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Enseignement Non-fusion des rectorats «L'Alsace entendue», pour les conseils départementaux

Publié dans le panorama le Dimanche 03 février 2019 à 08:43:28

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Enseignement Non-fusion des rectorats
«L'Alsace entendue», pour les conseils départementaux
 

 
Les rectorats d'Académie ne vont pas fusionner, a annoncé vendredi Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation nationale (DNA du 2 février). Brigitte Klinkert, présidente du Conseil départemental du Haut-Rhin, et Frédéric Bierry, président du Conseil départemental du Bas-Rhin, réagissent dans un communiqué commun : « Nous nous félicitons de cette décision qui répond à nos demandes répétées de conserver une organisation scolaire de proximité. Elle tient compte des spécificités de nos différents territoires et notamment de l'Alsace. À ce titre, le ministre souligne le travail que nous menons pour la création de la Collectivité Européenne d'Alsace dont le rôle pilote est réaffirmé dans la politique d'apprentissage des langues et notamment en faveur de l'enseignement de l'allemand. » Et d'ajouter : « Nous resterons vigilants à la mise en oeuvre effective de cette volonté qui doit également se traduire dans les compétences attribuées à la future collectivité d'Alsace en matière de bilinguisme. »

 

 
 

 

assemblée des maires du haut-Rhin Stocamine pollue le débat

Publié dans le panorama le Dimanche 03 février 2019 à 08:47:34

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assemblée des maires du haut-Rhin
Stocamine pollue le débat
Intepellé par Antoine Homé, le préfet Laurent Touvet a dû faire le service après-vente de la décision de confiner les déchets de Stocamine, hier, devant les maires du Haut-Rhin.
 

 
Quelque 250 élus étaient rassemblés hier à Houssen pour l'assemblée générale de l'association des maires du Haut-Rhin.
Le préfet Laurent Touvet était venu porter la bonne parole de la « proximité » et de la « confiance », hier à Houssen, devant les maires du Haut-Rhin réunis en assemblée générale. Celle du grand débat national, à propos duquel les maires « ne peuvent rester à l'écart » . Celle des dotations de fonctionnement de l'État enfin « stabilisées ». Celle, enfin, de l'après-Fessenheim, avec un projet de territoire « qui permettra de recréer de la richesse dans la bande rhénane et de faire du Haut-Rhin un département bas carbone d'ici une vingtaine d'années ».

Mais l'échange avec les maires a rapidement été pollué par le dossier Stocamine. C'est Antoine Homé qui a mis sur le tapis la question qui fâche : la décision du ministre de la Transition écologique, le 21 janvier dernier, d'opter pour le confinement des déchets plutôt que l'extraction. « En ces temps de grand débat, nous avons été choqués par cette décision prise sans recevoir les élus locaux » , commente le maire de Wittenheim et vice-président de l'association des maires, persuadé que « seul le déstockage intégral garantit le respect du principe de précaution ».
Quel principede précaution ?

Et d'appeler le gouvernement à « réexaminer » cette option, « la seule qui vaille » : « Parce que les élus alsaciens ont le sens du respect et du dialogue, il ne faudrait pas qu'on se permette ici ce qu'on n'oserait pas ailleurs. » Applaudissements nourris.

Le préfet, qui avait déjà eu la lourde tâche de dévoiler - à huis clos - la décision ministérielle il y a quinze jours, s'est donc livré à une explication de texte détaillée, basée sur « plusieurs rapports qui disent à peu près la même chose ».

À l'entendre, les bouchons de confinement doivent isoler le plus longtemps possible les galeries où sont stockés les déchets de l'eau de la nappe. « Il y a une possibilité, dans un avenir entre 600 et 1000 ans, qu'une petite fraction de saumure polluée vienne à remonter jusqu'à la nappe » , reconnaît le préfet. Mais, précise-t-il, « 75 % des déchets qui restent au fond sont non solubles dans l'eau ». Pour le représentant de l'État, le risque de pollution serait donc « très faible », en raison de la dilution : « On parle d'1 m³ par an de saumure polluée contre 35 milliards de m³. »

Quid alors du rapport du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières), qui juge l'extraction possible ? « Oui, mais avec des techniques entièrement nouvelles, des robots et des équipes trois fois plus nombreuses », relativise le préfet. Qui soulève aussi la question de la durée d'une éventuelle extraction : « Dans une dizaine d'années, on ne pourra plus travailler au fond. On risque d'être rattrapés par le temps et de ne pas pouvoir réaliser le confinement. »

À l'arrivée, le préfet assure que la « balance des risques » a conduit l'État à retenir le confinement, en retardant la fermeture des puits « pour permettre une durée accrue de surveillance ». « Nous sommes d'accord sur le principe de précaution mais n'en tirons pas les mêmes conclusions. » Pas sûr que cela suffise aux élus que François de Rugy recevra le 12 février.
Clément TONNOT

 

 
 

 

Stocamine : l'indignation de Mulhouse j'y crois

Publié dans le panorama le Dimanche 03 février 2019 à 08:54:50

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Stocamine : l'indignation de Mulhouse j'y crois
 

 
L'association Mulhouse j'y crois, présidée par Frédéric Marquet, a réagi à la décision de l'État concernant Stocamine (lire L'Alsace du mardi 22 janvier) :

« La décision de l'État de renoncer à extraire les déchets toxiques enfouis sur le site Stocamine est révoltante, indigne. C'est bien beau de parler de la nécessité d'engager la transition écologique et de lancer un grand débat national si c'est pour ne pas traiter les dossiers concrets quand ils se présentent, comme c'est le cas sur le site Stocamine, à notre porte.

Point besoin de cogiter ou de tourner et retourner les raisonnements dans tous les sens, il est des moments où il faut savoir prendre les décisions qui s'imposent. Quand la question : "Quelle Terre voulons-nous laisser à nos enfants ?" est désormais dans toutes les têtes [...], les déchets de Stocamine reposent justement directement sous la terre de nos enfants. Bombe à retardement sur laquelle on fermerait les yeux en toute conscience parce que les conséquences devraient se produire dans des centaines d'années ?...»

L'association invite « tous les élus locaux, tous bords confondus, à prendre en compte cette réalité et à ne pas abandonner le dossier. Merci à eux de rester mobilisés [...] ».

 

 
 

 

Politique municipale Association des maires du Haut-Rhin Une boîte à outils pour journées citoyennes

Publié dans le panorama le Dimanche 03 février 2019 à 08:41:02

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Politique municipale Association des maires du Haut-Rhin
Une boîte à outils pour journées citoyennes
Réunis à Battenheim par l'association des maires du Haut-Rhin, de nombreux élus communaux du département ont participé à une réunion d'échange des pratiques autour de la journée citoyenne. L'occasion également de découvrir de nouvelles initiatives.
 

 
Un peu plus de 120 élus communaux haut-rhinois ont participé à la réunion consacrée à la journée citoyenne.
Placée sous l'égide de Christian Klinger, président de l'association des maires du Haut-Rhin, de Fabian Jordan, président de M2A, de Brigitte Klinkert, présidente du Conseil départemental et de Didier Lesueur, directeur délégué de l'Odas (Observatoire national de l'action sociale), la réunion d'échange autour de la journée citoyenne a rassemblé environ 120 élus communaux dans la salle festive et culturelle de Battenheim.

« La journée citoyenne entre parfaitement dans le Grand débat national qui s'ouvre. Si 80 % des communes haut-rhinoises l'organisent, elle s'exporte partout en France avec 2 000 communes recensées sur 80 départements, grâce à nos partenaires nationaux tels que l'Odas, EDF, la Banque postale et la MSA et à nos ambassadeurs » a indiqué Fabian Jordan, initiateur en 2008 de cette journée dans sa commune de Berrwiller.

Ce point d'étape a permis de découvrir les initiatives nouvelles. Ainsi, Brigitte Klinkert a parlé des collèges : « Illfurth a commencé en 2017 en organisant 37 ateliers pour 512 collégiens. Nous proposons aux établissements de faire appel au SDIS, aux associations culturelles, sportives et d'éducation populaire. » L'idée se propage et en 2019, treize collèges rejoindront le mouvement.

