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sdis : « Être encore plus performants »

Publié dans le panorama le Jeudi 21 février 2019 à 07:38:17

© L'alsace, Jeudi le 21 Février 2019
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sdis : « Être encore plus performants »
 

 
Le colonel René Cellier dirige le Sdis du Haut-Rhin. Photo L'Alsace/Thierry Gachon
Colonel René Cellier, vous êteschef du corps départemental des sapeurs-pompiers, directeur des services d'incendie et de secours du Haut-Rhin : qu'est-ce qui a motivé cette nouvelle organisation ?
L'organisation en place jusqu'à présent datait du début des années 2000, après la départementalisation [NDLR : la loi du 3 mai 1996 a substitué à la logique d'organisation communale une logique départementale, les sapeurs-pompiers et leurs moyens étant désormais gérés par un établissement public indépendant, les Sdis]. Elle avait fait ses preuves, mais pour autant, il nous paraissait nécessaire de faire évoluer le dispositif pour être encore plus performants, en particulier après les constats faits sur l'appui nécessaire auprès de nos chefs de centres, sur le territoire.
Comment se traduit cetteévolution, concrètement ?

Il s'agit d'un changement dans l'organisation territoriale et dans l'organisation fonctionnelle. Au niveau territorial, le Sdis sera organisé en deux groupements (un nord et un sud), et chacun d'eux sera décomposé en compagnies (quatre au sud et trois au nord). Précédemment, il y avait quatre groupements territoriaux et neuf secteurs. Notre souci est avant tout celui de la couverture opérationnelle. Sur le plan fonctionnel, l'organisation a été corrigée pour qu'on soit encore plus performants et plus proches des attentes du territoire.
Propos recueillispar Philippe MARCHEGAY

 

 
 

 

Le Sdis 68 en bonnes compagnies

Publié dans le panorama le Jeudi 21 février 2019 à 06:07:27

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Le Sdis 68 en bonnes compagnies
 

 
Le centre du Sdis 68, à Colmar, traite chaque jour en moyenne 439 appels. Photo L'Alsace/Thierry Gachon
Feu le vieux découpage : le Haut-Rhin ne comprend plus quatre groupements territoriaux, mais deux. Trois compagnies composent le groupement nord, quatre le groupement sud, chacune pouvant compter sur un effectif compris entre 600 et 800 sapeurs-pompiers.

Le schéma départemental d'analyse des risques, le vade-mecum des pompiers, vient d'être revu et le service départemental d'incendie et de secours refond son organisation opérationnelle. « Il faut se mettre à jour », confirme le préfet du Haut-Rhin, Laurent Touvet.
Le plus important vivier de volontaires de France

Si le département peut s'appuyer sur le plus important vivier de volontaires de France - 5 600, pour 410 professionnels - la disponibilité s'avère du simple au double le jour et la nuit, la semaine et le week-end. « Le centre de traitement de l'alerte aura une vraie vision de la disponibilité des volontaires », explique le colonel Cellier, directeur du Sdis.

« Au moins 400 sapeurs-pompiers sont disponibles chaque jour, rappelle le colonel, deux fois plus la nuit et le week-end. » C'est pour s'adapter à ce déséquilibre qu'une nouvelle organisation est née : il y a paradoxalement plus de sapeurs-pompiers disponibles quand le nombre d'interventions est le plus faible. Avec le nouveau découpage, les disponibilités des petits centres seront renforcées.

En matière de couverture, le Haut-Rhin bénéficie d'un taux très satisfaisant, « dans la moyenne haute natio nale », assure le directeur départe-mental.

Numéro 1 pour le volontariat, le Haut-Rhin tient aussi le haut du pavé pour le recrutement de jeunes sapeurs-pompiers, 1323 jeunes se formant au secours, « dont un tiers de filles », note Brigitte Klinkert, présidente du conseil départemental et du conseil d'administration du Sdis.

Avec quelque 160 000 appels, soit un toutes les trois minutes, et 47 000 sorties, l'année dernière a vu une hausse de près de 20 % du nombre d'interventions. Et le début de 2019 ne semble pas montrer une inversion de la tendance. En janvier, le Sdis a enregistré une augmentation de 30 % des secours à la personne, par rapport à janvier 2018.

Le Sdis a dispensé plus de 83 000 heures de formation l'année dernière. Il profitera, en 2020, d'un nouveau plateau de formation, qui sera construit à côté de la nouvelle caserne de Cernay, qui doit être prochainement inaugurée.
Ph. M.

 

 
 

sapeurs-pompiers Organisation des secours Le SDIS en bonnes compagnies

Publié dans le panorama le Jeudi 21 février 2019 à 07:18:36

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sapeurs-pompiers Organisation des secours
Le SDIS en bonnes compagnies
Pour s'adapter à la disponibilité de ses nombreux volontaires, le SDIS change son organisation opérationnelle.
 

 
Le centre du SDIS 68 à Colmar traite chaque jour 439 appels.
Feu le vieux découpage : le Haut-Rhin ne comprend plus quatre groupements territoriaux mais deux. Trois compagnies composent le groupement nord, quatre le groupement sud, chacune pouvant compter sur un effectif compris entre 600 et 800 sapeurs-pompiers.

Le schéma départemental d'analyse des risques, le vade-mecum des pompiers, vient d'être revu et le service départemental d'incendie et de secours revoit son organisation opérationnelle. « Il fallait se mettre à jour », confirme le préfet Laurent Touvet.
400 mobilisables chaque jour

Si le Haut-Rhin peut s'appuyer sur le plus important vivier de volontaires de France (5 600 volontaires et 410 professionnels), la disponibilité est du simple au double le jour et la nuit, la semaine et le week-end. « Le centre de traitement de l'alerte aura une vraie vision de leur disponibilité », explique le colonel Cellier, directeur du SDIS.

« Au moins 400 sapeurs-pompiers sont disponibles chaque jour, rappelle le colonel, deux fois plus la nuit et le week-end ». C'est pour s'adapter à ce déséquilibre qu'une nouvelle organisation est née : il y a paradoxalement plus de sapeurs-pompiers disponibles quand le nombre d'interventions est le plus faible. Avec le nouveau découpage, les disponibilités des petits centres seront renforcées.

En matière de couverture, le Haut-Rhin bénéficie d'un taux très satisfaisant, « dans la moyenne haute nationale », assure le directeur départemental.
19  % d'interventionsen plus

Numéro un pour le volontariat, le Haut-Rhin tient aussi le haut du pavé pour le recrutement de jeunes sapeurs-pompiers, 1 323 jeunes, « dont un tiers de filles », précise Brigitte Klinkert, présidente du conseil départemental et du conseil d'administration du SDIS se formant au secours. Avec quelque 160 000 appels, soit un toutes les trois minutes et 47 000 sorties, l'année dernière a vu une hausse de près de 20  % du nombre d'interventions. Et le début de 2019 ne semble pas montrer une inversion de la tendance. Le SDIS a enregistré en janvier une augmentation de 30  % des secours à la personne par rapport à janvier 2018.

Le SDIS a dispensé plus de 83 000 heures de formation l'année dernière. Il profitera en 2020 d'un nouveau plateau de formation, construit à côté de la nouvelle caserne de Cernay prochainement inaugurée.
Ph.M.

 

 
 
439 appels par jour
Le centre de traitement des alertes basé à Colmar a reçu 439 appels par jour en 2018. Neuf fois sur dix, l'opérateur décroche dans les deux secondes, une fois en moins de 15 secondes.

En moyenne, il s'écoule une minute et 32 secondes avant le déclenchement du secours. 98 % des secours d'urgence à la personne, soit les deux tiers des interventions et 97 % des sorties incendies sont couverts en moins de 20 minutes. Près de 70 000 sorties d'engins ont été enregistrées l'année dernière.

Le SDIS fonctionne avec un budget de près de 70 millions d'euros, alimenté par le Département et les communes. Ce qui équivaut à un coût annuel de 60 euros pour chaque Haut-Rhinois.

Le corps départemental rassemble 40 centres de secours principaux, de première intervention, 198 centres étant dits communaux ou intercommunaux.
Ph.M.

 

RSA : le grand flou

Publié dans le panorama le Jeudi 21 février 2019 à 06:09:14

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RSA : le grand flou
 

 
« Qui va gérer la contrepartie aux aides sociales si elle se met en place ? » En charge de la partie insertion du revenu de solidarité active (RSA), les départements s'inquiètent de l'idée du Premier ministre, Edouard Philippe, de placer cette idée dans le grand débat. L'idée d'une contrepartie a été initiée dans le département du Haut-Rhin mais limitée par le conseil d'État à du bénévolat.

