable accueillaient le cortège du président de la République.

Alors qu'il avait déjà prévu d'aller ce mardi soir au Mémorial de la Shoah pour marquer symboliquement l'opposition de l'État français à l'antisémitisme dont la recrudescence est forte, Emmanuel Macron, dans l'urgence, s'est aussi rendu à Quatzenheim. Double symbole pour une journée.
« Il faut qu'on frappe les consciences »

Dans le cimetière entouré de gendarmes, accompagné du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, d'élus, de villageois et de représentants des cultes, le président de la République a déposé une rose blanche devant la stèle de marbre rendant hommage aux huit habitants de Quatzenheim morts en déportation, stèle elle aussi salie de trois croix gammées jaunes. Dans la pierre, ces mots gravés de blanc : « Celui qui s'enquiert du sang se souvient d'eux. Il n'oublie pas le cri des malheureux. »

« Mes parents adoptifs sont enterrés ici, et leurs parents aussi. Tout le berceau familial est ici », témoigne devant Emmanuel Macron Marcel Bicard-Mandel. Ses parents sont morts en déportation à Auschwitz, lui a été tiré de Drancy par des Justes. « J'avais 8 ans », soupire-t-il une heure plus tard en nous racontant son histoire. « Je n'ai aucun souvenir de ce qui s'est passé avant mon arrivée ici à Quatzenheim en 1946. J'ai mis un mur devant. Jamais voulu voir un film sur la Shoah, jamais voulu lire un livre. J'ai tout occulté. Et voilà que 73 ans après, ça recommence... Ça fait mal, vous pouvez pas imaginer... »

Mais Emmanuel Macron « a eu la gentillesse de m'adresser des mots de consolation et d'espoir », s'apaise le vieil homme. « Il faut qu'on frappe les consciences », lui a notamment répondu le président de la République, à voix basse dans le cimetière. « On prendra des actes, on prendra des lois. Ceux qui ont fait ça ne sont pas dignes de la République, elle les punira. Et je ne veux pas que ce qui s'est passé là donne des idées à d'autres. »

Entouré d'une centaine de personnes, le président parcourt les allées du cimetière. S'arrête devant ces tombes barrées de croix gammées, se recueille un moment, et dépose un caillou blanc. Signe de passage. Signe de respect.
« Ils veulent que nous baissions les yeux »

Dans le jardin voisin du cimetière, une famille, jumelles, tablette et téléphone en main, observe la scène avec curiosité et étonnement. Dans l'indescriptible cohue, certains se laissent aller à marcher sur les tombes. Soucieux de laisser l'image symbolique d'une lutte qui se transmet, Emmanuel Macron garde les jeunes enfants auprès de lui ; portable en main, l'un d'eux, sourire aux lèvres, filme chaque minute du moment. Entre deux tombes, des ados font un selfie. Une stèle, qui portait déjà l'odieux affront d'une croix gammée, gît maintenant à terre, brisée par l'excès du moment.

Lentement, le chef de l'État prend le chemin de la sortie du cimetière. « Merci d'être là, on ne se laissera pas faire », dit-il aux habitants. « On a peur pour les enfants », lui répond une vieille dame. « Il ne faut pas avoir peur, lui répond le président. Ils veulent que nous ayons peur, que nous baissions les yeux. Alors nous ferons tout le contraire. C'est à eux d'avoir honte. »
Anne-Camille BECKELYNCK

 

 
 

Des centaines pour dit « ça suffit »

Publié dans le panorama le Mercredi 20 février 2019 à 06:09:30

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Des centaines pour dit « ça suffit »
 

 
Près de 300 personnes ont entonné la Marseillaise hier soir sur la place Rapp. Photo DNA/Nicolas Roquejeoffre
Devant plus de deux cents cinquante personnes rassemblées dans le hall du conseil départemental hier à 11 h 30, Brigitte Klinkert a dénoncé la « succession d'actes violents à caractère raciste et antisémite » qui ont marqué l'actualité des derniers jours et qui souillent « la mémoire d'Ilan Halimi et de Simone Veil ».

Au moment où la présidente du conseil départemental du Haut-Rhin prononçait ces mots, les portables résonnaient dans l'assistance d'une sinistre nouvelle : 96 tombes avaient été profanées la nuit précédente dans le cimetière de Quatzenheim, en Alsace (lire aussi en pages 34 et 35).
Une haine qui « monte en puissance, l'air de rien »

« De la bêtise et de la méchanceté, commise par des gens qui n'ont aucun sens de l'histoire » jugeait, dans l'assemblée, Angèle Estermann, 90 ans, venue de Wettolsheim pour dire son horreur de ses actes « épouvantables ». D'autres simples citoyens, comme elle, avaient rejoint le rassemblement à l'origine destiné aux simples salariés et élus du conseil départemental, avant d'être élargi à l'ensemble de la population. Parmi eux, Édith Bouchery, 74 ans, venue dire son attachement à « la liberté et au respect des personnes, quels que soient leur religion, genre ou âge ».

Face à cette haine qui « monte en puissance, l'air de rien », selon l'adjointe à l'Éducation d'Ingersheim Françoise Horny, « atterrée », l'heure était hier à la « solidarité » estimait le premier adjoint de Colmar Yves Hemedinger, pour qui ces faits rappellent que « le vernis qui recouvre notre civilisation est très fin et se craquelle à la première occasion ».

Face à ces nombreux élus de tous bords - de l'écologiste Frédéric Hilbert à l'élu FN Christian Zimmermann - les représentants de la communauté israélite haut-rhinoise appelaient hier au sursaut. Tel Ivan Geismar, président d'honneur du consistoire central de France pour qui « nos instances nationales doivent avoir le courage de s'opposer à ce mal qui ronge le pays, à nommer l'origine de l'antisémitisme actuel ».

Après une minute de silence, puis une Marseillaise, l'assemblée s'est disloquée, en se donnant rendez-vous place Rapp, à 19 h, pour le second rassemblement du jour à Colmar. Au pied de la statue du général, c'est sans discours que le rassemblement oecuménique s'est tenu, en présence du maire Gilbert Meyer. Près de 300 personnes, debout contre l'antisémitisme, sans banderole ni pancarte, si ce n'est un fanion de la Licra, qui, seul, a surplombé la foule, silencieuse à l'exception d'une Marseillaise lancée à l'initiative d'Yves Hemedinger et reprise en choeur.
Marie-Lise PERRIN et Jean-Luc WILL PLUS WEB Retrouvez les images et vidéos de ces deux rassemblements sur notre site Internet www.lalsace.fr

 

 
 

Strasbourg Rassemblement contre l'antisémitisme « Ça suffit ! »

Publié dans le panorama le Mercredi 20 février 2019 à 06:05:27

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Strasbourg Rassemblement contre l'antisémitisme
« Ça suffit ! »
Près de 2 000 personnes se sont retrouvées hier place de la République, à l'invitation de partis politiques, pour dire non à l'antisémitisme. Un intense moment de communion.
 

 
Une foule nombreuse s'est recueillie place de la République à Strasbourg.
La cérémonie aura été courte, à peine dix minutes. Pas de prises de parole, ni de drapeaux, la présence suffit à dire l'engagement.

Juifs et non-juifs, anonymes et élus, ils sont près de 2 000 personnes au pied du monument aux morts de la place de la République.

Les formations politiques signataires de l'appel lancé par le Parti socialiste sont là, ainsi que des représentants des cultes. Le président du Grand-Est Jean Rottner, le président du Bas-Rhin, Frédéric Bierry, des maires, dont Roland Ries, l'ancienne ministre Catherine Trautmann, une bonne partie du conseil municipal : les élus bas-rhinois, ceints d'une écharpe tricolore, sont présents dans leur grande majorité.

La courte cérémonie consiste en une lecture de l'appel intitulé « Ça suffit ! » et de textes de Simone Veil et Louis Aragon.