Marc Bouché, président du conseil d'administration de l'Ehpad « La Roselière » de Kuenheim a présenté la semaine citoyenne organisée dans son établissement : « Cela permet d'apporter un autre regard sur les maisons de retraite, d'embellir leur cadre de vie, de participer à leur animation et de valoriser le personnel. Deux cents personnes ont participé et certaines reviennent régulièrement. »

Une autre initiative a été prise par Sylvain Verneray, directeur de la cité du train de Mulhouse : « La journée citoyenne permet d'agir pour la préservation du patrimoine, de contribuer à l'entretien général et d'effectuer une action civique. » Pour lui, « les gens sont en attente de ce genre de proposition. Nous avons le projet d'entraîner d'autres musées à l'organiser. »

Un échange fructueux sous forme de questions-réponses a ensuite permis aux élus des communes voulant organiser leur première journée citoyenne et à ceux souhaitant l'améliorer ou la diversifier, d'engranger un maximum de conseils, sachant qu'une boîte à outils complète est disponible sur le site journeecitoyenne.fr.

La prochaine date nationale est fixée au 25 mai 2019. Cependant, a rappelé Fabian Jordan, « les communes sont libres du choix de la date ».
M.H.

 

 
 

 

Val d'Argent Guy Naudo « Une véritable trahison ! »

Publié dans le panorama le Dimanche 03 février 2019 à 08:42:45

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Val d'Argent Guy Naudo
« Une véritable trahison ! »
Guy Naudo en appelle à la vigilance des élus alsaciens et vosgiens : le schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires (SRADDET) ne mentionne pas le tunnel Maurice-Lemaire. Une « véritable trahison » pour l'ancien vice-président du conseil général du Haut-Rhin.
 

 
Guy Naudo, 93 ans : toujours la force de s'indigner.
« C'est comme si, en Savoie,

on oubliait de mentionner le tunnel du Mont-Blanc ! » s'exclame Guy Naudo, depuis Lièpvre, où il réside « C'est une erreur monumentale ! »

À 93 ans, malgré une mobilité contrainte, l'ancien président de la société du tunnel n'a pas perdu son esprit bouillonnant ni son sens de l'analyse. « Je crois que je peux avoir un jugement lucide » sourit celui qui s'est occupé, 35 ans durant des affaires alsaciennes.

En découvrant le diagnostic territorial du Grand Est et sa stratégie, il n'a pu s'empêcher de réagir. En feuilletant la synthèse du schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires (SRADDET), il a eu beau chercher, il n'a rien trouvé sur le tunnel Maurice-Lemaire, lui qui s'est tant battu pour, notamment sa transformation en tunnel routier. Accrochée dans l'entrée de sa maison trône encore une photo le représentant avec Valéry Giscard d'Estaing, venu inaugurer l'ouvrage, le 28 mars 1976.
« Un grand maillondu territoire »

L'ancien vice-président du conseil général souligne que ce document, préfacé par Jean Rottner, le président de la Région Grand Est, « c'est la vision stratégique majeure pour l'avenir du Grand Est, la feuille de route commune, un document majeur, et il n'est pas question du tunnel Maurice-Lemaire. Il n'est pas même mentionné, ni dans les textes, ni dans les schémas » peste Guy Naudo, « alors qu'il y a deux tunnels seulement qui sont une réussite en France : celui du Mont-Blanc et le Maurice-Lemaire. »

Ce qui est plus grave, à son avis, ce n'est pas seulement l'ouvrage en lui même « ultra moderne et à la pointe de la technologie » qui est purement et simplement oublié, mais tout ce qui implique le tunnel : c'est un grand maillon du territoire. »

Il évoque le « rôle éminent et transfrontalier » du tunnel en Alsace Centrale. « On fait une double erreur : on trahit tous les efforts de ce qu'est devenue l'Alsace Centrale, et on risque de louper le contournement de Châtenois. J'estime que les élus régionaux alsaciens et vosgiens doivent être prudents et attentifs car ils devront bientôt valider ce schéma. Il leur faut rétablir ce qui manque ! »

Décryptant ces documents feuillet après feuillet, son sang n'a fait qu'un tour, « c'est un oubli incompréhensible. Ce serait de la part des anciens une véritable trahison ! »

Comment expliquer cette absence ? « Je ne me l'explique pas » rétorque l'ancien maire de Lièpvre, ancien conseiller régional et ancien président de l'association pour le développement de l'Alsace Centrale (ADAC) et du comité d'action du Haut-Rhin (CAHR) aussi.

« C'est d'autant plus incompréhensible que le SRADDET, c'est une concertation qui a duré deux ans, et on a consulté tous ceux qui ont travaillé sur ces dossiers. Si ça avait été vraiment sérieusement étudié, ils en parleraient ! C'est inexplicable et nuisible, On risque d'en pâtir pour le contournement de Châtenois. »
« C'est un foutoir ! »

« Je considère cette Région Grand Est comme un foutoir ! Je lance un appel à la vigilance des élus alsaciens et vosgiens ».

A-t-il l'impression qu'on est en train de détruire ce qu'il a patiemment construit ? « Non, je n'ai pas cette impression. L'Alsace Centrale existe bien, Sélestat est désormais solidement établie, la vallée est solide, les gens l'ignorent souvent. C'est peut-être la vallée vosgienne qui se porte le mieux ! »

Par contre sur le plan intercommunal, il est plus sévère, « il n'y a pas d'enthousiasme de la part des élus qui continuent à se bouffer le nez pour des conneries... Ce qui manque ici dans la vallée, c'est un bon hôtel. »
Propos recueillispar Anne MULLER

« Cette Grande Région Est actuelle est une connerie monumentale. Elle n'a aucune raison d'être, ni historique, ni géographique. C'est incohérent ! »

Il rend hommage à Brigitte Klinkert qui « suit bien les affaires » et a réussi à décrocher le projet de collectivité européenne. « On a réussi à trouver un rôle transfrontalier, mais je crains qu'on n'arrive pas plus loin ».

« L'aménagement du territoire concernait une Grande liaison d'aménagement du territoire (GLAT) allant de Nancy à Fribourg-en-Brisgau en franchissant les Vosges et le Rhin. Cinq maillons majeurs étaient réalisés en union des départements de l'Est : le tunnel transvosgien, l'autoroute de Nancy à Saint-Dié, la grande déviation de Sainte-Marie-aux-Mines vers la plaine d'Alsace, le contournement Sud de Sélestat et le pont sur le Rhin à Marckolsheim. C'était hier. Aujourd'hui, les aménageurs commis par la Région Grand Est ont tout bonnement ignoré cette GLAT, ne mentionnant même pas l'existence du tunnel routier transvosgien... »

 

 
 

 

gilets jaunes - Vives tensions à Strasbourg

Publié dans le panorama le Dimanche 03 février 2019 à 09:05:10

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gilets jaunes - Vives tensions à Strasbourg
 

 
Globalement pacifique, le cortège a été débordé par une poignée d'éléments violents. Photos DNA/Jean-Christophe Dorn
10 h : place de la République, la journée de mobilisation des gilets jaunes commence par une longue assemblée générale. L'appel à la grève le 5 février est longuement relayé.

12 h 15 : devant le parlement, les participants à l'AG rejoignent de nombreux manifestants, venus de toute l'Alsace, mais aussi de Metz ou de Forbach. Ils sont plus de 2000 rassemblés devant le Parlement européen où les premières tensions avec les forces de l'ordre apparaissent, après l'interpellation d'une personne. Les premières grenades lacrymogènes sont lancées.

13 h 15 : les gilets jaunes arrivent dans le centre-ville. Dans le cortège, des petits groupes sont déjà équipés pour aller au contact des forces de l'ordre. Devant les Galeries Lafayette, puis devant la gare, des nouveaux face-à-face ont lieu avec des policiers, jets de grenades lacrymogènes répondant aux jets de pétard. Après une tentative de blocage de l'autoroute avortée, le cortège traverse de nouveau le centre-ville.

15 h 15 : rue d'Austerlitz un petit groupe de quatre ou cinq jeunes hommes, casqués et masqués, s'attaque à la palissade métallique qui protège un chantier. Ils la font tomber à grands fracas sous les huées. Des gilets jaunes qui défilent après eux remettent tout en place, sous les applaudissements nourris de leurs camarades.