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a estimé mercredi qu'il ne fallait pas de « contrepartie punitive» imposée aux bénéficiaires de minima sociaux. «Je suis pour leur proposer du bénévolat, par exemple d'aider une association. La logique ce n'est pas de l'imposer mais de le proposer systématiquement, pour tous ceux qui peuvent », a précisé la ministre. La France compte 7 millions d'allocataires aux minimas sociaux dont 3,3 millions de bénéficiaires du RSA. Quelque 700 000 n'ont aucun suivi.

 

 
 

RSA Départements : un chèque, pas des mots

Publié dans le panorama le Jeudi 21 février 2019 à 06:10:42

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RSA Départements : un chèque, pas des mots
 

 
Depuis 2003, les Départements doivent financer la partie insertion du RSA à leurs administrés. Une charge partiellement compensée par l'État qui pèse lourd dans le budget. Photo Julio PELAEZ
Et maintenant la parole est aux patrons des départements ! Depuis le lancement du Grand débat national mi-janvier, les maires ont été « chouchoutés » par Emmanuel Macron à travers ses marathons de questions-réponses.

Ce jeudi, les présidents des conseils départementaux seront les invités du chef de l'État pour un déjeuner à l'Élysée : 95 d'entre eux (sur 101) ont répondu à l'invitation. Les départements ont des « spécificités » à mettre en avant comme le social ou la dépendance, précise l'entourage présidentiel. Au Palais, on pourrait mettre les petits plats dans les grands pour éviter une soupe à la grimace.

Car si les relations sont moins crispées qu'au début du quinquennat, plusieurs dossiers chauds restent sur la table : RSA, plan pauvreté, sort des mineurs migrants non accompagnés, organisation des compétences territoriales, fusions département/métropole. Doit aussi être évoqué le projet de collectivité européenne d'Alsace, voulu par le gouvernement et les élus alsaciens et censé aboutir à la fusion du Bas-Rhin et du Haut-Rhin en janvier 2021.
60 % de budget consacrésà l'action sociale

Contestée au début du mouvement des « gilets jaunes », la limitation de vitesse à 80 km/heure devrait également figurer au menu des discussions. Le président de l'Assemblée des départements de France (ADF), Dominique Bussereau (ex-LR), a déjà indiqué qu'ils étaient « prêts à prendre leurs responsabilités s'il fallait ajuster, au cas par cas, cette mesure ». Mais reste la question de qui va payer panneaux et aménagements.

Petite enfance, collèges, insertion et emploi, handicap, dépendance... Les départements consacrent 60 % de leur budget - soit quelque 75 milliards d'euros au niveau national - à l'action sociale. « Les propositions du gouvernement destinées à compenser le coût pour les départements des aides sociales et l'accueil des mineurs étrangers ne sont pas à la hauteur » a déploré l'ADF à l'issue de son congrès annuel en novembre à Rennes.

Les départements réclament des moyens financiers pour assumer les responsabilités qui leur sont confiées et qui pèsent de plus en plus lourd. En ligne de mire, les allocations individuelles de solidarité (AIS, dont le RSA). L'ardoise s'élève à 9 milliards d'euros pour les départements, aides d'État déduites. L'allocation personnes âgées (APA) versée aux plus modestes est une bombe à retardement au vu du vieillissement de la population. Autre sujet de préoccupation : l'arrivée des mineurs étrangers qui a doublé en deux ans passant de 20 000 en 2017 à 40 000 en 2018 (3 000 en 2014 !) faisant exploser la facture à plus de deux milliards d'euros.

Enfin, les départements réclament des « corrections » dans l'application de la loi NOTRe sur l'organisation territoriale. Elle entrave leur action en faveur de l'économie (hors tourisme) et ouvre la porte à des fusions avec les métropoles. Un modèle appliqué à Lyon et qui ne semble pas séduire ailleurs.

Habilement, les présidents de département se présentent comme « le premier échelon de proximité et le premier rempart face au populisme ». Ce que recherche le président trois mois après les « gilets jaunes » et trois mois avant les Européennes.

 

 
 

social Rapport de Frédéric Bierry Une nouvelle boîte à outils pour l'insertion des allocataires du RSA

Publié dans le panorama le Jeudi 21 février 2019 à 06:12:03

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social Rapport de Frédéric Bierry
Une nouvelle boîte à outils pour l'insertion des allocataires du RSA
Une orientation au bout d'un mois, un nouveau contrat d'engagements réciproque entre l'allocataire et l'administration, un accompagnement public ouvert au privé... Telles sont quelques-unes des propositions du rapport de Frédéric Bierry sur l'insertion des allocataires du RSA.
 

 
Le caractère technique du dossier revêt une dimension éminemment humaine. La France compte près de 1,8 million de foyers allocataires du revenu de solidarité active (RSA). Cette prestation sociale a été lancée par Martin Hirsch et expérimentée dès l'été 2007. Elle est gérée par les conseils départementaux, versée par les CAF et les MSA. C'est dans cette relation entre l'État et les Départements que s'inscrit le rapport sur l'insertion des bénéficiaires du RSA que Frédéric Bierry a remis lundi à la ministre du Travail et à la secrétaire d'État aux Solidarités.

« Depuis dix ans, l'État nous dit que nous mettons en oeuvre de manière insatisfaisante une compétence qu'il nous a transférée et les Départements disent qu'ils n'ont pas les moyens de leurs ambitions », observe le président du Bas-Rhin en plaidant pour « la confiance de l'État à l'égard des collectivités » et « le respect de leur libre administration ».

C'est dans cet état d'esprit qu'il a construit ses préconisations sur l'insertion en veillant à « laisser le choix de la méthode aux collectivités ». Ses propositions doivent se voir comme une nouvelle boîte à outils pour « améliorer et renforcer l'accompagnement » des futurs bénéficiaires du RSA, soit 300 000 personnes à l'horizon 2022.

Frédéric Bierry propose que les allocataires soient orientés dans un délai d'un mois au plus contre trois à six mois aujourd'hui. « C'est plus humain et moins coûteux », dit-il. Il suggère aussi d'élargir l'accompagnement des personnes à des structures privées (cabinets de recrutement, coaching...) et à diversifier les modes d'interventions. Il propose à ce titre quatre scénarios plus ou moins poussés selon les profils.
« Faire évoluer le rapport au travail »

« Pour que le bénéficiaire du RSA soit plus impliqué », le président du Département propose un nouveau modèle de contrat d'engagements réciproque entre l'allocataire et l'administration, avec « un carnet de bord évolutif ».

Frédéric Bierry préconise enfin « une meilleure coordination » entre les Départements, les CAF, Pôle Emploi, les entreprises d'insertion et les associations. « Il s'agit de construire les circuits courts de l'emploi à partir des bassins d'emploi », répète l'élu.

Son rapport visait aussi à préparer les conventions de lutte contre la pauvreté et d'accès à l'emploi entre l'État et les Départements. Pour Frédéric Bierry, ce futur service public de l'insertion devra s'appuyer sur trois ambitions : faire évoluer le rapport au travail et l'attrait du travail, faire évoluer l'individu vers et au travail, faire évoluer la gouvernance du travail. Il reste du boulot !
F. BY

 

 
 

POLITIQUE Ce que les départements vont demander au président

Publié dans le panorama le Jeudi 21 février 2019 à 06:59:33

POLITIQUE Ce que les départements vont demander au président

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Et maintenant la parole est aux patrons des départements ! Depuis le lancement du Grand débat national mi-janvier, les maires ont été "chouchoutés" par Emmanuel Macron à travers ses marathons de questions-réponses. 

Ce jeudi, les présidents des conseils départementaux seront les invités du chef de l’Etat pour un déjeuner à l’Elysée : 95 d’entre eux (sur 101) ont répondu à l’invitation. Les départements ont des "spécificités" à mettre en avant comme le social ou la dépendance, précise l’entourage présidentiel. Au Palais, on pourrait mettre les petits plats dans les grands pour éviter une soupe à la grimace.

Car si les relations sont moins crispées qu’au début du quinquennat, plusieurs dossiers chauds restent sur la table : RSA, plan pauvreté, sort des mineurs migrants non accompagnés, organisation des compétences territoriales, fusions département/métropole.

Doit aussi être évoqué le projet de collectivité européenne d’Alsace, voulu par le gouvernement et les élus alsaciens et censé aboutir à la fusion du Bas-Rhin et du Haut-Rhin en janvier 2021.

Contestée au début du mouvement des "gilets jaunes", la limitation de vitesse à 80 km/heure devrait également figurer au menu des discussions. Le président de l’Assemblée des départements de France (ADF), Dominique Bussereau (ex-LR), a déjà indiqué qu’ils étaient "prêts à prendre leurs responsabilités s’il fallait ajuster, au cas par cas, cette mesure". Mais reste la question de qui va payer panneaux et aménagements.

3,3 millions de bénéficiaires du RSA

Petite enfance, collèges, insertion et emploi, handicap, dépendance… Les départements consacrent 60 % de leur budget - soit quelque 75 milliards d’euros au niveau national - à l’action sociale. "Les propositions du gouvernement destinées à compenser le coût pour les départements des aides sociales et l’accueil des mineurs étrangers ne sont pas à la hauteur", a déploré l’ADF à l’issue de son congrès annuel en novembre à Rennes.