« Je suis juif tout simplement», dit Aaron, 16 ans, élève au collège Aquiba à Strasbourg, l'un des lecteurs. Il voulait être là « pour protester ». « On ne demande rien». Parisien jusqu'à il y a trois ans, sa kippa là-bas lui a déjà valu des insultes.
Un rassemblement mardi 26 février à l'initiativedes cultes

Le président du consistoire israélite du Bas-Rhin, Maurice Dahan, a les événements de la nuit, à Quatzenheim, sur le coeur : « J'en ai encore la nausée. C'est rassurant de voir qu'il y a du monde, c'est un signe de bonne santé. »

Annie Zimmermann, 72 ans, de Lingolsheim : « Je suis horrifiée par ce qu'il se passe, je suis venue pour soutenir mes amies, moi je suis de confession catholique. »

Elle regrette qu'il n'y ait pas plus de monde, pas de jeunes : « On s'attendait à une place noire de monde. »

Quoique « pas fan des défilés », l'artiste Cookie Dingler était lui aussi présent hier soir, visiblement ému. « C'est important parce qu'il faut montrer que l'on n'est pas d'accord avec cette haine qui monte inexorablement, dit-il. Nous pensions être vaccinés, et ça repart... »

Pour Wolfgang, 65 ans, et Marie-Claude, 66 ans, d'Oberhausbergen : « C'est l'affaire de tous, le racisme et l'antisémitisme, et pas seulement des autorités, on a tous le droit de vivre en paix ici. »

Au nom de tous les cultes, le père Etienne Uberall a invité à un rassemblement mardi 26 février à 18h30 place du Château à Strasbourg.

Après une minute de silence poignante pendant laquelle résonnaient les cloches de la cathédrale, la foule a entonné une Marseillaise pour conclure ce moment de recueillement. De nombreuses personnes ont ressenti le besoin de prolonger ce moment de communion.
Myriam AIT-SIDHOUM et Hélène DAVID

 

 
 

Des rassemblements aussi à Saverne, Sélestat, Colmar et Mulhouse

Publié dans le panorama le Mercredi 20 février 2019 à 06:12:10

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Des rassemblements aussi à Saverne, Sélestat, Colmar et Mulhouse
 

 
Environ 150 personnes se sont rassemblées mardi soir, devant la stèle des Justes à Sélestat.
- Plus de 80 personnes se sont retrouvées mardi 19 h à Saverne, à l'appel de l'adjoint au maire Laurent Burckel. Le rassemblement a été décidé en fin de matinée suite à l'affaire des profanations à Quatzenheim.

- Quelque 150 personnes se sont retrouvées mardi soir devant la stèle des Justes, au coeur de Sélestat, pour « une cérémonie de solidarité envers le peuple juif », selon les mots du maire, Marcel Bauer. Le président de la communauté israélite de la ville, Franck Lévy, a exprimé « la peur » de certaines personnes âgées devant certains actes, devant aussi des propos orduriers proférés, puis effacés, sur le site Facebook de la Ville à l'annonce de la cérémonie.

- À Colmar, la mobilisation s'est faite en deux temps hier. Environs 250 personnes ont d'abord répondu à l'appel de Brigitte Klinkert à se rassembler dans le hall du conseil départemental à 11 h. Après un discours appelant à l'unité républicaine, une minute de silence puis une Marseillaise entonnée en choeur, les participants se sont séparés pour se retrouver, peu ou prou aussi nombreux, 250 personnes, au pied de la statue du général Rapp vers 19 h, en silence cette fois. Seule une Marseillaise, a, une dernière fois uni la foule qui s'est disloquée rapidement.

- Place de la Réunion à Mulhouse, c'est via le réseau social Facebook que Jean-Frédéric Baechler, animateur du comité local EnMarche68-Mulhouse, a appelé à se rassembler. « Nous avons eu des contacts avec des membres de la communauté qui avaient appelé à se rendre à Strasbourg ou Belfort, explique-t-il. C'était une bonne chose d'organiser quelque chose à Mulhouse ». De nombreux représentants politiques locaux ont relayé cet événement, afin que toutes les familles politiques soient unies. Si bien que près de 500 personnes se sont retrouvées vers 19 h, devant les marches du temple Saint-Etienne où avaient été déposées des bougies.

 

 
 

Mulhouse Insultes contre Alain Finkielkraut : un Mulhousien recherché

Publié dans le panorama le Mercredi 20 février 2019 à 06:44:29

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Mulhouse
Insultes contre Alain Finkielkraut : un Mulhousien recherché
 

 
Depuis samedi, et le 14e acte des gilets jaunes à Paris, une vidéo amateur ne cesse de circuler sur la Toile. On y voit notamment un homme - ils sont plusieurs à faire la même chose - avec une petite barbe et une légère calvitie, insulter copieusement le philosophe et membre de l'Académie française Alain Finkielkraut en le traitant de « sioniste » et de « haineux », avant que ce dernier ne soit mis à l'écart par des gilets jaunes pas forcément d'accord avec les propos tenus par ces individus.

L'homme en question a été identifié et décrit comme une personne proche du mouvement salafiste. Il s'agit d'un Mulhousien, âgé de 36 ans. Cet individu, qui habite dans le quartier Franklin, avait apparemment essayé de s'incruster dans le groupe des gilets jaunes du Kaligone au début du mouvement. Mais lors du quatrième acte, alors qu'il se trouvait avec des proches et qu'il aurait tenu d'étranges propos, on leur aurait demandé de quitter les lieux de manière véhémente. Une altercation aurait suivi, avant qu'il ne quitte le Kaligone.

Concernant les insultes proférées à l'encontre d'Alain Finkielkraut, le parquet de Paris a ouvert une enquête.

 

 
 

En Alsace aussi, un front du refus

Publié dans le panorama le Mercredi 20 février 2019 à 06:39:58

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En Alsace aussi, un front du refus
 

 
Des bougies, des pancartes pour montrer sa solidarité avec la communauté juive : près de 500 personnes se sont réunies hier soir place de la Réunion, à Mulhouse. Photo L'Alsace/Darek Szuster
Une croix gammée sur une enseigne à Paris, des cris contre les « sionistes » dans des manifestations, des insultes lancées à l'encontre du philosophe Alain Finkielkraut, et, une nouvelle fois, un cimetière juif profané en Alsace... Hier soir, à l'appel de plusieurs mouvements politiques et d'associations, des mobilisations ont été organisées dans toute la France, pour dire « non » à l'antisémitisme.

À Strasbourg, près de 2000 personnes se sont rassemblées place de la République. La cérémonie a été courte - à peine dix minutes. Pas de prises de parole, ni de drapeaux, la présence suffisant à dire l'engagement. Les formations politiques signataires de l'appel lancé par le Parti socialiste étaient là, ainsi que des représentants des cultes. Le président du Grand Est, Jean Rottner, le président du Bas-Rhin, Frédéric Bierry, des maires, dont Roland Ries, l'ancienne ministre Catherine Trautmann, des parlementaires de toute l'Alsace, étaient présents.
« J'en ai encore la nausée »

« Je suis juif tout simplement », dit Aaron, 16 ans, élève au collège Aquiba. Il vient de lire un texte de Simone Veil et voulait être là, « pour protester » : « On ne demande rien. » Parisien jusqu'à il y a trois ans, sa kippa, là-bas, lui a déjà valu des insultes.