15 h 30 : les gilets jaunes, toujours très nombreux, ont rallié le parc de l'Étoile. Le centre commercial Rivetoile, comme auparavant la Fnac ou les galeries Lafayette, est fermé. Les manifestants tentent une nouvelle fois de rejoindre l'autoroute près du centre administratif. Les forces de l'ordre, invisibles depuis la place de Haguenau, arrivent en nombre. « N'allez pas dans le tunnel ! Vous allez vous prendre des gaz », se préviennent des manifestants. La suite leur donne raison : les grenades lacrymogènes fusent au pied du Centre administratif. Mouvement de foule en larmes. Éloigné, le gros des manifestants appelle à retourner dans le centre, mais d'autres insistent pour monter sur l'autoroute. Une deuxième salve de lacrymos les éloigne. Ils ne sont plus qu'une poignée à persister, tandis que le cortège est déjà prêt à repartir. Une troisième salve finit par faire renoncer les derniers.

16 h 45 : le cortège se dirige vers le centre commercial des Halles. Sur le trajet, une porte est brisée aux galeries Lafayette, mais la majorité des gilets jaunes rabroue les casseurs. Devant les Halles, que des vigiles maintiennent fermées, la tension remonte : alors que le gros des manifestants est en train de quitter la place au cri de « à la gare ! », un petit groupe provoque les gendarmes mobiles qui gardent une entrée latérale. Là aussi les palissades d'un chantier sont démontées, et servent de protection à la dizaine de fauteurs de trouble très remontés qui commence à jeter des projectiles sur les forces de l'ordre. Les tirs de grenades lacrymogènes lézardent le ciel. L'atmosphère est suffocante. La foule recule mais les plus déterminés, masqués, installent de nouvelles barricades sur la place des Halles. Les vitres de l'arrêt de tram cèdent sous les assauts de casseurs. Le tunnel du tramway a été fermé. La place, irrespirable, finit par se vider une heure plus tard.

17 h 40 : On retrouve les manifestants place de la gare, vite suivis par un groupe de casseurs. Ils s'attaquent aux gendarmes mobiles postés sur la place. Lacrymos sans sommation, en nombre.

Rue de la Petite Course, des casseurs cagoulés s'attaquent à une nouvelle palissade de protection de chantier. Nouveaux tirs de lacrymos, dispersion dans les rues adjacentes. La rue du maire Kuss, artère principale d'arrivée piétonne à la gare, est irrespirable.

18 h 30 : Très vite, la situation dégénère aussi dans les rues voisines : le pont National, l'entrée de la Grand-rue, les ruelles qui mènent à la Petite France... Tout le secteur devient à son tour irrespirable. Les seuls rais de lumière dans l'air blanchi viennent de poubelles en flammes. Des pavés sont descellés, des containers de verre sont renversés pour récupérer des bouteilles.

Les gilets jaunes se replient place Saint-Pierre-le-Vieux. Alors que certains soignent leurs yeux rougis, trois jeunes, casque de moto sur la tête et masque en bandoulière, se gaussent de faire leur fête aux policiers. L'un après l'autre, ils sortent de leur sac leurs trouvailles, des restes de grenade venant de la police et surtout plusieurs pavés, qu'ils veulent « recycler sur les keufs... Ils vont voir si la lacrymo, ça nous calme. »

Dans le nuage des lacrymogènes, des jeunes assurent que ça les motive à « ne pas rester pacifistes ».

De moins jeunes s'émeuvent aussi de la situation : « On lâchera rien ! Au contraire la façon dont la police riposte nous encourage à rester », dit un sexagénaire, sous l'approbation de ses amis, venus avec lui de la vallée la Bruche.

Aidée par le plan complexe de cette zone du centre-ville de Strasbourg, la police parvient à disperser les troupes. Des heurts commis par des petits groupes se produisent simultanément dans plusieurs endroits du centre-ville, notamment autour de la place Kléber encore bien fréquentée en cette fin de samedi après-midi. La police procède à des interpellations dans plusieurs endroits du centre.

Place Gutenberg, une équipe médicale venue de Moselle se fait longuement fouiller, dans le calme. Ils ont traité dans la journée, disent-ils, des crises d'asthmes liées aux mouvements de panique, et des blessures sans gravité liées à des tirs de LBD et de grenades de désencerclement.

19 h : Alors que le groupe de gilets jaunes de Schirmeck se met en route pour partir, une dame les interpelle en anglais : « C'est quoi cette manifestation ? » Le groupe de quinquas bredouille, puis le plus assuré répond « C'est les gilets jaunes, une nouvelle expérience de démocratie », laissant la touriste étrangère médusée.
Erwann DUMONT, Céline LIENHARD et Anne-Camille BECKELYNCK

 

 
 

 

gilets jaunes- De la contestation à la construction

Publié dans le panorama le Dimanche 03 février 2019 à 08:52:58

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gilets jaunes- De la contestation à la construction
 

 
Une quarantaine de gilets jaunes, venus de plusieurs sites du Haut-Rhin et du Territoire de Belfort, ont participé à la première réunion départementale de formation sur le RIC. Photo L'Alsace/R.G.
« Nous ne pouvons pas nous contenter de manifester. Nous devons avancer dans le mouvement et construire », explique Stéphane. Le gilet jaune du Pont d'Aspach, à Burnhaupt-le-Haut, a pris en charge l'organisation de réunions sur le RIC (référendum d'initiative citoyenne), dont la première a eu lieu mercredi à Diefmatten. Elle a réuni une quarantaine de personnes, pour la plupart des gilets jaunes des sites haut-rhinois (Burnhaupt-le-Haut, Carspach, Saint-Louis, Ottmarsheim-Chalampé, Soultz, Volgelsheim), mais aussi du Territoire de Belfort, ainsi que quelques citoyens intéressés. Le but affiché : développer les moyens d'action pour obtenir l'instauration du RIC.
Des formations pour promouvoir le RIC

Derrière les revendications sur le pouvoir d'achat qui fédèrent les manifestants en jaune, figure en bonne place le RIC, identifié par les gilets jaunes comme une pièce maîtresse pour rééquilibrer le pouvoir au profit des citoyens. « Beaucoup de gens ne se rendent pas compte de ce qu'est le RIC ou doutent de leur capacité à récrire la loi, explique Anthony, juriste du mouvement des gilets jaunes, du site d'Ottmarsheim. L e RIC est un instrument de démocratie directe qui fonctionne en démocratie représentative. »

Les gilets jaunes du Pont d'Aspach ont donc composé un programme de formation, dont le Gaulois présente le déroulé : « Nous formons des petits groupes de gilets jaunes. Lorsque ces derniers seront prêts, ils auront pour responsabilité d'organiser et d'animer des réunions d'information pour la population et des ateliers constituants dans tous les cantons du département. »
Les élus sollicités pour des salles de réunion

En point de mire également, les maires des communes haut-rhinoises, que les gilets jaunes espèrent réunir prochainement pour leur présenter leur démarche et obtenir d'eux le prêt de salles pour y organiser ces rencontres.

Véronique Sengler, maire de Burnhaupt-le-Bas et vice-présidente du PETR (Pôle d'équilibre territorial et rural) du Pays Thur Doller, s'est déplacée au QG du Pont d'Aspach pour annoncer qu'elle était disposée à prêter une salle, dans la mesure où les gilets jaunes présentent les garanties d'une organisation sérieuse.

La rencontre de mercredi constituait l'étape introductive du programme de formation. La séance était organisée à la manière d'un cours participatif.

Après que les participants ont livré leurs représentations initiales sur le RIC, Anthony et Patrice Weigel, professeur d'histoire-géographie, gilet jaune du QG de Carspach et membre de l'association Article 3 (selon laquelle une simple modification de l'article 3 de la Constitution permettrait l'instauration du RIC) ont démêlé le vrai du faux, puis répondu aux questions. Par groupes, les gilets jaunes ont ensuite travaillé pour identifier quel RIC est le plus approprié à chacune de leurs revendications, en exploitant des outils pédagogiques conçus dans des QG de toute la France.
Un cahier de doléances pour tous au QG

Le projet d'éducation populaire qui prend forme entre les mains des gilets jaunes est le fruit des rencontres et des échanges de ces derniers mois, aux ronds-points et dans les manifestations. Des Belfortains, qui ont déjà organisé des réunions de ce type sur le RIC, ont apporté leurs retours d'expérience.