Les départements réclament des moyens financiers pour assumer les responsabilités qui leur sont confiées et pèsent de plus en plus lourd. En ligne de mire les allocations individuelles de solidarité (AIS), RSA en tête. La France compte 7 millions d’allocataires aux minimas sociaux dont 3,3 millions de bénéficiaires du RSA.

L’ardoise s’élève à 9 milliards d’euros pour les départements, aides d’Etat déduites. L’allocation personnes âgées (APA) versée aux plus modestes est une bombe à retardement au vu du vieilissement de la population.

Mineurs étrangers isolés : la facture explose

Autre sujet de préoccupation : l’arrivée des mineurs étrangers qui a doublé en deux ans passant de 20 000 en 2017 à 40 000 en 2018 -ils étaient seulement 3000 en 2014 - faisant exploser la facture à plus de deux milliards d’euros.

Enfin, les départements réclament des "corrections" dans l’application de la loi NOtre sur l’organisation territoriale. Elle entrave leur action en faveur de l’économie (hors tourisme) et ouvre la porte à des fusions avec les métropoles. Un modèle appliqué à Lyon et qui ne semble pas séduire ailleurs.

Habilement, les présidents de département se présentent comme "le premier échelon de proximité et le premier rempart face au populisme". Ce que recherche le Président trois mois après le début des gilets jaunes et trois mois avant les Européennes du 26 mai.

Le gouvernement récupère l'assurance chômage

Publié dans le panorama le Jeudi 21 février 2019 à 07:02:08

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Le gouvernement récupère l'assurance chômage
 

 
Un manifestant à Nantes contre les ordonnances sur le travail, en septembre 2017. Photo Loic VENANCE / AFP
Elle a osé... « Je regrette vivement que les partenaires sociaux n'aient pas pu conclure leur négociation », a déclaré la ministre du Travail Muriel Pénicaud mercredi soir, après l'échec sur l'assurance chômage. Des larmes de crocodile, selon syndicats et patronat qui s'accordent sur la responsabilité du président et du gouvernement dans cet échec.
Dure « feuille de route »

La réunion de la dernière chance au siège du Medef n'aura pas duré longtemps. Dès l'ouverture, Hubert Mongon (Medef) dressait un constat d'échec : les critiques matinales de Muriel Pénicaud contre les dernières propositions patronales sur les contrats précaires confirmaient des positions trop éloignées pour conclure. L'insistance du gouvernement à imposer au patronat un bonus-malus sur ces contrats, dont il ne veut absolument pas, trouvait son aboutissement logique.

Côté syndical, un autre impératif du gouvernement ne passait pas. Celui-ci a été glissé dans la « feuille de route » publiée en septembre pour l'ouverture de la négociation : réaliser un milliard d'euros d'économies sur les indemnités aux chômeurs. « Le président a mis la barre assez haut, pour être presque sûr qu'on ne trouve pas d'accord », commentait hier Michel Beaugas (FO).
Durcir les conditions

Après cet échec des partenaires sociaux, « c'est maintenant au gouvernement d'annoncer des baisses de droits pour les chômeurs, et c'est pas très tendance actuellement », a ironisé Jean-François Foucard (CGC). L'objectif est connu : Emmanuel Macron avait appelé, comme ministre de l'Économie, à durcir les conditions d'indemnisation du chômage pour « inciter davantage au retour à l'emploi ».

Le gouvernement devra aussi trouver le moyen d'imposer aux entreprises une réduction des contrats de très courte durée. Une réunion tripartite (gouvernement, patronat et syndicats) pourrait en être le cadre, ce que n'a pas confirmé la ministre.
« Une nouvelle ère »

Au-delà, c'est une page de l'histoire sociale de la France qui se tourne. L'assurance chômage était la dernière protection sociale gérée de manière paritaire, régulée par les syndicats et le patronat lors de grandes négociations interprofessionnelles. La Sécurité sociale a été de fait étatisée, les retraites complémentaires le seront dans la réforme en préparation. « Si rien ne change, il y a fort à parier que le principe même de la négociation interprofessionnelle ait vécu », a commenté Jean-Michel Pottier (CPME). « On rentre dans une nouvelle ère. C'est probablement la dernière négociation Unédic », a renchéri Marylise Léon (CFDT).

À voir maintenant ce que sera ce « nouveau monde » social.
Francis BROCHET

 

 
 

Emploi Hausse La France recrute des cadres mais pas partout

Publié dans le panorama le Jeudi 21 février 2019 à 07:01:06

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Emploi Hausse
La France recrute des cadres mais pas partout
L'optimisme reste de mise sur le marché de l'emploi cadre : entre 270 700 et 292 000 embauches sont attendues en France en 2019.
 

 
Les recrutements de cadres devraient atteindre leur plus haut niveau en France en 2019, selon les prévisions de l'Association pour l'emploi des cadres (Apec) publiées mercredi. C'est la sixième année consécutive de hausse.
Embauches, promotions internes...

Le nombre total d'embauches devrait se situer entre 270 000 et 292 000 postes, soit jusqu'à 10 % de progression par rapport à 2018, et le nombre de promotions internes osciller entre 52 600 et 61 800 postes.

« L'emploi cadre se porte très bien », a déclaré Bertrand Hébert, directeur général de l'Apec. Ces chiffres sont « un marqueur du climat des affaires [...] Les entreprises continuent d'investir. Il y a eu des années moins fastes, elles devraient être compensées par du recrutement. »
En Ile-de-France, surtout

Cette dynamique se retrouve dans les régions avec une hausse du recrutement de cadres CDI et CDD de plus d'un an presque partout. L'Île-de-France, responsable de près d'un recrutement sur deux (soit au moins 129 000), occupe la première position du tableau. Vient ensuite la région Auvergne-Rhône-Alpes, avec plus de 30 000 embauches prévues.
Quels profils ?

Les profils les plus recherchés restent les « jeunes » cadres ayant entre un et 10 ans d'expérience. Mais « cela ne pénalise pas les jeunes diplômés, pour qui le taux de recrutement devrait rester stable », selon Bertrand Hébert.
Et dans quels secteurs ?

Parmi les secteurs les plus vivaces, l'industrie devrait afficher la plus importante progression (+12 %), suivie par les services (+10 %) et la construction (+9 %). En revanche, le nombre de recrutements devrait ralentir dans le secteur du commerce de détail qui pâtit d'une baisse de la consommation des ménages et qui doit faire face au développement du commerce en ligne.

 

 
 

Antisémitisme : le président s'attaque aux réseaux sociaux

Publié dans le panorama le Jeudi 21 février 2019 à 06:52:23

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Antisémitisme : le président s'attaque aux réseaux sociaux
 

 
Le président du Crif, Francis Kalifat (au centre), a accueilli le président, son épouse Brigitteet les ministres de la Justice, Nicole Belloubet, et de l'Intérieur et des Cultes, Christophe Castaner. Photo Ludovic MARIN/AFP
Je refuse « la résignation et j'appelle ce soir avec vous au sursaut national pour briser le mur d'indifférence qui entoure l'antisionisme et l'antisémitisme. L'antisémitisme se portait très bien en France avant les 'gilets jaunes'. Il se porte encore mieux aujourd'hui grâce à certains d'entre eux » : telle était l'injonction accusatrice ce mercredi soir de Francis Kalifat, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) qui, lors de son dîner annuel, accueillait le président de la République.
« L'antisionisme, forme moderne d'antisémitisme »

Réponse d'Emmanuel Macron sous la forme d'un acquiescement : « Depuis plusieurs années, et la situation s'est encore aggravée ces dernières semaines, notre pays, et ce n'est pas le seul, est confronté à une résurgence de l'antisémitisme sans doute inédite depuis la Seconde Guerre mondiale. Il serait faux de dire que nous n'avons rien fait contre l'antisémitisme mais nous n'avons pas su agir efficacement. Le temps est donc venu des actes tranchants ». Les annonces ont suivi.

Sur l'antisionisme, « une des formes modernes de l'antisémitisme », selon Emmanuel Macron, « la France mettra en oeuvre la définition de l'Alliance internationale de la mémoire de la Shoah ». Autrement dit, nier le droit d'Israël à être un État pourrait devenir un délit.
Le « Bastion social » sera dissout

Dans la foulée, le chef de l'État a égrené quelques mesures :

- La dissolution prochaine d'associations extrémistes d'ultradroite tel que « Bastion social », « Blood and Honour » « Hexagone et Combat 18 ».