Le président du consistoire, Maurice Dahan, a les événements de la nuit sur le coeur : « J'en ai encore la nausée. C'est rassurant de voir qu'il y a du monde, c'est un signe de bonne santé. » Dans l'assemblée réunie sous les grands arbres, Annie Zimmermann, 72 ans, de Lingolsheim : « Je suis horrifiée par ce qui se passe, je suis venue pour soutenir mes amies, moi je suis de confession catholique. » Elle regrette qu'il n'y ait pas plus de monde, pas de jeunes : « On s'attendait à une place noire de monde. »

Quoique « pas fan des défilés », l'artiste Cookie Dingler était lui aussi présent hier soir, visiblement ému. « C'est important parce qu'il faut montrer que l'on n'est pas d'accord avec cette haine qui monte inexorablement, dit-il. Nous pensions être vaccinés, et ça repart... »
« C'est triste d'en arriver là »

Place de la Réunion à Mulhouse, c'est via le réseau social Facebook que Jean-Frédéric Baechler, animateur du comité local EnMarche68-Mulhouse, a appelé à se rassembler. « Nous avons eu des contacts avec des membres de la communauté qui avaient appelé à se rendre à Strasbourg ou Belfort, explique-t-il. C'était une bonne chose d'organiser quelque chose à Mulhouse. »

De nombreux élus locaux ont relayé cet événement, afin que toutes les familles politiques soient unies. Si bien que près de 500 personnes se sont retrouvées vers 19 h, devant les marches du temple Saint-Étienne, où avaient été déposées des bougies. « C'est triste d'en arriver là, lâche une dame dans la foule. Décidément, c'est un éternel recommencement... » « En fait, l'être humain n'apprend pas de son Histoire, lui fait écho un homme brandissant une pancarte « Non à l'antisémitisme ». Quand est-ce que cela s'arrêtera ? » Après près d'une heure, et alors qu'il n'y a pas eu de prise de parole, la place a commencé à se vider. « Pourvu que rien de grave n'arrive », conclut une dame.

À Colmar, la mobilisation s'est faite en deux temps. Environs 250 personnes ont d'abord répondu à l'appel de Brigitte Klinkert à se rassembler dans le hall du conseil départemental, à 11 h 30. Après un discours appelant à l'unité républicaine, une minute de silence puis une Marseillaise entonnée en choeur, les participants se sont séparés pour se retrouver, peu ou prou aussi nombreux, au pied de la statue du général Rapp, vers 19 h, en silence cette fois. Seule une Marseillaise a, une dernière fois, uni la foule, qui s'est disloquée rapidement.

À Sélestat, la mobilisation a rassemblé environ 150 personnes au square Ehm, autour de la stèle des Justes, située devant la synagogue.

Le maire, Marcel Bauer, a sobrement remercié l'assemblée « d'être venue à cette cérémonie de solidarité envers le peuple juif », avant d'appeler à une minute de silence.

La foule a ensuite entonné La Marseillaise, avant de se disperser dans le calme et le recueillement.
M.A-S., H.D., G.L., L.S. et M.-L.P.

 

 
 

Racisme Paris Antisémitisme, unis pour dire :

Publié dans le panorama le Mercredi 20 février 2019 à 06:45:58

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Racisme Paris
Antisémitisme, unis pour dire :
Plusieurs milliers de personnes - 20 000 selon le Parti socialiste à l'initiative du rassemblement - se sont retrouvées mardi soir sur la place de la République à Paris, pour dire non à la haine contre les juifs.
 

 
Une foule calme et silencieuse est venue dire non à l'antisémitisme, au coeur de Paris.
La plupart des personnes présentes mardi soir, place de la République à Paris, étaient venues sans banderole, ni pancarte. Mais beaucoup portaient un autocollant sur lequel était écrit : « L'antisémitisme, ce n'est pas l'affaire des Juifs, c'est l'affaire de la Nation tout entière ». Jeanne, une Parisienne de 83 ans, a l'impression de revivre un cauchemar, comme pendant la guerre. Âgée de 6 ans, elle avait été obligée de se cacher dans un village normand pour échapper aux rafles. « L'antisémitisme, ce ne sont pas seulement les islamistes. Beaucoup de Français antisémites qui se cachaient ne se cachent plus. La haine contre les Juifs est ancrée en profondeur. L'antisémitisme resurgit à chaque crise économique et sociale, comme avec les « gilets jaunes. Le bouc émissaire, ce sont toujours les Juifs. » L'octogénaire appelle au réveil des consciences : « Un rassemblement c'est bien, mais ce qu'il faudrait c'est une vraie manifestation, comme celle qui avait réuni 200 000 personnes après la profanation du cimetière juif de Carpentras en 1990. »
« C'est aussi la faute de Netanyahou »

Dominique Bukhardt, une Parisienne d'origine alsacienne de 65 ans, a tenu à arborer une étoile jaune, même si elle est protestante. « J'ai participé à toutes les manifestations contre le racisme depuis celle de Touche pas à mon pote. J'avais déjà été horrifiée par l'assassinat de Mireille Knoll, beaucoup plus grave finalement que la bagarre verbale avec l'académicien Alain Finkielkraut, qui sait se défendre. Si l'antisémitisme monte, c'est dû en grande partie à la politique de Benjamin Netanyahou en Israël », estime la sexagénaire.

Dans la foule calme et silencieuse, quelques kippas et surtout beaucoup de petites mains jaunes disant « Touche pas à mon pote », l'emblème de SOS Racisme devenu le symbole de la lutte contre toutes les formes de haine et de discrimination.
« Enlevez votre gilet ! Vous n'avez pas honte ! »

Un des rares gilets jaunes présents sur la place de la République se fait rabrouer par une femme très en colère. « Enlevez votre gilet ! Vous n'avez pas honte ! ». Dominique, une Parisienne de 65 ans, dénonce ce qu'elle appelle « une provocation ». La sexagénaire fait partie de ces manifestants très inquiets : « Tout ce qui se passe, cela fait peur. Il y a ces cimetières profanés, cette inscription « Juden » sur la vitrine d'un restaurant, l'agression verbale contre Alain Finkielkraut ». Pourtant, Dominique avait manifesté avec les gilets jaunes, au début du mouvement, au côté de Jérôme Rodrigues, avant qu'il ne perde son oeil. « Je ne vais plus manifester. Le mouvement a mal tourné », dit-elle désormais.

Malgré les quolibets, Gilles garde sa chasuble jaune, sur laquelle il a collé un petit drapeau israélien avec l'étoile de David. Il revendique sa triple identité. « Je suis là en tant que citoyen français, mais aussi en tant que gilet jaune de confession juive. Il ne faut pas faire d'amalgame. L'immense majorité des gilets jaunes sont des braves gens. Il y a des brebis galeuses, comme partout. Mais les antisémites sont une toute petite minorité. »
Luc CHAILLOT

 

 
 

Illzach Des gilets jaunes ont bloqué le dépôt pétrolier

Publié dans le panorama le Mercredi 20 février 2019 à 06:25:06

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Illzach Des gilets jaunes ont bloqué le dépôt pétrolier
 

 
Le site du dépôt petrolier d' Illzach a été bloqué trois heures hier matin. Archives L'Alsace/Jean-François Frey
Des gilets jaunes ont bloqué le dépôt pétrolier d'Illzach durant trois heures, hier matin. Ils étaient une soixantaine au plus fort de la mobilisation. Les premiers sont arrivés vers 3 h 30 pour préparer le blocage, suivant un mot d'ordre national. Peu après 4 h, ils ont incendié des palettes avenue de Belgique pour bloquer les camions venant se ravitailler. Deux patrouilles du Peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie se sont très vite rendus sur place. Vers 6 h 45, les gendarmes ont demandé aux gilets jaunes de quitter les lieux. Ils se sont mis en formation pour les déloger et quand ils ont avancé vers eux, les manifestants sont partis sans résistance, mettant fin au blocage vers 7 h 30. Une vingtaine de camions ont été temporairement empêchés d'accéder au dépôt pétrolier. L'accès s'est ensuite fait normalement.

 

 
 

Elysée Enquête Alexandre Benalla a passé la nuit en prison

Publié dans le panorama le Mercredi 20 février 2019 à 06:13:12

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Elysée Enquête
Alexandre Benalla a passé la nuit en prison
L'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron a été placé en détention provisoire mardi soir après la révocation de son contrôle judiciaire, et sept mois après avoir quitté l'Elysée.
 