La tenue d'un cahier de doléances au QG s'inscrit dans la même volonté des gilets jaunes de prendre leur destin en main. Déçus par la forme que ces recueils prennent dans les communes - « des feuilles A4 vierges », déplore le Gaulois - et méfiants quant à la réelle remontée des revendications, les gilets jaunes invitent les citoyens à remplir leur cahier de doléance, qui sera à leur disposition à partir de demain lundi, tous les jours de 10 h à 19 h.

La semaine à venir, les premières déclinaisons locales du grand débat national se tiendront dans le Pays Thur Doller (lire page 24), organisées par le conseil de développement du PETR. Les gilets jaunes sont dubitatifs : « On ira et on verra, on prendra ensuite une décision commune sur la suite à donner », conclut le Gaulois.
Romain GASCON PLUS WEB Voir nos vidéos sur www.lalsace.fr

 

 
 

 

Philippe Aubert : « Un effet cathartique ne sera pas suffisant »

Publié dans le panorama le Dimanche 03 février 2019 à 09:03:04

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Philippe Aubert  : « Un effet cathartique ne sera pas suffisant »

 
Le Mulhousien Philippe Aubert copréside avec le Nancéen Dominique Valck la Conférence régionale des conseils de développement de la Région Grand Est.

Photo L'Alsace/Emmanuel Delahaye

« Il ne faudrait pas que le grand débat national fasse flop. Si ma mémoire est bonne, les États généraux de 1789 n'ont pas empêché la révolution d'avoir lieu ! Il y a sans doute un peu de tout parmi les gilets jaunes, mais on y trouve aussi une mise en cause des institutions démocratiques... Et le gouvernement, de son côté, semble parti pour un simple rafistolage d'urgence. » Le Mulhousien Philippe Aubert est ces jours-ci un homme inquiet. Non qu'il soit par principe hostile à une large expression citoyenne - bien au contraire. Pourquoi sinon co-présiderait-il depuis près de trois ans la Conférence régionale des conseils de développement (CRCD) de la Région Grand Est, en plus de présider le CDD de la région mulhousienne ?
« Détecter les signaux faibles »

Son véritable souci est ailleurs : c'est celui de la « détection des signaux faibles »... Ainsi que de possibles dérives populistes. « Que l'on instaure un droit au référendum d'initiative citoyenne (RIC), soit, reprend l'intéressé, mais alors il faut en définir soigneusement le périmètre d'application, et le réserver aux sujets relevant des politiques territoriales. On nous donne sans cesse en exemple la démocratie suisse, mais la dernière votation en date a porté sur la longueur des cornes de vache ! Et si l'on s'en était remis à la rue, on n'aurait peut-être pas encore légalisé l'avortement. »

« Si le débat a un effet cathartique, insiste encore Philippe Aubert, ce sera déjà bien, mais pas suffisant. Il faut changer de braquet, s'interroger sur de nouvelles formes de démocratie citoyenne, bâtir un nouveau contrat social, définir ce que signifie le fait d'être français aujourd'hui, ce qui ''fait nation''. »

Conclusion de Philippe Aubert : « Le CDD de la région de Mulhouse n'organisera pas de débat, car je ne vois pas ce que cela apporterait - en revanche, on est en train de réfléchir au coup d'après : il s'agit de dire aux manifestants, "On ne peut pas passer sa vie sur les ronds-points, il faut investir les instances qui existent déjà, c'est la meilleure façon de vivre votre citoyenneté". »
E.D.

 

 
 

 

L MILLIon et M Schittly - « Notre ADN, c'est le terrain »

Publié dans le panorama le Dimanche 03 février 2019 à 08:52:02

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L MILLIon et M Schittly - « Notre ADN, c'est le terrain »
 

 
Lara Million et Marc Schittly, conseillers départementaux de Mulhouse-3, se répartissent harmonieusement les dossiers. Photo L'Alsace/E.D.
Leur mi-mandat est certes passé de près d'un an, mais Lara Million et Marc Schittly, élus en mars 2015 conseillers départementaux (LR) du canton de Mulhouse-3, tiennent à honorer l'une de leur promesse de campagne, en dressant un point d'étape méthodique de leur action. Le binôme peut se targuer d'une entente manifeste, ce qui n'est pas toujours la règle, tant s'en faut. Ainsi l'élu aguerri (Marc Schittly est élu départemental depuis 1988...) et la nouvelle venue (l'élection de Lara Million en 2015 fut la première sur son nom) se répartissent-ils harmonieusement la parole, tout comme les dossiers. À lui, l'action en faveur du sport et du monde associatif ; à elle, en particulier, les questions de finances. « On a vraiment la chance d'être un super binôme, qui travaille en parfaite complémentarité », se réjouit Lara Million. « On forme une bonne cordée », confirme Marc Schittly.
Trois « résultats forts »

Le duo, en bonne logique, tombe d'accord sur trois « résultats forts », obtenus depuis mars 2015. En matière de politique sportive, tout d'abord : « On n'en fait jamais assez, concède Marc Schittly, mais nous avons en particulier obtenu de nos collègues que le Département continue de soutenir le Centre régional sportif de Mulhouse. Et nous mettons désormais l'accent sur la féminisation du sport et la pratique du handisport. » « Au total, nous soutenons année après année 60 comités sportifs et 638 clubs spor tifs » , complète Lara Million.

Deuxième résultat avancé par le duo : l'assainissement des finances départementales réalisé ces trois dernières années. « Après quatre années successives de baisse des dotations de l'État, détaille Lara Million, on était vraiment dans une situation très délicate, où tout notre autofinancement était consommé par les intérêts de la dette... Aujourd'hui, cet autofinancement a doublé, et grâce à de vraies économies de structure, nous avons maintenu le même niveau de service pour la population, sans augmenter les taux d'imposition depuis trois ans. On peut également réinvestir : 113 millions d'euros sont pour cela inscrits au budget 2019, soit 48 % de plus que l'an passé ! »

Troisième et dernier acquis mis en avant par les deux élus : un soutien accru à la vie associative, grâce à la création d'un fonds de solidarité territoriale en 2016. « Chaque élu départemental dispose d'une enveloppe annuelle de 50 000 EUR dans ce cadre, poursuit Lara Million. Marc et moi avons pu aider quelque 80 associations du canton depuis le début du mandat - toujours sur dossier, bien sûr. » Et de citer par exemple la Croix-Rouge et les Restos du coeur, qui souhaitaient pouvoir investir dans du nouveau matériel... « Les Restos ont aussi besoin de rénover leurs locaux de la rue Lavoisier, à Mulhouse, précise encore Lara Million. Ces associations, heureusement qu'on les a, parce que les collectivités locales ne pourraient jamais faire tout ce qu'elles font. »
Participation au grand débat national

Tout dernier point soulevé par les deux élus : le grand débat national voulu par Emmanuel Macron en réponse au mouvement des gilets jaunes. « Nous allons nous y associer, en ouvrant dès ce week-end une rubrique sur mon site web [http://lara-million.fr], afin d'y recueillir les propositions et les faire remonter au président de la République, précise Lara Million. Parce que notre ADN, c'est le terrain, et le contact permanent avec les habitants ». C'est dit.
Emmanuel DELAHAYE

 

 
 

 

Politique Bruno Studer, député (LaREM) de Strasbourg-Schiltigheim Passer des préjugés aux opinions

Publié dans le panorama le Dimanche 03 février 2019 à 09:03:47

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Politique Bruno Studer, député (LaREM) de Strasbourg-Schiltigheim
Passer des préjugés aux opinions
Soucieux de l'avenir de la démocratie menacée par internet et les ingérences extérieures, le député strasbourgeois Bruno Studer (LaREM) cherche à conjurer l'enfermement des algorithmes par un débat suivi avec ses concitoyens.
 