- Un « audit » sur les établissements touchés par « la déscolarisation des enfants de confession juive : l'école doit jouer son rôle de rempart républicain. La lutte contre l'antisémitisme doit s'intégrer au cursus scolaire partout, dans tous les établissements ».
La « haine » puniesur les réseaux sociaux

Le Parlement devrait examiner un texte de loi en mai qui rendrait responsables les réseaux sociaux de leurs contenus. Selon Emmanuel Macron, « deux Français sur cinq sur les réseaux sociaux croient à un complot sioniste mondial. Le combat européen pour réguler internet va se poursuivre mais il est trop lent. On ne peut plus attendre. Le texte de loi imposera le retrait dans les meilleurs délais des contenus appelant à la haine et imposant des responsabilités juridiques. La question de l'anonymat sera posée car l'anonymat est le masque des lâches mais avant de le supprimer il faudra y réfléchir à deux fois ».

Il ouvre ainsi un débat sur la société numérique : les réseaux sociaux sont-ils des éditeurs comme les journaux, soumis à des lois sanctionnant l'injure, la diffamation, l'incitation à la haine raciale ou bien sont-ils des espaces d'expression libre ?

Le chef de l'État a également abordé le sujet de l'islam radical mis en avant par la droite et l'extrême droite depuis mardi soir comme principale raison de la montée de l'antisémitisme. Selon le président, « l'islam radical gangrène certains de nos quartiers. Il faut une reconquête républicaine de ces quartiers ».

 

 
 

Quatzenheim Réaction aux actes antisémites

Publié dans le panorama le Jeudi 21 février 2019 à 06:17:01

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Quatzenheim Réaction aux actes antisémites
 

 
Suite aux actes antisémites ayant eu lieu au cimetière juif de Quatzenheim, la communauté chrétienne du Pays de Brisach réagit par le biais du pasteur Olivier Richard-Molard.

« Face à la résurgence des actes et des paroles antisémites en France, les quatre communautés chrétiennes du Pays de Brisach (protestante, mennonite, évangélique et catholique) expriment leur inquiétude, leur désapprobation et appellent à lutter contre toute sorte et toute forme de rejet de l'autre. Face au racisme et à l'antisémitisme, aucune banalisation ni acceptation de la haine de l'autre est recevable. Chaque être humain vit avec ses origines, sa culture, ses croyances et toutes sont respectables.

L'antisémitisme se manifeste plus ouvertement et parfois sans limite, dans l'Histoire, lors des moments de crise. Crise économique, crise politique, crise morale. Les personnes de confession juive redeviennent actuellement le bouc émissaire de ce malaise général. Cela n'est pas supportable. Dans la prière, par l'éducation, par la solidarité exprimée, les communautés chrétiennes du Pays de Brisach appellent à la vigilance et à la concorde citoyenne.

Le groupe des communautés chrétiennes du Pays de Brisach assure à la communauté juive de son soutien fraternel. »
ALLER PLUS LOIN L'ensemble des réactions des personnalités alsaciennes sur lalsace.fr.

 

 
 

En garde à vue à Mulhouse pour avoir insulté Finkielkraut

Publié dans le panorama le Jeudi 21 février 2019 à 06:39:25

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En garde à vue à Mulhouse pour avoir insulté Finkielkraut
 

 
Il s'est présenté, mardi vers 19 h 30, au commissariat de Mulhouse parce qu'il se savait recherché et surtout parce qu'il y avait été convoqué. Des enquêteurs de la police judiciaire de Paris avaient prévu de se rendre à Mulhouse, dans la soirée, et il avait même été programmé de procéder à l'interpellation de cet homme âgé de 36 ans.

Son visage circule sur la toile depuis samedi après-midi, après qu'il a été filmé, en pleine manifestation des gilets jaunes à Paris, en train d'insulter le philosophe et membre de l'Académie française Alain Finkielkraut. Il lui hurlait, notamment : « Tu es haineux et tu vas mourir, tu vas aller en enfer ! » Mais cet homme, à la petite barbe, avait montré son keffieh en criant : « Espèce de sioniste, grosse merde, elle est à nous la France ! » Des insultes qui ont provoqué de nombreuses réactions depuis.
« Le coeur sur la main » et « très sympathique »

Le philosophe n'a, pour l'heure, pas encore porté plainte. Mais le parquet de Paris s'est saisi de l'affaire en ouvrant, dimanche, une enquête pour « injure publique en raison de l'origine, de l'ethnie, la nation, la race ou la religion ». Un policier alsacien a, semble-t-il, reconnu le Mulhousien qu'il avait déjà contrôlé en voyant la vidéo. Un signalement a très vite été fait auprès de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), qui a confirmé que l'individu sur la vidéo était bel et bien cet homme âgé de 36 ans. « Un homme sans problème », qui « est très sympathique », qui « donne des coups de main », selon certains de ses voisins, habitant le quartier Franklin. D'au-tres voisins, apparemment excédés de voir de nombreux journalistes tenter d'en savoir un peu plus sur l'homme, n'ont pas souhaité répondre, se contentant d'injures...
Jusqu'à un an de prison et 45 000 EUR d'amende

Cela fait deux ans qu'il vit, avec sa femme et ses cinq enfants, non loin de la place Franklin, à quelques centaines de mètres du magasin de téléphonie qu'il a ouvert au centre-ville de Mulhouse. Avant cela, il habitait dans le quartier de Bourtzwiller, où il était notamment impliqué dans le monde associatif et sportif local. Il a également participé à plusieurs opérations du collectif France-Palestine 68.

Mais il a aussi, il y a un peu moins de dix ans et alors qu'il s'était converti à l'Islam, ouvert une salle de prière dans ce quartier. Ce qui lui a valu d'être surveillé par la police, en 2014, et considéré comme une personne proche de la mouvance salafiste. Il n'a cependant pas été placé sur la liste des personnes fichées S.

Ce mercredi au milieu de la soirée, il était toujours en garde à vue au commissariat. S'il est poursuivi devant le tribunal correctionnel de Paris, il encourt jusqu'à un an de prison ferme et 45 000 EUR d'amende.
Grégory LOBJOIE

 

 
 

Pays de Brisach Réaction aux actes antisémites

Publié dans le panorama le Jeudi 21 février 2019 à 06:46:14

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Pays de Brisach Réaction aux actes antisémites
 

 
Suite aux actes antisémites ayant eu lieu au cimetière juif de Quatzenheim, la communauté chrétienne du Pays de Brisach réagit par le biais du pasteur Olivier Richard-Molard.

« Face à la résurgence des actes et des paroles antisémites en France, les quatre communautés chrétiennes du Pays de Brisach (protestante, mennonite, évangélique et catholique) expriment leur inquiétude, leur désapprobation et appellent à lutter contre toute sorte et toute forme de rejet de l'autre. Face au racisme et à l'antisémitisme, aucune banalisation ni acceptation de la haine de l'autre est recevable. Chaque être humain vit avec ses origines, sa culture, ses croyances et toutes sont respectables.

L'antisémitisme se manifeste plus ouvertement et parfois sans limite, dans l'Histoire, lors des moments de crise. Crise économique, crise politique, crise morale. Les personnes de confession juive redeviennent actuellement le bouc émissaire de ce malaise général. Cela n'est pas supportable. Dans la prière, par l'éducation, par la solidarité exprimée, les communautés chrétiennes du Pays de Brisach appellent à la vigilance et à la concorde citoyenne.

Le groupe des communautés chrétiennes du Pays de Brisach assure à la communauté juive de son soutien fraternel. »
ALLER PLUS LOIN L'ensemble des réactions des personnalités alsaciennes sur lalsace.fr.

 

 
 

Sarre-Union Société A Sarre-Union, quatre ans après

Publié dans le panorama le Jeudi 21 février 2019 à 06:18:02

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Sarre-Union Société
A Sarre-Union, quatre ans après
Quatre ans après la profanation de 250 des 400 tombes du cimetière juif de Sarre-Union, les familles attendent toujours que les sépultures soient remises en état.
 

 
Jacques Wolff fut l'un des premiers sur place après la profanation. 
« Ici, regardez, c'est la tombe de mon arrière-grand-mère Caroline. Dans ces destructions, il y a une volonté de s'attaquer au souvenir. Ces dernières années, les juifs sont devenus des punching-balls », raconte, ému, Jacques Wolff, en retirant délicatement avec sa main la mousse qui recouvre la pierre tombale renversée. Autour de lui, les sépultures profanées sont toujours dans l'état où elles ont été découvertes le 15 février 2015. En vrac, dans une sorte d'immense chaos rocheux. « Ce matin-là, j'étais un des premiers sur place. C'est très dérangeant, vous savez. Il y a eu un acharnement sur ces sépultures, pour détruire le souvenir. C'est un lieu de repos qui a été vandalisé, bouleversé », soupire l'ancien professeur d'histoire-géo. Plus loin, il se recueille sur la tombe d'un oncle, ouverte aux quatre vents. « Là, un des cinq jeunes s'est allongé, dans la place laissée vide. C'est incroyable quand on y repense. »
« Il faut dire stop »

Arrêtés trois jours après les faits, les auteurs, âgés de 15 à 17 ans, ont été condamnés en septembre 2017, à Saverne, à des peines allant de 8 à 18 mois de prison avec sursis, des obligations de soin et des travaux d'intérêt général. « Ce qui vient de se produire à Quatzenheim est dans le prolongement de ce qui s'était produit ici. La prise de conscience doit être collective. Il faut dire stop. Or le web a libéré les antisémites de tout poil », dit Jacques Wolff.