 
Alexandre Benalla a été placé en détention provisoire, tout comme son ami Vincent Crase.
Arrivé libre mardi matin au Palais de justice de Paris, Alexandre Benalla en est reparti menotté. À l'issue d'une très longue journée, l'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron a été placé en détention provisoire, direction la prison. Une décision prise par le juge des libertés et de la détention saisi par les juges d'instruction en charge du dossier dans lequel Alexandre Benalla est mis en examen pour l'affaire des violences supposées du 1er-Mai sur la place de Contrescarpe à Paris. Il lui est reproché d'avoir violé le contrôle judiciaire qui lui interdisait tout contact avec son ami Vincent Crase - celui-ci a également été placé en détention mardi soir.

« Il n'y a pas de justification à cette révocation », a réagi, à l'issue de l'audience, l'avocate d'Alexandre Benalla, Me Jacqueline Laffont. Elle a annoncé qu'elle avait interjeté appel de cette décision tout en déposant un référé liberté pour tenter d'obtenir une remise en liberté plus rapide. «On l'incarcère aujourd'hui pour une prétendue concertation qui aurait eu lieu il y a sept mois. Tout cela est ridicule », a-t-elle ajouté.
Sept mois de rebondissements

Le 31 janvier dernier, Mediapart avait publié des enregistrements clandestins d'une conversation datant de fin juillet entre Alexandre Benalla et Vincent Crase qui prouvait que les deux hommes étaient bien entrés en contact.

La défense d'Alexandre Benalla conteste la légalité de ces enregistrements, estimant leur origine douteuse car ne provenant selon elle ni d'écoutes judiciaires, ni d'écoutes administratives.

Sept mois plus tard, l'affaire Benalla n'est plus « une tempête dans un verre d'eau », comme l'avait qualifiée Emmanuel Macron, mais un ouragan qui n'en finit plus de secouer l'exécutif. Partie des révélations en juillet par Le Monde des violences du 1er-Mai, elle a connu de multiples rebondissements.

En janvier, Alexandre Benalla a de nouveau été mis en examen pour utilisation abusive de passeports diplomatiques après son licenciement.

Puis, le 7 février, le parquet national financier a confirmé avoir ouvert une enquête sur un contrat signé entre Vincent Crase et un sulfureux oligarque russe, dans lequel l'ancien conseiller d'Emmanuel Macron aurait joué le rôle d'intermédiaire. Selon Mediapart, ces investigations visent des soupçons de corruption. Alors que l'Elysée était déjà dans la tourmente, l'affaire des enregistrements de Mediapart a touché Matignon: le 7 février toujours, la cheffe de la sécurité du Premier ministre, Marie-Élodie Poitout, a présenté sa démission après des rumeurs selon lesquelles cette conversation aurait eu lieu chez elle.

Mercredi, la commission sénatoriale d'enquête, qui a été constituée après les violences du 1er-Mai, doit rendre publiques ses conclusions sur les dysfonctionnements dans les services de l'Etat qui ont pu émailler cette affaire.

 

 
 

Muespach-le-Haut Plus de 400 personnes aux obsèques du maire L'ultime hommage à André Bohrer

Publié dans le panorama le Mercredi 20 février 2019 à 06:08:15

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Muespach-le-Haut Plus de 400 personnes aux obsèques du maire
L'ultime hommage à André Bohrer
Les obsèques d'André Bohrer, maire de Muespach-le-Haut, ont été célébrées hier en l'église Saint-Georges devant une foule nombreuse qui a tenu à lui rendre un dernier hommage.
 

 
Les hommages se sont succédé face à la photo souriante d'André Bohrer : un homme « droit », « généreux », « cordial », « disponible », « ouvert », « avec le sens du devoir »....
André Bohrer est décédé dans sa 71e année à l'hôpital de Mulhouse des suites d'une longue et douloureuse maladie, le jeudi 14 février.

Hier après-midi, quelque 400 personnes se sont réunies autour de la famille du défunt en l'église Saint-Georges de Muespach-le-Haut et sur le parvis de l'édifice religieux - où avaient été disposés des bancs - pour lui rendre un dernier hommage. De nombreux villageois, amis, connaissances, les maires de l'ancienne com-com Ill et Gersbach, les personnels et les édiles venus de tout le Sundgau étaient là.

Présents également, la sous-préfète de l'arrondissement, Emmanuelle Guénot, la présidente du conseil départemental Brigitte Klinkert, le conseiller départemental et maire d'Altkirch Nicolas Jander, le sénateur René Danési, le président de la com-com « Sundgau » Michel Willemann, le président de l'association des maires du Haut-Rhin, Christian Klinger, maire de Houssen et Pierre Mallet, maire de Benquet, commune landaise jumelée avec Muespach-le-Haut.

Rehaussée par la chorale de la communauté de paroissesSaint-Sébastien-sur-Ill-et-Gerbach dirigée par Jean-Pierre Kuntz, accompagnée par l'organiste Laurent Imbach de Folgensbourg, la cérémonie religieuse a été célébrée par le curé Sébastien Schmitt assisté par les pères Paul Horstmann et Thomas Ziegler.

Au cours de cette cérémonie empreinte d'émotion, son fils, Fabrice, a tenu à rappeler qui était son papa. « Un papa qui a parcouru le globe, notamment le Brésil pour ses affaires, le Burkina-Faso pour des missions humanitaires. C'était un grand sportif qui aimait le ski, le tennis, la marche populaire et plus récemment depuis sa retraite prise en 2014, il avait découvert un nouveau sport, le jeu de cartes ».
D'ultimes applaudissements

Au cours de son homélie, le père Paul Horstmann a fait part de la souffrance du défunt. « Après avoir longtemps souffert, André vient de nous quitter. André s'en est allé prématurément et nous plonge dans un grand désarroi. André, tu avais un coeur d'or. À cet instant même, le curé Christophe Smoter te rend hommage au cours d'une messe à Cracovie ». Et de conclure son homélie sur des paroles écrites par le défunt peu avant sa mort : « Pleurez sur moi quelque temps si pleurer il vous faut et ensuite, laisser votre peine se transformer en joie ».

À la fin de la cérémonie, trois personnes se sont succédé pour parler de l'homme. Fernand Wieder son fidèle 1er adjoint. En regardant le cercueil, il a prononcé des mots simples et émouvants : « Je n'aurai jamais cru, jamais imaginé que j'allais m'adresser à toi ainsi... Nous avons appris à nous connaître, à collaborer ensemble à mener de nombreux projets... Tu étais un visionnaire... Né sous le signe du lion, tu étais toujours pressé. Maire, président de la com-com Ill et Gersbach, chef d'entreprise souvent en déplacement professionnel... Je te demandais comment tu pouvais faire tout cela ! Et tu m'as répondu avec ta vivacité d'esprit : « Celui qui gagne le Tour de France n'est pas celui qui reste longtemps sur la selle de son vélo... Je voudrais que l'on t'applaudisse une dernière fois ». Et les quelque 400 personnes ont ovationné la dépouille d'André Bohrer.

Michel Willemann, le président de la comcom Sundgau a pris le relais pour rappeler à son tour qui était André Bohrer. « Un homme de tempérament, actif, sociable, très engagé, charismatique. Il ne faisait jamais de longs discours, mais il prononçait des mots bien sentis quand il fallait défendre l'intérêt général et l'équité. Une main de fer dans un gant de velours, un fédérateur avec des idées novatrices. Franchement André, tu étais un chic type ».

Pierre Mallet, le maire de Benquet, a tenu également à rendre hommage à son « ami », témoignant que « Muespach-le-Haut était sa fierté. Il faut bien mesurer tout ce que cet homme a fait pour vous ».