 
Le député Bruno Studer (LaREM) de Strasbourg-Schiltigheim : « Nous ne serions pas arrivés à cette situation si nous n'avions pas fait d'erreurs. »
C'était une de ses promesses de campagne. La sienne, pas celle d'Emmanuel Macron. Rendre compte aux citoyens, tous les six mois, de son action de député de Strasbourg-Schiltigheim. Les rencontrer, tout simplement. Les sept réunions publiques que Bruno Studer a organisées en janvier ont rassemblé plus de 400 personnes. Une participation en nette hausse par rapport aux deux premiers cycles.
« Pas facile mais formidable »

Lancée avant le grand débat national, l'initiative rencontre aujourd'hui l'aspiration des citoyens à s'exprimer et renvoie les électeurs à la complexité de la décision démocratique.

« Les points de vue sont radicalement différents dans une réunion, mais l'intérêt de la démocratie représentative est de devoir trancher à un moment donné. Bon nombre de participants reconnaissent que ce n'est pas facile », explique Bruno Studer qui alterne explications, justifications et plaidoyers en partant du programme du président de la République.

Sur l'ISF, il rappelle la méthode et l'évaluation promise. Sur la CSG, il souligne les avancées du gouvernement. Il relève les mesures prises en matière de pouvoir d'achat des bas salaires. Il reconnaît l'absence de financement pour la dépendance.

Le président de la commission des affaires culturelles et de l'éducation entend « éviter les préjugés au profit des opinions ». « Effrayé » au début de sa campagne par les courbes ascendantes de l'abstention et du vote extrémiste, il veut voir dans cette crise et « ce moment d'une complexité inouïe » une « opportunité » pour « consolider pas après pas » une démocratie menacée par internet.

Rapporteur de loi contre la manipulation de l'information, Bruno Studer se demande comment la démocratie va évoluer avec internet. S'il n'a pas senti venir le mouvement des gilets jaunes à proprement parler, les infox (ou fake news) sur l'éducation sexuelle en maternelle l'ont fortement interpellé dès septembre. Son visage se fige encore aujourd'hui à l'évocation de ce souvenir.

« Il faut reprendre le contrôle », dit-il sans ambages, parce que « la démocratie est confrontée à l'enfermement algorithmique qui lui-même touche à la liberté de conscience. » Bruno Studer croit à la capacité de la France, et de l'Europe, de s'engager sur le terrain de la protection des données et des droits d'auteur, face aux géants du numérique. « Ce n'est pas facile mais c'est formidable », répète l'élu qui aspire à voir son pays regagner de l'optimisme.
« La tension dans la société existait déjà » en 2016

Le député de LaREM se réjouit de la bonne marche du grand débat national. « J'avais déjà l'impression de le faire », glisse-t-il en souhaitant que la démarche « ne s'arrête pas ». « Nous en avions besoin. Nous ne serions pas arrivés à cette situation si nous n'avions pas fait d'erreurs », concède le parlementaire. « Le dialogue est essentiel ; c'est l'humain qui va nous sauver. »

Quand Bruno Studer avait rendu compte de la grande marche à Emmanuel Macron, sur la scène du Palais des congrès de Strasbourg le 4 octobre 2016, « la guerre civile était la première inquiétude des Français ». « La tension dans la société existait déjà », dit-il. « Elle prend actuellement une forme très française mais ce sont au fond les démocraties qui sont touchées. »
Franck BUCHY

 

 
 

 

radars... Sept milliards de carambars

Publié dans le panorama le Dimanche 03 février 2019 à 08:48:44

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radars...
Sept milliards de carambars
Selon le ministère de l'intérieur, plus de 60 % des radars sur les 3 275 implantés dans notre pays, auraient été dégradés depuis le début du mouvement des « gilets jaunes ».
 

 
Entre le coût de leurs réparations, évalué à 80 millions d'euros, et le manque à gagner de l'État en matière de PV, estimé à plus de 430 millions d'euros, la facture globale pourrait s'élever plus de 500 millions d'euros ! Un chiffre qui ne signifie probablement pas grand-chose pour le commun des mortels, fût-il ou non vêtu d'un gilet phosphorescent.

Que ceux qui apprécient les comparaisons improbables sachent cependant qu'avec 500 millions d'euros on peut s'offrir, au choix, environ 7 milliards de carambars ou 50 tonnes de caviar Beluga Impérial. À chacun ses petits plaisirs... Les plus tatillons compareront ce chiffre aux 80 millions d'euros atteints en 2018 par le déficit de l'État. Mais là n'est pas notre propos.
Radar « pédagogique » ?

Dans le Sundgau, comme partout en France, les radars automatiques ont été pris pour cible. Souillés ou emballés dans un premier temps, ils ont fini par être carbonisés et définitivement mis hors-service. Mais comme on ne fait jamais rien comme ailleurs, dans ce bon vieux Sundgau « mystique », on vient d'apprendre que du côté de Hunsdbach et de Hausgauen on teste actuellement un radar dit « pédagogique » sur la RD16 pour analyser le comportement des automobilistes. Afin de sensibiliser ces derniers au contrôle de leur de vitesse et au respect des limitations, le conseil départemental prête en effet aux communes des radars pédagogiques mobiles qui sont cachés puis déplacés en des lieux tenus secrets. Les données enregistrées sont ensuite finement analysées, avant d'être dévoilées au public. Elles devraient, selon les promoteurs de cette opération, avoir « un impact pédagogique et psychologique chez les automobilistes ». S'ils sont bien cachés, ils devraient échapper à la carbonisation, mais en ce qui concerne leur effet « pédagogie et psychologique », rien ne dit qu'il sera au rendez-vous. Parce que les automobilistes et les manifestants sundgauviens ne sont ni meilleurs, ni pires que leurs pairs des « quatre coins de l'hexagone »...

Ironie de l'histoire, d'aucuns estiment que si tous les automobilistes respectaient le code de la route, notamment les limitations de vitesse, le contribuable ne s'en porterait que mieux. Car toute installation pour limiter la vitesse a un coût (même si elle prêtée par le conseil général) qui est évidemment supporté par l'automobiliste-contribuable. Ainsi, qu'il dépasse la vitesse autorisée, qu'il brûle un feu rouge ou qu'il carbonise un radar, à la fin des fins c'est toujours lui qui paie l'addition. Une addition qui vaut assurément son pesant de carambars ou de caviar !
Bernard JURTH

 

 
 

 

PS 67 : « Tous sur le pont » face au réel

Publié dans le panorama le Dimanche 03 février 2019 à 09:04:25

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PS 67 : « Tous sur le pont » face au réel
 

 
« Passer de l'incantation au changement aux actes. » Pour Pernelle Richardot, le changement, c'est maintenant. La crise sociale « nous [y] oblige », explique la première secrétaire du PS du Bas-Rhin. « En 18 mois, une colère forte et profonde a surgi et s'est installée. Elle prend racine dans un cri qu'il nous faut entendre », explique-t-elle en ce début d'année.

Si elle aime répéter que « le PS n'est pas démonétisé », l'adjointe au maire de Strasbourg sait très bien aussi que son crédit sera long à restaurer. À la reconstruction du parti, elle colle celui de la reconquête. « Montrer que nous sommes là, bien présents, au contact du réel », insiste l'élue en annonçant le lancement d'une opération Tous sur le pont qui mobilisera l'ensemble des sections. Objectif : échanger sur l'ISF et parvenir à mettre en place un référendum d'initiative partagée sur le sujet.
« La fédération est visée mais elle n'est pas morte »

Après reconstruire et reconquérir, rassembler. C'est le troisième travail herculéen des socialistes. « Rassembler la gauche », précise la conseillère régionale pour les élections européennes. « Ne laissons pas l'Europe dans un tête-à-tête entre libéraux et nationalistes », exhorte la candidate à la candidature.

La tonalité est la même pour les élections municipales, avec un ton encore plus ferme. « Je veux mettre en garde celles et ceux qui pourraient laisser croire qu'il pourrait y avoir de la place pour des aventures et stratégies individuelles », a-t-elle prévenu, convaincue que « l'union des socialistes permettra demain le dépassement nécessaire de notre famille. Seul le rassemblement de la gauche permettra ensuite son dépassement pour construire une majorité ».