En quatre ans, seules 20 des 250 tombes vandalisées ont été réhabilitées. Selon Richard Brumm, premier adjoint à Sarre-Union, les suites judiciaires au civil, qui ne sont toujours pas tranchées, ont ralenti les indemnisations. « Nous nous sommes concentrés sur les sépultures des défunts dont les familles se sont manifestées », plaide l'élu. Jacques Wolff est amer : « Si je pousse le bouchon, je me dis que certains souhaitent peut-être faire ici une sorte d'Oradour-sur-Glane bis en laissant les tombes en l'état, pour rappeler l'horreur de la profanation. Ce n'est pas ce que demandent les familles. Ils veulent des tombes pour leurs morts. »
Alain MORVAN

 

 
 

Profanation Des experts en renfort

Publié dans le panorama le Jeudi 21 février 2019 à 06:15:02

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Profanation Des experts en renfort
 

 
Après la profanation du cimetière juif de Quatzenheim, des experts de la gendarmerie sont arrivés en renfort de Paris. Photo DNA/Jean-Christophe Dorn
Les investigations se poursuivent après la profanation de 96 sépultures au cimetière juif de Quatzenheim, dans la nuit de lundi à mardi. Le consistoire israélite du Bas-Rhin a déposé plainte auprès de la gendarmerie. Tout comme les voisins dont le portail a aussi été marqué d'une croix gammée.

« C'est un grand choc. On n'épargne pas même les défunts », s'indigne Laurent, le propriétaire de la maison. Ses vitres donnent directement sur cette nécropole dont les origines remontent à la fin du XVIIIe  siècle. « Mais avec tout ce qui se passe, ça faisait un moment qu'on le sentait venir. On se demandait quand cela serait notre tour... » La souillure est restée sur leur barrière pour les besoins de l'enquête. « Et même quand elle sera effacée, elle restera longtemps dans nos têtes. »

Le parquet a ouvert une enquête en flagrance, confiée à la section de recherches (SR) de la gendarmerie de Strasbourg. Ce mercredi après-midi, les enquêteurs locaux ont reçu l'appui de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), basé Cergy-Pontoise, près de Paris. Ce service intervient sur l'ensemble du territoire pour procéder aux constations et expertises les plus complexes.

Dans le village d'environ 780 habitants, la première mission des experts a consisté à analyser le réseau téléphonique à partir de données fournies par les opérateurs. « Notre travail doit permettre de savoir précisément où étaient positionnés les téléphones qui ont "accroché" à un relais téléphonique », explique le colonel Franck Marescal, directeur de l'IRCGN. Les enquêteurs pourront disposer d'une carte des appareils allumés près du cimetière dans la nuit de la profanation.
Utilisation de drones

Des dizaines de croix gammées et d'inscriptions en allemand ont été recensées. L'une d'elles évoque Les Loups noirs, Die Schwartzen Wölffen, un groupe autonomiste alsacien qui a sévi dans les années 1970-1980 (lire ci-dessous). « Ce n'est pas un jeune désoeuvré qui passait par là. C'est la démarche destructrice de gens qui expriment une idéologie », analyse Sylvain Waserman, député LaRem du Bas-Rhin et ancien maire de Quatzenheim.

Chaque tag a été méthodiquement photographié. Les images seront exploitées par des spécialistes de la comparaison des écritures au sein de l'institut de recherche criminelle. « Les experts pourront dire combien il y avait de scripteurs différents », assure le colonel Marescal. Autrement dit, combien d'individus ont tagué les sépultures. « Sans être un spécialiste, on voit que certaines croix sont arrondies alors que d'autres sont plus nettes », observe Christophe qui habite juste à côté du cimetière.

Des bombes de peinture de couleur jaune et bleue ont été utilisées. Sur chaque monument, les techniciens en identification criminelle ont prélevé de la couleur à l'aide d'un scalpel. Ces échantillons ont été envoyés à Cergy-Pontoise où les experts disposent d'« un fichier répertoriant la quasi-totalité des peintures vendues sur le territoire national et au-delà ». Leur analyse permettra d'indiquer « la marque et le type de peinture utilisée, ainsi que tous les magasins qui la commercialisent dans la zone d'intérêt autour de Strasbourg », détaille le colonel Marescal. Des indices qui pourraient permettre de remonter jusqu'aux clients.

Enfin, des drones de l'IRCGN ont permis de réaliser de films aériens. « Prendre de la hauteur peut donner une idée du cheminement des individus pour entrer et sortir du cimetière. Ces éléments pourront être utiles aux enquêteurs dans la recherche des véhicules, par exemple. »

Au sein de la gendarmerie, une cellule dédiée à la lutte contre les dégradations et les profanations a été formée fin 2018 après que de nombreux tags à caractère antisémite ont été retrouvés sur des bâtiments publics du nord au sud du Bas-Rhin. Aucune interpellation n'a eu lieu pour l'instant.
Geneviève LECOINTRE

 

 
 

L'édito de l'Alsace Benalla La Macronie désorientée

Publié dans le panorama le Jeudi 21 février 2019 à 06:50:39

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L'édito de l'Alsace  Benalla La Macronie désorientée
 

 
Laurent Bodin

Le prisonnier n'est pas celui qu'on croit. Si Alexandre Benalla est en détention provisoire depuis mardi soir, Emmanuel Macron, lui, est prisonnier de cette affaire depuis sept mois. Tandis que le premier devrait rapidement retrouver la liberté, le président de la République risque de traîner comme un boulet les affres et turpitudes de son ancien directeur adjoint de cabinet à l'Élysée. L'un devra rendre des comptes devant la justice, l'autre ne pourra probablement pas faire l'économie d'une séance d'explication à l'adresse des Français.

Le rapport de la commission d'enquête du Sénat a beau être sévère, il n'est que le reflet de la réalité. Nier que le comportement de M. Benalla a produit des dysfonctionnements au plus haut sommet de l'État relève soit de l'aveuglement, soit de la mauvaise foi. Face à l'évidence, la loyauté a ses limites. La majorité se noie dans le ridicule en dénonçant, depuis sept mois, un procès politique instruit par les oppositions de droite et de gauche. Les faits sont têtus, les preuves accablantes. Alors même que personne ne sait si l'affaire a livré tous ses secrets, la Macronie serait plus crédible en faisant profil bas et en reconnaissant des erreurs plutôt que de nier l'évidence à la manière d'un ancien monde dont elle s'accoutume des vieilles ficelles usées.

Dans cette affaire, la majorité est d'autant plus embarrassée que le président de la République observe un mutisme total. Emmanuel Macron n'a publiquement évoqué l'affaire Benalla qu'à deux reprises. En juillet, il lançait, bravache : « Qu'ils viennent me chercher. » En novembre, il réclamait de « l'indulgence » pour son ancien collaborateur. Si la justice travaille en toute indépendance, de nombreuses zones d'ombre demeurent. Parce que M. Benalla s'est recommandé de la confiance du président, avant comme après son départ de l'Élysée, les Français ne comprendraient pas qu'à un moment ou à un autre, Emmanuel Macron ne s'explique pas. Sauf à considérer qu'il existe bel et bien des sujets tabous en Macronie.

 

 
 

Grand Débat Les doléances numérisées en Alsace

Publié dans le panorama le Jeudi 21 février 2019 à 06:32:39

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Grand Débat Les doléances numérisées en Alsace
 

 
Boris Coriol (au centre) dirige la société Numerize de Bischwiller. Son entreprise a remporté un marché public pour la numérisation des cahiers de doléances. Photo DNA/Franck Kobi
Le marché avait été lancé en urgence le 28 janvier par le ministère de la Transition écologique et solidaire. Mardi, l'entreprise Numerize de Bischwiller a appris qu'elle avait été choisie avec deux autres prestataires, son offre étant arrivée en tête. « Nous avons été sélectionnés sur des critères techniques et de calendrier, ces documents manuscrits devant traités dans des délais très courts », indique Alexis Coriol, chargé de communication de l'entreprise.