André Bohrer avait été adjoint au maire de 1989 à 1995 dans la municipalité conduite par Victor Hell, puis maire de 1995 à 2019. Il était également président du syndicat intercommunal du complexe sportif de Muespach/Muespach-le-Haut. De 2008 à 2017, il avait présidé la com-com Ill et Gersbach, dont il avait été un membre fondateur en 1992, puis il a été élu durant quelques mois vice-président chargé des finances de la nouvelle com-com Sundgau.
Françoise ITAMARD

 

 
 

Recrutement des cadres :l'Alsace en pointe

Publié dans le panorama le Mercredi 20 février 2019 à 06:23:31

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Recrutement des cadres :l'Alsace en pointe
 

 
 
Les chiffres régionaux dévoilés hier par l'Apec (*) confirme la vitalité du marché de l'emploi des cadres. Après avoir repris des couleurs voilà quatre ans, celui-ci a poursuivi sa croissance en 2018 dans le Grand Est, à un rythme « plus soutenu » qu'au niveau national. L'an dernier, 2910 nouveaux postes de cadres ont été créés dans le Grand Est, des créations nettes « dans un contexte de hausse mesurée des effectifs, liée à des départs », note Jacques Triponel, délégué Grand Est de l'Apec.
Fortes disparités territoriales

Les recrutements ont ainsi progressé de 15 % par rapport à 2017, mieux qu'au niveau national (11 %) mais avec de « fortes disparités territoriales ». L'Alsace représente toujours 50 % des embauches régionales, alors que l'an dernier, les prévisions étaient plus favorables pour la Lorraine. Les effectifs régionaux de cadres (241 500) ont continué à progresser (+1,2 % sur un an), mais de manière plus mesurée qu'au niveau hexagonal (+2,1 %).

Pour 2019, le marché régional de l'emploi des cadres reste bien orienté, mais avec une tendance légèrement moins favorable que la tendance nationale.

Les prévisions de recrutement se situent dans une fourchette entre 10 920 (-3 %) et 12 160 (+8 %), contre +2 % à +10 % sur le plan français. « Mais on serait plutôt dans la partie haute », indique le représentant de l'Apec. Là encore, la situation du Grand Est n'est pas homogène. Et c'est l'Alsace qui fait la course en tête, avec des perspectives qui se situent entre 6 160 (+8 %) et 6 610 recrutements (+16 %), alors qu'en Lorraine, le mouvement ralentit (-3 à -15 %).

Dans le Haut-Rhin, 15 % des entreprises pensent augmenter leurs effectifs de cadres cette année, ce qui en fait « le département le plus optimiste », devant le Bas-Rhin, où le chiffre est de 13 %.

Au palmarès des secteurs porteurs, les services, avec le numérique, la transition énergétique, et les services à la personne, représentent 55 % des créations de postes prévues, et l'industrie 27 %.

Les entreprises régionales sont particulièrement demandeuses dans les fonctions de commercial marketing et la R & D, avec 19 % des embauches, la production industrielle et chantier (16 %) et l'informatique (13 %). Elles recherchent le plus souvent des profils ayant entre un et dix ans d'expérience (54 % des recrutements).

Selon le délégué de l'Apec, sur un marché dynamique mais contrasté, « c'est moins la pénurie de compétences que le manque d'anticipation des employeurs qui provoque des tensions. Mieux vaut s'y prendre six mois à l'avance pour préparer un recrutement ».
I.N. (*) Association pour l'emploi des cadres. Ces chiffres sont issus d'une enquête réalisée entre octobre et décembre 2018, auprès de 968 entreprises privées du Grand Est.

 

 
 

M2A Un Pacte offensive croissance emploi entre ruraux et urbains

Publié dans le panorama le Mercredi 20 février 2019 à 06:55:02

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M2A Un Pacte offensive croissance emploi entre ruraux et urbains
 

 
 
Un Poce, c'est un Pacte offensive croissance emploi. « Un acronyme compliqué mais qui a du sens. Il correspond à la volonté d'avancer ensemble », a déclaré Jean Rottner, président de la Région Grand Est, lundi à Mulhouse, lors de la signature de ce Poce entre le Grand Est et sept territoires du Sud-Alsace.

Michel Willemann, président de la communauté de communes Sundgau, en a décrypté le sens. Pacte, c'est l'engagement du travail en commun. Offensive signifie démarche volontaire. Croissance et emploi : la croissance, c'est l'emploi et l'un ne va pas sans l'autre... « Je me réjouis », a résumé Michel Willemann, en énumérant les projets de son territoire, dont la zone d'activité de Carspach avec ses 30 hectares, et en saluant spécifiquement l'action de Laurent Riche, vice-président de M2A (Mulhouse Alsace agglomération), actif également dans le Tiga (Territoire d'innovation de grande ambition - développement de l'agriculture de demain) et dans Territoires d'industrie.
Élaboration d'orientations et de priorités économiques convergentes

En effet, a poursuivi Fabian Jordan, président de M2A, la signature de ce Poce avec l'ensemble des représentants de ce Sud-Alsace réuni est un signe de cette « énergie positive » qui permet à chacun de participer et de co-construire le développement d'un territoire à une échelle pertinente.

Avec la signature de ce Poce, la Région Grand Est et les sept territoires regroupés du Sud-Alsace prennent l'engagement d'oeuvrer à l'élaboration d'orientations et de priorités économiques convergentes, à travers le Schéma régional de développement économique, d'innovation et d'internationalisation (SRDEII).
Des projetsdans chaque territoire

Le Poce se base sur les besoins de chaque territoire, il est un lieu privilégie de dialogue et de coopération. Il a pour but de mener des actions structurantes en matière de développement économique. L'enjeu de ce Poce : maintenir le tissu industriel, son économie de proximité. Plusieurs domaines d'actions ont été identifiés : l'industrie du futur, le numérique, les mobilités, les matériaux et les procédés.

Chaque territoire a listé des projets qui peuvent être soutenus dans le cadre du Poce. Ainsi Pierre Schmitt, président de la communauté de communes de Sud Alsace-Largue, énumère des dossiers comme la nouvelle zone d'activité de Diefmatten, entre Belfort et Mulhouse, les cinq hectares de photovoltaïque à Retzwiller, les deux unités de méthanisation qui sont en projet à Traubach et à Wolfersdorf, le développement des pistes cyclables et leur liaison vers le territoire de Bâle. Il a souligné ce lien nouveau qui se noue entre « les ruraux et les urbains ».

Pour François Horny, président du PETR (Pôle d'équilibre territorial et rural) du Pays Thur Doller, ce Poce va être un atout pour son territoire qui concentre 38 % d'emplois industriels.

François Tacquard, président de la communauté de communes de la Vallée de Saint-Amarin, a évoqué la nécessité de développer également le tourisme, qui donne chez lui de l'emploi à 400 personnes et génère des services à la population. Il a salué au passage la performance de KMØ, le village du numérique, qui a réussi une réhabilitation au prix moyen de 500 EUR le m², sur la base d'un modèle économique frugal. Mais il a émis quelques bémols par rapport au Poce, en alertant sur le fait que des entreprises sont perdues devant le maquis des intervenants. « Il faut recréer des liens entre les différentes sphères techniques et il faut veiller à l'équilibre entre le pôle mulhousien et les territoires les plus excentrés », a-t-il insisté.

En effet, a rebondi Laurent Lerch, président de la communauté de communes de la vallée de la Doller et du Soultzbach, « nos vallées ont leur importance et elles ont besoin de se retrouver dans ce Sud-Alsace autour d'une même table, pour le tourisme, l'artisanat et le commerce. Nous avons bien d'autres choses à partager pour faire avancer ensemble le Sud-Alsace ».

Ancrage du Sud-Alsace dans l'industrieet la technologie

Jean Rottner, président de la Région Grand Est, s'est voulu rassurant face à cet aréopage d'élus, représentants de « ces intercommunalités qui ont parfois le sentiment d'être oubliées mais qui sont en première ligne dans l'aménagement du territoire, dans les choix politiques qui sont faits pour permettre aux entreprises de créer de l'emploi ».