Son voeu n'aura pas tenu longtemps. Vendredi, une quinzaine de socialistes de l'Eurométropole ont claqué la porte du parti en désaccord avec la ligne du PS local. Pernelle Richardot en « prend acte » et dit « respecter celles et ceux qui ont fait un choix politique de conviction ». Elle se dit même contente de « cette clarification ».

« C'est la fédération qui était visée mais elle n'est pas morte. Il s'agit d'un regroupement de départs disparates et perlées qui plombaient », relève l'élue qui voit dans ces défections l'opportunité pour la fédération de « rebondir plus fort ». Reste à transformer les incantations en actes. F. By

 

 
 

 

Colmar et environs Cinémas Colisée : le permis enfin signé

Publié dans le panorama le Dimanche 03 février 2019 à 08:59:52

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Colmar et environs Cinémas
Colisée : le permis enfin signé
2018 a été moins faste pour les cinémas que 2017. A Colmar, l'année a été marquée par la fermeture administrative du seul cinéma d'art et essai, Le Colisée. Mais il y a du nouveau en ce début d'année : la Ville vient d'autoriser ses propriétaires à engager des travaux de rénovation.
 

 
Si l'on en croit la demande de permis de construire déposée à la mairie de Colmar par les exploitants du Colisée, le mur de façade du cinéma sera entièrement restauré.
? Le Colisée à Colmar : fermé depuis sept mois

C'est devenu un running gag qui ne fait plus rire personne. Invariablement depuis plus de quinze ans, au moment de se pencher sur le bilan annuel de fréquentation des cinémas de Colmar et d'interroger leurs gérants sur leurs projets, Jean-Claude et Pierre Kiefer, les exploitants du Colisée, répondent que l'année des grands travaux est arrivée... À force de l'écrire sans rien voir venir, les relations avec les interlocuteurs du Colisée se sont tendues, jusqu'à quasiment se rompre. Mais cette fois-ci, « Alléluia ! », permis de construire à l'appui signé par la mairie le 23 janvier dernier : désormais, plus rien n'empêche le démarrage des travaux de rénovation du cinéma. Ceux-ci prévoient le réaménagement des salles n° 3, 4 et 5 actuellement fermées, la restauration de la façade, la rénovation du hall, des circulations et des sanitaires, le remplacement des fauteuils dans les salles n° 1, 2, 3, 4 et 5 et la mise en place d'un élévateur pour personnes à mobilité réduite pour la salle n° 1.
Des alcôvespour attendrele début des séances

Les trois auvents bleus situés au-dessus de l'entrée seront retirés, permettant une meilleure visibilité des arcades du mur de façade. Les menuiseries d'accès au cinéma, qui ne remplissent plus leur rôle d'isolant acoustique et thermique dans le hall d'entrée, seront remplacées. Deux accès existants seront condamnés afin d'aménager des alcôves permettant aux spectateurs d'attendre le début des séances dans le hall. La mise en place de dispositifs de sécurité supplémentaires (désenfumage, blocs portes pare-flammes, alarme, etc.) est également indispensable, la sous-commission départementale ERP/IGH ayant systématiquement rendu des avis défavorables depuis décembre 2013, ce qui avait motivé la fermeture administrative du cinéma en... juillet 2018.
? Le Méga CGR à Colmar : 510 000 spectateursen 2018

Le Méga CGR fait un peu moins fort en 2018 qu'en 2017, avec une petite perte de 10 000 spectateurs. « L'année a été difficile. Le premier coup de frein a été marqué par la Coupe du monde de football, suivie d'un vrai ralentissement dû aux fortes chaleurs et au beau temps qui ont poussé les spectateurs vers d'autres activités extérieures ; par ailleurs, la programmation a été un peu en deçà de l'année précédente », explique Robert Laborie, directeur du développement du groupe CGR Cinémas.
Lire aussi ci-dessous. ? Le Saint-Grégoireà Munster : un été difficile, une bonne fin d'année

« Entre juin et août, nous avons accusé une baisse de fréquentation de 20  % par rapport à l'année précédente », indique Hubert Meyer, président de l'association qui gère le cinéma de Munster. En cause, les mêmes raisons que celles invoquées par le Méga CGR : le beau temps, la Coupe du monde de foot et l'absence de films « porteurs ». « Heureusement, nous avons pu nous rattraper en fin d'année et réaliser presque le même résultat qu'en 2017. » Le Saint-Grégoire a accueilli 23 435 spectateurs en 2018, contre 23 800 en 2017. Deux temps forts à signaler pour cette année 2019 : l'introduction musicale par l'ensemble lyrique Opéra Piano de Strasbourg de trois opéras (Carmen le 1er mars, Les Contes d'Hoffmann le 26 mars et Così fan tutte le 9 juillet) et l'avant-première du nouveau film de Romain Cogitore, enfant de la vallée voisine et ancien élève de l'option cinéma-audiovisuel du lycée Frédéric-Kirschleger de Munster, L'Autre continent, avec Déborah François, Paul Hamy et Vincent Perez.
? Le Rex à Ribeauvillé : -3  %

Le Rex a accueilli 8 850 spectateurs en 2018, contre 9 400 en 2017, soit une toute petite baisse de 3  %. « Pour l'année que c'était, c'est franchement pas mal ! », se console Christian Schmitt, le propriétaire. « Entre juin et octobre, nous étions vraiment au creux de la vague, puis on a pu se refaire sur les deux derniers mois de l'année grâce au succès inattendu du Grand bain, au festival Augenblick et à la bio de Freddie Mercury, Bohemian Rhapsody. »
? Le Cercle à Orbey :légère baisse

Le Cercle a accueilli 10 251 spectateurs en 2018 (pour 399 séances), contre 11 700 en 2017. Une baisse expliquée par Sandra Frommelt, secrétaire de l'association qui gère le cinéma, par « le manque de film porteur en période estivale ». « En revanche, le festival Augenblick fonctionne très bien pour les scolaires. » Le Cercle a participé pour la première fois en 2018 au festival Télérama enfants.
? L'Espace Ried Brunà Muntzenheim monteen puissance

Gaylord Richard, animateur socioculturel à l'espace Ried Brun, qui réalise en 2018 une très belle progression, peut se réjouir. La salle a accueilli 2 807 spectateurs en 2018 (pour 42 séances), contre 1 660 en 2017 (pour 40 séances). « Le bilan est positif, puisque la fréquentation de notre cinéma a bien évolué dans l'année. Nous accueillons plus de périscolaires qui viennent le mercredi après-midi ou pendant les vacances scolaires. Le public apprécie le côté convivial et la qualité de notre service, par exemple le fait de proposer une pause au milieu des films jeunesse. Cela fait de notre salle une bonne première expérience de cinéma pour les tout-petits ». Nouveauté datant de 2018, l'espace Ried Brun est désormais inscrit dans le dispositif « Collège au cinéma » d'Alsace Cinémas, ce qui permet aux élèves du collège de Fortschwihr de venir une fois par trimestre voir un film.
Textes : Véronique BERKANI

Lire aussi ci-dessous.

 
 

 

wettolsheim - La salle des associations bientôt opérationnelle

Publié dans le panorama le Dimanche 03 février 2019 à 08:49:28

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wettolsheim - La salle des associations bientôt opérationnelle
 

 
L'assemblée générale du Comité de liaison des sociétés et associations (Closa) de Wettolsheim s'est tenue le 23 janvier à la mairie, sous la présidence de Sébastien Amann et en présence, entre autres, de Lucien Muller maire et conseiller départemental et d'Antoine Bohrer, premier adjoint responsable des associations.

Sébastien Amann a évoqué les diverses manifestations du village en 2018 : « Il faut rebondir et revoir les formules, remotiver les troupes, ramener de nouvelles recrues et de nouvelles idées. » Et de poursuivre : « Les hommes se plaisent à penser qu'ils peuvent se débrouiller seuls, mais l'homme sait que rien ne vaut le travail d'une bonne équipe ! Le but du Closa est que toutes les associations et les membres s'investissent et avancent dans le même sens. » Et de conclure : « Il faut continuer à rester positif et à faire vivre Wettolsheim. »

Soulignant le soutien de la municipalité durant l'année écoulée, le président a également salué le travail du vice-président Jean Violin, de la trésorière Catherine Schaffhauser et du secrétaire Bruno Ecklé, des présidents des associations et des délégués, ainsi que de Jean-Jacques Bollack pour son aide dans la conception de l'affiche et des vidéos concernant les manifestations locales.