Il faut dire qu'en dix ans, la PME alsacienne a acquis une solide expérience dans la dématérialisation d'actes d'états civils pour les mairies, devenue son activité essentielle. À ce jour, elle a déjà numérisé et indexé les registres d'état civil de près de 5 000 mairies en métropole et dans les départements et territoires d'outre-mer, précise Boris Coriol son PDG. Ce savoir-faire lui a servi pour répondre à cet appel d'offres un peu chaud sur les cahiers de doléances ouverts dans plus de 10 000 mairies.
Environ 300 000 pagesà traiter

Concrètement, en quoi consiste l'opération ? Il s'agit de scanner leur contenu (les contributions écrites des citoyens) pour avoir une image numérique, puis de retranscrire intégralement les informations manuscrites dans un fichier texte qui permette leur exploitation statistique par l'État. « Cette seconde étape est notre coeur de métier », souligne Boris Corio, se référant à l'état-civil qui date de 1792.

Pour Numerize, le marché porte sur un montant de 150 000 EUR et un volume estimé à environ 300 000 pages. « Ce n'est pas le plus gros contrat en valeur, mais c'est le plus importante en termes de notoriété, de médiatisation pour susciter l'intérêt des entreprises sur notre savoir-faire », se réjouit Boris Coriol. Aujourd'hui, Nume-rize réalise 80 % de son chiffre d'affaires (1,8 million d'euros en 2018) avec la commande publique. Elle travaille notamment avec le Sdis (Service départemental d'incendie et de secours) 67 et répond à plusieurs appels d'offres par semaine. Parallèlement, la société développe un pack numérisation pour les entreprises : « Deux industriels ont déjà signé. » Et elle projette de créer une dizaine d'emplois dans les deux ans pour cette activité.

Une fois collectés par les préfectures (lire ci-contre), les cahiers citoyens doivent être transmis à la Bibliothèque nationale de France, chargée d'en organiser le traitement avant analyse.
Un chantierde six à sept semaines

À Bischwiller, tout est prêt pour réceptionner cette masse de documents. L'entreprise, qui emploie 16 personnes, a mis en place une équipe supplémentaire dédiée et embauché deux personnes de plus, pour répondre à la commande du ministère. Des tests ont même été réalisés avec quelques pages des fameux cahiers grâce à la coopération de plusieurs mairies. « On est en mesure d'exécuter l'intégralité de la prestation dans un délai de six à sept semaines sur un volume potentiel de 300 000 pages », assure Boris Coriol.

Dix ans après sa création, Numerize engrange les marchés et revendique un carnet de commandes bien garni pour 2019. Elle prévoit de déménager afin d'assurer son développement. La société va construire ses propres locaux à Hoerdt au printemps. Le projet, note son dirigeant, est lié à « des exigences de confidentialité et d'accès rapide au haut débit liées notre métier ». Le bâtiment, dédié à la dématérialisation, s'appellera la Scannerie et devrait être opérationnel au début 2020. Isabelle NASSOY

 

 
 

Trois Frontières Pour un débat « apolitique »

Publié dans le panorama le Jeudi 21 février 2019 à 06:35:48

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Trois Frontières Pour un débat « apolitique »
 

 
Alexis Rey, 30 ans, est aide-soignant. Photo L'Alsace/C.A.
Alexis Rey, 30 ans, Ludovicien d'origine, habite à Bartenheim depuis 2013. Aide-soignant au sein du Groupe hospitalier de la région de Mulhouse et Sud Alsace (GHRMSA), il est l'organisateur de la réunion qui se tiendra ce vendredi soir, au foyer Saint-Georges à Bartenheim, dans le cadre du grand débat national. L'homme est également membre de La République en marche (LaRem).
Qu'est-ce qui vous a incité à organiser ce rendez-vous ?

Je fais partie de La République en marche, j'ai suivi le mouvement des gilets jaunes depuis ses débuts et je trouve ses revendications fondées. L'ouverture de ce grand débat national, c'est une démarche intéressante et c'est l'occasion de se saisir de toutes ces revendications. J'ai contacté la mairie pour savoir si elle comptait organiser quelque chose mais hormis la mise en place du cahier de doléances, elle n'en avait pas l'intention. En revanche, elle était d'accord pour mettre à disposition le foyer Saint-Georges. Je me suis donc lancé. Il faut simplement un peu de courage car il y a beaucoup de choses à comprendre sur la mise en oeuvre de ce débat.
Soutenir les revendications des gilets jaunes tout en faisant partie de LaRem, c'est possible ? Où en êtes-vous ?

Oui, c'est possible. Mon engagement envers Emmanuel Macron est intact. J'ai été inspiré par ce qu'il disait au moment des élections présidentielles, cette volonté de laisser l'ancienne politique de côté et de se saisir aussi bien des idées de droite comme de gauche. Entre-temps, je pense qu'il y a eu surtout des défauts de communication. Et puis les retombées positives des réformes en cours mettent du temps à s'exprimer, c'est normal que cela ne puisse pas être quantifié rapidement.
Comment allez-vous gérer votre engagement politique dans ce cadre ?

L'échange sera totalement apolitique, j'y tiens fortement. Il ne s'agit en aucun cas d'un meeting politique, mais bien d'un débat citoyen. Le but, c'est qu'on puisse débattre et trouver des solutions. Je suis là comme médiateur, pas pour que le débat s'envenime. L'objectif est ensuite de faire remonter les idées.
Justement, comment comptez-vous organiser l'échange et faire remonter les idées ?

J'ai assisté à la réunion à Saint-Louis et je souhaite faire les choses un peu différemment. Déjà au niveau de la disposition des participants : les placer en cercle plutôt que les uns derrière les autres pour qu'ils puissent véritablement échanger.

Puis je lancerai les échanges au travers des quatre grandes thématiques inscrites dans le débat national. L'idée, ce serait de ne pas accumuler des idées brutes les unes après les autres, mais de réfléchir, de fabriquer ensemble une vision un peu développée avec l'expérience de chacun. J'aimerais que le débat puisse faire ressortir l'intelligence collective. Il s'agit de remettre le citoyen au coeur de la politique, qu'il puisse se réapproprier les questions de société. Cette réunion, c'est une première pierre à une toute nouvelle façon de faire de la politique. À la fin, les propositions seront répertoriées sur le site internet du grand débat national.
Vous pensez qu'il y aura du monde ?

Je sais que c'est difficile de faire participer les gens, certainement parce qu'on les a extraits des décisions pendant longtemps. Mais je pense justement qu'il faut les associer dès le départ aux projets, notamment communaux. Lors du tractage, les personnes rencontrées estimaient que l'idée du débat local est une bonne chose. Dans tous les cas, la réunion est ouverte à tout le monde, peu importe le lieu de résidence des personnes. Qu'elles viennent avec leurs idées et leur bienveillance.
Propos recueillis parCaroline ANFOSSI Y ALLER Débat à partir de 19 h au foyer Saint-Georges, 14, Grand'rue à Bartenheim.

 

 
 

sainte-marie/Mines Grand débat : Réunion publique

Publié dans le panorama le Jeudi 21 février 2019 à 06:34:12

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sainte-marie/Mines
Grand débat : Réunion publique
 

 
En collaboration avec le député Jacques Cattin et sa suppléante Denise Buhl, la ville de Sainte- Marie-aux-Mines invite les différents acteurs économiques, associatifs et le grand public à une réunion locale dans le cadre du grand débat dans le but d'être à leurs écoutes et de collecter leurs doléances et propositions. Ce rendez-vous aura lieu jeudi 28 février à 20h au théâtre municipal.

Les quatre thématiques du Grand Débat seront abordées :

la transition écologique, la fiscalité et les dépenses publiques, la démocratie et la citoyenneté, l'organisation de l'État et des services publics.

À l'issue de ce débat, une restitution sera effectuée par la Ville de Sainte-Marie-aux-Mines et par le député Jacques Cattin auprès de l'organisation du Grand Débat National. Chacun peut également y contribuer de manière personnelle en se rendant sur le site dédié : https ://granddebat.fr

Afin de récolter des échanges constructifs au cours de cette soirée ouverte à tous, il est possible de consulter les fiches de présentation des thèmes disponibles sur le site https :// granddebat.fr

La charte du Grand Débat a pour fonction de protéger le débat et le rendre accessible à toute expression qui respecte les principes généraux de la démocratie.

 

 
 

Benalla : le sommet de l'État fragilisé

Publié dans le panorama le Jeudi 21 février 2019 à 06:51:27

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Benalla : le sommet de l'État fragilisé
 

 
Le président de la commission Philippe Bas (au centre) avec ses deux co-rapporteurs. Photo FRANCOIS GUILLOT - AFP
Explosif et accablant. Le rapport de la commission d'enquête du Sénat sur l'affaire Benalla fait trembler les murs de l'Élysée. Philippe Bas, président de la commission, n'a pas fait dans la périphrase en résumant près de sept mois de travaux. Pour les sénateurs, des dysfonctionnements majeurs se sont produits à l'Élysée. Pire : la sécurité du président de la République a été affectée. Les sénateurs soupçonnent Alexandre Benalla et Vincent Crase de faux témoignage et demandent que le parquet soit saisi. Les deux hommes dorment en prison depuis mardi soir pour manquement à leur contrôle judiciaire.
Les proches de Macron visés

Les sénateurs veulent aussi que la justice vérifie les déclarations de trois très proches du président Macron : Alexis Kohler, secrétaire général de l'Élysée, Patrick Strzoda, chef de cabinet, et Lionel Lavergne, chef du groupe de sécurité de la présidence. Ni plus ni moins que la garde rapprochée d'Emmanuel Macron. Alexis Kohler est considéré comme le plus proche collaborateur du chef de l'État. La question de son maintien est posée, le rapport des sénateurs pointant des incohérences et des contradictions.