Le président Rottner a aussi souligné l'ancrage fort du Sud-Alsace dans l'industrie et la technologie et le soutien qu'y apporte la Région. Il a cité les huit millions d'euros pour le centre de production de PSA à Mulhouse. Un choix parfois critiqué, mais qu'il assume : « Dans l'automobile, le choix se joue à quelques dizaines d'euros près de coût de revient par voiture, entre un site en France et un site en Hongrie. »

Il a rappelé également le succès du salon Industrie du futur, le soutien de trois millions d'euros apporté au CFAI (Centre de formation des apprentis de l'industrie) pour son emménagement chez KMØ. Il compte sur les forces vives ainsi rassemblées pour constituer « un écosystème autour de l'industrie du futur. Car nous souhaitons ensemble une vraie transformation du territoire haut-rhinois ».
F.Z.

 

 
 

Hésingue Cryostar s'exporte en grand format

Publié dans le panorama le Mercredi 20 février 2019 à 07:01:20

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Hésingue Cryostar s'exporte en grand format
 

 
Une partie de l'immense raffinerie de Jamnagar, dans l'État du Gujarat, au bord de la mer d'Arabie. Le site s'étend sur une surface que couvriraient à peine 4000 terrains de football. DR
La marche du sel est devenue la course au pétrole. Non loin de la ville où est né le Mahatma Gandhi, un petit village de pêcheurs nommé Jamnagar s'est mué en capitale du brut.

Non, l'Inde ne produit (presque) pas de pétrole, mais en raffine ici plus d'un million de barils par jour. Dans l'État du Gujarat, au bord de la mer d'Arabie, une plateforme industrielle démesurée a surgi de terre. Et au chevet de l'or noir brille une étoile bleue, venue d'Alsace.

Depuis 2013, la société Cryostar, spécialiste et leader mondial en fabrication d'équipements cryogéniques de haute technologie, accompagne le développement de ce qui est aujourd'hui la plus importante raffinerie au monde.
Un projet stratégique

Son client sur place ? Le propriétaire et exploitant du site, le géant pétrochimique indien Reliance Industries Limited. Qui, entre autres, figure au premier rang mondial des producteurs de polyester. Dans ce gigantisme ambiant, l'entreprise sud alsacienne brille par son savoir-faire unique pour séparer les constituants gazeux de l'air à très basse température.

« Jamnagar était un projet stratégique pour Cryostar, note le directeur exécutif du département ProcessMachinery, Bruno Brethes. En tant que fournisseur de pompes et de turbines cryogéniques, et par notre appartenance au groupe allemand Linde, les négociations ont débuté en 2012, la première commande remonte à l'année suivante. »

En cinq ans et trois tranches de contrat, Cryostar a envoyé 69 pompes et quatorze turbines à Jamnagar. L'unité de séparation d'air est désormais en phase de démarrage, sous la houlette d'une équipe employée par Linde et composée notamment de techniciens estampillés Cryostar.
Au pays des contrastes

En octobre dernier, des responsables de la société alsacienne étaient sur place. Ils ont été marqués par le côté pharaonique d'une raffinerie qui, en mode fourmilière au pic de sa construction, accueillait la bagatelle de 100 000 intervenants. Et qui s'étend sur une surface que couvriraient à peine 4000 terrains de football...

« La salle de contrôle est immense et très impressionnante, commente Bruno Brethes. Mais le plus frappant reste finalement le contraste monumental entre l'ultra-modernisme de la raffinerie et les conditions de travail et de vie des ouvriers indiens. »

En 2018, le complexe a raffiné près de 70 millions de tonnes de pétrole brut. Client devenu utilisateur final du matériel Cryostar, Reliance Industries Limited envisage déjà une nouvelle extension de la plateforme - au coût avoisinant les dix milliards d'euros -, pour répondre à l'appétit de son patron, Mukesh Ambani, l'homme le plus riche d'Asie, qui vise les 100 milliards de tonnes de brut à l'horizon 2030.

Initialement, le projet Jamnagar devait être bouclé fin 2019. L'entreprise d'Hésingue ne sera alors plus représentée sur place que par ses machines, dont la gestion sera tout de même assurée par son centre d'affaires implanté à New Delhi (lire ci-contre). Mais de telles perspectives de développement ont tout pour que Jamnagar rime encore longtemps avec Cryostar.
Michel ALLEMANN

En même temps que ses techniciens finalisaient la mise en service de l'unité de séparation d'air de Jamnagar, Cryostar procédait à l'inauguration de son nouveau centre d'affaires à New Delhi. Après le Royaume-Uni, les États-Unis, le Brésil, la Chine et Singapour, l'Inde est la sixième implantation à l'étranger d'une société qui exporte 95 % des équipements fabriqués à Hésingue. Derrière le dynamisme chinois, le marché du sous-continent est en plein essor, et Cryostar y mène déjà plusieurs projets, dans la pétrochimie donc, mais aussi dans la sidérurgie. Le « business centre » de New Delhi compte six salariés, qui ont en charge des actions commerciales et des opérations de maintenance, dont la gestion du matériel installé sur la raffinerie géante de Jamnagar. « Notre responsable là-bas est un Indien, cela correspond bien au modèle de développement de Cryostar », précise la directrice de la communication de l'entreprise, Régine Kinny. Un développement qui, depuis l'usine-mère des Trois Frontières, s'oriente donc de plus en plus vers l'Asie.

 

 
 

Se former pour s'engager dans la vie publique

Publié dans le panorama le Mercredi 20 février 2019 à 06:26:23

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Se former pour s'engager dans la vie publique
 

 
Futurs élus ou en tout cas candidats à la fonction, élus, collaborateurs d'élus... C'est à tous ceux qui ont envie de « s'investir dans la vie publique de leur collectivité, dans la vie politique » que s'adresse la deuxième formation proposée par la toute nouvelle Esspa de Mulhouse, une formation baptisée Les leaders demain (LDD). Plus courte que la préparation aux concours administratifs (138 heures de cours contre 500), elle se déroulera sur environ six mois, à partir de fin août ou début septembre prochain pour la première promo. Là aussi en cours du soir et certains samedis matins. Il n'y a pas de niveau d'entrée requis, précise Mikaël Sautron.
« Des courstrès pratiques »

L'un des principaux objectifs de cette formation LDD est « d'apporter des connaissances fondamentales pour administrer une collectivité locale », explique Mikaël Sautron. Il y a donc au programme du droit public et du droit de la fonction publique, de l'économie publique, des finances publiques, etc. « Mais il y aura aussi des cours très pratiques : web-marketing, art oratoire, expression corporelle, méthodologie pour les campagnes électorales, construction et rédaction de discours... », souligne le directeur de l'Esspa.

Parmi les intervenants, il y aura des universitaires, des élus (le député de Mulhouse Bruno Fuchs, par exemple, qui est aussi un spécialiste de la communication), des membres de cabinets d'élus, etc. « Les intervenants qui font ou qui ont fait de la politique ne partagent pas tous les mêmes idées », précise le directeur de l'Esspa. Et, outre cette pluralité, leurs interventions ne seront pas partisanes, insiste-t-il : « Ils viendront apporter leurs conseils. On veut que cette école garde une grande forme de neutralité politique. »

 

 
 

Une école de sciences po à Mulhouse

Publié dans le panorama le Mercredi 20 février 2019 à 06:21:18

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Une école de sciences po à Mulhouse
 

 
Mikaël Sautron, cofondateur de l'Esspa, devant le bâtiment du site DMC où la nouvelle école privée mulhousienne s'installera. Photo L'Alsace/Darek Szuster
La structure juridique porteuse, une SAS (société par actions simplifiée), a été portée sur les fonts baptismaux fin janvier. Les pré-inscriptions sont ouvertes depuis quelques jours. L'École supérieure des sciences politiques appliquées (Esspa) de Mulhouse entre donc en phase opérationnelle et elle accueillera ses premières recrues à la rentrée prochaine.