Et M. Amann de rappeler que le rôle du Closa, en accord avec les associations, est d'organiser la neuvième balade gourmande, le 12 mai, la 53e fête du vin les 20 et 21 juillet, le marathon de Colmar le 15 septembre, la Saint-Nicolas le 6 décembre et le loto de janvier 2020.

Le rapport financier de l'association, présenté par Catherine Schaffhauser, a été confirmé par les réviseurs aux comptes Geneviève Fritsch et Claude Pfleger. Les réviseurs aux comptes pour l'année 2019 sont Claude Pfleger et Alexandra Gilg. Le bureau du Closa a été réélu (lire encadré).

Lucien Muller s'est inquiété du manque de volontaires pour venir renforcer le bureau du Closa. Soulignant que le bénévolat se fait « de plus en plus rare » il a incité les recrues des associations et les nouveaux arrivants dans la commune à rejoindre les associations : « J'attends que des présidents d'association rentrent officiellement au bureau du Closa pour décharger le comité du surcroît de travail. » Pour conclure, il a annoncé que la salle multi-activités sera la salle des associations, et sera opérationnelle courant 2019.
H.B.

 

 
 

 

Schwoben Voeux du maire

Publié dans le panorama le Dimanche 03 février 2019 à 08:50:05

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Schwoben Voeux du maire
À l'écoute de ses citoyens
La municipalité de Schwoben, conduite par le maire Stéphane Dubs, a adressé récemment ses voeux aux habitants.
 

 
Stéphane Dubs a salué les nouveaux habitants et rendu hommage aux sapeurs-pompiers, gendarme et à la brigade verte.
La municipalité de Schwoben, conduite par le maire Stéphane Dubs, a adressé récemment ses voeux aux habitants. Une cérémonie chaleureuse partagée avec Laurent Wendlinger, conseiller régional et président de la Chambre d'agriculture, les représentants de la gendarmerie d'Altkirch et des brigades vertes, les sapeurs-pompiers du Sivu du Bas Thalbach, commandés par Laurent Gumy, les agents communaux et intercommunaux, les présidents d'association, les nouveaux habitants et les jeunes électeurs.

« Un petit focus sur l'année écoulée et une mise en perspective sur l'année qui démarre seront faits », a souligné l'élu. « Au vu de la triste actualité nationale, il est important qu'un maire soit à l'écoute de ses citoyens. Pour moi, cela reste une priorité du mandat d'élu. »

Stéphane Dubs a évoqué la baisse des dotations, année après année, et la fermeture des différents services de proximité. « La maternité et l'hôpital sont la cible ces derniers mois. » Et c'est dans ce sens-là qu'il a interpellé le député, Jean-Luc Reitzer, et le conseiller départemental, Nicolas Jander, pour une mise à disposition d'une pétition dans les mairies à l'échelle des 110 communes du canton. C'est donc tout naturellement qu'il a invité toutes les personnes présentes à signer cette pétition lors du verre de l'amitié.

Comme la transparence est primordiale, une première réunion publique a été organisée en 2018 par la municipalité autour des projets réalisés, du budget, de l'urbanisme, de l'intercommunalité, des projets à venir et d'un temps d'échange questions/réponses.

L'an dernier, la journée citoyenne a enregistré une belle réussite. La commune a été récompensée pour son fleurissement et a obtenu sa première fleur sur le plan national.

« Je place 2019 sous le signe de l'audace. Réflexion et avant-projet sur l'agrandissement et mise aux normes de la salle communale sont au programme. S'y ajoutent la poursuite des discussions sur l'éventualité d'agrandissement du dépôt des sapeurs-pompiers avec mes quatre collègues maires, le passage des luminaires en ampoule basse consommation, la poursuite des discussions quant au RPI demandé par les services de l'État et la poursuite des discussions pour la libération du foncier. »

Il a annoncé l'arrivée imminente de la fibre et rendu un vibrant hommage aux sapeurs-pompiers, à la gendarmerie et aux brigades vertes.

 

 
 

 

Saint-Amarin 700 personnes à la soirée « Retour du loup dans les Vosges » st amarin - Le loup fait débat

Publié dans le panorama le Dimanche 03 février 2019 à 08:50:55

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Saint-Amarin 700 personnes à la soirée « Retour du loup dans les Vosges »
st amarin - Le loup fait débat
Quel est l'impact sur l'agriculture, la faune, la forêt et le tourisme du loup ? Le Club Vosgien Vallée de Saint-Amarin a donné, vendredi soir, la parole aux éleveurs et autres acteurs de terrain du massif confrontés au retour de l'animal.
 

 
De gauche à droite,
Le pari pouvait paraître difficile à tenir tant le sujet est sensible : le loup, il y a les pour et les contre. Entre les deux, le Club Vosgien Vallée de Saint-Amarin a posé vendredi les bases d'un débat respectueux et constructif.

La diffusion en première partie de soirée du documentaire réalisé par le vice-président de l'association, Joseph Peter, et son complice Paul Throo - équilibré et ouvrant largement la parole aux éleveurs des vallées de la Thur et vosgiennes- y a contribué. Pas de parti pris naturaliste ni corporatiste, des faits rien que des faits. L'objectif était de présenter l'impact que provoque le grand prédateur, de retour sur le massif depuis 2011.

« On a eu quatre loups sur les Hautes Vosges en 2013, avec une première reproduction attestée. Aujourd'hui, on est à deux-trois individus dont deux mâles génotypés d'origine italo-alpine », a précisé, Alain Laurent, fondateur de l'Observatoire des Carnivores Sauvages. Une petite population lupine appelée à essaimer, ce qui pose de sérieuses inquiétudes aux éleveurs.
Comment adapter les élevages ?

La discussion a donc beaucoup tourné autour de l'efficacité des moyens de protection des troupeaux : barrières, chiens. « Dans les Alpes au bout de 25 ans, on s'aperçoit que ces mesures ne fonctionnent pas », affirme Bruno Lecomte. Éleveur à la Chèvrerie du Brabant (La Bresse), le Vosgien, confronté à plusieurs attaques, est hostile au loup, espèce protégée.

« Dans la vallée de la Thur, on est au début de la crise. Qu'est-ce que tu proposes ? Qu'est-ce qu'on fait ? », lui répond Benjamin Ludwig, 28 ans, éleveur ovin de Goldbach-Altenbach. « Nous, on a décidé d'essayer de faire quelque chose, en modifiant nos clôtures, pour certains en prenant des chiens ».

« Il y a beaucoup d'outils, acquiesce Claude Michel, du pôle biodiversité du Parc naturel régional des Ballons des Vosges (PNRBV). Je crois plutôt aux discussions locales : travailler ensemble sachant que la protection à 100 % n'existe pas ».

En 2018, sous l'égide du Parc, des éleveurs de la vallée de Saint-Amarin ont creusé le sujet. « Le loup a permis la rencontre de plusieurs éleveurs qui ont créé un réseau d'alerte », souligne Francis Schirck, éleveur ovin à Mollau. Lui a anticipé le retour du loup en acquérant des bergers d'Anatolie.

Jusqu'où peut aller l'impact de l'animal ? Attention que le loup ne transforme pas les élevages de plein air en élevage hors sol, alertent les éleveurs des deux versants.

La question de l'indemnisation et du coût de celle-ci pour les finances de l'État sont aussi évoquées. 26MEUR, est-ce raisonnable ? interroge la conseillère départementale et maire de Fellering, Annick Lutenbacher. « Qu'est-ce que ça représente par rapport aux sous donnés pour la culture du maïs ? » s'enflamme Francis Schirck. Francis Dopff (Alsace Nature) met quant à lui en balance la somme avec « les 30MEUR de cadeaux aux chasseurs en 2018 ».
Un atout pour le tourisme ?