Noir sur blanc, en termes implacables, les sénateurs pointent des dysfonctionnements qui interrogent sur la personnalité d'Alexandre Benalla. Ils mettent notamment en avant ses pouvoirs excessifs, la confiance maintenue et la collaboration qui s'est poursuivie après les dérapages commis le 1er mai place de la Contrescarpe à Paris. « Il n'y aurait pas eu d'affaire Benalla si une sanction appropriée avait été prise le 2 mai 2018 », a prévenu, dès ses premiers mots, le très pointilleux président Philippe Bas.
« Incompréhensible indulgence »

Muriel Jourda, vice-présidente LR de la commission d'enquête, a placé les banderilles parlant « d'incompréhensible indulgence pour un collaborateur qui avait gravement manqué à ses devoirs ».

Pour les sénateurs, ce qui s'est passé le 1er mai et le fait qu'Alexandre Benalla ait outrepassé ses fonctions en tabassant des manifestants ne sont que la partie émergée d'un iceberg.

Ils ont dressé une liste de treize recommandations pour qu'à l'avenir, une personnalité comme la sienne ne puisse plus tenir un rôle central dans la sécurité du président et donc de l'État.

Politiquement, l'affaire Benalla est donc loin d'être close. Même si les proches de La République en Marche regrettent le traitement politique par certains sénateurs de la commission, les dysfonctionnements mis à jour à l'Élysée ne pourront rester sans conséquence.
« Contrevérités »

Le parquet de Paris a d'ailleurs annoncé avoir ouvert la semaine dernière une enquête préliminaire pour déterminer s'il y a pu avoir des « dissimulations de preuves » dans le cadre des différentes enquêtes visant Alexandre Benalla et son entourage.

À l'Élysée, directement visé par la chambre haute, on minimise. « L'Élysée aura l'occasion d'apporter des réponses factuelles sur manifestement beaucoup de contrevérités », a réagi Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement. Une réponse pour obtenir du temps.
Nathalie MAURET

 

 
 

Agriculture Le Grand Est offensif au salon

Publié dans le panorama le Jeudi 21 février 2019 à 06:37:35

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Agriculture  Le Grand Est offensif au salon
 

 
 
Un verre de punch lorrain, une tartine de foie gras alsacien à la bergamote, une gorgée de bière ardennaise Ardwen... Toutes les bonnes raisons de croire au dynamisme des producteurs du Grand Est vont s'afficher, du 23 février au 3 mars, au Salon de l'agriculture à Paris. Dans le hall 3, celui des 13 régions de France, le Grand Est disposera du troisième en importance : 1 000 m2 avec, au centre, 90 m2 conçus comme un lieu de prestige et partagé. Il s'agit en effet du quatrième stand Grand Est, fédérant Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine.

« Nous avons réussi à préserver l'image de chacune de nos régions tout en créant une dynamique Grand Est », s'est félicité Jean-Luc Pelletier, président de la chambre régionale d'agriculture, lors de la présentation à Châlons-en-Champagne des temps forts de ce rendez-vous. « Diversité et qualité », résume-t-il. Ces deux mots n'ont pas là pour faire joli. Produits, élevages, offres touristiques... Le salon, c'est du business : il y passe 700 000 visiteurs, de toutes les nationalités, en une semaine.
Plusieurs messagesà passer

C'est aussi l'occasion d'affirmer le rôle moteur de l'agriculteur dans le développement économique et la transition écologique du Grand Est - et d'ailleurs. « En écho au sans viande, sans gluten, sans ceci, sans cela, nous sommes là pour valoriser notre savoir-faire », lance Pascale Gaillot, vice-présidente du conseil régional en charge de l'agriculture et de la ruralité. Défendre l'excellence, sera l'un de ses messages. Mais elle en a d'autres : soutenir le modèle polycultures-élevage (un tiers de la production du Grand Est) alors que se négocie la réforme de la Politique agricole commune, prouver que l'on peut innover à l'image du programme régional « Fermes du futur »...

De fait, région et chambre d'agriculture sont sur une ligne stratégique plus offensive. Le président de l'exécutif régional, Jean Rottner, se rendra ainsi deux jours entiers au salon. Pas (que) pour serrer des mains. « Au-delà de l'agriculture nourricière », la région entend expliquer l'importance de « développer un vrai projet », en l'occurrence la bioéconomie - avec, pour corollaire, les énergies renouvelables, la transformation économique, les nouvelles technologies. Elle doit, insiste-t-il, « devenir le fer de lance du Grand Est. Nous devons avoir un coup d'avance. » Et le « biopacte » conclu à Châlons en août dernier entre le Grand Est, les Hauts-de-France et l'Ile-de-France doit contribuer à cette montée en puissance.
Catherine DAUDENHAN

 

 
 

Muespach-le-Haut Le maire accompagné à sa dernière demeure

Publié dans le panorama le Jeudi 21 février 2019 à 06:08:11

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Muespach-le-Haut
Le maire accompagné à sa dernière demeure
 

 
Quelque 400 personnes, dont la sous-préfète de l'arrondissement d'Altkirch, Emmanuelle Guénot, la présidente du conseil départemental, Brigitte Klinkert, le sénateur René Danési, le président de l'association des maires du Haut-Rhin, Christian Klinger, ont assisté mardi après-midi aux obsèques du maire de Muespach-le-Haut, André Bohrer, décédé dans sa 71e année jeudi 14 février des suites d'une douloureuse maladie. L'église Saint-Georges était trop petite pour accueillir tous ceux venus rendre un dernier hommage à celui dont la personnalité fougueuse et cordiale n'a laissé personne indifférent, et une partie de l'assemblée a suivi la célébration sur des bancs disposés à l'extérieur. L'engagement jusqu'au bout de ses forces du maire au service de sa commune et du bien public a été relevé à de multiples reprises, tout comme ses qualités humaines. André Bohrer, après un premier mandat au poste d'adjoint, a été élu maire de Muespach-le-Haut sans discontinuer depuis 1995. Il était aussi membre fondateur de la communauté de communes Ill et Gersbach dont il devint le président de 2008 à 2017. En 2017, il a été élu vice-président de la nouvelle communauté de communes « Sundgau », poste dont il a dû démissionner en raison de ses soucis de santé.

 

 
 

Hartmannswillerkopf Une montagne et des hommes

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Hartmannswillerkopf Une montagne et des hommes

 
Travauxdes Amisdu HWK,aidés par desréservistes,à la RocheSermet,en 1984. DR
Les Amis du Hartmannswillerkopf (AHWK), section à but spécial du Club vosgien, fêteront dans quelques semaines leurs 50 ans. Un événement pour cette petite association composée d'hommes et de femmes engagés dans l'entretien des vestiges et des sentiers du champ de bataille. Une rétrospective sera présentée du 21 février au 3 mars à l'Abri-Mémoire d'Uffholtz (lire ci-dessous).

Aujourd'hui, les promeneurs et les passionnés d'histoire peuvent profiter des lieux, dont la popularité a encore cru avec le centenaire de la Grande Guerre. Mais il y a cinquante ans, ce n'était pas la même histoire.

À la fin des années 1960, deux Mulhousiens, Louis Vogt, professeur de mathématiques, et Georges Schultz, ingénieur à la SNCF, se rencontrent là-haut, presque de manière fortuite. Ils partagent un même constat : le site présente une densité de vestiges remarquable, assez unique, mais il est à l'abandon et peu accessible. Certes, les différentes sections du Club vosgien entretiennent des sentiers, mais ce n'est pas suffisant pour mettre en valeur les lieux.
« Une tâchelongue et difficile »

Les Amis du Hartmannswillerkopf voient le jour le 29 mars 1969, sous l'impulsion des deux hommes. L'association se donne pour mission la sauvegarde du champ de bataille du Vieil-Armand et la protection du site naturel, laissant la partie cérémonielle et officielle au Comité du monument national. Dans le premier bulletin de l'association, les deux hommes l'écrivent : « La tâche sera longue et difficile, mais non impossible. » Et ils visent déjà le tourisme historique.