Cette école privée propose déjà deux formations : d'une part une préparation aux concours administratifs destinée à ceux qui visent des postes de cadre dans les trois fonctions publiques (territoriale, d'État et hospitalière) ; d'autre part une formation qui s'adresse aux personnes désireuses de s'investir dans la vie publique de leur collectivité (lire en encadré).
Des cours du soir

L'Esspa a été créée à l'initiative du Brunstattois Mikaël Sautron, 36 ans, professeur de sciences économiques et sociales au lycée Alfred-Kastler de Guebwiller et par ailleurs engagé dans le monde associatif (il est président de l'association wittenheimoise Adesion, qui oeuvre dans le champ de l'insertion professionnelle, et préside aussi le think tank ID Alternatives). Après avoir fait, il y a quelques années, un master Carrières et action publiques à l'Institut d'études politiques (IEP) de Strasbourg et un master Management de projets au Serfa à Mulhouse, ce passionné de la chose publique a suivi pendant un an les cours de la prép'ENA de Strasbourg. « À l'époque, relate-t-il, j'ai été surpris du nombre de candidats qui voulaient intégrer cette prépa et qui restaient sur le carreau, non pas parce qu'ils n'étaient pas au niveau mais parce qu'il n'y avait pas assez de places, que ce soit pour le concours externe ou le concours interne. Je me suis aussi rendu compte que dans l'Est de la France, pour ceux qui souhaitent préparer les concours de la haute fonction publique (ENA, attaché territorial, directeur d'hôpital, etc.), presque tout est concentré à Strasbourg. »

C'est de ce constat qu'est née l'idée de créer cette école mulhousienne. Et Mikaël Sautron a monté ce projet avec un partenaire : l'ex-adjoint au maire de Mulhouse Patrick Puledda, directeur d'une association spécialisée dans l'insertion professionnelle, qui est cofondateur de l'Esspa, associé à Mikaël Sautron au sein de la SAS et membre du comité pédagogique de l'école.
En présentiel ou depuis chez soi

La nouvelle école s'installera, en location, sur le site DMC. D'abord, au démarrage, dans des bureaux déjà existants puis, à l'issue de travaux, dans des locaux qui seront aménagés pour elle dans un bâtiment voisin de celui de Motoco. « On aura 300 m² tout neufs et accueillants. En faisant la visite, on s'est dit que c'était the place to be ! », commente en souriant Mikaël Sautron, qui va passer à temps partiel dans ses fonctions d'enseignant au sein de l'Éducation nationale pour diriger l'Esspa.

Il sera épaulé par une secrétaire à temps plein. Et de nombreux intervenants ont déjà été recrutés pour assurer les deux formations, qui se dérouleront en cours du soir (entre 17 h à 21 h) et certains samedis matins. « On s'adresse à des personnes actives. »

La prépa aux concours administratifs démarrera en octobre prochain. Les inscrits pourront assister à tous les cours en présentiel, dans les futurs locaux de l'Esspa, ou, s'ils le préfèrent ou quand ça les arrange, à distance, par écran interposé, mais en direct. « C'est ce qu'on appelle de l'e-présence. Les cours seront filmés, mais pas enregistrés. Les apprenants qui ne seront pas sur place pourront intervenir depuis chez eux, prendre la parole, échanger avec les intervenants, via une application très simple », développe le directeur.

Les formateurs qui officieront au sein de cette prépa ? « On a bien sûr fait appel à des personnes qui ont l'habitude de ces concours et qui les ont réussis ! Il y aura notamment plusieurs énarques, dont une inspectrice générale des affaires sociales ; des administrateurs territoriaux, une magistrate judiciaire [...] Il y aura aussi des universitaires, une avocate... », indique Mikaël Sautron.

Avec ses partenaires, il prépare déjà une troisième formation, qui ne débutera pas, elle, dès cette année, mais à la rentrée scolaire 2020/2021: un bachelor (un bac + 3) en sciences politiques comparées. « Ça s'adressera à des personnes qui envisagent de travailler dans la fonction publique française mais également européenne. »
François FUCHS

 

 
 

À quoi va ressembler l'« école de la confiance »

Publié dans le panorama le Mercredi 20 février 2019 à 06:10:50

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À quoi va ressembler l'« école de la confiance »
 

 
Le projet de loi « pour une école de la confiance » a été adopté en première lecture à l'Assemblée nationale. Photo d'illustration Julio PELAEZ
Les députés ont adopté mardi en première lecture le projet de loi pour une école de la confiance, porté par Jean-Michel Blanquer, le ministre de l'Éducation nationale. Voici les principales mesures du projet de loi :
École obligatoire de 3 à 16 ans

L'âge de l'instruction obligatoire sera abaissé à trois ans contre six aujourd'hui. 97,6 % des enfants de trois ans sont déjà scolarisés aujourd'hui, la mesure aura donc seulement un effet sur les quelque 26 000 enfants de trois ans qui ne fréquentent actuellement pas l'école.
Drapeaux dans les classes

Mesure inattendue : les députés ont complété et adopté un amendement d'Eric Ciotti (LR) rendant obligatoire la présence dans les classes du drapeau tricolore et du drapeau européen, ainsi que des paroles de l'hymne national. Jusqu'ici, la présence obligatoire des drapeaux était limitée au fronton des écoles.
Regroupement collège-école

Le projet de loi instaure le regroupement des classes d'un collège et d'une ou plusieurs écoles au sein d'un nouveau type d'établissement « des savoirs fondamentaux ». L'idée est notamment d'avoir une plus grande « unité » entre le primaire et le collège, avec ces établissements qui pourront être organisés sur un même site ou en réseau.
Écoles internationales

Sur le modèle de l'École européenne de Strasbourg, les établissements publics locaux d'enseignement international (EPLEI) accueilleront des élèves de la maternelle à la terminale, pour les préparer au baccalauréat européen ou à l'option internationale du diplôme national du brevet et du bac.
Surveillants en renfort

Les « pions » pourront remplir des fonctions d'enseignement à condition de préparer les concours de recrutement et seront rémunérés pour cela dès leur deuxième année de licence. Ce pré-recrutement vise à accroître l'attractivité du métier.
Refonte de la formation des profs

Les écoles supérieures du professorat et de l'éducation (Espé) vont devenir des instituts nationaux supérieurs du professorat et de l'éducation (Inspé). Le contenu des formations - volume horaire des disciplines, équilibre théorie/stages et place du concours - sera précisé ultérieurement par le ministère.
Homoparentalité

Les mentions « père » et « mère » seront remplacées par « parent 1 » et « parent 2 » dans les formulaires scolaires, pour une reconnaissance de l'homoparentalité. Mais cette formule pourrait évoluer.

 

 
 

Baltzenheim Enseignement L'école Montessori ouvre lundi

Publié dans le panorama le Mercredi 20 février 2019 à 06:53:33

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Baltzenheim Enseignement
L'école Montessori ouvre lundi
Sous le coup d'une interdiction d'ouvrir depuis la rentrée dernière (DNA du 5 septembre), l'école des Petits Roseaux ouvrira finalement ce lundi à Baltzenheim.
 

 
L'école des Petits Roseaux a investi les locaux de l'ancienne école communale de Baltzenheim.
La patience a payé à Baltzenheim. Sur le site internet de l'école des Petits Roseaux, les inscriptions sont ouvertes pour ce lundi 25 février. Cet établissement privé bilingue hors contrat, à pédagogie Montessori, situé dans les anciens locaux de l'école fermée l'an dernier, attendait depuis la rentrée dernière l'autorisation du rectorat pour accueillir les neuf enfants inscrits depuis l'été (DNA du 5 septembre 2018).