Des chasseurs qui ont aussi leur mot à dire : « Dans la vallée, la chasse c'est 568 000 EUR par an pour les communes. S'il y a trop de loup, le gibier disparaîtra et les chasseurs ne prendront plus les chasses », prévient Richard Locatelli. « La chasse est un hobby, l'agriculture une profession. Les éleveurs sont les seuls impactés », réplique Francis Schirck. Applaudissements.

Auparavant, dans le documentaire, André Schlussel, technicien ONF, avait décrit « l'aspect positif que pourra avoir le loup sur la régénération naturelle de la forêt », dans une vallée où celle-ci, autre source de revenus pour les communes, souffre de la surdensité de cervidés et de sangliers qui eux-mêmes provoquent un manque à gagner pour les éleveurs.

Et le tourisme ? Dans les Alpes, les attaques de chiens de protection sur des randonneurs, les font fuir, affirme Bruno Lecomte. Faux, considère Alain Laurent : « Dans le Parc national des Abruzzes (Italie), les chiens de protection vivent en liberté, le loup et les ours sont devenus un atout touristique. »

Alors quelles solutions apporter ? « Il faut que les consommateurs aillent vers les paysans, les soutiennent, payent le juste prix, et n'aillent pas juste acheter du bio au supermarché », tance Daniel Walther (Thur Écologie & Transports).

« La société, qui majoritairement est pour le loup, doit se préoccuper de cet éleveur », conclut sagement de son côté Francis Schirck.
Grégoire GAUCHET Le film documentaire Le retour du loup dans les Vosges est disponible au prix de 10 EUR, auprès du Club vosgien vallée de Saint-Amarin. Contact : clubvosgien.stamarin@orange.fr

Le film documentaire Le retour du loup dans les Vosges est disponible au prix de 10 EUR, auprès du Club vosgien vallée de Saint-Amarin. Contact : clubvosgien.stamarin@orange.fr

 
 

 

Natation Assemblée générale du comité départemental du Haut-Rhin Mulhouse et le "68", satellites des JO 2024

Publié dans le panorama le Dimanche 03 février 2019 à 08:54:09

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Natation Assemblée générale du comité départemental du Haut-Rhin
Mulhouse et le "68", satellites des JO 2024
L'assemblée générale du comité départemental de natation du Haut-Rhin s'est tenue dernièrement au centre sportif régional. Une AG présidée par Laurent Horter. Si la natation se porte bien dans le département, le président a attiré l'attention sur les chantiers qui attendent la discipline d'ici Paris-2024.
 

 
Louise Lefebvre fait partie des grands espoirs de la natation haut-rhinoise.
Laurent Horter, le président du comité départemental de natation du Haut-Rhin a débuté la séance en appelant tous les clubs du "68" à s'investir plus encore pour la natation dans les six années à venir...

« Nous voulons faire du Haut-Rhin et de Mulhouse, un satellite pour les Jeux de 2024, souligne ce dernier. Nous disposons d'une base solide de cinq mille licenciés. Pour un département petit comme le nôtre, c'est une base solide. »

Et pour promouvoir la discipline jusqu'au Jeux 2024, le Mulhouse Olympique Natation a déposé sa candidature pour les championnats d'Europe des Maîtres 2022. Une candidature pour l'heure en ballottage favorable.
« Notre priorité est de valoriser le département »

« Notre priorité est de valoriser le département, glisse Laurent Horter. Avec le centre d'entraînement, nous disposons d'un dispositif unique, sans oublier le centre sportif régional. Nous bénéficions de véritables atouts ! »

Laurent Horter a également évoqué l'Elite de la natation française qui se prépare quotidiennement au centre d'entraînement mulhousien. « Une dizaine de jeunes se mettent déjà dans la configuration d'une préparation en vue de se qualifier pour les Jeux, lâche-t-il. Je vous rappelle que Mulhouse est présent aux Jeux depuis trente ans ! C'est une expérience qui sera un véritable atout pour faire vivre le Haut-Rhin aux Jeux 2024. Lionel (Horter, directeur sportif du MON), est au bord des bassins olympiques, mondiaux et européens depuis 25 ans et Franck (Horter, président du MON) est en étroite collaboration avec l'élite européenne de la natation. Sans oublier nos cadres techniques régionaux, Stéphane Gallo et Denis Westrich, implantés dans notre département. Je tenais à attirer votre attention sur cet ensemble d'atouts dont nous disposons dans notre département pour faire vivre ce projet qui me tient réellement à coeur. »
Le retour d'u grand meeting européen à Mulhouse

À partir de 2020, 2021 au plus tard, Laurent Horter envisage également le retour d'un grand meeting européen à Mulhouse.

Le président n'a pas non plus manqué d'évoquer le retour d'Amaury Leveaux au MON.

« La balle est dans son camp, souligne-t-il. C'est un come-back énorme qu'il veut réaliser. Il n'y a que lui qui peut y arriver. Nous l'encourageons, nous le soutenons, il est là, il s'organise. »
Émilie JAFRATE

 

 
 

 

Durrenentzen 74 e anniversaire de la libération du village « J'y ai vu tomber mon capitaine »

Publié dans le panorama le Dimanche 03 février 2019 à 08:44:08

© Dna, Dimanche le 03 Février 2019
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Durrenentzen 74 e anniversaire de la libération du village
« J'y ai vu tomber mon capitaine »
Le 31 janvier 1945, le village de Durrenentzen était libéré. Jeudi soir le village s'est souvenu au cours d'une cérémonie qui s'est déroulée place Jacques Courant, devant le monument aux morts.
 

 
Marcel Boscher, 97 ans, et Claude Vedrenne, 93 : deux alertes commandos qui ont combattu pour libérer le village.
Sur la place étaient présents deux anciens commandos : Marcel Boscher, 97 ans depuis le 1er janvier, s'est déplacé depuis Rambouillet et Claude Vedrenne, 93 ans, qui a fait le déplacement depuis Cannes.

Nombreuses étaient les personnes présentes pour assister à la cérémonie orchestrée par l'adjoint Thierry Marantier.

Après l'accueil et la montée des couleurs, le maire Paul Bass, a salué plus particulièrement les deux anciens commandos : « Leurs rangs s'éclaircissent, ils ne sont plus qu'une poignée, mémoire vivante de notre libération, on peut les voir, ils sont là, toujours fidèles à leurs camarades tombés au combat à leurs côtés.

Ce sont eux, avec leur courage, leur détermination, leur abnégation, qui sont venus à bout du verrou allemand qui tenait notre village ».

Le maire a terminé le récit de cette terrible nuit : « Nous nous devons de faire perdurer cette mémoire, afin que jamais nous n'oubliions que c'est à ces hommes-là que nous devons de vivre dans un pays libre et démocratique ».
Trois gerbes déposées

Marcel Boscher a lu un à un les noms des 20 commandos morts au champ d'honneur, une bougie a été allumée pour chacun d'eux.

Trois gerbes ont été déposées, la première par Raymond Valli, délégué nord est des anciens du 1er bataillon de Choc et Cnec, la seconde pour les commandos par Marcel Boscher et Claude Vedrenne, la dernière pour la commune par le maire Paul Bass, le député Eric Straumann, la conseillère départementale Betty Muller, Christian Klinger, président des maires du Haut-Rhin.

Les enfants de la chorale du RPI ont interprété Le chant des partisans, puis l'assemblée a chanté La Marseillaise accompagnée à la trompette par Charline Husser et Patrick Kloepfert.

Les porte-drapeaux ont été salués par les élus, avant de se rendre dans la salle des fêtes pour la suite de la cérémonie.

Marcel Boscher, de sa magnifique voix en rien altérée par l'âge, a entonné La Marche 1er Commando de France, suivi par Le chant du départ, repris en choeur par quelques personnes dans la salle. A relever que M. Boscher a chanté a capella et sans note.

Claude Vedrenne, a fait part de ses souvenirs. Il y a 74 ans le village n'était pas le même, la place devant l'église lui avait paru immense, plus grande que la place de la Concorde... Il confia encore, que vêtu de kaki, ils étaient une cible idéale dans la neige. Il a alors chipé une chasuble blanche à l'église pour passer inaperçu. « Merci de la mémoire que vous entretenez, Durrenentzen était le dernier village, j'y ai vu tomber mon capitaine ».