Depuis, ils sont nombreux à avoir rejoint les rangs des Amis du HWK. Il y a des passionnés d'histoire, des amoureux de la nature, des anciens combattants aussi. Certains se souviennent encore de Girault, qui assistait aux réunions en tenue de chasseur alpin... Ensemble, ils vont défricher, débroussailler, créer de nouveaux sentiers et les baliser, dégager et entretenir les vestiges... « Nous avons mis en place un réseau d'une quarantaine de kilomètres, résume Francis Ackermann, membre des AHWK depuis 1969. On a vécu de très beaux moments à cette époque. À chaque journée de travail, on découvrait un peu plus le champ de bataille. Parfois, on pouvait avoir du mal à s'orienter mais la montagne s'est révélée à nous. »

Sur le terrain, les bénévoles ont retrouvé les indications laissées par les combattants de la Grande Guerre sur les cartes militaires. Au fil de ces années, ils ont aussi mis en valeur les anciens cimetières - le site en a compté jusqu'à 19 pendant le conflit. « Le meilleur indicateur, ce sont les pervenches. Elles ne poussent pas naturellement sur le site... En fait les militaires les plantaient au pied des tombes. Elles poussent toujours ! », glisse Francis Ackermann.

Le champ de bataille défriché, les années 1980 et 1990 ont été consacrées à la restauration et à la consolidation d'ouvrages militaires. « On a sauvé des casemates et des tranchées », se réjouit Claude Glasgall, qui a rejoint l'association à la fin des années 1970. Ce dernier a ainsi fait venir des réservistes à qui il a transmis sa passion lors d'un concours de tir. Des scouts, des militaires, français comme allemands, ont travaillé là. Certains groupes ont été fidèles à ce champ de bataille pendant 35 ans.

« À l'époque, le Comité du monument national avait une orientation très commémorative et très française. Nous, notre envie, c'était d'explorer le terrain, transmettre cette histoire et s'inscrire dans l'amitié franco-allemande. Lors de nos assemblées générales, des combattants, adversaires hier, se tenaient par la main », rappelle Bart Pocock, actuel vice-président.

Certains se souviennent avec émotion des retrouvailles du Hauptmann Muller et du capitaine Boucher. Pas d'exaltation de la guerre chez ces gens-là, qui ont connu les mêmes drames et les mêmes privations. « Faites travailler des hommes ensemble, vous en ferez des amis », aimait à dire Georges Schultz.
« Un champ de bataille clé en main »

Aujourd'hui, l'association compte quelque 150 membres et sympathisants. Comme toute section du Club vosgien, les membres poursuivent l'entretien et le balisage des sentiers. « L'Historial s'est appuyé sur notre travail pour proposer son sentier scénographié. Nous leur avons offert un champ de bataille clé en main ! », répètent ces bénévoles très investis. Pointe un regret, celui de ne pas avoir été associés aux dernières commémorations du centenaire.

Mais l'important est ailleurs, en particulier dans la transmission de l'histoire du champ de baille. Chaque année, des bénévoles des Amis du HWK accompagnent notamment des classes des écoles et collèges du secteur. Tous restent persuadés de l'importance de ce rôle à l'heure où les visiteurs allemands sont toujours plus nombreux que les visiteurs français. « À l'époque, pour les Français, le HWK était un champ de bataille à l'étranger... » Dans les archives, les Français racontent leur histoire, les Allemands, la leur. « Ici, c'est une histoire alsacienne qui s'est jouée. Nous faisons les liens. »
Élise GUILLOTEAU

 

 
 

Dannemarie Ehpad : la fin des chambres doubles

Publié dans le panorama le Jeudi 21 février 2019 à 07:04:12

© L'alsace, Jeudi le 21 Février 2019
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Dannemarie Ehpad : la fin des chambres doubles
 

 
Principal enjeu du chantier : optimiser l'espace pour créer 12 nouvelles chambres individuelles remplaçant les 12 dernières chambres à deux lits datant de l'ancien service de moyen séjour. Photo L'Alsace
Entre lits médicalisés et outils de chantier, la vie s'est organisée à l'Ehpad de Dannemarie, depuis mai 2017 et le début des travaux lancés dans le pavillon dit du Petit parc, l'aile correspondant à l'ancien hôpital devenu officiellement Établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes en 2013. Une restructuration « complexe » et fastidieuse - près de deux ans de travaux - pour dédoubler les 12 dernières chambres à deux lits héritées de l'ancien service de moyen séjour.
Un coup de jeune à 2,4 millions d'euros

Travaux et mobilier compris, le coût total du projet dépasse les 2,4 millions d'euros (MEUR), dont 389 000 EUR de subventions du conseil départemental du Haut-Rhin et 647 000 EUR d'aides issues de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA), garnie par la journée de solidarité instaurée en 2004 pour financer un meilleur accompagnement des personnes âgées et handicapées.

Remises aux normes et réhabilitation totale du rez-de-chaussée, création de 12 nouvelles chambres individuelles toutes équipées, réfection de façades, etc. Les travaux ont offert leur lot de bruit et de poussière aux résidents comme au personnel. Sans compter les successions de déménagement et d'emménagement de chambres à organiser au gré de l'avancement du chantier avec les 17 entreprises engagées. Le directeur de l'Ehpad, Laurent Braesch, salue d'ailleurs la « compréhension » et la « patience » des résidents et de leur famille, délivrant au passage une « mention particulière à destination du personnel qui a su, malgré les conditions de travail inhabituelles et contraignantes, maintenir un niveau de prise en charge de qualité ».
81 chambrespour 81 places

Achevés depuis septembre dernier, les travaux du rez-de-chaussée ont déjà donné un sérieux coup de jeune à l'accueil et aux locaux administratifs, transférés un temps vers le Pôle d'activités et de soins adaptés (Pasa), l'espace ouvert depuis 2014 pour les résidents souffrant d'Alzheimer ou maladies apparentées. Au rez-de-chaussée toujours, d'anciens locaux techniques ont été transformés en une salle d'activités flambant neuve, face à une autre nouvelle salle de restauration donnant sur le parc central de l'établissement.

« La capacité d'accueil reste inchangée », rappelle Laurent Braesch. Une capacité inchangée mais un sérieux gain de confort pour les résidents. Avant les travaux, l'établissement de 81 places (dont deux lits d'hébergement temporaire) était le dernier du Sundgau à abriter encore des chambres doubles.

Signalons que ce projet de restructuration concerne aussi la réfection des sanitaires, avec douche à l'italienne dans toutes les chambres, ainsi que le renouvellement du parc de lits médicalisés. Toute la signalétique interne et externe de l'établissement sera revue. Fin des travaux prévue pour la mi-avril, avant une inauguration en septembre.
Vers une hausse du prix de journée

« La priorité, c'est de supprimer les chambres doubles. C'est l'objectif du conseil départemental partout aujourd'hui », résume le conseiller départemental Rémy With. Un autre chantier de restructuration doit ainsi s'ouvrir en septembre à l'Ehpad de Masevaux, qui compte encore une dizaine de chambres doubles. Conséquence de ce lourd investissement (avec un emprunt de 1,3 MEUR), l'établissement dannemarien prévoit une hausse « de 3 à 4 EUR » de son prix de journée en 2020. Pas de quoi pour autant faire baisser la demande. L'Ehpad de Dannemarie, comme les autres structures de prise en charge de la dépendance du Sundgau (Altkirch, Seppois, Waldighoffen, Luppach, Bréchaumont et Bellemagny), affiche presque toujours complet.
Textes et photos : Vivian MILLET

 

 
 

Colmar Les meublés de tourisme bientôt enregistrés

Publié dans le panorama le Jeudi 21 février 2019 à 06:47:20

© L'alsace, Jeudi le 21 Février 2019
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Colmar Les meublés de tourisme bientôt enregistrés
 

 
Afin de ne pas créer de distorsion de concurrence avec les professionnels du tourisme, la Ville de Colmar a annoncé dans son bulletin Le Point colmarien de février 2019 qu'elle allait mettre en oeuvre une procédure d'enregistrement à destination de tous les loueurs de meublés de tourisme, comme l'ont déjà fait un certain nombre de villes telles que Paris, Lyon, Annecy, Nice, Nîmes, etc. Colmar instaurera prochainement deux nouvelles formalités : une procédure d'autorisation temporaire de changement d'usage des locaux d'habitation et une procédure d'enregistrement. Un téléservice sera mis en place avant l'été afin que les loueurs puissent gérer directement en ligne l'autorisation de changement d'usage et la déclaration permettant d'obtenir le numéro à 13 caractères indispensable pour louer, notamment via les plates-formes.

Voici les obligations déclaratives qui seront applicables dès la mise en place du téléservice :

? Résidence principale louée moins de 120 jours par an : pas d'autorisation d'usage à compléter. Déclaration par téléservice pour obtenir le numéro à 13 caractères. Si location par plate-forme, blocage par la plate-forme au-delà de 120 jours.

? Hors résidence principale : autorisation de changement d'usage à compléter en ligne. Déclaration par téléservice pour obtenir le numéro à 13 caractères.