Or, une loi portée par la députée centriste Françoise Gatel a durci les conditions d'ouverture des écoles hors contrat en mars dernier. Le flou autour de l'application de cette loi dans les trois départements d'Alsace-Moselle a poussé le rectorat à refuser, un peu à la dernière minute, l'ouverture de l'école à quelques jours de la rentrée. Les neuf enfants initialement inscrits à l'école des Roseaux ont finalement commencé l'année dans leur école de village. En attendant que le recours gracieux des deux porteuses du projet, Sabrina Kegler et Laurène Bilbaut, soit traité à la fois par la préfecture puis par le rectorat. Il aura donc fallu attendre cinq mois pour que l'école annonce sur son site internet faire sa rentrée le 25 février prochain. Les inscriptions sont ouvertes pour les enfants à partir de 2 ans et demi.
SE RENSEIGNER Sur le site internet de l'école des petits Roseaux http://www.lespetitsroseaux.fr/

SE RENSEIGNER Sur le site internet de l'école des petits Roseaux http://www.lespetitsroseaux.fr/

 
 

Alsace Soldes : un bilan en demi-teinte

Publié dans le panorama le Mercredi 20 février 2019 à 06:52:34

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Alsace Soldes : un bilan en demi-teinte
 

 
Unanimes, les commerçants déplorent la trop longue durée des soldes et la multiplication des promotions. Archives L'Alsace/Vincent Voegtlin
Les soldes d'hiver 2019 ? « Une édition moyenne, lâche le directeur général des Vitrines de Strasbourg (quelque 700 commerces adhérents), Pierre Bardet, quelques heures avant leur fin officielle. Dès après Noël, ça a très bien démarré, avec de nombreux présoldes et d'importantes promotions, essentiellement dans l'équipement de la personne, comme toujours, mais ensuite... L'attentat du marché de Noël a peut-être freiné une partie de notre clientèle... Sur les deux dimanches d'ouverture de janvier, en tout cas, le 13 s'est avéré moyen, tandis que celui du 20 a très bien marché. »
Attentat et gilets jaunes

« Six semaines de soldes, c'est bien trop long, insiste par ailleurs Pierre Bardet, mais si la loi (NDLR : Pacte, en cours d'examen) est votée dans les temps, les prochains ne dureront normalement que quatre semaines - et ce sera largement suffisant. »

À Mulhouse, sauf rare exception, le bilan est décrit comme franchement mitigé. « C'est vite vu : le chiffre d'affaires est moins bon que lors des soldes d'hiver 2018. On doit être à environ 10 % de moins », indique Patricia Vest, présidente de l'association Coeur de Mulhouse (une soixantaine d'adhérents). L'impact négatif du mouvement des gilets jaunes est fréquemment cité, de même que le « trop-plein » de promotions. « Il y a beaucoup trop d'opérations commerciales hors soldes », estime Patricia Vest, qui attend - elle aussi - avec impatience de voir la durée des soldes raccourcie : « J'espère que ça permettra de refaire des soldes un véritable événement. »

Patricia Vest invoque enfin la météo, qui a elle aussi joué les troubles fêtes : « Il n'a pas fait très froid cet hiver. Du coup, les grosses pièces, comme les manteaux et les parkas, ne se sont pas bien vendues. »

À Colmar, les commerçants ont soit tout juste réussi à maintenir le niveau de leurs ventes par rapport à l'année précédente, soit accusent carrément des baisses de l'ordre de 20 %. En cause, « la morosité ambiante, qui ne pousse pas à l'achat plaisir », selon Laurent Chiche, directeur du magasin Desigual de la rue des Têtes, ainsi que la multiplication des ventes privées et des promotions tout au long de l'année.

« La période des soldes n'a plus le même impact, les repères des consommateurs se sont brouillés », indique Vincent Houllé, président de l'association Les Vitrines de Colmar. Au point que certains préconisent de revenir à la bonne vieille recette des « vrais soldes » qui voyaient les clients se ruer dans les magasins dès la première semaine grâce à une attente savamment orchestrée et à des rabais immédiatement plus significatifs.
Météo favorable pour les uns, défavorable pour les autres...

Dans le secteur des Trois Frontières, ces soldes n'ont été « ni exceptionnel, ni catastrophique », pour reprendre les termes d'Olivier Boule, qui préside l'Association des commerçants et artisans de Bartenheim (Arcoba). Lui aussi considère que cette période des soldes est trop longue : « Personnellement, on a fait des soldes seulement pendant quinze jours. »

Tendance identique du côté des Vitrines de Saint-Louis : si les commerçants locaux n'en tirent pas un bilan éblouissant, ces soldes d'hiver demeurent corrects. « On a surtout bénéficié d'un temps clément », souligne la vice-présidente de l'association ludovicienne, Frédérique Brom... Qui a déjà mis en place la collection printemps-été dans sa boutique de prêt-à-porter.
V.B, E.D., C.F. et C.H.

 

 
 

Ski Au lac Blanc Secouristes,mais d'abord pisteurs

Publié dans le panorama le Mercredi 20 février 2019 à 06:29:17

© Dna, Mercredi le 20 Février 2019
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Ski Au lac Blanc
Secouristes,mais d'abord pisteurs
Découvrir le métier de pisteur secouriste, c'est une des animations proposées au lac Blanc durant les vacances scolaires. L'occasion de rencontrer ces travailleurs de montagne et d'apprendre les bonnes réactions en cas d'accident.
 

 
La station du lac Blanc propose pendant les vacances scolaires de découvrir le métier de pisteur secouriste. Prochaine animation, jeudi à 10 h 30 au bas des pistes.
On les voit - souvent avec envie - sillonner les pistes de ski sur leur motoneige ou descendre les pentes à l'heure où les autres skieurs doivent déchausser sagement : les pisteurs secouristes font partie de tous ces indispensables travailleurs de montagne. En permanence au coeur de l'action, ils ont fait de leur passion un métier. Et en plus ils sauvent les gens !

Durant les vacances scolaires de l'académie de Strasbourg, la station du mac Blanc donne l'occasion de Les rencontrer. Ce jeudi, Jean-Michel Mathis, chef de piste, Alexis Weber et Richard Delaunay, pisteurs secouristes, ont ainsi présenté leur métier à une petite dizaine de personnes.
Ce sont eux qui se rendenten premier au chevetdu ou des blessés

D'entrée de jeu ils précisent : « Nous intervenons en cas d'accident, mais l'idéal est de ne pas avoir d'accident. » D'où l'importance de leur travail de pisteurs : ils ouvrent les pistes, mettent en place les différents balisages, que ce soit ceux qui permettent de se guider sur les pistes ou ceux qui indiquent un danger (un trou, un rocher...). Ils installent les filets de protection, les matelas pour éviter les chocs contre les pylônes...

Lorsqu'il y a un accident, ce sont eux qui se rendent en premier au chevet du ou des blessés, équipés du traîneau qui permettra de redescendre le skieur.

« La majorité des blessures sont des entorses au genou ou à la cheville pour les skieurs, et au poignet pour les surfers et snowboarders », indique Jean-Michel Mathis. Il y a aussi des blessures plus graves, qui nécessitent la venue de l'hélicoptère. « C'est arrivé deux fois cette année, pour une fracture du fémur et une luxation très douloureuse à l'épaule. »

Du côté des fondeurs, les malaises sont le principal risque, si l'on a trop forcé.

Sept pisteurs travaillent à la station, six pour le ski alpin, un pour le ski de fond. « Quel que soit le massif où nous travaillons - Alpes, Vosges, Pyrénées, Massif central -, nous avons tous la même formation : être au minimum flèche de vermeil, et suivre les formations techniques en descente, en comportement (un « fonceur » n'est pas l'idéal), en avalanches, en secourisme bien sûr... » Certains peuvent avoir ensuite des spécialisations : nivologue (étude de la neige), artificier et maître de chien d'avalanche.

Sur les sept pisteurs de la station, deux sont à l'année à la station, le chef de pistes Jean-Michel Mathis et Richard Delaunay, qui s'occupe des pistes de VTT à la belle saison, les cinq autres sont des saisonniers. Quand la saison se terminera, fin mars, ils retrouveront leur autre travail - trieur de grains, ouvrier viticole, couvreur, pâtissier... - avant de revenir au lac Blanc en décembre prochain.
Françoise MARISSAL Jeudi 21 février, à 10 h 30. Gratuit. Rendez-vous devant l'accueil au bas des pistes du lac Blanc 1 200.

Jeudi 21 février, à 10 h 30. Gratuit. Rendez-vous devant l'accueil au bas des pistes du lac Blanc 1 200.